Plaidoyer pour un mariage laïque

Vous me connaissez, j’aime bien m’énerver, c’est un véritable talent chez moi. Et tiens, puisque je papote pas mal mariage en ce moment sans être concernée, continuons sur la lancée et parlons mariage homosexuel.

Je ne vous referai pas un vibrant plaidoyer pour le mariage gay, je l’ai déjà fait. Je voudrais plus parler du débat actuel sur la question et les incroyables amalgames qui se font. Voilà que le personnel religieux vient ajouter son (gros) grain de sel parce que, merde, le mariage, c’est leur affaire. Pardon ? Ah ça y est, je suis énervée.

D’un point de vue légal (car on parle d’une loi sur le mariage gay donc je suis bien au cœur du truc), le mariage est un contrat entre deux personnes, encadré par le code civil qui stipule les droits et obligations des époux. C’est la signature sur ce contrat et celle-là seulement qui compte. Le reste n’est sur folklore et n’a aucune valeur juridique. D’ailleurs, lors d’un mariage religieux catholique (je n’ai jamais malheureusement assisté à des mariages d’autres confession, ma curiosité et mon envie de chanter Hava Nagila en tapant des mains le vivent mal), le prêtre dit « ceux que Dieu unit, nul ne peut les séparer ». Ben j’en connais pas mal qui ont divorcé quand même. Mairie 1 – église 0.

Le mariage à l’église se fait déjà à la discrétion du prêtre donc d’où ils viennent chouiner ? S’ils n’ont pas envie de marier des gays, rien ne les obligera. Alors pourquoi leur demander leur avis ? Ah oui, les débats politiques incluent une dimension philosophico-morale et après tout, ils ont le droit de donner leur avis comme les autres. C’est vrai. Pourtant, on ne manque pas de philosophes spécialistes des questions amoureuses, historiens de la vie privée ou sociologues de la famille et de la vie de couple prêts à intervenir également. Ça ne me gêne pas en soi qu’un personnel religieux vienne exprimer sa conception des choses sauf quand c’est fait de façon systématique. Car ce qui me gêne, c’est qu’on accentue l’association mariage-religion et là, je dis non.

Oui les mariages dans une belle église, ça a de la gueule mais merde, ça n’a rien d’obligatoire. Ça m’agace même un peu les athées qui se marient à l’église pour le folklore. Oui, le mariage à la mairie, c’est une signature de contrat, ça n’a rien d’émouvant et les photos à la sortie de la mairie sont moins jolies qu’à la sortie de l’église. Mais si le cœur vous en dit, rien ne vous empêche d’organiser une petite cérémonie laïque histoire de donner un vernis affectif à la journée.

Le mariage n’appartient à aucune religion. Et ça, ça ne me semble pas intégré du tout et ça fausse le débat.

Liste de la fille qui aimerait souder sa tête sur ses épaules

Alors que s’est-il passé dans ma semaine ? Des trucs de dingue, comme d’habitude. Enfin, pas tant que ça mais vous me connaissez, j’aime rien tant que l’emphase.

– Cette semaine, j’ai retrouvé le mauvais stress grâce à un contrat freelance que j’ai vite dû abandonner tant la charge de travail ne correspondait pas aux termes du contrat. Lundi nuit, j’ai dormi de 0h à 4h puis j’ai tourné, viré, me demandant si je ne devais pas démissionner. A 5h30, n’en pouvant plus, je me suis levée. Et j’ai bossé. Et j’ai démissionné. 4 jours plus tard, je n’ai toujours aucune réponse à mon mail de démission. Bien.



– Fatigue physique et ma jambe gauche n’est pas contente du tout, j’ai régressé par rapport à la semaine dernière, mon quadriceps a refaibli malgré ma demi-heure de marche minimale par jour (c’est à dire que si je sors pas, je rentre à nouveau à pied et ça me fait une heure). Je ne m’en sortirai donc jamais ?

– Mon chat, ce monstre de caprice qui me fait une scène pour avoir un bout d’ananas. Je lui en donne, elle snobe le bout mais continue de piouter pour réclamer. Mais bon, faut savoir que mon chat a une passion dans la vie : se frotter aux fruits et légumes qui sentent fort. Le must ? Le céleri

– J’ai entamé le tricot. Le premier soir, j’y ai consacré deux heures dont une heure trente de montage de mailles, mon énorme point faible. Je n’y arrive pas. Mais alors paaaaaaas. Après, j’étais bien partie mais j’ai foiré le rabattage des mailles et j’ai dû recommencer. Je crois que je vais finir par les acheter des put***s de chaussons.

