Le dernier qui part a gagné !

Situation type d’un open space : journée de travail, chacun travaille dans son coin, certains surfent en toute discrétion (ou pas), c’est le jeu. Puis arrive l’heure du départ et là, ça se zieute en coin : qui aura l’audace de partir en premier ?

Sur mon contrat, il est écrit que je suis censée faire les horaires suivantes : 9h30 – 18h30. Bon, en vrai, c’est plus du 10-19h, c’est vrai. Parfois, je peux faire des journées plus longues au besoin mais il arrive parfois que je ne parte pas alors que j’ai fini mes tâches journalières. Quand j’étais dans le grand open space, Lena était un jour partie en 18h30 en se justifiant : « ce sont les horaires et moi, je veux aller à mon cours de danse! ». Et là, je me suis dit qu’elle avait bien raison.



Je fais partie de la partie nullipare et célibataire de l’open space. Quand Lucie part à 17h30 récupérer sa fille, personne ne sourcille (mais elle arrive à 8h30, aussi). Pour ma part, la seule excuse que je peux sortir, c’est un rendez-vous ou un cours de sport puisque je n’ai ni homme ni enfants qui m’attend avec impatience à la maison. Pratique quand la pile de dossiers du jour n’est pas descendu mais quand on a fini à l’heure, regarder tomber les mouches n’est pas des plus fascinants.


De plus, à force de rester plus de temps que prévu par jour peut envoyer deux messages :

– je suis une acharnée de boulot parce que je n’ai que ça dans ma vie, n’hésite pas à m’en donner plus, chef adoré !

– je suis gourde, j’arrive pas à faire en temps et en heure ce qui me revient, je suis un boulet.

Si le premier cas me semble moins grave que le second, je ne suis quand même pas favorable à des masses de boulot en plus juste parce que j’ose pas partir dans les premiers.

Dernier argument et le plus essentiel pour moi : l’équilibre vie professionnelle et vie privée. Il est donc vrai que pour l’heure, je n’ai pas vraiment d’hommes et je n’ai pas du tout d’enfants. Sauf si on compte mon chat mais je trouverais ça assez flippant. Ceci étant, ça ne veut pas dire que je n’ai pas de vie privée. J’ai des amis à voir, du sport à faire pour évacuer la pression et des hommes à honorer. A moins que ce ne soit l’inverse. Et j’ai aussi des articles à écrire. Bref, ma journée faisant à peu près 18h, vu que je dors peu (et même pas assez), consacrer 9h d’entre elles, soit la moitié, au boulot (pause déj devant l’écran), ça me paraît déjà pas mal et encore, je ne compte pas les pensées sur le sujet que j’ai pendant mes longueurs à la piscine ou avant de m’endormir.



Mais j’ai pris le parti que, sauf urgence, je pars à peu près à l’heure. Quitte parfois à finir des trucs à la maison. Parce que je ne veux pas passer pour une longue à la comprenette ou une no privacy qu’on peut charger sans qu’elle le réclame.

Depuis que j’ai intégré cette donnée, j’ai finalement plus de temps utile pour moi et je travaille mieux au boulot vu que je traîne moins, histoire de finir tard. Quand j’étais stagiaire dans mon canard local en 2004, je me moquais un peu des journalistes qui faisaient du 10h à très tard en glandant une partie de la journée alors que je faisais un 9h-17h en étant en avance sur mon planning du lendemain. Aujourd’hui, je comprends mieux le principe du « je traîne pour avoir l’air débordé ». Mauvaise stratégie.

A partir de maintenant, je vais tenter le 9h30-18h30… Bon, ok, commençons par un 9h45-18H45.

Séries vs cinéma : c’est quoi le mieux ?

Ceux qui me lisent depuis longtemps doivent se rendre compte que le cinéma et moi, ça fait 36. J’ai beau complexer sur mon manque de culture cinématographique, ce n’est définitivement pas mon truc. Ce n’est pas l’art en tant que tel que je n’apprécie pas mais tout ce qui va avec : c’est cher, les horaires ne me conviennent que rarement et vu qu’après le boulot, je suis toujours un peu fatiguée, il m’arrive de m’endormir en plein film. Payer quasi 10 euros pour voir des bouts de film, bof.

