Vous me faites chier avec votre crise

J’ai 32 ans. D’aussi loin que je me souvienne, l’actualité a toujours été le truc le plus déprimant du monde. Petite, j’apprenais l’existence de pays « grâce » aux guerres s’y déroulant : Liban, Iraq, Koweit, Croatie, Serbie, Bosnie. Aujourd’hui encore, certaines régions du monde viennent frapper à ma conscience, leur nom charrié par des rivières de sang. Kosovo, Tchétchénie, Ossétie… Enfin, j’utilise le aujourd’hui de façon un peu simpliste, j’ai pas découvert ces régions ou pays en 2012.

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Petite, je pris un jour du monde tout pourri dans lequel je vivais et je me mis à chercher une période où il aurait été plus cool de vivre. Bon, j’avais 10 ou 11 ans donc la perspective de vivre sans un minimum de technologie (c’est à dire la télé) me paraissait inenvisageable. Il me semblait donc que je n’aurais pas pu être plus heureuse que dans les années 70 mais là aussi, il y avait des guerres. En fait, il y en a toujours, le monde est pourri, peu importe l’époque. En y repensant, j’en savais des choses à 10-11 ans, chapeau bas à mes instits.

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Depuis quelques années, depuis que ma carrière de journaliste a été tuée dans l’œuf par mon premier poste de community manager, j’ai commencé à ne plus regarder les infos. Aujourd’hui, je n’assiste plus à la grand messe du 20h qu’en vacances chez mes parents et pas en été car on mange dehors. Mais je continue à barboter dans un bain d’actu malgré moi. Oui, mon radio réveil est réglé sur France Inter mais je l’écoute pas vu que des que j ‘arrête de snoozer, je pars dans la salle de bain et c’est à peine si j’entend. Je la laisse pour avoir un repère sonore quand je reviens ouvrir les volets / donner à manger au chat / faire mon lit. Si c’est la chronique de Sophia Aram ou Blakowski : en avance. Les infos : à l’heure. La météo de Joël Collado : extrême limite. La voix de Pascale Clark : même en chopant un bus au vol et en ayant tous les feux piétons au vert, c’est mort, je suis en retard. Mais toute la journée, je me vautre dans le web et je suis malgré moi les actus. Des fois, je me surprends moi même à intervenir dans un débat en sachant tout à fait de quoi je parle. Bref je reste connectée malgré moi et c’est pas bon pour le moral. Pas bon du tout.

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Tout est question de point de vue. Tout. Une mauvaise nouvelle reste toujours relative et peut finalement se révéler parfois bonne. Sauf décès d’un être cher ou annonce d’une maladie incurable mais ça marche pour le reste. Faisons quelques exemples car nous avons tous le cerveau un peu carbonisé par le champagne des fêtes. Mettons hop, je me fais virer. A priori drame. Sauf que parfois, ça peut permettre de trouver un meilleur poste ailleurs, poste que nous n’aurions pas sollicité, joyeusement endormis par le ronron du quotidien et peut-être même que je vais rencontrer uns douce moitié au travail ou via un collègue et le licenciement de départ devient l’une des meilleures choses qui me soient arrivées. Ou une rupture. Pif, je me fais larguer, les sanglots longs et tout ça. Et là, pif encore, voilà qu’on me propose un poste à l’étranger, poste que je n’aurais pas accepté car chéri n’aurait jamais quitté Paris. Mais là, célibataire, je saute sur l’occasion ! Bon, ces exemples sont un peu des vies rêvées, tout ça pour dire que le verre est très souvent à moitié et qu’il ne tient qu’à nous de le voir à moitié plein.

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Mais les actus, elles, elles atomisent le verre pour qu’il soit bien vide. On nous secoue des menaces de guerres, chômage, maladies ou assassinats à longueur de temps. On te repeint le monde en noir désespoir et tu passes limite pour un illuminé si tu n’as pas peur. Peur de l’autre qui nous veut du mal, consciemment ou non. Qui nous filera ses germes ou fera péter une bombe, qui nous volera notre emploi ou nous rentrera violemment dedans avec sa voiture. Cet autre est l’instrument de la fatalité, celui qu’on ne peut contrôler et par qui tous les drames arrivent.

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Alors stop. Je le sais que le monde est pourri, que c’est la crise et qu’on mourra irradiés, d’asphyxie à cause de la pollution ou explosé par un illuminé terroriste. Ok bien mais ça, c’est pas mon quotidien. Ce n’est pas notre quotidien. Ces drames existent on le sait. Moi, j’ai besoin d’un bon bol d’air frais. Qu’on me parle de ce qui va bien et pas juste en mini reportage pour faire sourire entre le fromage et le dessert. Qu’on mette enfin la lumière sur le liquide dans le verre et non sa partie vide. Qu’on redonne l’envie de se démerder aux gens au lieu de les conforter dans l’insupportable « c’est la crise » ou faire pleurer dans les chaumières avec de bonnes intox sur la taxation de l’entrepreneuriat et les impôts tellement élevés que nos millionnaires quittent le pays. L’égalité, c’est toujours plus beau quand ce sont les autres qui paient… Mais les millions, ça sert à rien dans la tombe. Bref, bref. Aujourd’hui, si on veut se sortir de la crise, le premier pas serait peut-être… De ne plus en parler.