– Je déteste mes voisins d’open space, je vous raconterai en détails mais ça va être la guerre dans pas si longtemps. Trop de bruits tue la cohabitation

– Mardi, je suis allée au hammam avec Amy et Loxy_More. J’ai préparé mon petit sac, toute fière de ne pas avoir oublié mon savon noir et mon gant de crin. Par contre, le maillot, lui, je l’ai puissamment zappé. Quand on est arrivées dans le vestiaire avec de vieilles anglaises à poil, je me suis sentie plus à l’aise. Puis j’ai erré enroulée dans ma serviette. Jusqu’à l’heure de bien se savonner. Merde, on est entre filles, il y a de la buée et je suis épilée alors allons y gaiement… Mais je ne l’oublierai plus, je me suis pas super sentie à ma place sur le coup.

– Soirée de vendredi : loisirs créatifs, tricot et cuisine. Je me fais peur.

– OPA changeons d’ordinateur de bureau. Je n’en peux plus, je le hais, je dois des fois le redémarrer en pleine journée car mon navigateur ne fonctionne plus (légèrement ennuyeux quand on bosse sur le web), je n’ai plus accès au serveur sur lequel est stoqué un doc dont j’ai besoin… Bref, je peux pas bosser correctement, sans parler du temps infini qu’il peut prendre parfois et qui est devenu un running gag. Sauf que l’humour de répétition, j’ai jamais été fan.

– Réunion de production cette semaine, pitch d’intro de super manager : “ouais alors le séminaire, c’est toujours le week-end du 24 septembre mais en fait, on va plus en Sicile mais à Marseille”. Tu la sens mon énorme déception ?

– Lundi, lever à 6h30. Mardi, lever à 5h30. Autant vous dire que le reste de la semaine, j’ai totalement planté mon projet de me lever plus tôt pour écrire des articles. D’ailleurs, c’est pour ça qu’il n’y en a pas trop eu cette semaine.



– Cette semaine, j’ai été la reine des étourdies. Du coup, j’ai fait des coquilles au boulot, rien de grave mais j’aime pas qu’on me reprenne parce que j’ai manqué d’attention. Que je fais même de grosses fautes du genre “j’ai accès ma réponse sur…”. Bravo, clap clap. Mais là où j’ai excellé, c’est quand même jeudi. Le gars qui avait pris mes affaires que j’avais amenées dans le Var m’attendait au pied de mon immeuble pour me les rendre. Sauf que moi, je trouvais plus mes clés. Qui étaient sur la porte. Côté extérieur… Ca vaut presque ma carte bleue perdue y a 3 semaines… En fait, elle était juste sur mon bureau.

– Pour finir en beauté, une vidéo qui me fout des frissons. J’ai beau être mal à l’aise avec l’idée de nationalisme, la ferveur du public néo-Zélandais, elle me fout la chair de poule.

Les mecs mariés fidèles, c’est que des connards

Laissez-moi vous narrer une petite histoire. Il était une fois une jeune femme que nous appellerons Léa. Léa aimait les hommes plus mûrs qu’elle. D’un point de vue psychologique, nous dirons que Léa cherche le père, le sien l’ayant profondément blessée en quittant sa mère pour une jeunette à peine plus âgée qu’elle. Oui, la relation avec les parents, ça
explique toujours plein de choses, c’est magique. Donc Léa aime les hommes un peu mûrs. Or passé un certain âge, nombre d’hommes ont la bague au doigt. Récemment, Léa a craqué pour un bagué et a commencé à l’entreprendre avant de réaliser que, non, il n’y aurait pas transformation. Verdict : c’est un connard.