Du coup, je suis plus branchée séries même si j’en regarde de moins en moins vu que ma vie post job est assez  remplie et que je rentre plus souvent à 22h qu’à 20h. Pas pratique pour les courses. Ceci étant, il y en a certaines que j’essaie de ne pas rater genre Lost, Dr House, Nip/Tuck… Mais comme j’ai une vie, je rate systématiquement un épisode ou deux que je ne télécharge même pas. Mais j’aime bien les séries de par leur format : les épisodes sont plus courts donc généralement plus efficaces, avec moins de temps morts. Si les épisodes sont trop lents, c’est que la série est ratée. Par ailleurs, une série se doit d’être efficace pour retenir le spectateur, par définition versatile. Qui, ici, n’a jamais abandonné une série en cours, lassé par les histoires qui n’en finissent plus

Mais, il y a un gros mais. Un film se conçoit en général pour avoir un début, un milieu et une fin. Parfois, dans un fol élan d’optimisme, on prévoit un épisode
suivant et le film peut se terminer sur un suspense insoutenable et autant dire que ça, je déteste. Par exemple, Pirate des Caraïbes 2, qui est déjà assez long en soi, la fin m’a dégoûtée, j’ai boycotté le 3.Et que dire de Matrix ? Le 1 se suffisait à lui-même mais non, ils ont voulu lui faire une suite (navrante) alors que l’histoire était clairement écrite pour un seul volet. A la limite, je trouve que la suite aurait été peut-être mieux traitée en série. Pareil pour Terminator 3, il est archi navrant, globalement illogique mais voilà qu’ils vont nous faire un 4 alors que ma foi, la série Sarah Connor’s chronicle me paraît amplement suffisante.

Ceci étant dit, l’avantage massif d’un film par rapport à une série, c’est que la fin est déjà prévue, on ne tricote pas une histoire saison après saison parce que « ouais, ça marche, on prolonge ! ». Parce plus une série dure, plus elle sombre dans le grand n’importe quoi. Exemples type : X-files et Ally McBeal qui sont des bonnes séries au départ (quoi qu’avec le recul, Ally McBeal, elle est supra chiante) virent dans le grand n’importe quoi sur la fin. Je les ai regardées histoire d’avoir le fin mot de l’histoire mais j’étais ravie que ça se termine. C’est comme Urgences, c’est de l’acharnement thérapeutique à ce niveau-là, laissez-la crever ! D’ailleurs, là, j’ai bien lâché, je ne comprends plus rien et en plus, on ne voit même plus Kovacs alors y a plus aucun intérêt ! C’est un peu le souci des séries, on ne connaît pas leur durée de vie et parfois, elles n’en finissent plus de finir. Sauf qu’arrive un moment où le concept est super éculé mais tant que ça marche, on continue, tant pis si ça devient nul, les gens n’ont qu’à pas suivre. A l’inverse, on a la série arrêtée avant la fin pour soucis d’audience et dont on aura peut-être la fin dans un téléfilm tout pourri, voire pas du tout comme pour John Doe.

Avec une copine, dans le temps, on se disait que l’idéal serait de faire un contrat annonçant dès le départ le nombre de saisons. Comme ça on n’étire pas la sauce
indéfiniment jusqu’à avoir un brouet sans goût. Un peu comme Lost qui doit s’arrêter en 2010. Deux saisons de plus, j’espère qu’il n’y en aura pas une en trop…

Bref, si je préfère globalement les séries aux films, c’est qu’outre le fait que niveau horaires, ça m’arrange, c’est surtout qu’on a plus de temps pour poser des histoires et qu’il se crée un sentiment de proximité avec les héros qu’on est « content » de retrouver. Ceci étant, j’ai parfois l’impression qu’on me prend un peu pour une andouille quand on rajoute des saisons encore et encore, au point que ça devient du grand n’importe quoi. Nip/Tuck aurait dû s’arrêter avec le départ des Dr Troy et McNamara à Hollywood car la série est devenue le festival du grand n’importe quoi, on fait du trash pour faire du trash, c’est lourdingue. Y a un moment où il faut savoir arrêter le massacre. Parce qu’au moins, un mauvais film, on ne souffre que 2, voire 3h et basta. Une série, la fin, on peut l’attendre plusieurs années. Voire lâcher avant.

De chômeuse à travailleuse : le moment M

Lundi, je vous ai donc appris, l’air de rien, que j’avais du taff. Un vrai, un CDI, avec des horaires et un bureau et tout. A moi les joies du métro aux heures de pointes sur une ligne qu’est pas des plus joyeuses mais putain, ça me rend heureuse.

virgin-suicides

Revenons au moment M, celui où mon téléphone a sonné. Je vois s’afficher un numéro bizarre à 4 chiffres donc à aucun moment, je ne pense que c’est la réponse à mon entretien. En fait, j’étais pas certaine, certaine d’avoir la réponse vendredi, peut-être que tous les gens n’avaient pas rendu leur rédactionnel ou autre. Donc je suis en terrasse avec Lola et je m’en fais peu. Ma sœur a beau me harceler parce qu’elle a oublié son portable, ça va.

