Ciel, mon mari se masturbe !

 Lundi, au cours d’une soirée à trainer tard devant la télé pour cause de pas sommeil, j’ai découvert une série globalement navrante « Jardins secrets », l’histoire de 4 ou 5 femmes hollandaises qui discutent de leur vie privée. En gros, vous mixez Sex and the city et desperate housewives et voilà, sauf que là, c’est chiant. Bref, à un moment, une pleure parce que son mari se masturbe et qu’elle refuse d’en faire autant. Paie ton drame à deux balles.


Pourtant, la masturbation au sein du couple mérite qu’on s’y penche deux minutes. Quand j’étais jeune, je trouvais ça très grave. Je me souviens qu’à une époque, ils diffusaient une série un peu sexy anglaise dont j’ai totalement oublié le nom et un épisode tournait autour d’une femme traumatisée d’avoir découvert que son mec se masturbait sur des revues pornos. A l’époque, j’avais expliqué à Guillaume 1er que je trouvais ça tout à fait dramatique qu’un mec se masturbe alors qu’il a une copine car ça signifie qu’elle ne lui suffit pas, bouh !


Puis j’ai grandi et j’ai compris que la masturbation n’avait rien à voir avec une éventuelle déficience de la partenaire. C’est autre chose, pas aussi plaisant qu’un acte sexuel de toute façon. En grandissant (si, si, je peux encore utiliser ce verbe), je me suis rendue compte que la masturbation n’était pas tant un acte de compensation qu’un acte de détente. C’est parfait pour bien dormir, par exemple. Et puis à choisir, vous préférez quoi ? Que votre mari se tripote gentiment sous la douche ou qu’il aille se faire tripoter par quelqu’un d’autre ? Hein ?


En fait, la masturbation ne me paraît pas réellement être un acte sexuel en soi. Oui, ok, c’est de l’autosexualité mais ça me paraît plus être un acte de détente qu’autre chose. Je ne sais pas pour les hommes mais pour les femmes, en tout cas, c’est le cas. Alors je peux comprendre que ça peut être très désagréable de voir son mec se palucher devant un porno mais là encore, le porno renvoie l’image d’une sexualité extrême, très fantasmée la plupart du temps. Quand je vois les petits films que je me fais dans la tête à ce moment là, je me demande si je suis vraiment la mieux placée pour faire une scène à mon mec qui regarde des scènes ni mieux ni pires. Quoi que si, c’est pire parce que dans ma tête, c’est beaucoup plus raffiné que cette usine à bidoche, là.


Et puis, enfin, soyons honnêtes, y a des moments où ça nous arrange aussi un peu. Parce que déjà, y a quelques jours dans le mois où je trouve tout rapport sexuel assez désagréable quoi qu’on en dise. Ce n’est pas pour autant que je ne fais aucun effort pour donner du plaisir à mon mec si j’en ai envie mais si j’ai l’impression que je vais accoucher mon propre utérus, curieusement, j’ai pas envie de faire plaisir, juste de prendre un spasfon et de mourir. Et puis personne ne peut jamais avoir la libido à fond les ballons tout le temps et il arrive qu’on ne soit pas en phase avec son compagnon à ce niveau là.


Alors évidemment, reste le cas délicat du « il ne me touche plus alors que moi, je voudrais bien mais il se masturbe, au secours ! ». Et bien, je dirais qu’au lieu de pleurer sur le pourquoi du comment, la meilleure solution reste encore d’en parler pour voir ce qu’il se trame. Le tout est finalement de ne pas confondre symptôme et maladie : un homme (ou une femme, d’ailleurs) n’arrêtera jamais de vous toucher parce qu’il/elle se masturbe, les causes sont autres.


Mais de façon générale, sortir avec une personne qui en plus de nous honorer se masturbe n’est en soi pas dramatique, arrêtons de voir le mal partout.

Physiologique ou psychosomatique ?