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C’est quand même amusant quand on y pense. La plupart des femmes (dont Léa) cherchent un homme qui a, entre autres qualités, la fidélité. Or l’homme bagué de notre petite fable l’est justement et c’est précisément ce qui lui est reproché. En somme : « je veux que tu sois fidèle mais juste avec moi, pas avec ta future ex femme ». Parce qu’évidemment Léa
souhaitait que la fable se termine par un « il quitta sa femme, épousa Léa, ils furent très heureux, youpi! ». Donc parce que M. Marié a refusé ses avances (enfin, si tant est qu’il les ait vues), il est un connard. Pourtant, il n’a strictement rien fait pour s’attirer les faveurs de la demoiselle, ne l’a jamais laissé espérer quoi que ce soit. Mais ça reste un connard, c’est comme ça.

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Quelle douce hypocrisie. Imaginons que M. Bagué ait répondu aux avances de Léa, entamé une relation extra conjugale avec elle pour finalement quitter sa légitime pour sa maîtresse. Cas assez rare nous en conviendrons, mais nous sommes dans le domaine de l’hypothèse, je peux même faire intervenir une licorne si je veux. Bref. Donc il quitte son épouse et
les enfants qui vont avec pour une jeunette. Déjà, il va hériter de son badge de connard à l’unanimité du jury composé de sa future ex femme, peut-être de ses enfants (comme Léa avec son père), de sa famille, des amis du couple… Celui qui part est rarement celui qui s’en sort le mieux en terme d’image. Le voici donc à s’installer avec Léa dans une relation strictement monogame. Que va-t-elle penser au moindre retard ? Va-t-elle supporter qu’il côtoie de jeunes femmes au même endroit où il l’a rencontrée ? Un homme infidèle, c’est comme un animal qui goûte la chair humaine, il y reviendra forcément. Bon, ce point reste à débattre mais on est dans la psyché de Léa, là.

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En fait, je n’ai pas compris cette réaction négative, dans la mesure où M. Bagué n’a pas joué les séducteurs. Il nous est arrivé à tous et toutes de craquer pour une personne déjà en couple, ça arrive, c’est pas grave. Donc si on entreprend des manoeuvres d’approche, on a quand même bien en tête qu’il y a de fortes chances qu’on se plante. Par exemple, j’irai bien jouer au docteur avec le FILF du bureau mais j’ai parfaitement conscience qu’il y a à peu près une chance sur un million que ça se produise vu qu’il a l’air très amoureux de sa femme et qu’il adore ses gosses. Si tant est que je me lance dans une opération séduction un jour (hautement improbable, mon ego n’aime guère les râteaux) et qu’il me repousse, qui est le connard de l’histoire ? Celui qui reste fidèle à ses principes ou celle qui essaie de l’en détourner pour sa seule satisfaction personnelle ? 

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Evidemment, je ne dis pas que tous les hommes en couple fidèles sont des hommes bien ou que les hommes allant voir ailleurs sont des mecs mauvais (ça dépend du lien qui l’unit à sa moitié, certains couples sont libres, c’est leur choix. Tant qu’il n’y a pas trahison du contrat…). Mais on ne peut pas exiger d’un homme qu’il ne respecte pas les principes qu’on cherchera à lui imposer par la suite si on l’attrape dans ses filets.

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Conseil pour les Léa : si vous aimez les hommes mûrs, reste les divorcés, le travail est déjà fait.

Le dernier qui part a gagné !

Situation type d’un open space : journée de travail, chacun travaille dans son coin, certains surfent en toute discrétion (ou pas), c’est le jeu. Puis arrive l’heure du départ et là, ça se zieute en coin : qui aura l’audace de partir en premier ?

Sur mon contrat, il est écrit que je suis censée faire les horaires suivantes : 9h30 – 18h30. Bon, en vrai, c’est plus du 10-19h, c’est vrai. Parfois, je peux faire des journées plus longues au besoin mais il arrive parfois que je ne parte pas alors que j’ai fini mes tâches journalières. Quand j’étais dans le grand open space, Lena était un jour partie en 18h30 en se justifiant : « ce sont les horaires et moi, je veux aller à mon cours de danse! ». Et là, je me suis dit qu’elle avait bien raison.



Je fais partie de la partie nullipare et célibataire de l’open space. Quand Lucie part à 17h30 récupérer sa fille, personne ne sourcille (mais elle arrive à 8h30, aussi). Pour ma part, la seule excuse que je peux sortir, c’est un rendez-vous ou un cours de sport puisque je n’ai ni homme ni enfants qui m’attend avec impatience à la maison. Pratique quand la pile de dossiers du jour n’est pas descendu mais quand on a fini à l’heure, regarder tomber les mouches n’est pas des plus fascinants.


