Divergente de Neil Burger

Ou “regarder un film dont tu n’es pas le public cible était une mauvaise idée”

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Parfois, un titre de film m’évoque une histoire. Par exemple, j’ai regardé avec mon Victor le Dernier pub avant la fin du monde, je m’attendais à un film de type art et essai sur des personnes qui se réunissent une dernière fois dans un pub, sachant la fin du monde proche. Pour ceux qui ont vu le film, vous pouvez imaginer mon choc… Et bien Divergente, c’est un peu pareil. Je n’avais pas la moindre idée du sujet mais je trouvais le titre cool alors…

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Alors faut vraiment que j’aille lire les résumés avant de lancer n’importe quoi.

Le résumé est très long donc si vous vous en foutez et que vous voulez juste mon avis, lisez sous les étoiles en fin d’article.

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Il était une fois une jeune fille, Beatrice, qui vivait dans sa famille dans une société marchant par caste. Pas d’histoire de riche ou de pauvre, ils sont là en fonction de leur caractère. Ainsi, la caste Altruiste (celle des parents de Beatrice) s’occupent des sans castes, en gros, c’est un peu la caste Resto du coeur. Ensuite, on la caste des sincères qui disent toujours la vérité, les audacieux qui sont de gros bourrins qui font du parkour en criant “woohoo!”, les Erudits qui sont surtout de gros connards méprisants et enfin les fraternels qui… bah en fait, on sait pas bien pourquoi l’auteur a inventé cette caste vu que tout le monde s’en branle mais si j’ai bien compris, ils doivent fumer de l’herbe toute la journée en dansant et en tressant des fleurs. Déjà, on est un peu mal niveau cohérence de l’univers qui nous est proposé. Et puis y a les sans castes, les clodos qui n’ont pas su s’insérer parce que tu dois choisir ta caste jeune et si tu te plantes, tant pis, fallait réfléchir avant. Cette société me plaît beaucoup dis donc…

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Bon bref, avant de choisir ta caste, on te fait passer des tests et on te dit vers quelle caste tu ferais mieux d’aller mais tu fais ce que tu veux (très utile donc). Beatrice arrive et est plongée dans une simulation mais ses réactions sont imprévisibles et l’examinatrice coupe tout avant de la faire dégager fissa “t’es une divergente, tu es à la fois altruiste, érudite, audacieuse et sincère (mais toujours pas fraternelle, notez) mais c’est pas bien, on chasse les gens comme toi alors je vais dire que tu es altruiste et casse-toi !”. Beatrice rentre un peu perturbée chez elle, passage très chiant sur la dernière soirée en famille, son frère (ils doivent être jumeaux je suppose mais ça n’est jamais dit) lui dit qu’elle doit choisir en son âme et conscience et tant pis pour les parents au pire. Ah oui parce que si elle choisit une autre caste, elle quitte sa famille et salut, on se parle pas entre castes. Cette société est vraiment très charmante.

Altruiste

Nous voici le lendemain, tout le monde s’attroupe dans un espèce d’auditorium locaux, les érudits arrivent en plissant du nez, les audacieux en sautant partout en faisant “woohoo !” et les fraternels en jetant des fleurs, sans doute. Béatrice arrive avec sa petite famille, ils rencontrent la leader des Erudits qui pue la dominatrice castratrice à des kilomètres à la ronde (sinon, c’est Kate Winslet qui devait avoir besoin d’un peu d’argent de poche, je suppose). Elle regarde Beatrice en mode “tu sais, t’es pas obligée de choisir la caste de tes parents, hein, hein, HEIN !”. Beatrice répond quelque chose comme “hihi grml grml” puis tout le monde prend place. Les gamins doivent poser un caillou dans la vasque représentant la caste qu’ils choisissent et à chaque fois, la caste choisie s’enflamme en mode “ouais, viens avec nous !” (avec parfois une famille trahie par son rejeton qui se met à pleurer parce que dans cette ville, une fois ta caste choisie, apparemment, tu ne revois plus jamais les autres… alors que depuis le début du film, ils n’arrêtent pas de fréquenter les mêmes lieux mais passons). Le frère de Beatrice arrive devant les vasques et… OH MON DIEU il choisit les Erudits, sa maman est effondrée et Beatrice bien embêtée car voici son tour… Elle hésite et, INCROYABLE surprise que tu n’as pas vu venir, elle choisit les Audacieux. Sa maman pleure mais elle s’en fout, elle va devenir la reine du Parkour.

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Donc voici notre joyeuse tribu qui part en courant en faisant woohoo ! Beatrice et une nouvelle camarade qui vient des sincères sont extatiques jusqu’à ce que le Parkour commence : vas y, on escalade les piliers du métro et on saute direct dans les rames à partir du toit… Oui alors, ok, hein, mais c’est pas super sympa pour les nouveaux venus, notamment Béatrice et sa robe de Laura Ingalls…

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Bon, je vous rassure, Beatrice arrive à sauter dans le train avec sa nouvelle copine, ils ressortent de la même façon arrivés à destination (je veux bien que ces jeunes gens soient audacieux mais pourquoi s’obstinent-ils à ne pas prendre le train comme tout le monde ?) et là, le boss des Audacieux, un espèce de musculeux mal dégrossi (joué par Jay Kourtney qui allait jouer par la suite Kyle Reese dans Terminator… Ca m’a fait mal car j’étais un peu amoureuse de Michael Biehn, à l’origine, le mec qui jouait le premier Kyle Reese et qui était terriblement sexy, je comprends que Sarah ait craqué, quoi) (c’était la parenthèse adolescente rêveuse) leur dit “allez, jetez vous en bas de l’immeuble les nouveaux, pour voir. Beatrice, énivrée par son voyage en train, se précipite pour sauter et atterrit comme une plume sur une sorte de trampoline en rigolant. Ce qui aurait été vraiment audacieux, ça aurait été de ne rien mettre en bas, la meuf s’écrase et le boss aurait dit “ouais, enfin, être audacieux vous empêche pas de réfléchir, on saute pas la tête la première du haut d’un immeuble !”. Mais non. Bref, Beatrice est cueillie en bas par un beau garçon qui lui fait quelques risettes, elle rougit et lui dit s’appeler Triss.