C’est historique

Depuis quelques temps, mes rares plages lecture (je vais au boulot à pied) sont consacrés au Nouvel Obs. Tout ce bain d’actualités, ça me fait réfléchir : les guerres, les catastrophes, la crise, les maladies… On a comme la sensation d’une charnière, d’une histoire qui change, d’un avant et d’un après. Mais mesure-t-on réellement la portée de ce que l’on vit ?

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Ce qui m’a toujours fascinée en histoire, c’est le phénomène de feu au poudre ou encore l’effet domino. En découvrant l’assassinat d’un archiduc à Sarajevo en 1914, a-t-on pressenti que le premier domino s’écroulait et allait déterminer toute l’histoire du XXe siècle ? A contrario, certains événements n’ont-ils pas été surinterprété ? Considérés comme une date que personne n’oubliera alors que dans 50 ans, ça restera du domaine de l’anecdote ? Quelles dates restent inscrites finalement dans l’histoire ? A brûle pourpoint, je dirais 476, la fin de l’Empire Romain d’Occident, 1492, 1789, 14-18, 40-45 et 1989. Bien sûr, ma réponse est pas mal conditionnée par ma nationalité et je choisis un peu les dates fixées par les historiens pour marquer la fin des grands périodes historiques (Antiquité (476)/Moyen Age (1492 ou 1515, ça se chamaille)/Epoque moderne (1789 ou 1815, là aussi, c’est pas clair)/Contemporaine). Et le reste ? Tout est historique, rien ne l’est ?

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Prenons un exemple concret : le 11 septembre. En Histoire, les siècles ne commencent pas un 1er janvier XX00 pour se terminer un 31 décembre XX99 (je me souviens plus très bien si les siècles commencent les années 00 ou les années01). Non, on choisit un événement clé. Exemple : le XXe siècle est débutant en 1914. Donc le XXIe siècle débute le 11 septembre 2001 ? Pas si sûr. En 2002, l’historien René Rémond était venu faire une conférence au Mirail et estimait que le 11 septembre n’était pas une date charnière de notre histoire et je suis pas loin de le suivre. Il me semble, sans recul aucun, que les révolutions arabes pourraient être bien plus importantes en fin de compte. Evidemment, faut attendre la suite, je sais pas encore si on a assisté à l’étincelle de la mèche de la dynamite ou à un pétard mouillé. 

Et pourtant, ça bouge, ça craque, ça s’agite. L’Europe est submergée par le mécontentement de ses classes les moins aisées (y compris la classe moyenne) qui en ont marre de payer quand les plus hautes sphères paradent accrochées à leurs parachutes dorés. Que l’insécurité est partout et je ne parle pas de violence mais de vie en général : le monde s’effrite visiblement, notre nourriture nous empoisonne, nous sommes tous menacés par un capitalisme qui a perdu la tête. Où va-t-on ? C’est là que je suis intriguée car on sent un ras-le-bol, une envie d’autre chose mais une envie de quoi ? L’heure des révolutions va-t-elle ouvrir la porte à des fronts de gauche basés sur une égalité, un rééquilibre ou, au contraire, à des partis populistes qui cachent leurs élans xénophobes en expliquant qu’au fond, si on est dans la merde, c’est bien la faute des étrangers qui nous prennent tous nos sous. Et surtout les étrangers colorés, c’est qu’ils sont plus faciles à reconnaître et donc à montrer du doigt. Le dossier du Nouvel Obs sur la montée de l’extrême droite en Europe fait peur. La nouvelle image assez glamour du FN grâce à sa blonde Marine (entre nous soit dit, son relooking est effectivement une réussite, c’est pas pour autant que je voterai pour elle) me fait froid dans le dos vu qu’elle capte pas mal de déçus du sarkozysme, trop ancrés à droite pour choisir une alternative de gauche. 

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Où va-t-on ? Peut-être nulle part, l’année 2011 ne restera peut-être pas dans les mémoires en fin de compte. Si on prend 1956, par exemple, avec l’insurrection de Budapest et les émeutes de Poznan, on aurait pu croire au début de la fin du communisme. Cette année là aussi, il y avait eu la guerre de Suez. In fine, qui se souvient vraiment de 1956 ? Le monde s’emballe mais peut-être va-t-il se calmer, que nous continuerons notre train train et que rien n’aura vraiment changé. Ou nous sommes à l’aube d’un grand bouleversement. Comment savoir ? Le mieux est de garder les yeux ouverts. Dans 10 ans, on saura (ou pas).

Delirium tremens fiévreux

Ceux qui me suivent sur Twitter le savent : ce week-end, j’étais malade. Depuis jeudi, mon nez coule, ma gorge gratte, mon audition est partie battre la campagne. Le joli rhume des familles quoi. Sauf que si je m’en suis pas trop mal sortie jeudi et vendredi, depuis samedi, c’est la cata. Seul avantage, si j’ose dire : la fièvre me file des révélations amusantes.

