Vous me faites chier avec votre crise

J’ai 32 ans. D’aussi loin que je me souvienne, l’actualité a toujours été le truc le plus déprimant du monde. Petite, j’apprenais l’existence de pays « grâce » aux guerres s’y déroulant : Liban, Iraq, Koweit, Croatie, Serbie, Bosnie. Aujourd’hui encore, certaines régions du monde viennent frapper à ma conscience, leur nom charrié par des rivières de sang. Kosovo, Tchétchénie, Ossétie… Enfin, j’utilise le aujourd’hui de façon un peu simpliste, j’ai pas découvert ces régions ou pays en 2012.

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Petite, je pris un jour du monde tout pourri dans lequel je vivais et je me mis à chercher une période où il aurait été plus cool de vivre. Bon, j’avais 10 ou 11 ans donc la perspective de vivre sans un minimum de technologie (c’est à dire la télé) me paraissait inenvisageable. Il me semblait donc que je n’aurais pas pu être plus heureuse que dans les années 70 mais là aussi, il y avait des guerres. En fait, il y en a toujours, le monde est pourri, peu importe l’époque. En y repensant, j’en savais des choses à 10-11 ans, chapeau bas à mes instits.

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Depuis quelques années, depuis que ma carrière de journaliste a été tuée dans l’œuf par mon premier poste de community manager, j’ai commencé à ne plus regarder les infos. Aujourd’hui, je n’assiste plus à la grand messe du 20h qu’en vacances chez mes parents et pas en été car on mange dehors. Mais je continue à barboter dans un bain d’actu malgré moi. Oui, mon radio réveil est réglé sur France Inter mais je l’écoute pas vu que des que j ‘arrête de snoozer, je pars dans la salle de bain et c’est à peine si j’entend. Je la laisse pour avoir un repère sonore quand je reviens ouvrir les volets / donner à manger au chat / faire mon lit. Si c’est la chronique de Sophia Aram ou Blakowski : en avance. Les infos : à l’heure. La météo de Joël Collado : extrême limite. La voix de Pascale Clark : même en chopant un bus au vol et en ayant tous les feux piétons au vert, c’est mort, je suis en retard. Mais toute la journée, je me vautre dans le web et je suis malgré moi les actus. Des fois, je me surprends moi même à intervenir dans un débat en sachant tout à fait de quoi je parle. Bref je reste connectée malgré moi et c’est pas bon pour le moral. Pas bon du tout.

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Tout est question de point de vue. Tout. Une mauvaise nouvelle reste toujours relative et peut finalement se révéler parfois bonne. Sauf décès d’un être cher ou annonce d’une maladie incurable mais ça marche pour le reste. Faisons quelques exemples car nous avons tous le cerveau un peu carbonisé par le champagne des fêtes. Mettons hop, je me fais virer. A priori drame. Sauf que parfois, ça peut permettre de trouver un meilleur poste ailleurs, poste que nous n’aurions pas sollicité, joyeusement endormis par le ronron du quotidien et peut-être même que je vais rencontrer uns douce moitié au travail ou via un collègue et le licenciement de départ devient l’une des meilleures choses qui me soient arrivées. Ou une rupture. Pif, je me fais larguer, les sanglots longs et tout ça. Et là, pif encore, voilà qu’on me propose un poste à l’étranger, poste que je n’aurais pas accepté car chéri n’aurait jamais quitté Paris. Mais là, célibataire, je saute sur l’occasion ! Bon, ces exemples sont un peu des vies rêvées, tout ça pour dire que le verre est très souvent à moitié et qu’il ne tient qu’à nous de le voir à moitié plein.

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Mais les actus, elles, elles atomisent le verre pour qu’il soit bien vide. On nous secoue des menaces de guerres, chômage, maladies ou assassinats à longueur de temps. On te repeint le monde en noir désespoir et tu passes limite pour un illuminé si tu n’as pas peur. Peur de l’autre qui nous veut du mal, consciemment ou non. Qui nous filera ses germes ou fera péter une bombe, qui nous volera notre emploi ou nous rentrera violemment dedans avec sa voiture. Cet autre est l’instrument de la fatalité, celui qu’on ne peut contrôler et par qui tous les drames arrivent.

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Alors stop. Je le sais que le monde est pourri, que c’est la crise et qu’on mourra irradiés, d’asphyxie à cause de la pollution ou explosé par un illuminé terroriste. Ok bien mais ça, c’est pas mon quotidien. Ce n’est pas notre quotidien. Ces drames existent on le sait. Moi, j’ai besoin d’un bon bol d’air frais. Qu’on me parle de ce qui va bien et pas juste en mini reportage pour faire sourire entre le fromage et le dessert. Qu’on mette enfin la lumière sur le liquide dans le verre et non sa partie vide. Qu’on redonne l’envie de se démerder aux gens au lieu de les conforter dans l’insupportable « c’est la crise » ou faire pleurer dans les chaumières avec de bonnes intox sur la taxation de l’entrepreneuriat et les impôts tellement élevés que nos millionnaires quittent le pays. L’égalité, c’est toujours plus beau quand ce sont les autres qui paient… Mais les millions, ça sert à rien dans la tombe. Bref, bref. Aujourd’hui, si on veut se sortir de la crise, le premier pas serait peut-être… De ne plus en parler.