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Bon, les nouveaux doivent passer toute une série de tests et les moins bons sont dégagés du groupe et deviendront… des sans castes. Des clochards quoi. Ca me paraît pas du tout extrême comme façon de procéder, c’est bien. Y en a qui ont dû regretter de choisir les Audacieux, tiens. Donc ça s’entraîne, Triss est une grosse quiche parce que chez les Altruistes, on a beau porter de la nourriture aux sans castes, ça vous muscle pas. Mais elle s’accroche, elle se bat comme une lionne. Et s’en prend littéralement plein la gueule. Non parce qu’en fait, les Audacieux, c’est pas les rois du Parkour, c’est juste l’armée mais l’armée des débiles : tu fais ce qu’on te dit ou on te frappe ou on fait semblant de te jeter dans le vide. Au secours !

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Entre deux cassages de gueule, Triss doit passer des tests dans la réalité virtuelle : elle se retrouve face à des épreuves qu’elle doit franchir. Le problème, c’est qu’elle réagit en tant que divergente et quand ses camarades choisissent la technique bourrine (la solution au problème est en général de tout casser), Triss se montre plus subtile… et le beau gosse du trampoline, accessoirement examinateur, se doute que Triss est… différente. Et ce n’est pas le seul à avoir les soupçons ! Kate Winslet, qui vient souvent se balader chez les Audacieux, regarde notre divergente de façon soupçonneuse. Mais attends, on nous explique depuis le début du film que les différentes castes ne se fréquentent guère et là, t’as las chef des Erudits qui se balade chez tout le monde, tranquille ? Alors que les parents de Triss, leaders des Altruistes, eux, ne peuvent pas venir voir leur fille ? Hmmmm… Mieux, on apprend que Kate va assister au passage des examens des Audacieux. Je… quoi ? Vous me perdez là, les mecs…

Je hais le botox, au passage
Je hais le botox, au passage

Triss s’entraîne dur, ils font une méga partie de paintball, de la tyrolienne entre les immeubles et on sent bien qu’il se passe un truc entre Triss et Quatre… Qui finissent par se rouler de grosses pelles dans la chambre de l’instructeur et là, il enlève son T-shirt et révèle un énorme tatouage représentant les 5 castes car lui aussi est un divergent… Attends, quoi ? Depuis le début du film, on nous explique que les divergents sont traqués, qu’ils sont anormaux et qu’ils doivent cacher ça et l’autre tatoue sa divergence sur tout son dos ? Là, le film m’a perdue…

Notez que le seul logo qu'on ne voit pas, c'est celui des Fraternels... Je veux pas faire ma parano mais je crois que cette caste n'existe pas en fait
Notez que le seul logo qu’on ne voit pas, c’est celui des Fraternels… Je veux pas faire ma parano mais je crois que cette caste n’existe pas en fait

Bon, Triss passe les exams et réussit car Quatre lui a expliqué comment un Audacieux est censé réagir (TOUT CASSER!) mais rebondissement : suite à leur passage d’examen, on doit leur injecter un sérum fourni par les Erudits pour les traquer… Vous allez me demander pourquoi les Erudits traquent les Audacieux et bien… comme ça. Mais en fait, c’est un truc pour les manipuler : la nuit suivante, ils rentrent dans un état second et vont massacrer les Altruistes parce que les Erudits trouvent que ça sert à rien d’aider les plus pauvres, ça coûte de l’argent (métaphore subtile du capitalisme sauvage, tavu ?). Mais le sérum ne fonctionne pas sur les Divergents (donc Triss et Quatre, y en a pas d’autres) et le boss bourrin percute, il demande à Quatre d’exécuter Triss mais là, la mère de la jeune fille surgit soudain et sauve sa fille, se faisant tuer au passage. Bouh !

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Bref, massacre, massacre, ça crie, ça tire, Quatre est bien mis sous contrôle mais Tris chope son frère et le force à l’amener au Centre des Erudits pour trouver la meuf qui a créé le programme qui contrôle les Audacieux et elle parvient à libérer ses copains. Le film se termine sur les Audacieux, désormais rebelles, qui sautent dans un train pour fuir.

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Je déteste les films pour ados. Parce que c’est toujours le même putain de schéma : un couple phare et lisse, des stéréotypes, du bien contre le mal… C’est du Disney en encore plus sucré enrobé de poudre qui pique pour faire croire qu’on est trop des rebelles à regarder ça. Genre les Audacieux sont censés être cool parce qu’ils font du Parkour et se font tatouer mais dans le fond, Triss n’est qu’une scout sous ses airs de rebelle : elle ne cherche qu’à faire le bien, protéger les plus faibles (ses parents) et se battre contre l’injustice (la tentative de coup d’état par les Erudits).

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Ca peut être un matériel de base intéressant, je ne dis pas (c’est à peu près ce que j’avais utilisé dans Technopolis, roman que j’avais écrit à… 19 ans… Ah ben voilà), mais tu prends Labyrinthe et, d’après ce que je sais, Hunger Games et c’est exactement la même histoire. Même les actrices d’Hunger Games et Divergente se ressemblent, t’as toujours une femme de pouvoir mauvaise qui essaie de corrompre la société à son profit… C’est tellement toujours la même histoire que tu peux limite deviner dès le départ qui sont les gentils (les beaux) et qui sont les méchants (les beaux aux sourcils froncés). La seule touche de gris, c’est quand les Audacieux sont sous sérum. Quant aux Audacieux… comment on peut avoir envie de rejoindre ces débiles ? Je ne dis pas que le Parkour, c’est pas cool, j’avoue que je suis toujours fascinée par ce que les mecs sont capables de faire, mais tu n’es pas obligé d’être limité à 3 de QI pour en faire, hein…

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Et ça m’agace que je trouvais le propos du départ intéressant : la question de la place dans la société, comment équilibrer la dite société, le fait que malgré tes prédispositions, tu peux choisir ton destin… Mais non, c’est juste prétexte à une histoire d’amour cousue de gros fil blanc avec une méchante femme de pouvoir et une lutte sans merci dont Tris et Quatre sortiront vainqueurs, je suppose, avec une société à reconstruire.