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Et ce matin, alors que j’émergeais péniblement de mon état cotonneux, la bouche emplie d’un goût bizarre et pâteux que même Kenya ne venait pas renifler quand je baillais. Je venais de faire un rêve un peu chelou à base d’extraterrestres pas très gentils qui voulaient nous tuer. D’abord, on était 5 à être contaminées par un virus bizarre et on n’était que
3 à nous en sortir. Puis après, ils lançaient une espèce d’énorme pièce en fonte très très lourde sur la ville, tout le monde courait pour pas se faire écraser (j’ai dû en réchapper mais à un moment, je suis devenue une autre personne, en fait) et après, ils expliquaient que si on leur donnait pas de l’argent, ils continueraient à tuer plein de gens.

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Je précise que j’ai vu le trailer de V il y a plus de 6 mois.

J’ai aussi rêvé mais plus tard que j’étais Miley Cyrus qui jouait dans Batman. Un Batman profondément chiant puisque Miley-moi (mais en blonde, par contre) étions le sujet principal du dit film, on voyait Batman passer vite fait mais en vrai, c’était plus une histoire d’ados avec Miley-moi qui sort avec une jeune homme pas très attentif à ma personne (y a
une histoire où je suis en robe toute jolie mais pas chaude et il veut aller à un truc de surf, je sais pas quoi) et puis après, y avait des trucs bizarres sur un écran,  avec Bill et Hillary Clinton je crois mais dans le rêve, les choses recommençaient, Miley-moi fille de Batman était un peu prise au piège d’un jour sans fin.

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Bref, malade, je fais peur. Mais le pire fut ma révélation, donc. Alors que je revenais péniblement à la vie, j’ai réalisé un truc : James Cameron n’est qu’un vilain plagiaire ! Oui, il a copié et vous savez quoi ? Ulysse 31. SI Ulysse 31 ! Comparons un peu les Na-vi et les extraterrestres bleus d’Ulysse, pardon mais c’est un peu pareil quand même ! Non mais imaginez un peu la révélation de fou ! Soudain, c’est comme si j’avais découvert les mystères de l’univers. Puis je me suis rendue compte que la petite fille qui parle aux plantes, c’est pas la bleue d’Ulysse 31 mais Flora de Jayce et les conquérants de la lumière (oui, si on regarde de près, c’est peu ou prou le même dessin animé, finalement).

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Trop sûre de mon fait, je me lève et je décide de partager ma révélation. Puis ma fièvre a baissé et je me suis rendue compte que c’était très nase. Ce qui reste drôle, finalement, ce sont les révélations de nos états fiévreux. Et encore, quand je dis fièvre, si j’ai dépassé le 38, c’est le bout du monde, je n’ai qu’un rhume, pas de H1N1 ou autre et je suis restée lucide la plupart du temps. Mais quand on voit la puissance du truc, j’ai envie de vous dire : « ne te drogue pas jeune, chope juste la crève ». Par exemple, faites comme moi : après la piscine où l’eau est déjà fraîche, séchez vous les cheveux avec un sèche-cheveux froid et paradez pendant une heure à la terrasse d’un café. Radical.

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Bon, en vrai, je suis dégoûtée, j’ai cru traverser l’hiver sans être malade une seule fois, un record absolu pour moi. Raté !

Ciel, mon mari se masturbe !

 Lundi, au cours d’une soirée à trainer tard devant la télé pour cause de pas sommeil, j’ai découvert une série globalement navrante « Jardins secrets », l’histoire de 4 ou 5 femmes hollandaises qui discutent de leur vie privée. En gros, vous mixez Sex and the city et desperate housewives et voilà, sauf que là, c’est chiant. Bref, à un moment, une pleure parce que son mari se masturbe et qu’elle refuse d’en faire autant. Paie ton drame à deux balles.


Pourtant, la masturbation au sein du couple mérite qu’on s’y penche deux minutes. Quand j’étais jeune, je trouvais ça très grave. Je me souviens qu’à une époque, ils diffusaient une série un peu sexy anglaise dont j’ai totalement oublié le nom et un épisode tournait autour d’une femme traumatisée d’avoir découvert que son mec se masturbait sur des revues pornos. A l’époque, j’avais expliqué à Guillaume 1er que je trouvais ça tout à fait dramatique qu’un mec se masturbe alors qu’il a une copine car ça signifie qu’elle ne lui suffit pas, bouh !


Puis j’ai grandi et j’ai compris que la masturbation n’avait rien à voir avec une éventuelle déficience de la partenaire. C’est autre chose, pas aussi plaisant qu’un acte sexuel de toute façon. En grandissant (si, si, je peux encore utiliser ce verbe), je me suis rendue compte que la masturbation n’était pas tant un acte de compensation qu’un acte de détente. C’est parfait pour bien dormir, par exemple. Et puis à choisir, vous préférez quoi ? Que votre mari se tripote gentiment sous la douche ou qu’il aille se faire tripoter par quelqu’un d’autre ? Hein ?


