What’s on TV tonight ?

Par Tatiana

 Quand j’étais en France je n’arrêtais pas de me plaindre des programmes des chaînes de télévision Hertziennes. Force est de reconnaître que c’est carrément la cata depuis quelques années. Il n’y a presque plus de films, que des séries policières et qui plus est des imitations très mal faites de séries américaines. Je me rappelle quand j’ai eu la freebox je me suis dis « cool enfin quelque chose à regarder à la TV ». Ben non. C’était presque pire.

Et bien quand je suis arrivée au Chili et qu’on a acheté une télé, je me suis rendue compte que la TV française c’était bien. M6 c’est presque une chaîne intello à côté de tout ce qu’il peut y avoir à la TV chilienne. Je vous explique. Il y a 13 chaînes publiques ici mais quasi toutes diffusent les mêmes programmes aux mêmes heures. Par exemple quand il y a une matinale sur une chaîne, il y a la matinale sur toutes les autres chaînes. Pas de bol si t’aimes pas ça.

Le programme type d’une chaîne :

La matinale

Telenovela

Talkshow

Jeu TV pourri

Serie pourrie

Noticias (infos)

Serie pourrie ou film pourri ou show TV pire que tout

Les programmes s’arrêtent vers minuit ici donc tu peux même pas être insomniaque.

Quelques programmes ont attiré mon attention plus que d’autres et je me suis dit que ce serait bien de partager mes impressions avec vous, ne serait-ce pour que vous soyez heureux d’être en France. Avant que quelqu’un me jette la pierre en me disant de m’abonner au câble, je tiens à dire que le câble ici c’est pas comme chez nous c’est cher. Tu oublies tout de suite les abonnements à 30 euros par mois tout compris. Le téléphone illimité vers l’international je sais même pas si ça existe, internet c’est plus cher selon le débit, le câble c’est
au moins 10 euros en plus par mois. Pour te dire moi j’ai un abonnement avec 2Mo de débit et 300 min de tel valable que sur les fixes de ma région et je paie 35 euros à peu près.

Alors première émission passée au crible aujourd’hui : las noticias ! C’est-à-dire les informations. Ici elles durent une heure entière mais avec une demi-heure de sport. Quand je dis sport comprenez foot. Moi avant naïve que j’étais, je croyais qu’il n’y avait que les Brésiliens malades de foot, ben non. En fait c’est toute l’Amérique latine. Vous savez que dans certains pays ils ont eu des jours fériés parce que l’équipe était qualifiée pour la coupe du monde 2010. Donc dans les infos tous les jours on a une demi-heure de blabla sur
le foot. Qui occupe le stade de machin, qui s’entraîne etc. Avec les comptes-rendus de match en plus. Mais pour commencer les infos, on a que des faits divers pendant une bonne vingtaine de minute.  C’est un peu comme des comptes rendus de commissariats de quartier mais en prenant que le plus violent. Par exemple : vol dans les quartiers riches, agressions de jeunes filles innocentes, meurtres, accidents de voitures…  Il n’y a aucune info internationale ou une fois par mois et très peu d’information nationale. La première fois que j’ai regardé les informations j’ai cru voir un grand show TV. En plus j’ai oublié de préciser que les informations sont présentées par un garçon et une fille qui ne manquent pas de faire des commentaires débiles sur les sujets et bien orientés politiquement car il faut aussi savoir que toutes les chaînes de TV sont de droite. Elles sont presque toutes possédées par le même mec donc c’est son point de vue politique qui dicte les lignes éditoriales. Et c’est très orienté. La dernière fois il s’agissait de la grève des profs. Ici c’est la seule profession qui se met VRAIMENT en grève. Au lieu de parler de la marche qu’il y a eu, ils ont fait un reportage sur comment les pauvres écoliers sont pénalisés et n’ont pas parlé de pourquoi les profs sont en grève (parce que c’est pas juste pour
le fun).

Le plus étrange c’est que les informations du midi sont plus intéressantes. Ils fonctionnent un peu à l’inverse de nous. Mais ce fait reste étrange car je doute qu’il y ait beaucoup de gens qui regardent les infos vu que tout le monde travaille et comme le minimum d’heure ici c’est 45h, je ne crois pas qu’ils aient des pauses dej de folie.

En résumé, les informations beaucoup de personnes ne les regardent pas (moi la première) car sinon tu deviens soit bête, soit complètement paranoïaque et tu ne sors plus de chez toi de peur de te faire  agresser.

La Fatalité est-elle destin des gens résignés ?

Par Lucas

Happiness
More or less
It’s just a change in me:
Something in my liberty…

Comme le disait si bien Richard Ashcroft il y a 12 ans… (Purée, 12 ans.)


(gueule de chien battu…)
Pour ouvrir Lucky Man dans une fenêtre annexe et lire cette bafouille en musique, il suffit de cliquer sur cette longue phrase. (Vous revenez après, hein ? Promis ?)

Peut-on être agnostique et croire que telle ou telle personne a « toujours de la chance » ?