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Bref, je ne regarderai pas la suite parce que… ben parce que je sais très bien comment ça va se terminer et j’ai envie de voir d’autres histoires. Comme celle dont je vous parlerai la semaine prochaine (si je suis sérieuse).

Première rencontre

Une histoire d’amour commence toujours par une rencontre. Ce matin, Héloïse et Daniel se sont levés, inconscients de l’incroyable coup du destin qui les attendait : leurs chemins allaient se croiser.


Peut-être s’étaient-ils déjà croisés avant sans le savoir. Chaque métro qui se croisent, ce sont des centaines de trajectoires de vie qui se croisent. Peut-être sont-ils allés à la même soirée sans se parler, peut-être étaient-ils dans la même salle de cinéma un dimanche pluvieux, peut-être sont-ils allés dans un petit café le même jour à la même heure sans se voir. Les hasards de la vie sont parfois amusants. Mais ce jour là, ils allaient prendre pleinement conscience de l’existence de l’autre.


Il existe une multiplicité de rencontres : coup de foudre dans le métro ou dans la rue, rencontre lors d’une soirée, au travail, sur Internet, par hasard, sans raison. Le jour où Daniel et Héloïse se croisent et prennent conscience de l’existence l’un de l’autre n’est pas forcément celui qui va sceller la mythologie de leur couple. Il nous faut parfois du temps pour réaliser que celui-ci ou celle-la nous plaît bien en fin de compte et qu’on irait bien lui conter fleurette. Ou qu’il/elle flirte avec nous et, qu’après tout, la séduction opère.


Aujourd’hui, Daniel et Héloïse se sont rencontrés mais ils ne savent pas encore ce qu’ils seront l’un pour l’autre. Peut-être le pressentent-ils, peut-être l’espèrent-ils. Il y a cependant un point commun à toutes les rencontres de tous les couples : elles deviennent mythique. D’une banale histoire, elle prend de plus en plus d’intensité, de magie, de suspense aussi. D’un banal échange de regard qui aurait pu rester sans suite, l’histoire devient soudain haletante, les amoureux créent de toute pièce une tension érotique à couper au couteau qu’ils narreront jusqu’à la fin de leur relation, si tant est que celle-ci se termine. Ils y rajoutent tellement de passion, d’inédit, d’incroyable qu’ils finissent eux-même par croire au côté magique de cette rencontre, de ce jour qui fit que plus rien ne fut comme avant.


Pourtant, les rencontres sont souvent assez banales. Quelques échanges de mails pour les connectés-débordés, des échanges de regards. Certains se connaissaient déjà bien avant les premiers frissons amoureux. Rien en fait d’exceptionnel, l’homme n’est qu’un animal séducteur mais ça, personne ne l’admettra. Quoi qu’il en soit, quand être 1 et être 2 se rencontrent (après tout, ce n’est pas l’apanage des hétérosexuels malgré les prénoms que j’ai choisis, je plaide coupable d’hétéronormisme) et se reconnaissent comme partenaires potentiels se crée alors une envie, un désir. Chacun cherche comment faire succomber l’autre, de façon plus ou moins intense selon la personnalité et les attentes de chacun. Les neurones turbinent pour trouver la façon de soit isoler sa proie pour tenter de glisser une langue dans cette bouche que l’on espère amie, soit trouver le courage de lui proposer une sortie.

Car quand on reconnaît l’autre démarre la phase la plus stressante mais la plus exaltante : l’attente.

Facebook, c’est le diable !

Depuis 2007, je suis sur Facebook. Ouais, tu vois, j’ai toujours été une pionnière des médias sociaux. Au début, j’avais deux contacts et demi dessus et depuis, le réseau s’est développé, j’ai dessus un joli catalogue d’exs et d’actuels, histoire de me souvenir mais également de possibles futurs. Et mes amis et ma famille, aussi. Sauf que parfois, les futurs, ils deviennent vite de vagues souvenirs.

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Exemple concret : Luc. J’ai croisé Luc dans le cadre du travail, il était mon contact technique sur une opération. On se voit dans une soirée et je me dis que miam, les petits bruns mal rasés au regard malicieux et au grand sourire, c’est pile poil mon style. Avant de nous quitter, je glisse un « j’espère qu’on aura l’occasion de se recroiser pour cette opé ! ». Hélas, le destin s’en mêle. Un mois plus tard, je l’appelle pour lui demander quelque chose rapport au travail (bon, ok, entre temps, je l’avais légèrement zappé) et là coup de tonnerre : « hé mais non, je bosse plus pour eux, mon contrat en alternance avec la fac s’est terminé ». Un truc du genre. Alors déjà, question 1 : mais il a quel âge lui ? La mort dans l’âme ou presque, je me décide de le rajouter sur Facebook, ne sait-on jamais.

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Sauf que là, je tombe de haut, un peu. Puisqu’il accepte mon amitié, je zieute un peu sa page et force est de constater que c’est un peu l’archétype du beauf bière-foot-pastis. Ce que je déteste. Ok, il est vrai que Facebook est un miroir grossissant, que je peux moi-même passer pour la pire pintade du monde ou une MILF vu que ma photo de profil, c’est moi bébé mais on pourrait penser que c’est mon enfant (ahahah !). Et encore, j’ai quitté la plupart des groupes que j’avais rejoint au début où je clamais avoir eu des rapports sexuels
avec plus d’un de mes amis Facebook. Un autre m’a fait le même coup déceptif : je l’avais croisé en soirée, l’avait trouvé bien séduisant dans le genre brun, mal rasé, un peu dandy… Après avoir découvert par hasard de qui il s’agissait, je l’ai rajouté sur Facebook et là, oh mon Dieu ! Dans le genre « je me pense aussi drôle que Desproges alors qu’en fait ma vie est atrocement vide et que je déguise ma frustration et mon aigreur sous une provocation souvent mal venue et certainement pas drôle ni subversive », il se pose, là. Du coup, il est passé de la case « fantasme » à la case « pauvre type ».