De plus, à force de rester plus de temps que prévu par jour peut envoyer deux messages :

– je suis une acharnée de boulot parce que je n’ai que ça dans ma vie, n’hésite pas à m’en donner plus, chef adoré !

– je suis gourde, j’arrive pas à faire en temps et en heure ce qui me revient, je suis un boulet.

Si le premier cas me semble moins grave que le second, je ne suis quand même pas favorable à des masses de boulot en plus juste parce que j’ose pas partir dans les premiers.

Dernier argument et le plus essentiel pour moi : l’équilibre vie professionnelle et vie privée. Il est donc vrai que pour l’heure, je n’ai pas vraiment d’hommes et je n’ai pas du tout d’enfants. Sauf si on compte mon chat mais je trouverais ça assez flippant. Ceci étant, ça ne veut pas dire que je n’ai pas de vie privée. J’ai des amis à voir, du sport à faire pour évacuer la pression et des hommes à honorer. A moins que ce ne soit l’inverse. Et j’ai aussi des articles à écrire. Bref, ma journée faisant à peu près 18h, vu que je dors peu (et même pas assez), consacrer 9h d’entre elles, soit la moitié, au boulot (pause déj devant l’écran), ça me paraît déjà pas mal et encore, je ne compte pas les pensées sur le sujet que j’ai pendant mes longueurs à la piscine ou avant de m’endormir.



Mais j’ai pris le parti que, sauf urgence, je pars à peu près à l’heure. Quitte parfois à finir des trucs à la maison. Parce que je ne veux pas passer pour une longue à la comprenette ou une no privacy qu’on peut charger sans qu’elle le réclame.

Depuis que j’ai intégré cette donnée, j’ai finalement plus de temps utile pour moi et je travaille mieux au boulot vu que je traîne moins, histoire de finir tard. Quand j’étais stagiaire dans mon canard local en 2004, je me moquais un peu des journalistes qui faisaient du 10h à très tard en glandant une partie de la journée alors que je faisais un 9h-17h en étant en avance sur mon planning du lendemain. Aujourd’hui, je comprends mieux le principe du « je traîne pour avoir l’air débordé ». Mauvaise stratégie.

A partir de maintenant, je vais tenter le 9h30-18h30… Bon, ok, commençons par un 9h45-18H45.

Le boulot, des fois, c’’est rigolo

Bon, aujourd’hui, j’ai envie de parler boulot mais promis, je vous embêterai pas avec mes revues de presse ou autre. Non, aujourd’hui, je vais vous dévoiler un peu les coulisses de l’asso parce que, finalement, c’est super intéressant.
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Ca fait maintenant deux mois que j’ai commencé, j’aurais dû être à mi-chemin de mon contrat (putain, déjà !) mais finalement, ils veulent me garder jusqu’à fin septembre. Bon, j’ai un projet très important juste derrière mais ça va coller donc je dis oui. Parce que la rentrée va être très importante pour l’asso et on ne peut pas se rater. Parce que je crois en elle et je pense que bientôt, on sera connus. Parce qu’ils ont des idées de comm génialissimes qui ne pourront que marcher. Bref, au bout de deux mois, je me dis que j’ai clairement fait le bon choix.

Bref, je cesse là ma déclaration d’amour surtout que personne de l’asso ne lit ce blog donc ça sert à rien d’insister. Qui sont les gens avec qui je travaille ? Des trentenaires ou pas loin avec des boulots de rêve, sortant tous de grandes écoles genre HEC ou CELSA, ils vivent dans de grands apparts dans Paris. Bref, je suis la prolo de service. Nous sommes environ une quinzaine mais il y en a quelques uns que je n’ai pas encore rencontrés. En gros, ceux que je fréquente le plus, ce sont Simon et Michel, président et vice-président, Karima et Flora, qui bossent dans la comm et Isabelle, qui nous prépare de petits événementiels. On se fait souvent des réunions pour déjeuner ou le soir pour travailler, parfois le week-end puisque toutes ces personnes travaillent. Bon, en gros, on est une asso sérieuse mais c’est pas pour autant qu’on est sinistre, on va d’ailleurs essayer de « djeuniser » le site, on dira parce que pour l’heure, si le site est très joli, il fait un peu trop laboratoire d’université.