C’est la question que je me suis posée vendredi soir après un intermède iconoclaste et étonnant dans ma vie prévisible et terne.
Sur les coups de 20h00, alors que je lisais Le Monde.fr en dégustant mon saumon à l’anis de célibataire, mon téléphone s’est manifesté.

– Bonsoir. Je voudrais parler à Lucas d’Amore.
– Oui c’est moi. (nb : je ne suis pas Louis XVI, je ne réponds pas : « Lui même »).
– Je viens de trouver votre portefeuille dans la rue au beau milieu de la RN 13.
– Ah ?!
– Avec 60 € dedans et votre permis de conduire à l’adresse de vos parents qui sont manifestement en liste rouge…
– Ah ?!
– Bon, si voulez le récupérer, on habite au…

Alors je ne sais pas pour vous,
J’ai peut-être été bercé dans une culture du « les gens sont des méchants » mais…

Quelles chances y avait-il que la personne soit honnête ?
Quelle chance y avait-il qu’en l’absence de numéro de téléphone cette mère de famille fasse l’effort d’aller sur Internet ?
Quelle chance y avait-il qu’elle utilise Yahoo qui classe mon CV en première réponse quand on tape « Lucas d’Amore » au lieu de Gogol qui classifie le même CV à la 45ème réponse pertinente (oh le méchant) ?

Je pensais donc à tout ça en retour-piétonnant vers chez moi avec mon trésor dans la poche.
Et je suis allé plus loin.
Parce que dans la vie j’ai été un sacré veinard, faut dire c’qui est…

Quelle chance y avait-il que je ne sois pas avec elle le jour où ma mère a eu son accident mortel il y a 20 ans ?
Quelle chance y avait-il que je n’ai jamais de pépins quand j’étais seul en voiture en faisant, pendant 2 ans, un Paris – Reims (190 km) en une heure et demie, porte à porte ?
Quelle chance y avait-il que je sorte vivant et indemne d’un choc contre un arbre à 100 km/h devant Roland Garros il y a 2 ans ?
Quelle chance y avait-il que je n’ai aucune séquelle après les deux agressions que j’ai subies en un an ?
Quelle chance avons-nous désormais de voir Marco continuer à passer 15h par jour sur Facebook maintenant qu’il est casé et qu’il ne va plus l’utiliser comme un Meetic Like ?
Tiens tant que j’y suis quelle chance avais-je d’être accepté par Marie-Raoulette une copine de Marco au sourire 10000 watt?
Quelle chance avons nous que les deux dernières questions n’aient rien à voir avec le sujet et soient un peu égarées ?
Bref…

Laissez-moi continuer et être un brin incohérent…

J’ai toujours pensé, aidé en cela par des parents soufflant l’esprit, que la chance n’existe pas, que le hasard n’est pas une fatalité, que la chance il faut savoir la provoquer puis la saisir.
D’ailleurs, j’adore le fait que, pour les anglophones, le mot « chance » veuille dire « possibilité ». C’est tellement plus honnête. Ca remplace le hasard, bon ou mauvais, par une possibilité, neutre.
Là où on est passif devant le hasard, la possibilité pousse à choisir, à prendre parti.
Et ça, ça change tout.

Chacun sa route, Chacun son chemin, Chacun son rêve, Chacun son…

C’est un peu facile, à mes yeux, d’asséner qu’on a eu de la chance.
Je me suis donc engueulé intérieurement en rentrant chez moi.
Non, mais oh, sérieux, quoi…
Je me refuse de croire à un destin car croire au destin c’est tuer le libre arbitre.
La vie on se la façonne et il n’y a pas de Dieu, de force occulte, de truc qui décide que Lucas d’Amore va aujourd’hui se prendre une grosse mandale ou tomber sur une fille canon dans le tromé.
Croire au destin c’est perdre toute humanité, se complaire dans une facilité détestable.
Et plus que la fatalité (ce qui a un caractère inéluctable) ce qui est méprisable et gerbant c’est le fatalisme (« la croyance en la détermination des événements par des causes indépendantes de la volonté humaine »)

On a qu’une seule vie,
à mener sans être emmené,
à croquer sans craquer,
à jouer enjoué sans être joué…

Je refuse donc de me croire chanceux éternel.
Mais là vous serez les premiers à lâcher ce poncif :
« d’toute façon la roue tourne, toi aussi tu auras ta part de merde, t’inquiète pas »

Je conchie également ce genre de remarques où le déterminisme est encore religion et j’emmerde royalement les esprits faibles qui se complaisent dans cette mouise intellectuelle, cette nonchalance placide, ce leitmotiv du  » d’toute façon ça devait arriver » !!

Comme disait mon prof d’anglais en prép sc po, « elle a bon dos la fatalité ».
Argh ! Perso je m’y refuse.ou tout du moins j’essaye au maximum.

Cette passivité m’exaspère au plus haut point.
Ça me rappelle un sujet de Conférence Berryer.
Ce sujet c’était : « La fatalité est-elle le destin des gens résignés ? »
Purée, si j’avais été à la barre ce jours là, ce que j’aurais été virulent !!

Allez, je vous laisse avec cette citation d’Albert, une citation qui est aussi ma devise.

« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un cœur fier, il ne peut y avoir de milieu. »