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Et voilà, Facebook casse tous mes rêves, tous mes fantasmes avant même d’avoir pu espérer quoi que ce soit. Où est le rêve ? Déjà qu’une fois sur deux, on a droit à un « in a relationship ». Oui, je suis snob, j’ai gardé mon Facebook en anglais. Le pire que j’ai eu fut « in a relationship ». Là, je me dis : rah merde mais bon, on ne sait jamais, son couple va peut-être mal, c’est peut-être une relation libre, il est peut-être infidèle et là, je lis en dessous « interested in : men ». Oh… Ah oui, là, c’est comme qui dirait mort de chez mort.

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Quand je vous dis que Facebook, c’est le mal ! D’ailleurs, dans une chronique Closer à venir, j’explique que ça casse aussi l’image idyllique que nous pouvions avoir de nos exs. 

Gertrude et Giovanni

Par Lucas

Cette bafouille se lit mieux avec cette reprise.

Bon anniversaire Gertrude ! Tu permets que je t’appelle Gertrude ?[1]
Bah oui on est potes tous les deux.
Ça fait un an qu’on se connait, qu’on se côtoie.
Ça fait un an que tu fais la une de chaque numéro hebdomadaire de l’encart emploi de l’Express.
En fait, ça fait un an qu’il n’y a pas une journée sans qu’un quotidien, une radio ou une télé ne parle de toi.

Un an !

Je sais, ça ne doit pas être facile pour toi. Cette célébrité soudaine et brutale,
constamment sur le devant de la scène, être la star et l’égérie, celle qu’on clame et qu’on n’oublie… jamais.
Pas de pause, d’accalmie, pas de repos, pas de répit.
Mais ne t’inquiète pas, Gertrude.

Comme ces soldats du fort Bastiani, dans « Le Désert des Tartares« , tu devrais voir un jour venir l’assaillant, ou même voir venir la relève. Enfin, je dis la « relève » mais ce n’est pas tout à fait ça. On n’est pas dans un album d’Asterix…
Disons plutôt la reprise.
Et là, on a envie de détourner une chanson de Cali et de te poser la question :

Et pourtant,
Et pourtant…
Tu sais quoi Gertrude ?
Ma référence au « Désert des Tartares » n’est pas fortuite…

« Le Désert des Tartares« , c’est un peu  l’histoire d’une vie gâchée. Et cette vie, c’est celle de ceux qui n’osent pas créer leur chance. Celle de ceux qui attendent tout de la fatalité et du destin, ceux qui n’osent pas, qui stagnent ou qui vétillent pour ne pas s’engager, qui ne font rien pour aller de l’avant et construire. De ceux qui se bercent de « ah si seulement » et de « tiens je vais jouer au loto, on ne sait jamais »… Ces gens pusillanimes  qui gardent espoir en sublimant un artefact éthéré, ceux qui pensent, qu’un jour, une bonne fée va se pointer et tout changer.  Un espoir odieux que  Buzzati montre tel qu’il est : comme une forme de lâcheté. Et je sais de quoi je parle, Gertrude. oui je ne le sais que trop bien et je l’avoue avec un peu de honte : j’ai mis deux ans à m’extirper de cette atonie.

Pour aller dans le même sens, ça me fait penser à cette réponse que j’ai reçue ce soir de la part de Décathlon où je postulais pour être chef manager de rayon :

Je déplore cependant que votre profil ne corresponde à aucun de nos métiers proposés, et vous informe que nous avons supprimé les informations vous concernant dans nos bases de données.

Negative answer, again and again,
So, what ?

Alors j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes, Gertrude.
De t’envoyer chier.
Oui, je sais, dit comme ça c’est vulgaire mais tu n’imagines pas comme je m’en contrefous.
Tous les DRH me font la gueule et je sais bien : je devrais essayer d’être complaisant. Aller faire risette dans le réseau des anciens de Reims Management’s Cool, appeler des gens pour les « rencontrer et leur demander des infos sur leur job », tournure insidieuse et malhonnête qui déguise un « coucou, je vais venir taper l’incruste dans ton bureau sous prétexte qu’on a fait la même école, histoire que tu notes bien que j’existe et que si tu vois un job passer dans une semaine, tu penses à moi vu que lorsqu’un job est posté sur Cadremploi ou Apec c’est qu’il n’a pas été pourvu
en interne, ouhai trop cool, j’te kiffe graaaaaaave
« .

Je vais donc me lancer comme autoentrepreneur.
A côté de mon job à mi temps,
A côté de mes recherches de boulot entrecoupées de courses à pied pour ne pas penser,
A côté de mon aide apportée à l’assoce Coup de Pouce
Et advienne que pourra.

Je ne dis pas ça par fatalité.
Même quand on a bien ciblé son marché, son offre, son discours, la faute à pas de chance a toujours sa place.
Mais au moins j’aurais essayé et je pourrais enfin me regarder dans une glace.
Un an, Gertrude…
J’espère bien que tu vas crever dans les 6 mois.
Et c’est avec joie que j’irai cracher sur ta tombe.
Je te laisse avec une apologie ou une exhortation de Jaurès que je trouve bien jolie et que j’ai envie de suivre. Oui, je sais Gertrude : c’est beau les déclarations d’intentions. Mais pour moi c’est un objectif à atteindre et un instrument, un moyen et un but. Un tout.

« Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication.
Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.
Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.
Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.
Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.
Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.
Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

[1] Intro empruntée à l’article du Tigre sur Marc L…

Voyage au bout de la terre

Par Tatiana

Souvent on dit que ce qui compte ce n’est pas la destination mais le voyage. C’est sûrement vrai. Après tout même si le but du voyage est toujours ce que l’on garde en tête pour continuer, c’est les aléas du voyage qui font que c’est enrichissant ainsi que les rencontres. Pour ma part, je n’avais pas envisagé le déroulement de mon voyage sous cet angle et pourtant il m’a réservé bien des surprises.

