Marine teste pour vous : le Golden Boy

Par Marine

Le Golden Boy marche au strass paillettes. Ceux de son monde. Comprendre anorexique/bien sapée/qui fait bien en public.
J’ai rencontré le Golden Boy en période faste, je venais de perdre 5 kgs.

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La mise en bouche
Tu rencontres le Golden Boy en soirée. Son domaine de chasse privilégié est le seven-to-one, mais il étend ses capacités à toutes les boîtes de nuit, ainsi qu’aux amies d’amis, lors des dîners.
J’ai rencontré le mien dans le dernier cas de figure. Comment attirer l’attention du Golden Boy? Sois mondaine, parle fort, mais ponctue tes phrases de légers gloussements pour ne pas faire trop rentre-dedans (après tout, c’est une fille qu’il recherche, pas un pote de bar pour la Coupe du Monde de rugby), circule entre les convives, virevolte, et dans un battement de cils, fais comprendre que tu es intéressée. Sans plus. Car le Golden Boy fonctionne au date. Il veut du rendement, mais si tout se joue le premier soir, c’est trop facile pour lui, le goût du défi n’y est
pas, l’envie est trop vite assouvie. Or toi, tu veux une histoire avec le Golden Boy (ou pas). Donc tu lui donnes ton numéro, tu attends qu’il te rappelle, tu le fais patienter : ça s’appelle se donner de la valeur ajoutée, c’est essentiel pour le Golden Boy. Chez lui, la maxime « A ne désire B que si B est désiré par C » n’a jamais été plus vraie. Le rendez-vous fixé, à toi de jouer. Des petites choses à savoir sur le Golden Boy, tout de même.

Les points positifs :
– il alimente seul la conversation, il a le contact facile, il te mettra à l’aise, te posera des questions, répondra aux tiennes, bref, en l’espace d’une heure, c’est la meilleure amie dont tu avais toujours rêvé, mais dans un corps d’homme, avec les hormones qui vont avec. Et, gros plus par rapport à la meilleure amie (nonobstant la masculinité), il ne t’abreuve pas de doutes existentiels, mais plutôt d’anecdotes marrantes. Le rêve.
– il roule en BMW (et même si tu sais que c’est mal d’être superficiel, tu ne peux pas t’empêcher de penser à Tom Cruise dans la Firme) (d’autant plus que mon Golden Boy n’était pas beaucoup plus grand et avait le même genre d’yeux)
– il est beau, il a le regard franc, il soigne son allure et dans le fond, tu es super fière d’être pendue au bras d’un mec aussi beau, aussi classe, aussi sexy… eeeeeh salope! t’arrêtes de mater le cul de mon homme, toi, oui???
– il est riche il T’INVITE, et non par machisme : c’est normal, s’il gagne plus que toi, que lui mette un peu plus la main au portefeuille
– il prend les devants, mène la danse, fait des compliments avec une grande spontanéité, veut t’offrir des cadeaux, ne voit que toi, te prend en photo sur son portable (oui bon, j’y peux rien,c’est le monde moderne)… en 4 mots, tu te sens belle. Tu es séduite. Tu aimes être séduite.

Les points négatifs :
– se méfier des contrefaçons : ça a l’air d’un Golden Boy, ça parle comme un Golden Boy, ça a 2 portables et un Blackberry comme un Golden Boy (c’est kéké comme un Golden Boy)… mais ça porte une chemise Yves Dorsey (vous savez le stand au milieu de la Gare Montparnasse, entre le métro et les Grandes Lignes?). Bon, n’est pas Patrick Bateman qui veut. L’intérêt, c’est qu’on a moins de chances de vous retrouver découpée en morceaux dans une benne à ordures. L’inconvénient, c’est que de la chemise Yves Dorsey au rencard à l’Indiana Café d’Opéra, il n’y a qu’un pas.
– Opéra, justement. L’ensemble du quartier. C’est celui qu’il préfère.
– il est consumériste. Parfois sans discernement (voir le premier point de cette rubrique). La culture? Pas le temps. La politique, la société? Ouais ouais… il regarde Zone Interdite et Capital, quoi…
– il cause il cause … c’est tout ce qu’il sait faire… quoique… passée la période d’essai, la conversation, essentiellement centrée autour de lui, tourne un peu à vide. Et les monts et les merveilles, tu les attends encore.
– il est bavard, certes… sauf au pieu. Et il est pressé. Pas de période de découverte. Pas de réflexion sur les attentes de sa partenaire. Il pourrait t’enculer à sec, ce serait aussi bien pour lui (si vous me permettez d’être vulgaire)
– il n’a pas le temps. Pour toi. Il te le fera comprendre au moment de la rupture, d’ailleurs. Entre son boulot, le judo, ses seven-to-one… Il n’a que les week-ends pour se détendre devant sa Wii en fumant des clopes et en bouffant des pizzas… Tu n’as pas ta place dans ce schéma.

Le SAV :
Il faut rester ami avec le Golden Boy, et ce pour 3 raisons
– il ne s’encombre pas de sentiments superflus, il te quitte, il te quitte. C’est simple et carré. Il te fera pas espérer si y a pas lieu. Un mec franc et sain (au moins dans la rupture). Ceci étant, tu pourras toujours l’exhiber comme un trophée (je sais c’est mal, mais quand-même)
– il se fait chier à sa pause déjeuner (voire pendant qu’il bosse). Par conséquent, il sera toujours d’une compagnie fort appréciable quand toi, tu es cloué au lit malade, et que personne n’est dispo sur MSN ou par téléphone.
– le Golden Boy, même après la rupture, saura rester un conseiller bancaire (et un traducteur bancaire) d’exception.