En fait, la masturbation ne me paraît pas réellement être un acte sexuel en soi. Oui, ok, c’est de l’autosexualité mais ça me paraît plus être un acte de détente qu’autre chose. Je ne sais pas pour les hommes mais pour les femmes, en tout cas, c’est le cas. Alors je peux comprendre que ça peut être très désagréable de voir son mec se palucher devant un porno mais là encore, le porno renvoie l’image d’une sexualité extrême, très fantasmée la plupart du temps. Quand je vois les petits films que je me fais dans la tête à ce moment là, je me demande si je suis vraiment la mieux placée pour faire une scène à mon mec qui regarde des scènes ni mieux ni pires. Quoi que si, c’est pire parce que dans ma tête, c’est beaucoup plus raffiné que cette usine à bidoche, là.


Et puis, enfin, soyons honnêtes, y a des moments où ça nous arrange aussi un peu. Parce que déjà, y a quelques jours dans le mois où je trouve tout rapport sexuel assez désagréable quoi qu’on en dise. Ce n’est pas pour autant que je ne fais aucun effort pour donner du plaisir à mon mec si j’en ai envie mais si j’ai l’impression que je vais accoucher mon propre utérus, curieusement, j’ai pas envie de faire plaisir, juste de prendre un spasfon et de mourir. Et puis personne ne peut jamais avoir la libido à fond les ballons tout le temps et il arrive qu’on ne soit pas en phase avec son compagnon à ce niveau là.


Alors évidemment, reste le cas délicat du « il ne me touche plus alors que moi, je voudrais bien mais il se masturbe, au secours ! ». Et bien, je dirais qu’au lieu de pleurer sur le pourquoi du comment, la meilleure solution reste encore d’en parler pour voir ce qu’il se trame. Le tout est finalement de ne pas confondre symptôme et maladie : un homme (ou une femme, d’ailleurs) n’arrêtera jamais de vous toucher parce qu’il/elle se masturbe, les causes sont autres.


Mais de façon générale, sortir avec une personne qui en plus de nous honorer se masturbe n’est en soi pas dramatique, arrêtons de voir le mal partout.

Fin de liste

Bon, dans la série « tiens, je fais des changements sur mon blog », j’ai décidé d’arrêter les listes du samedi. Pourquoi ? Parce que comme vous l’avez remarqué, ma vie ronronne comme une Kenya et vu que je parle plus de mes coucheries en détail ou même en général, ne reste guère que le boulot. D’ailleurs, c’est rigolo, j’ai un nouveau collègue, Nicolas, à qui j’ai parlé du blog et qui m’en a parlé hier au pot de déménagement (ben oui, je change de quartier) et il m’expliquait que c’était marrant de me lire et de deviner qui est qui derrière les pseudos. Et les pseudos de boulot, y en a beaucoup.

 

Bon bref, la liste devenant une série d’anecdotes de bureau, je ne suis pas sûre que ce soit bien utile de continuer, surtout que j’avais de plus en plus de mal à l’écrire vu que ma vie n’est pas toujours bien trépidante. Peut-être que si je ressens le besoin de raconter mes petits moments de vie, j’écrirai ça ailleurs, je verrai. C’est pas le sujet.

Donc maintenant, que faire du samedi. Vu que pas mal de gens se connectent du bureau, je vais pas faire un article comme les autres jours, le samedi, c’est léger. Bon, j’aurais pu faire relâche, ce serait une solution. Sinon, j’avais plein d’idées mais là, je me souviens plus, vu que je les ai pas notées, comme une truffe que je suis. Il me semble que je proposais, au choix, une BD (mais vu mes talents en la matière, j’ai peur que ça vous lasse vite), une citation à la con, une espèce de rubrique des cœurs (parce que j’en lis des questions sur les forums,
hein). Ou alors une nouvelle série ou encore un sitcom à la con… Enfin, bref, je sais pas trop.

Mais la liste je vais arrêter. Comme ça, cette semaine, vous avez évité les affres de ma maladie de début de semaine et de mes règles en cours (bonjour la semaine), mes problèmes de train (enfin, ça, comme c’est tout le temps…), le déménagement, tout ça…

Voilà, on verra samedi ce que je ferai.

La liste de l’été parce que oui, c’est l’été

(attention, liste un peu olé olé, réservé à un public à peu près averti. Hein, les jeunes ?)

– J’ai traîné ma maladie toute la semaine, surtout la toux qui n’en finissait pas. J’ai eu des fantastiques quinte de toux qui n’en finissait pas. Je crois même que j’ai effrayé une vieille dame dans le train (bon, faut dire que j’arrivais plus à reprendre mon souffle et à la fin, on avait l’impression que j’allais en vomir). C’est très gênant quand je suis au boulot, exemple:

« Nina, tu peux faire ça. – Oui, tu m’en dis keuf keuf plus – Alors (keuf keuf) il faudrait (keuf keuf keuf) que tu fasses (KEUF KEUF KEUF KEUF) – Pardon, tu peux répéter la
fin ? ». Et après, je partais en courant boire pour essayer de faire passer ça alors que mes yeux pleurent. Dans la nuit de jeudi, je m’étouffais tellement que j’ai fini par sucer un
glaçon. Pas mal comme solution.