Résister a la pression sociale pour affirmer ses choix……ou pas ?

Par Saez

[Aujourd’hui, on accueille Saez, 24 ans, qui vit près de Lyon. On est poli, on lui réserve un accueil chaleureux !]

Pression sociale, le mot est lancé, car c’est bien d’elle que je vais vous parler aujourd’hui.

Késako ?

Expression a la mode pourrait-on dire, la pression sociale est l’influence qu’exerce un groupe d’individus sur chacun de ses membres. Cela a pour conséquence un changement des comportements et croyances d’une personne, même minime. Par ex : si parmi l’ensemble des personnes qui ont 30 ans on retrouve 75% de personnes mariés, alors, ces personnes auront tendance a influencer, a « peser » sur les choix de vie des 25% de célibataires.

La pression sociale…..c’est le mal ?

Sans aller jusqu’à dire que « l’enfer c’est les autres », ce qui serait bien trop simpliste, on trouve quand même ce regard des autres, cet critique de l’originalité, de l’autre, parfois trop pénible a supporter ! Deux alternatives s’offrent a nous : nous soumettre a la masse c’est à dire aller jusqu’à nier nos valeurs, nôtre personnalité sur l’autel du conformisme où, autre
possibilité, être reconnu pour ce que l’on est même si on s’estime différent des autres, affirmer ses choix sans violence, en faisant preuve d’assertivité, assumer sa part d’originalité dans ce monde (de brute ?). Néanmoins, il faut reconnaître que dans certains cas la pression sociale est bénéfique quand elle n’est non pas motivé par la peur (du regard des autres, de la solitude etc) mais au contraire poussé par l’idée de donner le meilleur de soi (dans le milieu de la compétition, l’idée du dépassement de soi), dans ce cas, et, si elle ne nous est pas excessive, elle pourra jouer le rôle de « booster ».

Oui mais moi dans mes relations je fais quoi ?

On peut dire que le verrou du  » les moeurs nous interdisent et ci et ça « , cette répression du désir, a bel et bien volé en éclat ces dernières décennies mais une autre forme de contrainte est demeurée en place : la pression sociale et son cortège de questions, de curiosité sur vôtre personne au moment des repas de midi (les fameux :  » encore seule ?  » ou  » l’enfant tu nous le fait quand ? « ). Dans le fond nous sommes libres, libre d’avoir plusieurs partenaires, libre de coucher le premier soir, libre de…..(bon vous avez compris ?) mais dans tout ça il ne faudrait pas confondre liberté et désir, plus de liberté entraîne moins de désir (et donc de plaisir, a long terme j’entend). L’idée force c’est de ne pas oublier le plaisir du voyage quand on est arrivé a destination, prendre son temps dans une relation, et, en même temps, de ne pas croire que la débauche nous rend plus libre, plus heureux, elle nous oppresse (omnibulé par le fait de repousser sans cesses ses limites), autrement….

Je terminerais cet article par une phrase tiré d’un livre : Je t’aime la vie  ,  que j’apprécie vraiment :

 » En affirmant ce que l’on est et en restant intransigeant sur ce que l’on veut, peut-être ferons nous fuir ceux qui nous voudraient différents ; Mais ainsi nous donnerons-nous l’opportunité de nous aimer tel que l’on est  » (Catherine Bensaid 2004)

 

Le crachoir ou l’origine de ma lose

Par Keira

Cela fait déjà quelques années que je cultive cet art si précieux qui m’a permis de nouer des liens avec d’étranges individus.

Il faut, pour commencer, avoir une bonne grosse dépression nerveuse pendant votre adolescence. Ca permet de mettre en place de bonne bases de manque de confiance en soi et tout ce qui va avec. Que ce soit le manque de relations, la peur de l’autre et la phobie du futur.

Après avoir découvert un substitut à vos problèmes, qui dans mon cas s’est appelé internet, et rencontré via des forums, un bon paquet de gens dans votre cas, prenez soin de prendre rendez-vous avec un psy-psychopathe qui vous terrorise tellement que vous décidez de retourner passer votre bac après trois mois d’absence au lycée.

Finalement vous arriverez sans doute à passer le bac sans problème grâce à une chance de cocu. Que vous ne pouvez pas être car toujours désespérement seule.

Votre bac en poche vous refusez la pression parentale qui vous voit diplômée de Science-Po dans un futur proche pour vous orienter en fac de cinéma-audiovisuel.

Vous y rencontrez plein de gens bien et vous amusez follement. Vous rencontrez aussi votre premier connard. Que vous larguerez d’une manière aussi minable que le mec. Mais ça vous fera toujours plaisir des années après.