Est-il utile d’avoir un ami hautain ?

(suite de mes articles sur l’infidélité plus tard, là, suis pas motivée)
 
Récemment, j’ai lu un petit roman « 6 filles dans le vent », je vous fait le pitch rapidement : 6 copines se retrouvent ensemble à un repas pour fêter la grossesse de l’une d’elles et ça vire à la catastrophe et au règlement de compte. Parmi elles, Martha, la golden girl qui pète plus haut que son cul, pétée de tune et ultra jet set. Et forcément, Martha regarde ses amies de haut. Elle les aime mais les méprise quand même un peu.
 

En lisant, Martha me fait furieusement penser à une de mes anciennes amies, ma Martha. Incontestablement belle, assez riche, bien foutue, bien sapée. A chaque fois qu’on se voyait (ce qui arrivait régulièrement), elle taillait des costards un peu à tout le monde. Avec elle, fallait être à la hauteur. J’imaginais que moi aussi, je me prenais quelques scuds dans la tête.

Récemment, j’ai rencontré une fille qui la connaissait aussi « elle m’a dit ça d’elle, ça, d’elle. Toi, elle a dit que tu étais quelqu’un de super mais que tu savais pas t’entourer ». Là, mon ego explose ! Madame parfaite n’a trouvé à redire sur moi que mes amis. Et encore qu’un puisqu’elle n’en a connu qu’un et j’avais bien compris que c’était pas passé même si j’ai jamais su pourquoi. Enfin, elle a vu ma sœur aussi mais ma sœur, je l’ai pas choisie, ça fait 25 ans qu’elle est dans mon entourage et je compte pas couper les ponts avec ma propre sœur. Ah oui, elle avait critiqué aussi mon manque d’ambition en terme de salaire. Rien de très grave en somme.

Faut-il fréquenter ce genre de personnes ? Si j’ai arrêté de la fréquenter, ça n’avait aucun rapport avec ça. Je dirais que la médaille a deux revers : d’un côté, ça nous pousse en avant, s’arranger pour être la mieux possible dans tous les domaines pour être irréprochable. D’un autre côté, c’est fatigant de craindre la critique, la pique qui sort de nulle part et in fine, ne risque-t-on pas de perdre son moi pour plaire ? En fait, là se pose toute la question de l’amitié, pour moi. Qu’est-ce qu’un ami ? Quelqu’un qui nous prend tel que nous sommes ? Oui mais pas que. C’est aussi quelqu’un qui est capable de nous secouer les puces quand ça va plus. « Là, tu te négliges, bouge-toi ! ». Mais j’ai parfois l’impression que les rôles sont distribués de telle façon qu’on a d’un côté l’ami sucré tendance Bisounours qui nous aime quoi qu’on fasse et qu’on aime tout autant du coup et l’ami acide tendance peau de vache qui vous fait remarquer immanquablement que vous avez pris 500 grammes au niveau des cuisses et du coup, on n’a plus envie de le/la voir. Bon il est vrai parfois que l’acidité est affaire de jalousie. Bon, c’est peut-être typiquement féminin mais je crois pas. Qui n’a jamais eu cette bonne copine salope qui ne rate pas une occasion de vous rabaisser ? Car l’ami(e) hautain(e) n’est en aucun cas jaloux de vous puisqu’à ses yeux, il vous vaut largement, il vaut tout, il le vaut bien. Si l’ami hautain vous fait remarquer que vous êtes sapé comme un plouc, ce n’est pas par jalousie, c’est pour vous tirer vers le haut, à sa hauteur. « Tu comprends, chérie, Vanessa Bruno, c’est quand même bien mieux que tes fringues H&M ».
Sans doute mais moi, Vanessa Bruno, depuis le temps que j’en entends parler, je sais toujours pas ce qu’elle fait et je n’ai pas les moyens de me payer des fringues créateurs, ni la silhouette d’ailleurs. Non mais sans déconner, ce genre de fringues, si vous n’avez pas le corps d’un mannequin, ça tombe mal et bon courage pour trouver votre taille de toute façon. Moi, je suis définitivement un mini pouce… Mais je m’égare.

Au fond, l’ami hautain, le vrai (pas le jaloux ou le m’as-tu-vu) est dur à supporter, souvent vexant, blessant, mais c’est pour notre bien, paraît-il. Après tout, pourquoi pas. Par ailleurs, essayons de positiver : si l’ami hautain est notre ami, c’est qu’à ses yeux, nous avons de la valeur. Ben oui, l’hautain ne choisit que le meilleur pour tout, y compris ses amis. Et il considère que nous pouvons atteindre un niveau plus élevé car nous en sommes capables. Revers de la médaille : mais si tu veux me changer, c’est qu’à l’heure actuelle, je ne te
conviens pas ?

Bref, il m’est difficile d’être tranchée sur la question. En tant qu’amie, je ne choisis pas mes amis en fonction d’un certain standing. S’ils déconnent de trop à mon goût, je le leur dis, en essayant d’y mettre les formes. Mais je me contente de conseiller, pas d’imposer et si l’ami ne suit pas ce que je dis, tant pis. Au moins, je ne me reprocherai pas de n’avoir rien dit, c’est pas si mal.