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– Quand je suis malade, je suis un poil agressive quand même. Mardi matin, dans les couloirs du métro. Je me prends les tapeurs habituels, les mecs qui vendent Sans Abris, une nana qui demande un ou deux euros et là, une dame arrive, j’entends Invalides et je réponds un méchant « Non ! ». Je continue à avancer et là, ce qu’elle m’a dit monte au cerveau :
elle veut aller à la station Invalides. Donc je rebrousse chemin pour lui répondre en me confondant en excuses, qu’elle accepte très gentiment mais je suis morte de honte. Le lendemain, par contre, j’ai envoyé chier le tapeur habituel du quai du métro. Tous les matins, il me demande une petite pièce. J’arrive sur le quais « Bonjour, est-ce que… » « Non ! ». J’avance, je m’arrête au distributeur pour m’acheter à boire (toujours rapport à ma toux) et là « Bonjour, vous auriez pas une petite pièce ». Là, exaspérée et atterrée : « Mais enfin, vous me l’avez demandé y a 30 secondes ! Non ! ».

 

– Curieusement, les femmes agonisantes, ça le fait, mon mojo a bien marché cette semaine. Mardi matin : nez pelé, reniflement, casquette vissée sur la tête (il pleut), foulard
autour du cou, veste, des mecs me regardent. Ils sont malades ou quoi ? Jeudi soir, je rentre d’une soirée tranquille chez un mec (no brouette inside) et là, mon mojo explose : tous les
regards se tournent vers moi. Je devrais être mourante (au moins) plus souvent. A moins que ce ne soit le pouvoir de la prune.

– Dans la série, « je suis amoureuse », le semi Russe est l’homme parfait. Si, si. Ces derniers temps, il me cherche beaucoup donc mardi « ok, on se voit » et là, il disparaît de MSN. Vicky le soupçonne d’avoir une copine, donc je décide de jouer un peu ma garce et je lui vois un texto explicite. Et là, je reçois un merveilleux « Si tu mets un tee shirt et tu descends, je veux bien te défoncer dans la voiture… ou même dans ta cage d’escalier (voir pipe) ». Quelle abnégation. N’empêche qu’il me relance tous les soirs pour sa pipe maintenant alors que je suis indisposée, d’abord.

– Pour finir sur les mecs, ça fait chier des fois de constater qu’un homme avec qui on a plus ou moins brouetté et quand même choupi et que s’il était pas un connard, on jouerait bien le round 2.

– Je crois qu’au boulot, la poubelle des toilettes n’est jamais vidée. Alors soit ma boss a les règles en même temps que moi et utilise les mêmes tampons, soit ce sont les miens du mois dernier. Dégueu…

– Je crois que j’ai égratigné mon image de jeune fille bien au boulot. D’abord en jouant à un jeu vidéo où on campe un gamin dans un centre de redressement où il faut rouler
des pelles aux filles et taper nos ennemis en ponctuant ma participation de « Putain, mais lâche moi, je te pète ta gueule, tiens, prends ! Connard, va. Tiens, je vais aller lui rouler
une pelle à elle. Quelle chiennasse ! ». Et je crois que demander à mon pote Tchèque (qui est né à Bordeaux mais il vit là-bas) de me montrer le zizi qu’un bloggeur a posté, ça n’aide
pas non plus. D’ailleurs, il m’a suggéré de venir à Prague en même temps qu Guillaume,mon collègue. Sauf que Guillaume, il a une raison de partir là-bas alors que moi, non. Pourtant, si on me dit d’aller à Prague, je sais pas pourquoi mais je suis sûre d’accepter.

– J’ai pris le métro hier soir avec ma boss, on a un peu papoté et je me suis rendu compte que j’avais vraiment l’esprit d’entreprise. Genre je lui raconte que je fais un aller/retour éclair dans le sud ce week-end (oui, là, chuis dans mon paaaaaaaaaays !) et elle me suggère de prendre mon lundi. Mais vu qu’on est deux dans mon service et que le 2e
est déjà en vacances, je lui explique que c’est pas raisonnable et que de toute façon, je prends une semaine début août. Elle a beaucoup apprécié mon attitude. Heu… C’est pas
normal ?

– Dans la série, non, non, la SNCF et moi, ça passe toujours pas. Mardi soir, train annulé pour « avarie technique ». Bon, faut dire que quand un train qui part à 19h50 est toujours à quai à 20h, on se doute qu’il y a un truc. Vendredi, je vais acheter les billets de train pour Kenya et Carambar, le chat de ma sœur. Après15 mn de queue parce que les billets pour chat, ça se commande par sur le net, je sors du guichet et là « suite à un incident technique, tous les train en partance de cette gare sont annulés ». Bordeeeeeeeeeel.
Bon, finalement, le temps que j’appelle mon pôpa, c’était reparti. Sinon, toujours en rapport à la SNCF, grand moment jeudi. Ma sœur m’envoie un mail « tu pars à quelle heure, samedi, on prend un taxi ? ». Je regarde mes billets électroniques et là, grosse panique : j’ai réservé pour dimanche/lundi au lieu de samedi /dimanche. Donc, vite, j’annule, je veux
changer la date et à chaque fois que je clique sur « valider ce trajet », le site me répond « aucun train ne circule au-delà de l’horaire indiqué ». Au bout d’une demi-heure
de « putain, putain » grommelés, j’y suis enfin arrivée.