Forcément, comme nous sommes des humains, y a des moments où on part en vrille et où on commence à délirer sur n’importe quoi. Genre on se moque de Michel qui a parlé de « compagne présidentielle » dans le communiqué de presse parce que c’est 8h et qu’on est fatigués.

Samedi, on a eu une réunion et j’ai bien aimé parce que ça faisait plus déj entre potes. Chacun a amené à manger, on a préparé une grosse salade. A un moment, on a rigolé : Karima, Flora et moi préparions la salade tandis que Simon fumait sa clope et on a commencé à délirer sur la répartition sexuelle des tâches dans l’asso. On parle pas mal de nos vies, Simon et Michel s’intéressent pas mal à mon projet post stage, Karima nous parle de son groupe de musique, Flora me raconte sa vie sentimentale au bout de cinq minutes de déjeuner (j’adore comme les gens me font spontanément confiance). Isabelle ne parle que de cul, tout le temps. Elle doit aimer ça, elle, elle n’a que ça à la bouche (sans aucun mauvais jeu de mot). Elle est toujours un peu excitée et fait toujours partir les conversations en vrille mais bon, elle a de très bonnes idées de comm, on a des opérations en prévision qui, si elles marchent, vont faire une pub incroyable à l’association. Mais c’est totalement interdit d’en parler, même à nos conjoints respectifs. Bon, traduction pour moi : t’en parles même pas à Gauthier. Enfin, bref, Isa, elle a un peu des soucis de thyroïde à mon avis mais passons.

Donc les réunions ressemblent de plus à plus à une bouffe entre potes qui discutent sérieusement qu’à de vraies réunions de boulot. Bon, moi, je reste assez calme, surtout quand les conversations glissent sur « ah ouais, j’ai croisé Jean-Claude aujourd’hui ! » parce que je le connais pas, moi. Ils ont plein de potes en commun donc, forcément, y a des blagues qui m’échappent. Mais bon, en laissant traîner mes oreilles, j’apprends des choses sur les uns et les autres, l’existence de la copine italienne de Simon, la non vie sexuelle de Michel (apparemment, il serait un peu coincé), l’amour désespéré de Karima pour un homme marié, la (longue) liste des exs d’Isa… Puis comme ces gens sont dans les hautes sphères, j’apprends du croustillant aussi. Enfin, bref, c’est riche en enseignement ces réunions.

Après, il y a quelques anecdotes. Par exemple, samedi, Karima, Flora et Isa ont commencé à chanter la chanson de Cauet et de chercher les paroles, Simon et moi nous sentions particulièrement largués. Parce que je savais même pas qu’il y avait autre chose que « Zidane il va marquer », dedans. On cherche à citer les joueurs de l’équipe de base, moi, j’en connais aucun donc je joue même plus. Isa m’explique que Pires et July (orthographe?) n’ont pas été sélectionnés par ils ont couché avec Estelle Denis, c’est à dire Mme Domenech herself. Ah ben je comprends enfin les blagues des Guignols sur le sujet !

Autre anecdote, la meilleure. Lundi, j’ai rendez-vous avec Simon et Gabrielle, chargée de comm, pour déjeuner. On doit parler du dossier de presse que je suis chargée de faire. On se retrouve, on s’installe en terrasse, on parle boulot, société, tout va bien… Soudain, à la table d’à côté, la serveuse s’énerve et commence à rembarquer la salade d’une cliente en lui disant de se casser. La cliente essaie de récupérer sa salade et comme elle n’y arrive pas, elle jette son assiette de frites à la figure de la serveuse avant d’essayer de la castagner. Son copain, genre armoire à glace, la retient, on se lève pour pas se prendre de coups puisque les couverts ont déjà valsés quand une autre serveuse surgit du resto en brandissant une chaise pour la jeter à la figure de la cliente. Bon, Simon arrive à l’intercepter. Tout ce petit monde s’engueule joyeusement, les serveuses accusant les clients de s’être montrés insultants, les clients d’avoir attendu trois plombes pour être servis. On nous prend à témoin mais on n’a rien vu, nous. Bon, finalement, les clients se cassent et pendant quelques minutes, on se retrouve comme des cons à rien dire. On essaie de comprendre à qui sont les portables et les lunettes qui ont atterri sur notre table, chacun récupère son bien.