Il y a quelques temps, je vous parlais sur ce blog de ma terreur de la grossesse et du déni de grossesse. Et ben voilà, force est de constater que mes règles ont dix jours de retard. D’abord paniquée, je réfléchis : je n’ai pas eu de sexe depuis quasiment deux mois et j’ai eu mes règles entre temps. Mais ça me suffit pas, donc je continue à cogiter. Ces 9 derniers mois (oui, les dénis de grossesse ne durent pas trois ans), j’ai eu 5 partenaires, ça nous ferait 5 candidats potentiels à la maternité. Bon, l’un d’entre eux n’a jamais joui en moi, on l’élimine, n’en reste que 4.

– Candidat 1, période non féconde (juste après mes règles), aucune capote explosée déclarée

– Candidat 2, période non féconde (juste avant mes règles), aucune capote explosée déclarée

– Candidat 3, période non féconde (juste avant mes règles), aucune capote explosée déclarée

– Candidat 4, période non féconde (juste après mes règles), aucune capote explosée déclarée

Quand je dis juste avant ou juste après, c’est vraiment une question de jour. Quant à la capote déchirée, en général, quand ça arrive, on le sait. Monsieur se retire et lâche un « hé merde » explicite en regardant les lambeaux de latex parant son pénis. Donc même si la capote avait un petit trou qu’on n’a pas vu, M. Ogino m’expliquerait que je ne risque rien.

Ceci étant, je continue de cogiter (bon, ok, ça m’occupe). Et si j’accouchais un jour ? Bon, candidat 1 sera éliminé en février (oui, grossesse, toujours neuf mois), candidat 2 en avril, candidat 3 et 4 en juin. Bon, sauf accouchement prématuré, la naissance du petit pourrait donner un indice du bébé. Mais si c’était un prématuré, comment savoir qui est le papa ? Bon, s’il est un peu bronzé, c’est candidat 4, aucun doute, le seul qui n’est pas Européen pur jus. S’il a les yeux marrons, ce sera candidat 1 ou 4, les yeux verts ou bleus, candidat 2 ou 3. Ma vie ressemble aux Feux de l’Amour, des fois.

Bon, en fait, je pensais ça jeudi soir alors que je m’endormais et ça m’amusait un peu, en fait. Parce que je le sais que je suis pas enceinte. Oui, si on excepte ce petit retard, je n’ai aucun autre symptôme : mes seins n’ont pas grossi (Dieu merci, ma mère faisait quand même du 120 pendant sa grossesse), je n’ai pas vomi depuis ma cuite d’août, je n’ai pas grossi un poil et j’ai pas la ligne brune sur le ventre. Oui parce que les femmes enceintes ont une ligne brune verticale sur le bidou. Toi aussi, cultive-toi sur les vingtenaires (pour une fois que je peux faire ma merdeuse sur du médical). Et puis j’ai pas les hormones en furie, je n’ai pas d’envies étranges, tout va bien.  Mais pourquoi ce retard ? Je vois deux raisons majeures :

– psychosomatique : j’ai parlé de déni de grossesse et pif, paf, je me fais une petite grossesse nerveuse ou équivalent. Ce qui m’inquiète sur ma propre santé mentale, je commence à me demander si je devrais pas aller dans un endroit où une gentille personne m’allonge sur un canapé et me demande de lui raconter mon enfance.

– physiologique : bon, jeune, j’avais un cycle long (35 jours). Depuis un ou deux ans, j’ai du 28 jours ou à peu près mais j’ai jamais été régulière comme une horloge. Et puis, en plus, en ce moment, je fais un régime et même si j’ai pas perdu 10 kg en trois jours, ça peut jouer aussi. Parce que mine de rien, les règles, c’est très aléatoire : une contrariété et paf, elles peuvent débarquer. Non mais les filles combien d’entre vous ont eu leurs règles pendant les exams ? Moi, ce fut à peu près systématique (notamment brevet et bac, je me souviens bien).

Bref, pour ce samedi, je t’offre un article intime et pas forcément hyper glam’… Mais ça fait partie de la vie aussi.