Pour ceux qui n’avaient pas suivi, je suis partie au Chili en janvier/février et finalement un peu mars aussi. Quand je suis partie là-bas, j’en avais marre de tout : les mecs, le boulot (non existant pour moi), les gens, Paris… Besoin de prendre le large et de me déconnecter de tout. Besoin de réfléchir sur ma vie et ce que je voulais en faire. Je voyais mon voyage comme une sorte de retraite hors de la vie et du temps et pourtant c’est la vie qui m’attendait là-bas. C’est étrange parfois comme le destin peut vous surprendre… C’est au moment où l’on se sent le plus perdu qu’il vous rappelle à l’ordre en vous mettant face au mur avec l’obligation de faire des choix pour avancer. Et non la vie ne vous oublie pas, les coïncidences n’en sont pas ce sont des messages que l’on vous adresse. A vous de les lire ou non.

Tout ça pour vous dire que j’ai passé des super vacances. Un peu mouvementées et pleines d’imprévus mais super ! D’abord une semaine de farniente à Santiago, où j’ai exploré la ville. Ensuite mon amie Frenchie est arrivée et on a commencé notre périple vers le sud. Deux étapes majeures avant de descendre en Patagonie : le bout du monde… La  première étape c’était la région des lacs, que j’ai moyennement aimé et où en plus il faisait un temps pourri. La deuxième étape : l’île de Chiloé que j’ai adorée. Et ensuite L’étape ultime : Patagonia… Autant vous dire que c’est à couper le souffle. Les paysages comme le temps (car même en été on se les gèle grave). On a vu des glaciers et des icebergs sur des lacs, des pingouins… C’était trop bien.

Bon maintenant je suis revenue à Paris et c’est la lose. Déjà il fait pas chaud. Certes, ces derniers jours ça va mieux mais quand même il fait froid comparé aux 30 degrés que j’ai pu avoir là-bas. On nous rabâche toute la journée que c’est la crise et que tout va mal. Finalement j’étais bien mieux au Chili moi, mais pourquoi je suis rentrée ?

L’Étrange Histoire de Benjamin Button, de David Fincher

Par Bobby 

Chronique cinéma

Une fois n’est pas (plus) coutume (j’ai été débordé par une avalanche de dossiers à rendre pour la fac et, face à la difficulté de la chose, me suis vu contraint d’abandonner mon double cursus philo-cinéma pour ne garder que le cinéma, car après tout, je suis venu à Paris pour ça, à la base), je reprends mon clavier et ma casquette de Bobby la bidouille pour vous parler d’un film que je suis allé voir hier en compagnie de mon cher et tendre (que nous appellerons Angel, puisque de toute évidence, je serai amené à reparler de lui à de nombreuses reprises…) : L’Etrange Histoire de Benjamin Button. 

C’est l’histoire, narrée comme un conte, d’un homme qui nait vieux et rajeunit tout au long de sa vie, qu’il parcourt dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. C’est l’histoire de la vie, et surtout de la mort, qui n’est plus associée à la vieillesse mais, dans la réflexion que propose la film, à la fin de toute chose. Il y a une beauté rare, dans ce film. Dans les images, dans les choses qui sont dites, dans la profondeur de certaines scènes (comme par exemple l’installation par un vieil horloger ayant perdu son fils à la guerre d’une immense horloge qui recule dans le temps, entrecoupée de flash backs des tranchées, dans lesquelles on voit les soldats se relever, les éclats d’obus se refermer, etc). Les thèmes abordés, comme l’amour (que ce soit l’amour parental, l’amour entre deux êtres, ou l’amitié), la guerre, la sexualité, le corps, l’âme, l’art, la vieillesse, l’enfance, l’âge mûr, et le destin, semblent envelopper tout ce qui existe. A partir de là, le film -qui dure 2h35- justifie sa longueur. Il fallait prendre le temps de nous présenter le chemin parcouru au cours d’une vie (à la manière, sans doute, d’un Barry Lindon, de Stanley Kubrick).

Brad Pitt et Cate Blanchett sont saisissants, et le film nous prouve qu’en les faisant rajeunir et vieillir à volonté, les techniques de maquillage sont à notre époque d’une impressionnante efficacité.

Devant ce film, vous allez rire et pleurer, frémir et trembler. Vous allez aimer ces personnages, tous autant qu’ils sont, pour leurs particularités, leur durée éphémère, leur vérité.

Il faudrait revoir le film au ralenti, pour noter toutes les jolies phrase qui sont prononcées, et qui font du bien à l’âme.  

PS : j’en profite pour faire de la pub pour mon moyen métrage, qui vient de sortir en ligne, et qui est visible ICI.

La Fatalité est-elle destin des gens résignés ?

Par Lucas

Happiness
More or less
It’s just a change in me:
Something in my liberty…

Comme le disait si bien Richard Ashcroft il y a 12 ans… (Purée, 12 ans.)


(gueule de chien battu…)
Pour ouvrir Lucky Man dans une fenêtre annexe et lire cette bafouille en musique, il suffit de cliquer sur cette longue phrase. (Vous revenez après, hein ? Promis ?)

Peut-on être agnostique et croire que telle ou telle personne a « toujours de la chance » ?

C’est la question que je me suis posée vendredi soir après un intermède iconoclaste et étonnant dans ma vie prévisible et terne.
Sur les coups de 20h00, alors que je lisais Le Monde.fr en dégustant mon saumon à l’anis de célibataire, mon téléphone s’est manifesté.

– Bonsoir. Je voudrais parler à Lucas d’Amore.
– Oui c’est moi. (nb : je ne suis pas Louis XVI, je ne réponds pas : « Lui même »).
– Je viens de trouver votre portefeuille dans la rue au beau milieu de la RN 13.
– Ah ?!
– Avec 60 € dedans et votre permis de conduire à l’adresse de vos parents qui sont manifestement en liste rouge…
– Ah ?!
– Bon, si voulez le récupérer, on habite au…

Alors je ne sais pas pour vous,
J’ai peut-être été bercé dans une culture du « les gens sont des méchants » mais…

Quelles chances y avait-il que la personne soit honnête ?
Quelle chance y avait-il qu’en l’absence de numéro de téléphone cette mère de famille fasse l’effort d’aller sur Internet ?
Quelle chance y avait-il qu’elle utilise Yahoo qui classe mon CV en première réponse quand on tape « Lucas d’Amore » au lieu de Gogol qui classifie le même CV à la 45ème réponse pertinente (oh le méchant) ?

