L’agitation du mouchoir blanc

Parfois dans la vie, on est un peu triste et on se dit qu’on est stupide d’être triste pour « si peu ». Mais le si peu, c’est une chose très relative. Hier soir, j’étais sur MSN (en hors ligne, je précise pour ceux qui m’auraient pas vue connectée) quand ma Vicky vient me parler. Et là « ce soir, j’ai besoin de ton soutien affectif : je tue Vicky ».


Curieusement, ça m’a un peu minée. Je respecte sa décision et ne ferait pas de chantage affectif pour qu’elle reprenne son blog, ce serait ridicule. Mais ce soir, j’ai le sentiment de fin d’époque. Oh, personnellement, la Vicky, je continuerai à la voir, on a déjà deux week-end en amoureuses de prévu, des soirées… Donc techniquement, la fille derrière la blogueuse ne me manquera pas puisqu’on continuera à se voir. Mais quand même, Vicky, c’était un peu ma chouchoute de la blogosphère, ma chérichounette à moi. Quelque part, c’est normal que je vive bien mon célibat, j’ai tout l’amour et l’affection dont j’ai besoin. Quand ça va, on se voit, quand ça va pas aussi, elle m’a même vue pleurer (ce qui est assez rare vu qu’en général, je pleure en cachette… Quoi que bon, là, j’ai pas pleuré depuis un bail mais je vais pas aller me forcer non plus). Elle est arrivée dans ma vie pile au bon moment, quand j’étais au fond de trou sous la vase. Depuis, je suis devenue quelqu’un de bien à mes yeux (enfin, mieux qu’avant) et je me dis qu’elle est pas étrangère à tout ça.

Bon, fin de l’éloge de la personne, elle n’est pas morte en vrai, c’est juste son blog. Mais tu vois, la blogosphère, c’est pas rose. Souvent, ça sent mauvais et ça ressemble à un mauvais épisode des feux de l’amour. Machin s’est engueulé avec truc qui déteste bidule. Et vas-y que ça trolle, ça règle ses comptes à mots couverts ou pas…Alors du coup, je me sens bien dans notre coin, avec les copains vingtenaires et les blogs amis (lesquels ? Mate les liens). Je suis un peu sortie des histoires de blogs compliquées et c’est pas plus mal.

Mais quelque part, je la comprends, Vicky. Y a des jours où ça saoule d’être Nina, aussi. D’un autre côté, ce blog reste mon bébé et pour le moment, j’ai aucune raison d’arrêter. Je m’expose plus vraiment, je raconte parfois des conneries sur ma vie sur mon autre blog mais à coup d’un article par semaine (alors que j’en ai plein en préparation en train de moisir mais, incroyable, travailler prend du temps). Mais je me sers plus du blog pour me psychanalyser parce qu’en fait, tout va plutôt bien dans ma vie. J’ai parfois la sensation que le personnage de Nina se dissout un peu et du coup, ça m’a redonné un nouvel élan. Sans parler des séries, ça m’amuse, ça, surtout celle de l‘homme. Faut que je prépare des trucs pour l’été, d’ailleurs, genre une saga comme celle de Marine mais là, de suite, j’ai pas l’inspiration.

Mais revenons en à Vicky, quelle égocentrique cette Nina ! Ca me chafouine bêtement que la demoiselle quitte notre blogobulle, sans doute une espèce de nostalgie. D’un autre côté, de façon totalement égoïste, je me dis que Vicky, je la partagerai plus avec ses centaines de lecteurs. Juste avec Babysitter et la girlie team mais là, ça va, je veux bien prêter.

Bye bye ma chérichounette. On se retrouve  dans la real life très vite ! Tu veux manger quoi dimanche au fait ? En attendant, je garde ton araignée, qu’elle se sente pas abandonnée !

Est-il utile d’avoir un ami hautain ?

(suite de mes articles sur l’infidélité plus tard, là, suis pas motivée)
 
Récemment, j’ai lu un petit roman « 6 filles dans le vent », je vous fait le pitch rapidement : 6 copines se retrouvent ensemble à un repas pour fêter la grossesse de l’une d’elles et ça vire à la catastrophe et au règlement de compte. Parmi elles, Martha, la golden girl qui pète plus haut que son cul, pétée de tune et ultra jet set. Et forcément, Martha regarde ses amies de haut. Elle les aime mais les méprise quand même un peu.
 

En lisant, Martha me fait furieusement penser à une de mes anciennes amies, ma Martha. Incontestablement belle, assez riche, bien foutue, bien sapée. A chaque fois qu’on se voyait (ce qui arrivait régulièrement), elle taillait des costards un peu à tout le monde. Avec elle, fallait être à la hauteur. J’imaginais que moi aussi, je me prenais quelques scuds dans la tête.