Est-on l’’artisan de son propre bonheur (ou malheur)

Il y a des moments dans la vie où on est dans une période calme qui nous laisse du temps pour réfléchir et observer les choses sans passion et emportement. Mon petit cœur n’a pas battu pour un homme depuis quelques temps (sinon, il continue de battre normalement, rassurez-vous, je suis pas un esprit), je suis débarrassée de toutes les rancoeurs ou souffrances passées donc j’écoute le discours des autres. Non parce que moi, en ce moment, à part dire des platitudes à base de « ça viendra quand ça viendra », « c’est quand on s’y attend pas que ça tombe »… Je suis sûre que tous mes lecteurs envient ma vie amoureuse, là !

 

Bref, du coup, comme je parle pas, j’écoute. Comme il se passe rien, je repasse le fil de mes aventures passées (sans rancœur ni colère, je le répète). Parfois, j’ai l’impression que ma vie amoureuse se répète, ce sont souvent les mêmes histoires ou à peu près, les mêmes conneries que je répète. Et c’est pas mieux chez mes amis. On se sort d’une histoire pour replonger dans une histoire similaire. Et beaucoup parle de karma ou de destinée. Moi aussi, je l’eus fait dans le temps. « J’ai la lose en amour, pourquoiiiiiiiiiiiiiiii ? J’ai dû faire un truc horrible dans ma vie antérieure et je paie les pots cassés ». Sauf qu’aujourd’hui, je pense que c’est trop simple comme explication, trop fataliste et totalement déresponsabilisant. Si j’ai la lose, c’est pas ma faute, c’est mon karma (ou mon destin ou ce que vous voulez). Et bien non, je ne suis plus d’accord ! De toute façon, y a que les imbéciles qui changent pas d’avis, na !

Notre vie amoureuse, on la choisit. Ok, c’est moins facile que le boulot, carrément moins objectif. Quand je craque sur un mec, je ne le fais pas exprès. Les bruns aux yeux clairs, ça me fait fondre, surtout s’ils ont un sourire que même Sean Connery, il a pas. Que quand ils me parlent, je suis tellement enchantée que j’oublie tout le reste. Bon, bref, on part du principe qu’on ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Donc on peut penser que mon karma/destin me fout dans les pattes toujours des mecs à problème, qu’ils règlent avec moi et c’est une autre qui en profite. Non parce que quand je regarde ce que sont devenus mes exs amoureux ou plans cul, ils se trouvent toujours quelqu’un juste après moi et c’est le bonheur. Enfin, non, pas tous. D’ailleurs, c’est curieux, c’est ceux dont je souhaite le plus le bonheur qui ne le trouvent pas… Sans doute n’ont-ils pas la même conscience que moi de leur valeur. Il y en a un en particulier (je dirais pas lequel pour protéger sa vie), il s’est auto-convaincu qu’il ne mérite pas d’être heureux, que c’est un sale type en gros et qu’il ne mérite que le pire. J’ai essayé de le persuader du contraire mais en vain. Bref, je m’égare. Je disais donc qu’on pouvait choisir sa vie amoureuse. Mais souvent, on fait le mauvais choix. Peut-être est-ce parce qu’on sacralise un peu l’amour, aussi, qu’on voit ça comme un espèce de tsunami qui nous emporte au-delà de toute raison. L’amour, ça doit être violent (je parle pas de violence physique, hein !), ça doit être un coup de foudre, de la passion limite destructrice, du « on s’est battue et on l’a eu ». L’amour, c’est censé mettre du sel dans notre vie donc on cherche la complexité. A partir de là, faut pas s’étonner qu’on soit malheureux au bout du chemin.

Evidemment, parfois, on tombe mal, ça arrive même à des gens bien. Le prince charmant des premiers jours se transforme en ignoble goujat ensuite. Ca arrive et là, on tombe de haut.
Parce que monsieur, ou madame, d’ailleurs, les hommes n’ont pas le monopole de la goujaterie, se relâche dès qu’il croit la partie gagnée. Or il y a relâchement et relâchement. Que mon mec arrête
de m’amener mon petit déj au lit au bout d’un moment, qu’il ne m’envoie plus de textos enflammés ou ce genre de truc, j’ai tendance à penser que c’est normal. Qu’il me traite comme la dernière
des merdes, qu’il trouve à redire à tout ce que je fais, là, non. Il est pas bon mon café ? Ben t’as qu’à le faire, au lieu de râler ! Je suis ta copine, pas ta bonne. Mais bon, parfois, aussi, on sent clairement le connard, il l’aurait tatoué sur sa tronche que ce serait pas plus flagrant et pourtant, on fonce tête baissée, yeux fermés et on n’a même pas pensé à mettre un casque. Comme dirait Mister Big : « nous, quand on voit un mur, on s’y précipite la tête la première ». Oui, oh oui ! Mais peut-on se plaindre après d’avoir vécu nos liaisons foireuses (hop, réintègre le sous-titre du blog dans un article) alors qu’on savait dès le départ qu’elle le serait et qu’on a foncé sciemment ? Si on voulait une vie épurée de toute relation difficile, ne suffit-il pas de dire non dès le départ ?