Je pensais donc à tout ça en retour-piétonnant vers chez moi avec mon trésor dans la poche.
Et je suis allé plus loin.
Parce que dans la vie j’ai été un sacré veinard, faut dire c’qui est…

Quelle chance y avait-il que je ne sois pas avec elle le jour où ma mère a eu son accident mortel il y a 20 ans ?
Quelle chance y avait-il que je n’ai jamais de pépins quand j’étais seul en voiture en faisant, pendant 2 ans, un Paris – Reims (190 km) en une heure et demie, porte à porte ?
Quelle chance y avait-il que je sorte vivant et indemne d’un choc contre un arbre à 100 km/h devant Roland Garros il y a 2 ans ?
Quelle chance y avait-il que je n’ai aucune séquelle après les deux agressions que j’ai subies en un an ?
Quelle chance avons-nous désormais de voir Marco continuer à passer 15h par jour sur Facebook maintenant qu’il est casé et qu’il ne va plus l’utiliser comme un Meetic Like ?
Tiens tant que j’y suis quelle chance avais-je d’être accepté par Marie-Raoulette une copine de Marco au sourire 10000 watt?
Quelle chance avons nous que les deux dernières questions n’aient rien à voir avec le sujet et soient un peu égarées ?
Bref…

Laissez-moi continuer et être un brin incohérent…

J’ai toujours pensé, aidé en cela par des parents soufflant l’esprit, que la chance n’existe pas, que le hasard n’est pas une fatalité, que la chance il faut savoir la provoquer puis la saisir.
D’ailleurs, j’adore le fait que, pour les anglophones, le mot « chance » veuille dire « possibilité ». C’est tellement plus honnête. Ca remplace le hasard, bon ou mauvais, par une possibilité, neutre.
Là où on est passif devant le hasard, la possibilité pousse à choisir, à prendre parti.
Et ça, ça change tout.

Chacun sa route, Chacun son chemin, Chacun son rêve, Chacun son…

C’est un peu facile, à mes yeux, d’asséner qu’on a eu de la chance.
Je me suis donc engueulé intérieurement en rentrant chez moi.
Non, mais oh, sérieux, quoi…
Je me refuse de croire à un destin car croire au destin c’est tuer le libre arbitre.
La vie on se la façonne et il n’y a pas de Dieu, de force occulte, de truc qui décide que Lucas d’Amore va aujourd’hui se prendre une grosse mandale ou tomber sur une fille canon dans le tromé.
Croire au destin c’est perdre toute humanité, se complaire dans une facilité détestable.
Et plus que la fatalité (ce qui a un caractère inéluctable) ce qui est méprisable et gerbant c’est le fatalisme (« la croyance en la détermination des événements par des causes indépendantes de la volonté humaine »)

On a qu’une seule vie,
à mener sans être emmené,
à croquer sans craquer,
à jouer enjoué sans être joué…

Je refuse donc de me croire chanceux éternel.
Mais là vous serez les premiers à lâcher ce poncif :
« d’toute façon la roue tourne, toi aussi tu auras ta part de merde, t’inquiète pas »

Je conchie également ce genre de remarques où le déterminisme est encore religion et j’emmerde royalement les esprits faibles qui se complaisent dans cette mouise intellectuelle, cette nonchalance placide, ce leitmotiv du  » d’toute façon ça devait arriver » !!

Comme disait mon prof d’anglais en prép sc po, « elle a bon dos la fatalité ».
Argh ! Perso je m’y refuse.ou tout du moins j’essaye au maximum.

Cette passivité m’exaspère au plus haut point.
Ça me rappelle un sujet de Conférence Berryer.
Ce sujet c’était : « La fatalité est-elle le destin des gens résignés ? »
Purée, si j’avais été à la barre ce jours là, ce que j’aurais été virulent !!

Allez, je vous laisse avec cette citation d’Albert, une citation qui est aussi ma devise.

« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un cœur fier, il ne peut y avoir de milieu. »

Gomorra, de Matteo Garrone

Par Bobby

Gomorra, c’est un film italien comme on aimerait en voir plus souvent. A travers six personnages, six destins, on entre dans les réseaux de l’enfer de la Camorra, la mafia qui sévit à Naples et s’étend dans toute l’Italie du Sud. Une mafia toute puissante, sur laquelle l’Etat n’a pas d’emprise. C’est elle qui dirige et tire les ficelles : trafic de drogue, textile, recyclage des déchets, banques, guerilla… Tout y passe.

Le film traite ce sujet avec un réalisme choc. Les personnages sont empêtrés dans un système inextricable, où le danger menace à chaque instant, où la mort s’abat sans prévenir sur les individus, où le sang coule parfois à flot sous les yeux des voisins ou des proches.

Un jeune garçon rejoint les rangs d’une armée souterraine, manipulé par tous, deux adolescents font bande à part, armés jusqu’aux dents et immatures à souhait, un jeune homme découvre l’horreur du recyclage et les ravages sur l’envirronement, un homme cherche à s’en sortir dans l’industrie textile en venant en aide à des chinois en secret, et un vieil homme distribue de l’argent aux membres d’une des deux « tribus » adverses, risquant sa peau un peu plus chaque jour.

Je ne vous le cacherai pas, ça finit mal pour chacun d’eux, à des degrés très différents. Chacun se retrouve face à un dilemme impossible à surmonter, que seule la violence peut résoudre, brutale et tragique.

J’ai trouvé, personnellement, qu’un film de ce genre, qui reste une fiction même s’il a une portée quasi documentaire, a bien plus d’impact que les fades docu-fictions dont on nous bassine à la télé. Ce sont tous des personnages, certes, mais des personnages vivants, palpables. Ils nous immergent dans un monde sous tension, et dénoncent une horreur de notre monde, terriblement meurtrière au quotidien, et pas si loin de chez nous.