Après trois ans sur les bancs de la fac, un autre petit ami (cette fois beaucoup plus réussi), des flirts et compagnie, vient le moment de se dire que finalement la fac ne sert à rien. Mais ne croyez pas que cette réalité vous soit venue naturellement, vous êtes un peu trop stupide pour cela. Non, vous avez reçu l’aide de connard numéro 2. Celui-là vous ne vous y attendiez pas à son côté connard. Certes, votre mère ne le sentait pas, mais bon… faire confiance à 200% au jugement de sa mère, il faut du temps pour l’accepter. Et vous n’étiez visiblement pas prête.

Erreur de débutante là encore. Vous vous laissez entraîner dans un cycle infernal qui vous fait quitter à la fois la fac et votre maison familiale pour vivre avec des potes et votre mec. Autant dire que l’évolution psychique = zéro et que l’évolution de votre pourcentage de matières grasses dans le corps monte en flèche.

Après un an et quelques mois passés à ne rien faire (sauf cas de grande urgence financière), votre connard et vous ne vous sentez pas en osmose totale et vous retournez chez vos parents. Deux mois après Noël, jackpot, vous êtes cocufiée comme jamais, tout le monde le savait mais personne n’a eu la courtoisie de vous prévenir. Et cela, vous l’apprenez, tant qu’à faire, le jour de la Saintt Valentin.

Evidemment vous vous trouvez dans la foulée un mec gentil que vous traitez mal parce que dans votre tête ça débloque pas mal. Et donc vous le laissez tomber comme une vieille chaussette, ce qui n’est pas dans vos habitudes et crée le début d’une nouvelle boucle de « je suis trop conne, je ne vaux rien ».

Quelques mois plus tard, vous reprenez du poil de la bête et vous dites « fuck les cons, je vais faire ce que j’aime ». Vous voici pleine d’entrain, vos parents vous soutiennent comme toujours et vous avez une illumination « tiens, maquillage c’est bien ! ». Ni une, ni deux… vous foncez !

La rentrée inquiète, c’est pouffe-land à l’horizon, pas trop votre tasse de thé.

Mais vous avez encore de la chance, votre classe est la plus âgée, la plus mature, donc ça se passe bien. Même très bien.

Vous aviez décidé de faire une croix sur l’amour pour les deux années à venir histoire d’éviter les rechutes dans la connerie. Bon choix, vous économisez vachement sur la crème dépilatoire. La première année se termine bien , vous avez même réussi à partir à Londres comme vous le vouliez. Votre stage à la télé était intéressant, vous avez rencontré des célébrités, on dit que vous savez bien maquiller. L’ego est gonflé à bloc.

Deuxième année de maquillage… une classe sans vos copines. Une classe avec son lot de boulets. Ca pourrait aller si vous n’étiez pas l’une des plus âgée, la majorité ayant l’âge de votre petit frère mais avec les envies et les délires de jeunes de 16 ans.

Vous découvrez aussi que vos « amis » de longue date sont chiants. Oui, ça se plaint tout le temps. Et la conversation ne vole pas bien haut. Les soirées sont chiantissimes. Les gens bien ne viennent plus justement pour cette raison.

Les amis ont des métiers qui leurs prennent tout leur temps et parfois ont tellement changé qu’on se dit qu’on a plus rien à leur dire.

Il paraît que c’est ce qu’on appelle « entrer dans l’âge adulte ». Ouais, bah merci bien….

Vous collectionnez donc la lose.

Que ce soit les plans foireux, les soirées pourries, les gens qui vous prennent pour leur mouchoir quotidien mais ne retournent jamais la faveur quand il y a besoin.

Votre crispation est telle qu’on la remarque. Vous êtes à deux doigts d’insulter tout le monde, de hurler, de dégueuler toute la haine et la rage qui vous habite.

Vous n’avez pas souvent été dans cet état. Même jamais. Et c’est difficile à gérer.

Actuellement vous retournez hiberner sous votre couette le soir pour éviter de sortir et voir des gens qui vont forcément vous énerver.

Vous ne retournez pas les appels, vous faites la morte.

Et vous vous dites que la seule solution c’est de prendre son mal en patience, de gagner de la thune et de partir très loin d’ici.

Les petits posts amusants reviendront peut-être un jour. L’esprit léger est souvent là pour votre famille. Qui heureusement ne change pas et à même tendance à s’améliorer tous les jours. Le reste de l’humanité ne vous intéresse pas. Sauf ces gens incroyables qu’on découvre dans Rendez vous en Terre Inconnue. Parfois vous enviez leur ignorance et leur vie dure mais bien remplie de choses essentielles.

Vous avez besoin de spiritualité. Et vous vous demandez si croire enfin en quelque chose ne serait pas un réconfort.

En attendant, c’est le boulot qui vous fait tenir. Dans un sens, c’est déjà ça.