Récemment, j’ai rencontré une fille qui la connaissait aussi « elle m’a dit ça d’elle, ça, d’elle. Toi, elle a dit que tu étais quelqu’un de super mais que tu savais pas t’entourer ». Là, mon ego explose ! Madame parfaite n’a trouvé à redire sur moi que mes amis. Et encore qu’un puisqu’elle n’en a connu qu’un et j’avais bien compris que c’était pas passé même si j’ai jamais su pourquoi. Enfin, elle a vu ma sœur aussi mais ma sœur, je l’ai pas choisie, ça fait 25 ans qu’elle est dans mon entourage et je compte pas couper les ponts avec ma propre sœur. Ah oui, elle avait critiqué aussi mon manque d’ambition en terme de salaire. Rien de très grave en somme.

Faut-il fréquenter ce genre de personnes ? Si j’ai arrêté de la fréquenter, ça n’avait aucun rapport avec ça. Je dirais que la médaille a deux revers : d’un côté, ça nous pousse en avant, s’arranger pour être la mieux possible dans tous les domaines pour être irréprochable. D’un autre côté, c’est fatigant de craindre la critique, la pique qui sort de nulle part et in fine, ne risque-t-on pas de perdre son moi pour plaire ? En fait, là se pose toute la question de l’amitié, pour moi. Qu’est-ce qu’un ami ? Quelqu’un qui nous prend tel que nous sommes ? Oui mais pas que. C’est aussi quelqu’un qui est capable de nous secouer les puces quand ça va plus. « Là, tu te négliges, bouge-toi ! ». Mais j’ai parfois l’impression que les rôles sont distribués de telle façon qu’on a d’un côté l’ami sucré tendance Bisounours qui nous aime quoi qu’on fasse et qu’on aime tout autant du coup et l’ami acide tendance peau de vache qui vous fait remarquer immanquablement que vous avez pris 500 grammes au niveau des cuisses et du coup, on n’a plus envie de le/la voir. Bon il est vrai parfois que l’acidité est affaire de jalousie. Bon, c’est peut-être typiquement féminin mais je crois pas. Qui n’a jamais eu cette bonne copine salope qui ne rate pas une occasion de vous rabaisser ? Car l’ami(e) hautain(e) n’est en aucun cas jaloux de vous puisqu’à ses yeux, il vous vaut largement, il vaut tout, il le vaut bien. Si l’ami hautain vous fait remarquer que vous êtes sapé comme un plouc, ce n’est pas par jalousie, c’est pour vous tirer vers le haut, à sa hauteur. « Tu comprends, chérie, Vanessa Bruno, c’est quand même bien mieux que tes fringues H&M ».
Sans doute mais moi, Vanessa Bruno, depuis le temps que j’en entends parler, je sais toujours pas ce qu’elle fait et je n’ai pas les moyens de me payer des fringues créateurs, ni la silhouette d’ailleurs. Non mais sans déconner, ce genre de fringues, si vous n’avez pas le corps d’un mannequin, ça tombe mal et bon courage pour trouver votre taille de toute façon. Moi, je suis définitivement un mini pouce… Mais je m’égare.

Au fond, l’ami hautain, le vrai (pas le jaloux ou le m’as-tu-vu) est dur à supporter, souvent vexant, blessant, mais c’est pour notre bien, paraît-il. Après tout, pourquoi pas. Par ailleurs, essayons de positiver : si l’ami hautain est notre ami, c’est qu’à ses yeux, nous avons de la valeur. Ben oui, l’hautain ne choisit que le meilleur pour tout, y compris ses amis. Et il considère que nous pouvons atteindre un niveau plus élevé car nous en sommes capables. Revers de la médaille : mais si tu veux me changer, c’est qu’à l’heure actuelle, je ne te
conviens pas ?

Bref, il m’est difficile d’être tranchée sur la question. En tant qu’amie, je ne choisis pas mes amis en fonction d’un certain standing. S’ils déconnent de trop à mon goût, je le leur dis, en essayant d’y mettre les formes. Mais je me contente de conseiller, pas d’imposer et si l’ami ne suit pas ce que je dis, tant pis. Au moins, je ne me reprocherai pas de n’avoir rien dit, c’est pas si mal.

Bonne année… (connard !)

Non, lecteur, cet article n’a pas pour but d’insulter des gens, rassure toi. Il veut juste souligner une étrange coutume que nous avons, nous, les hommes et les femmes au mois de janvier : on souhaite la bonne année. Même à ceux qu’on n’aime pas.