En gros, je pense qu’on se crée son propre bonheur ou malheur, sauf grands drames de la vie comme les décès, les maladies ou des licenciements…Je pense que plutôt que de croire que
c’est son karma, il faut plutôt considérer que c’est une accumulation de choix de vie. En somme, si notre vie est merdique, il ne tient qu’à nous d’en changer.

J’’ai la lose

Aujourd’hui, je pousse un cri. Un cri de rage. Un gigantesque : « va te faire f**** » à la sale personne qui m’a jeté un sort. Aujourd’hui, je me plains parce que j’ai la lose. Il y a quelques temps, j’avais écrit un article annonçant une bonne période… Je crois que je me suis avancée.
 
 
Effectivement, si on analyse la situation, ma vie a de bons côtés : côté cœur, j’ai rencontré de charmants garçons récemment, c’est très épanouissant. Côté études, c’est officiellement terminé : sur une promo de 12, nous ne sommes que la moitié à être diplômés. Après avoir reçu mes notes, je me retrouve avec une mention assez bien, j’ai raté la mention bien de peu (je sais, je m’en plains, je suis chiante). J’ai eu la moyenne partout (même à mon rapport de stage et à mon cours de droit) sauf à un partiel où je me suis pris un sale 2,5/10. Bon, j’avais raconté à peu près n’importe quoi dans ma copie mais c’est ma faute, aussi, si le prof qui a pondu le sujet n’était pas le responsable de ce cours ?
 
Oh, j’ai la lose !
Bref, a priori, ça va. Mais j’ai la lose et je commence à en avoir assez de cet acharnement du sort. Oh, il ne m’arrive rien de grave, personne n’est décédé, je n’ai perdu aucun membre. Que des petits ennuis qui s’accumulent, s’accumulent et me font sortir de mes gonds. Comme une sale fatigue qu’on traîne.
 
Première catastrophe : la réaction en chaîne. Je fais une machine, bam ! bam ! badaboum ! Comme d’habitude, lors de l’essorage, ma machine essaie de se faire la malle, la garce. Bon, je m’en vais pour étendre mon linge avec le système D (comme débile, pas comme débrouille). En fait, je mets un étendoir à linge en équilibre sur la barre de mon rideau de douche qui tient lui même sur 5 mm de carrelage. Donc équilibre instable. Je commence à étendre mes trucs quand mon étendoir se casse la gueule une première, fois, je le rattrape comme je peux (avec deux bons kilos de linge mouillé). J’essaie de remettre le tout sur ma tringle et là, la tringle tombe et décanille la bouteille de bain moussant en verre qui traînait sur le bord de la baignoire. Cette dernière va naturellement s’écraser sur le sol, craaaaaac ! Et voilà le bain moussant qui coule sur le sol, vague bleue et gluante sur mon carrelage en marbre… Et cette douce odeur de raisin chimique absolument pas entêtante, mmmm… Bon, et bien, nettoie. Le truc très amusant avec le bain moussant, c’est que ça mousse, précisément. Donc me voici avec mon seau plein de flotte a essayer de nettoyer le cataclysme, ma serpillère fait des bulles, plus je rince, plus ça mousse, je m’en sors plus !
 
Brrrrrrrr !
Ça continue samedi dernier (soit trois jours après l’affaire du bain moussant) : après une nuit torride avec mon nouvel amant dont je parlerai plus tard (pas Guillaume, un autre), je dois vite me doucher car Benoît arrive. Oui, je sais, deux amants à une poignée d’heures d’intervalle, j’ai fait fort mais c’est pas le sujet de l’article. Donc opération épilation avec de la crème (pas le temps de fignoler) qui sent pas très bon donc c’est une bonne idée de se doucher, après. Hop, je fais couler l’eau, elle commence à se répandre sur mon corps et… merde ! L’eau chaude s’est fait la malle ! C’est froid, c’est désagréable ! Bon, en désespoir de cause, je pompe de l’eau chaude dans le lavabo et me frotte à l’éponge mais, là, aussi, la douce chaleur liquide se transforme en griffes glacées. A partir de là, l’eau chaude joue l’arlésienne : dès que ça marche, je prends des douches bouillantes, j’aspire à pleines narines la vapeur d’eau, j’ai des orgasmes aquatiques… Mais ça se fait rare. D’ailleurs, à partir de mercredi, c’est la catastrophe. Solution de dépannage : mettre la chaudière en mode « eau et chauffage ». Mais c’est pas tout à fait ça, je me lave avec un filet d’eau et c’est plus tiède que chaud… Je crois que je vais me laver avec mon brumisateur, ce sera plus efficace. Il faut que j’appelle mon proprio mais je ne sais pas si c’est un problème de chaudière ou de plomberie. A priori, je dois avoir une fuite au niveau de la salle de bain puisqu’il fait toujours humide là-dedans…
 