Est-on l’’artisan de son propre bonheur (ou malheur)

Il y a des moments dans la vie où on est dans une période calme qui nous laisse du temps pour réfléchir et observer les choses sans passion et emportement. Mon petit cœur n’a pas battu pour un homme depuis quelques temps (sinon, il continue de battre normalement, rassurez-vous, je suis pas un esprit), je suis débarrassée de toutes les rancoeurs ou souffrances passées donc j’écoute le discours des autres. Non parce que moi, en ce moment, à part dire des platitudes à base de « ça viendra quand ça viendra », « c’est quand on s’y attend pas que ça tombe »… Je suis sûre que tous mes lecteurs envient ma vie amoureuse, là !

 

Bref, du coup, comme je parle pas, j’écoute. Comme il se passe rien, je repasse le fil de mes aventures passées (sans rancœur ni colère, je le répète). Parfois, j’ai l’impression que ma vie amoureuse se répète, ce sont souvent les mêmes histoires ou à peu près, les mêmes conneries que je répète. Et c’est pas mieux chez mes amis. On se sort d’une histoire pour replonger dans une histoire similaire. Et beaucoup parle de karma ou de destinée. Moi aussi, je l’eus fait dans le temps. « J’ai la lose en amour, pourquoiiiiiiiiiiiiiiii ? J’ai dû faire un truc horrible dans ma vie antérieure et je paie les pots cassés ». Sauf qu’aujourd’hui, je pense que c’est trop simple comme explication, trop fataliste et totalement déresponsabilisant. Si j’ai la lose, c’est pas ma faute, c’est mon karma (ou mon destin ou ce que vous voulez). Et bien non, je ne suis plus d’accord ! De toute façon, y a que les imbéciles qui changent pas d’avis, na !

Notre vie amoureuse, on la choisit. Ok, c’est moins facile que le boulot, carrément moins objectif. Quand je craque sur un mec, je ne le fais pas exprès. Les bruns aux yeux clairs, ça me fait fondre, surtout s’ils ont un sourire que même Sean Connery, il a pas. Que quand ils me parlent, je suis tellement enchantée que j’oublie tout le reste. Bon, bref, on part du principe qu’on ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Donc on peut penser que mon karma/destin me fout dans les pattes toujours des mecs à problème, qu’ils règlent avec moi et c’est une autre qui en profite. Non parce que quand je regarde ce que sont devenus mes exs amoureux ou plans cul, ils se trouvent toujours quelqu’un juste après moi et c’est le bonheur. Enfin, non, pas tous. D’ailleurs, c’est curieux, c’est ceux dont je souhaite le plus le bonheur qui ne le trouvent pas… Sans doute n’ont-ils pas la même conscience que moi de leur valeur. Il y en a un en particulier (je dirais pas lequel pour protéger sa vie), il s’est auto-convaincu qu’il ne mérite pas d’être heureux, que c’est un sale type en gros et qu’il ne mérite que le pire. J’ai essayé de le persuader du contraire mais en vain. Bref, je m’égare. Je disais donc qu’on pouvait choisir sa vie amoureuse. Mais souvent, on fait le mauvais choix. Peut-être est-ce parce qu’on sacralise un peu l’amour, aussi, qu’on voit ça comme un espèce de tsunami qui nous emporte au-delà de toute raison. L’amour, ça doit être violent (je parle pas de violence physique, hein !), ça doit être un coup de foudre, de la passion limite destructrice, du « on s’est battue et on l’a eu ». L’amour, c’est censé mettre du sel dans notre vie donc on cherche la complexité. A partir de là, faut pas s’étonner qu’on soit malheureux au bout du chemin.

Evidemment, parfois, on tombe mal, ça arrive même à des gens bien. Le prince charmant des premiers jours se transforme en ignoble goujat ensuite. Ca arrive et là, on tombe de haut.
Parce que monsieur, ou madame, d’ailleurs, les hommes n’ont pas le monopole de la goujaterie, se relâche dès qu’il croit la partie gagnée. Or il y a relâchement et relâchement. Que mon mec arrête
de m’amener mon petit déj au lit au bout d’un moment, qu’il ne m’envoie plus de textos enflammés ou ce genre de truc, j’ai tendance à penser que c’est normal. Qu’il me traite comme la dernière
des merdes, qu’il trouve à redire à tout ce que je fais, là, non. Il est pas bon mon café ? Ben t’as qu’à le faire, au lieu de râler ! Je suis ta copine, pas ta bonne. Mais bon, parfois, aussi, on sent clairement le connard, il l’aurait tatoué sur sa tronche que ce serait pas plus flagrant et pourtant, on fonce tête baissée, yeux fermés et on n’a même pas pensé à mettre un casque. Comme dirait Mister Big : « nous, quand on voit un mur, on s’y précipite la tête la première ». Oui, oh oui ! Mais peut-on se plaindre après d’avoir vécu nos liaisons foireuses (hop, réintègre le sous-titre du blog dans un article) alors qu’on savait dès le départ qu’elle le serait et qu’on a foncé sciemment ? Si on voulait une vie épurée de toute relation difficile, ne suffit-il pas de dire non dès le départ ?

En gros, je pense qu’on se crée son propre bonheur ou malheur, sauf grands drames de la vie comme les décès, les maladies ou des licenciements…Je pense que plutôt que de croire que
c’est son karma, il faut plutôt considérer que c’est une accumulation de choix de vie. En somme, si notre vie est merdique, il ne tient qu’à nous d’en changer.

L’’amour, c’’est comme le travail

Comme je suis une intellectuelle qui cogite tout le temps, je ponds régulièrement de nouvelles théories qui ne servent à rien, si ce n’est à me rassurer. Samedi, en plein délirium tremens avec le Gauthier, j’ai donc eu une révélation. Pas un triptyque, non, non, une théorie que j’ai sortie à Gauthier d’une voix pâteuse avec un vocabulaire approximatif. Maintenant que j’ai décuvé, je développe.