« Ben, c’est violent des nanas qui se castagnent
– Ouais.
– On va demander l’addition. »
Le boulot, y a des jours où c’est vraiment rigolo.

Un jour, j’’irai au mariage de Gauthier

Ouvrons un journal. En ce moment, au choix : le bac (sujets de philo, nombres de candidats, le plus jeune, le plus vieux…), la coupe du Monde ou le programme du PS pour 2007. Parmi les propositions, la question du mariage homosexuel et de l’homoparentalité. Il était temps que la France se penche enfin sur ce sujet de société.

 

Comme tu le sais, lecteur, j’ai pas mal d’homos dans mon entourage, surtout des hommes. Forcément, ça a tendance à me rendre favorable à ses propositions mais ce n’est pas juste un élan de sympathie pour une communauté mais quelque chose de plus raisonné. Parlons d’abord du mariage. En France, nous avons droit à un mariage homosexuel à la mairie de Bègles, orchestré par M. Noël Mamère. Ce mariage m’a un peu énervée car ce n’était que deux gars en mal de popularité prêts à tout pour truster les premières pages des journaux face à un politicard assez démago, faut dire ce qui est. Je ne crois pas que ce précédent ait vraiment servi la cause même s’il a eu le mérite de susciter le débat. A l’époque, quand on m’a demandé mon avis, j’ai haussé les épaules : pourquoi le mariage ne serait contracté qu’entre un homme et une femme ? On peut se marier à tout âge, quel que soit nos origines ou notre niveau social mais il faut qu’il y ait un membre de chaque sexe, sinon, ça marche pas. Déjà, à l’époque, le PACS avait fait grincer des dents mais pourquoi un couple ne serait forcément qu’hétérosexuel ? L’amour entre deux personnes d’un même sexe et leur désir d’engagement n’a-t-il pas droit d’exister aux yeux de la loi ? Personnellement, je ne suis pas très mariage mais ce n’est pas une raison. Quand j’entends Ségolène Royal déclarer il y a quelques années : « moi, je suis contre le mariage homo parce que je suis contre le mariage tout court », je soupire très bruyamment. Ce n’est pas parce que tu as décidé de ne pas passer devant le Maire que tout le monde va en faire autant, cocotte. C’est vraiment noyer le poisson, ça. Que les instances religieuses tiquent à célébrer de telles unions, à la limite, je peux le concevoir mais au niveau de la mairie… Le mariage n’est-il pas qu’un contrat, finalement ? Pourquoi devrait-on intégrer les données sexuelles à tout ça ? L’amour est le même qu’on soit homo ou hétéro. Un dernier sondage a révélé que 51 à 54% des Français y étaient favorables (les chiffres variant selon les médias). Ce qui n’a pas empêché l’Express de titrer : « Les Français contre le mariage homo » avant de débuter l’article par « Selon un sondage, 51% des Français y sont favorables, blablabla. » Je ne suis pas mathématicienne mais la majorité absolue étant de 50%+ 1, 51%, on est encore un peu au-dessus. Les voies du journalisme sont vraiment impénétrables, parfois…

Alors, évidemment, ce n’est pas tant le mariage qui bloque que l’adoption. Beaucoup arguent qu’autoriser le mariage homo, c’est faire un premier pas vers l’homoparentalité. Déjà, je pense très sincèrement qu’entre la légalisation du mariage entre deux personnes de même sexe et la légalisation de l’adoption par un tel couple, on va avoir droit à quelques années de débats, ça va traîner, c’est sûr. Mais pourquoi deux personnes de même sexe ne pourraient pas faire de bons parents ? Alors, oui évidemment, un enfant a besoin d’un papa et d’une maman pour s’épanouir. Dans ces conditions, on devrait retirer les enfants de tous les parents célibataires, alors ! Prenons un exemple : le fils d’Océane. Ce gamin sera-t-il déséquilibré parce qu’il n’a pas eu de papa ? Rien ne permet de l’affirmer, ce serait même très grave de le faire. Quand je vois certains enfants élevés par un seul parent ou quand je vois des enfants issus d’un couple traditionnel mais totalement barré, je me dis que le duo papa/maman n’est absolument pas synonyme d’équilibre, loin de là. J’ai des tas d’exemples que je n’étalerai pas ici mais quand je vois certaines personnes de mon entourage, je me dis qu’ils auraient été peut-être plus heureux avec deux papas ou deux mamans.