bonne-annee

L’autre jour, je dînais avec mes parents (des œufs brouillés à la truffe, on se fait plaisir) et ma mère racontait son retour à l’hôpital (où elle travaille, hein !) où elle souhaitait donc la bonne année à ses collègues. A un moment, elle parle de son chef de service qu’elle déteste cordialement. D’après ce que je comprends, le monsieur, du type Lequénois dans la vie est un long fleuve tranquille, s’est montré un peu trop entreprenant avec ma maman il y a quelques années et, évidemment, elle l’a envoyé balader. Du coup, il en fait baver à mon père qui
consulte de temps en temps à l’hôpital. Bref, c’est règlements de compte et co, c’est un peu le bordel. Mais bon, voilà, c’est la nouvelle année, on se présente les vœux alors que comme disait ma mère « tu parles si je lui souhaite une bonne année, à ce connard ! Ca me saoule tous ces vœux, je les pense même pas, les trois quart du temps ». Et oui, voici un merveilleux exemple de ce qu’on appelle les conventions sociales. Au mois de janvier, quand vous croisez une connaissance pour la première fois du mois, vous vous exclamez (hypocritement ou pas) un joyeux (ou forcé) : « Bonne année ! ». Moi, j’avoue que ce genre de conventions, ça me passe à des kilomètres au dessus de la tête. Déjà, après le 03 janvier, j’oublie carrément de souhaiter la bonne année. Moi, les gens les plus proches, soit je les appelles le soir même du réveillon, soit je leur envoie un petit texto. Pour les autres, ce sera un mail, quand je m’y mettrai (là, faudrait que je le fasse, d’ailleurs !). Ces vœux sont un peu une occasion de reprendre contact avec des amis un peu éloignés dont on n’a plus de nouvelles. Pour peu qu’ils répondent, c’est pas toujours le cas mais c’est la vie.

 

Par contre, il y a ceux qu’on n’aime pas et qui nous offrent de grands « bonne année, tous mes vœux » avec un grand sourire. Vous, vous avez une violente envie de lui cracher un « mais va crever, je te souhaite rien du tout, je préfère garder ces jolis vœux pour des gens dont je souhaite le bonheur ! ». Mais ça se fait pas. C’est comme quand vous n’aimez pas quelqu’un et que vous devez lui faire la bise parce qu’il y a plein de gens et qu’on ne peut pas ne pas faire la bise qu’à une personne. A la fac, il y avait notamment Aristide, que je n’appréciais pas du tout (mais alors pas du tout) et l’état de propreté de sa personne (j’ai jamais compris comment il arrivait à voir à travers ses lunettes) ne me donnait pas super envie de lui faire la bise. Moi, les gens que je n’apprécie pas, ça m’arrache vraiment la gueule de leur faire la bise. Donc, quand j’arrivais à la fac et qu’il était là, je me jetais dans les bras de Guillaume pour l’embrasser (enfin, quand on n’arrivait pas ensemble) ou je faisais un geste de salut général. Et là, vous en aviez toujours un pour vous faire la bise et vous contraindre à en
faire autant. Et quand vous faites la bise à une personne, vous devez le faire à tout le monde. Les vœux, c’est pareil, d’ailleurs. Vous arrivez dans une assistance, quelqu’un vous saute dessus en criant « bonne année ! », osez dire que vous ne le souhaiterez pas à tout le monde (la bise en prime).

 

Du coup, le fait qu’on vous souhaite une bonne année ne veut plus rien dire en soit. Etre touché parce que bidule ou machin vous a présenté ses vœux ? Mais si on regarde la liste des destinataires du mail, on se rend compte qu’il n’y a pas de quoi se réjouir, il l’a même souhaité à truc qu’il n’apprécie pas. Bref, le début d’année, c’est une période où tout le monde est censé s’aimer, tout le monde il est beau, il est gentil et il se souhaite le meilleur. On pourrait être ému par tant d’amour et d’altruisme. Oui parce que souhaiter à tout le monde amour, gloire, beauté et santé, c’est de l’altruisme. Ca ne mange pas de pain mais après tout, ça ne coûte rien de le dire et des fois, c’est même sincère. Moi, les gens à qui j’ai souhaité la bonne année entre le 1er minuit et le 2, c’était que j’en avais envie. Ceux qui recevront un mail dans les prochains jours aussi. Mais y en a d’autres, je leur dis ça comme je dirais « tiens, y a un pigeon sur le balcon », genre, je m’en fous qu’il passe une bonne ou une mauvaise année. Honnêtement, si souhaiter la bonne année donnait vraiment un peu de chance à ceux à qui on la souhaite, je peux vous dire que j’userais de cette convention sociale avec parcimonie. Et je commencerais par me la souhaiter à moi parce que moi aussi, j’ai droit à une belle année, à l’amour, à la gloire, à la tune, la santé et pi tout ça. Après, à mes parents et ma sœur parce que d’abord, ce sont les seuls que je fais l’effort d’appeler le 31 à minuit et que quand il arrive quelque chose à ma famille nucléaire, ça me touche directement et vice et versa. Vous nous verriez, tous les 4, en période de crise… Après, y aurait mes amis proches, très proches, ceux dont le bonheur ou le malheur me touche, aussi. Les autres, j’avoue que je m’en fous. Enfin, les gens heureux, ça fait toujours plaisir mais les gens que je connais à peine, leurs malheurs ne me touchent pas et honnêtement, je ne peux pas pleurer pour tout le monde non plus. Quand aux « médiocres », ceux que je supporte par obligation, je m’en tamponne le cocotier de ce qui leur arrive et leur souhaiter une bonne année est d’une hypocrisie sans nom.

 

De toute façon, là, on est le 06, j’ai déjà arrêté de le souhaiter !