Bon, pour commencer, petit retour sur ma vie professionnelle. En octobre, me voilà diplômée de mon master 2 de journalisme avec une mention « assez bien », ce qui me fait chier, j’aurais mérité la mention supérieure mais peu importe. Comme m’ont dit de nombreuses personnes qui bossent dans les RH, les mentions, on s’en tape. Ca ne sert qu’aux universitaires et moi, je suis sortie de ce système donc… Donc je ravale ma fierté et je laisse tomber ma déception. Là, je découvre les affres du chômage et de l’inactivité. Je réponds à plein d’annonces, jamais de réponses ou alors, elles sont négatives. Je passe des entretiens mais ça n’aboutit pas. On me fait des promesses mais ça n’aboutit toujours pas. Fin décembre, je suis au bord de la dépression, je pleure devant Requiem for a dream. Bon, il est bouleversant, ce film, ça aurait été flippant que je pleure devant The Mask ou une autre connerie mais quand même, je suis pas trop du genre à pleurer devant un film. En mars, je suis dans la phase du découragement. Gros coup de blues après avoir trouvé une annonce marquée « spéciale Nina Bartoldi », j’en ai déjà parlé dans l’article sur l’ANPE. Et là, aucune réponse. J’appelle et on me révèle que le poste est déjà pourvu. Là, je me mets à pleurer. Car pour moi, c’est très clair : je suis même pas foutu de décrocher un poste qui correspond EXACTEMENT à mon profil où les débutants étaient acceptés. Donc je m’en sortirai jamais. Et là, le miracle, alléluia ! On me contacte, mon profil intéresse. Je rencontre donc Frédérique et le beau Pierre-Cécil (alias le DRH choupinou) et me voilà en CDD de 3 semaines en temps qu’assistante de communication. Au bout d’une semaine et demi, je repars dans mon flip : « merde, je vais me retrouver au chômage, ça va recommencer ». La veille de mon départ de ce poste, je reçois pas moins de trois propositions de stage sans même avoir cherché. Je réponds à la première annonce qui me paraît emballante. Je réponds le jeudi, je suis en entretien dès le lundi, je débute le jeudi suivant : je les ai charmés en entretien. Normal, je suis la meilleure. Donc me voilà partie en stage jusqu’en septembre, quatre mois de répit. Et comme on dit « jamais deux sans trois », paf, une nouvelle proposition en or qui devrait m’assurer la tranquillité jusqu’en janvier 2007. Et vu le truc, je me fais plus de soucis pour la suite.

Il faut dire que niveau boulot, il n’y avait apparemment que moi qui m’en faisais, tout le monde (mes parents, ma sœur, Gauthier, Alex, Lucie, Anne…) me disait : « mais enfin, tu es super talentueuse, t’inquiète pas ! ». Ben, si, quand même. Finalement, ce sont eux qui avaient raison. Au temps pour moi !

Donc, de cette expérience, je tire une théorie à appliquer à ma vie amoureuse. J’ai galéré pendant six mois pour trouver du boulot mais cette expérience n’a pas été inutile, loin de là. Et j’ai également appris que tout vient à point à qui sait attendre. Je ne dois plus douter de mes capacités, je les ai prouvées moult fois sur le terrain. Pierre-Cecil fut très content de mon travail et les gars de l’asso m’ont couverts d’éloges ce week-end. Comme quoi, ce que je faisais était vraiment bien, que c’était d’un très haut niveau rédactionnel… En fait, je dois passer pour la nana hyper susceptible et sensible, vu qu’ils m’ont dit ça parce qu’ils me faisaient deux, trois remarques sur un article que j’avais fait. Or, c’est normal ! Ce sont quand même les chefs de l’asso, je publie rien sans leurs accords car je ne suis pas en charge de la ligne éditoriale, même si je suis une sacrée force de proposition.

Mais revenons à l’amooooooour. Tout ce que j’ai vécu depuis deux ans, ce n’est pas pour rien. C’est parce que le bonheur se profile peu à peu à l’horizon et que, quand il arrivera, je pourrai pleinement en profiter. Sans pour autant faire preuve de naïveté. Bon, dis comme ça, ça fait très « destin » et compagnie, c’est vrai. Mais bon, du coup, ça me permet d’être détendue à ce sujet, de pas me dire que le temps passe et compagnie. Ca viendra quand ça viendra. De toute façon, j’ai conscience que ça peut pas arriver maintenant parce que mon petit cœur est en réparation (ça prend du temps, pfffff !) et puis, je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper. Puis l’été est plus propice aux aventures qu’à l’amour, à mon sens. Bon, l’histoire me donnera peut-être tort mais là, je me sens pas l’âme amoureuse.

Bon, comme je disais plus haut, cette vision de la vie est un peu trop déterministe, un peu trop « c’est arrivé parce que ça devait arriver ». Effectivement, les choses n’arrivent pas nécessairement par fatalité. J’ai bien conscience que les choses ne tombent pas tout cuit dans le bec et qu’il suffit pas d’attendre pour que ça arrive. Ceci étant, si le boulot n’arrive pas tout seul (enfin, pour le coup, c’est quand même pas mal ce qui m’est arrivé même si j’ai quand même mis mon CV au bon endroit), en amour, même s’il faut se montrer opportuniste, rien ne sert de se montrer forcenée. Evidemment, si j’écume les lieux de rencontre, je vais remplir mon agenda mais bon, faut voir la qualité des relations que ça donne. Je suis du genre à croire qu’en la matière, le hasard fait bien les choses. J’ai prouvé mes qualités amoureuses par le passé, personne ne m’a quittée en disant que j’étais la pire créature qu’il ait rencontrée, bien au contraire. Donc voilà, je suis comme une jolie fleur qui sent bon (oui, je passe ma vie sous la douche en ce moment, ça aide) et quand j’aurai trouvé un bon jardinier, je me laisserai cultiver. Ca vous manquait mes métaphores pourries, hein ?

Donc voilà la nouvelle théorie tirée de mon délirium de samedi. Elle est peut-être fausse mais au fond, on s’en fout. Du moment que ça me permet de pas déprimer sur le sujet, n’est-ce pas là l’essentiel ?