Pourtant, l’idée va mettre du temps à être acceptée, si tant elle qu’elle le soit un jour. Il y a quelques années, j’avais fait une émission de radio sur le sujet avec mes camarades, nous avions fait venir deux membres de l’association Jules et Julie. Quand on a évoqué la question de l’adoption par un couple homosexuel, l’intervenant masculin, lui-même gay, s’était déclaré contre cette idée, expliquant qu’une famille, c’était un papa et une maman. Je ne critique pas les opinions du jeune homme, je montre juste que la bataille est loin d’être gagnée. Dans la même émission, j’avais fait une revue de presse sur le sujet. Oui, la revue de presse, c’est mon truc, c’est mon vice. Bref, il y avait l’histoire de deux couples, deux gays et deux lesbiennes, qui avaient fait un bébé par insémination artisanale. Le bébé est né et il a donc quatre parents sauf que si l’un des couples se sépare, celui qui n’a pas donné son sperme et celle qui n’a pas porté le bébé n’ont techniquement aucun droit sur cet enfant qui est le leur d’un point de vue affectif mais c’est tout. Déjà, le côté insémination maison, c’est glauque. Aujourd’hui, quand on voit dans quelle société de confort on vit, penser qu’une femme est tombée enceinte de cette façon, ça me fait froid dans le dos (pour elle). Ces gens-là voulaient tellement un enfant qu’ils se sont débrouillés comme ils ont pu. La petite fille née de cette union sera-t-elle différente d’un autre enfant ? Non. Elle aura droit à l’affection de 4 parents au lieu de deux, comme la plupart des enfants de parents divorcés.

Autre argument servi cette fois par Yohann, mon presque frère. « Oui mais tu comprends, ces enfants, on va se moquer d’eux à l’école quand leurs deux papas ou leurs deux
mamans viendront les chercher à l’école. » Et je réponds : « ben c’est une question de mœurs. Regarde, nous, quand on était petits, y avait pas beaucoup de parents divorcés et
c’était bizarre les enfants qui n’avaient qu’un papa ou qu’une maman. Maintenant, on est habitués. Ben eux, ce sera pareil ! ». Je ne dis pas que, forcément, les homosexuels vont être légion à adopter et resteront sans doute une minorité par rapport aux couples plus traditionnels mais à partir du moment où l’adoption par les couples homosexuels sera légalisée, il y en aura forcément plus d’un qui va se lancer dans l’aventure. Le seul truc que je crains, dans l’histoire, c’est que le premier couple à adopter squatte les médias. Là, à la limite, ça peut être un peu traumatisant pour l’enfant, s’il est assez vieux pour comprendre un tant soit peu ce qu’il se passe.

Je ne suis pas une pro de l’éducation mais il me semble que pour être heureux, un enfant a avant tout besoin d’amour. Pourquoi les couples hétérosexuels auraient ce monopole ?
Est-il si important qu’un enfant soit aimé par un homme ET une femme ? Quid de deux hommes, deux femmes, qu’un homme ou qu’une femme ? Sans doute aurons-nous droit à toute une batterie d’analyse psychologiques de ces enfants mais je ne pense pas qu’être élevé par un couple homosexuel change grand-chose à l’arrivée. Déjà, si on regarde la société actuelle, force est de constater que le couple traditionnel n’existe plus tellement : ce n’est plus la maman à la maison qui gère les tâches domestiques et le papa au travail qui ramène les sous. Je connais des homos qui feraient d’excellents parents comme mon cousin, par exemple. Il adore les enfants et aimerait en avoir un, il ferait un bien meilleur père que moi une bonne mère. Il a beaucoup d’amour à donner, pourquoi on l’en empêcherait ? Parce qu’il aime les hommes ?

Argument ultime : un enfant élevé par un couple gay le deviendra forcément. Alors, là, on touche le fond. Et l’oscar de la théorie la plus conne est attribuée à la reproduction de l’homosexualité ! Parce que si l’homosexualité était due à une transmission de parents à enfants, on serait tous hétéros. Ben oui, un couple, à l’heure actuelle, c’est un
homme et une femme donc si ça ne tenait qu’à ça, l’homosexualité n’existerait pas.