Allo ? Allo ?
Appeler… En voilà une bonne idée ! Encore faut-il pouvoir ! Vendredi, je sors de la douche en compagnie de Guillaume quand je reçois un texto SOS de Gauthier : « je m’ennuie, je veux sortir, pitié ! ». Du coup, je lui renvoie un texto pour lui proposer d’aller boire un verre à trois. Il me répond : « ok, je t’appelle sur le fixe ». Deux minutes après, texto : « t’as débranché ton fixe ? » Oui, je suis joueuse : quand on m’annonce qu’on va m’appeler, je coupe mon téléphone. Donc je lui réponds que non, on discute par téléphone portable : c’est parti pour le film du jour : « le mystère de ma ligne fixe ». Guillaume, qui travaille dans les télécoms regarde et conclue que le téléphone est décédé. Ouais, bonne remarque. Bon, partant de ce principe-là, je ne m’inquiète pas outre mesure. En effet, j’ai essayé de le brancher à l’autre prise téléphone, même résultat. Donc, aujourd’hui, après mon déjeuner avec Zoé, je m’en vais à la FNAC acheter deux téléphones (un pour ma ligne fixe, l’autre pour la freebox). De retour dans mon doux foyer, je fais un test : mon nouveau téléphone marche pas non plus sur la ligne. Bon, ok, ne paniquons pas ! Je branche le troisième téléphone, toujours pas de tonalité… Bon, pas de panique, faisons le 1014. Ils me balancent sur le service « payer votre facture ». La dernière,je l’ai payée il y a trois semaines, ils se moquent de moi ?
 
Pas énervée du tout, je vais à mon agence France Telecom voisine : deux pauvres mecs doivent servir tous les clients et c’est du lourd : la moyenne d’âge doit être de 50 ans (rappelons que j’en ai 25 et que je l’ai faite chuter). Une mémé accapare le premier vendeur : « mais comme on fait pour mettre une ombre noire sous le texte ? » donc le vendeur, plutôt mimi, lui fait la manipulation et lui montre. « Et on fait comment ? Mais c’est ça l’ombre noire ? Ah non, c’est moche, ça me plaît pas ! ». Le mec me regarde, désemparé, je lui souris, amusée (on ne sait jamais, au cas où ma loose disparaîtrait…). A côté, l’autre vendeur se fait incendier par un vieux parce qu’il n’a plus de minitel disponible, il faut en commander un (je croyais que ça n’existait plus). Bon, finalement, c’est celui-là qui me sert, si je puis dire. En effet, après avoir pianoté sur son ordinateur, il me donne le téléphone pour que je m’entretienne avec le service technique. Personne me répond. Bon, le gentil vendeur, avec des beaux yeux bleus, essaie de trouver et m’explique que ma ligne a été suspendue mais il ne sait pas pourquoi. « Vous vous êtes trompée de code, non ? » me demande-t-il. Mais de quoi il me parle ? Quel code ? J’ai pas de code, moi ! Bon, le pauvre gars jonglait entre trois clients, essayait de m’aider tout en se faisant engueuler par son collègue : « non mais elle a qu’à appeler le 1014 ! » Connard, tu me payes la communication ? Parce que, certes, c’est gratuit à partir d’un fixe… MAIS JE N’EN AI PLUS ! Et voilà, au bout de trois-quarts d’heure, je repars et j’ai toujours pas de téléphone.
 
Luke, je suis ton père…
On rajoute à ça un autre élément fort sympathique : mon téléphone portable qui date d’il y a 3 mois marche mal… Gauthier m’appelle ce soir pour discuter et la qualité de la discussion se dégrade rapidement : de mon côté, j’entends des drumbles, du sien, une étrange voix déformée, si bien qu’à un moment, il me dit : « On dirait Nono le petit robot qui a avalé Dark Vador ». Du coup, je ris et ça lui fait peur.
 
J’en viens sérieusement à penser que la technologie moderne me déteste et me le fait sentir. Maintenant, je me demande quelle va être la prochaine contrariété. Une maladie ? Vu que je me douche à l’eau froide ou tiède, ça ne va pas tarder. Me retrouver coupée du monde ? Mon téléphone portable survit, Internet marche encore mais si on me coupe free, plus de téléphone (oui, j’ai une ligne freebox) et plus d’Internet (donc plus d’articles pour toi, lecteur !). Une inondation ? Ça me pend au nez. Un incendie ? L’inondation l’éteindra. Une coupure d’électricité ? Les huissiers pour me réclamer de payer une facture jamais reçue ? Me casser un ongle ?
 
Lecteur, les paris sont ouverts.