 Donc 18h, le téléphone sonne, ce curieux numéro à 4 chiffres. Et là, l’incroyable, l’inattendu et l’inespéré arrive : « vous êtes prise Nina. Tu commences lundi ? ». Voilà, ça, c’est Claude, mon nouveau boss donc et maintenant, on se tutoie. J’ai eu un petit aperçu de mes collègues (mes collègues, ouééééééééé) en allant à l’entretien jeudi, je pense que je serai dans les plus vieilles et ça rigolait bien. Mais bon, je verrai quand je serai intégrée.

Donc il me reste un week-end avant de devenir une salariée. Sur le coup, je percute pas, même si je me mets à trembler comme une feuille puis tout à coup, tous les aspects positifs arrivent. Avoir un boulot, ça veut dire avoir des horaires, se lever à une heure décente (genre à une heure à un chiffre), vivre le même rythme que les autres, ne pas rougir quand on vous demande votre profession. Ne plus avoir à subir les « mais tu envoies des CV au moins ? », « il paraît que tel journal recrute, tu devrais postuler », « moi, je connais des gens qui ont trouvé du boulot facilement dans ta branche, c’est bizarre… », « au lieu de pleurer, bouge ton cul, feignasse ! ». Ou le mieux « et tu vis comment ? Ah ce sont tes parents qui t’entretiennent… Ouais, je vois ! ». Oui, il y a des jours, j’avais la sensation de devoir m’excuser d’être au chômage et de demander à mes parents de m’entretenir. Mais moi, je demandais que ça d’avoir du taff et enfin ! Faut dire que ces derniers mois, je n’ai vraiment pas ménagé ma peine et enfin, ça a payé !

 Après avoir réalisé, des tas d’idées me viennent en tête. La première : youpi, je vais déménager ! Bon, je vais attendre un chouia avant d’envoyer mon préavis mais ciao mon rez-de-chaussée, youhou ! Ah tiens, ça me fait penser qu’il va falloir que j’ouvre un nouveau compte en banque, le mien est toujours domicilié à Toulouse et c’est chiant. Ah oui, tiens, faut que je rapatrie tout ce qui était retiré sur le compte de mon père, genre le loyer, EDF-GDF… Et mes allocs alors, elles deviennent quoi ? J’ai rien déclaré en 2006 donc je devrais les avoir un an de plus, non ? Et les impôts comment ça marche ? Où je demande à être mensualisée ? Et pour la sécu et la mutuelle ? Hein ?

Et puis après, on pense aussi au boulot. C’est la première fois de ma vie que je suis embauchée en CDI. Mes boulots d’avant, c’était du court terme qui se mesurait en semaine ou en mois donc au pire, si je m’y plaisais pas, c’était pas grave. Là, ça va se mesurer en année. Le premier contact fut bon et je me fais pas trop de soucis pour être honnête mais c’est étrange de se dire que durant les prochaines années, ce sera ma vie, mon quotidien. Je me lèverai tous les jours ouvrables à 7h30 puis j’irai travailler et je rentrerai le soir, je pourrai même dire « pfiou,
je suis claquée ! ». Une vie rythmée. Ca peut paraître trop métro-boulot-dodo mais moi, ça fait quasi un an que j’avais pas bossé dans un bureau et ça m’enchante.

Le nuage noir du chômage est parti de mon ciel. Vendredi, je réalisais pas puis tout à coup, je me suis sentie épuisée. Toute cette tension accumulée ces derniers mois s’est envolée et j’avais juste envie de dormir. Le soir, après quelques coups de fils et récits MSNiens, tous mes amis sont ravis pour moi, je me demande si j’ai pas un peu trop foutu la pression sur
tout le monde avec mes gros coups de déprime et tout ça. Je sens que Nina la chômeuse va pas leur manquer à eux !

Moi maintenant, je vais avoir une vie plus jolie avec des horaires, des congés planifiés à l’avance (plus facile pour planifier les retours au pays), je pourrai m’inscrire à des activités artistiques et déménager aussi. Enfin, maintenant, je peux vivre, quoi ! Vendredi, je me suis endormie avec le sourire. Samedi, je me suis réveillée avec le sourire (sans rapport avec
le rêve érotique orgasmique que je venais d’avoir). Ca faisait longtemps que ma nuit n’avait pas été perturbée par des pensées noires. Et franchement, ça fait du bien.