Invitons nos amis à la noce

Une fois que tu as fait le tour de la famille, attaquons la partie « amis » de la liste des invités. Tu crois que c’est la meilleure ? Tu te trompes.


Alors voyons voir, moi, je veux inviter mes copines « historiques », mes copines de plongée, quelques collègues (dont des anciens). Au bas mot, si on compte les +1, ça nous fait vite une trentaine de personnes. Note pour moi-même : penser à coller mes amies célibataires avec les potes de Jon, on diminuera la liste des invités.


Jon, de son côté, va en vouloir en inviter sans doute autant, le groupe amis va donc compter entre 60 et 80 âmes. Pouf. Ça fait un peu cher les potes. Et là, surgit la question : jusqu’à quel degré d’amitié invite-t-on les gens à un mariage. Je parle de la phase repas, bien entendu.


En un, les amis, les vrais, ce qui sont dans notre long list de témoins. On peut y ajouter ceux qui font partie de la liste « à appeler en cas d’urgence » mais ce sont grosso modo les mêmes. Ensuite, y a ceux qui nous ont invité à leur propre mariage et je dois leur rendre la politesse. De mon côté, ça va être vite vu, y a que Anne et Lena. Les autres mariages, c’étaient les amis de Guillaume 1er, je les ai pas vus depuis  8 ans et un des couples avait marqué « Corinne » sur mon carton de placement alors bon… De toute façon, je suis pas partisane de l’invite back pour les mariages. Déjà qu’on n’a pas le choix pour la famille…


Mais du coup, comment définir la limite entre les amis indispensables à notre repas de mariage, ceux qu’on ne voit qu’au vin d’honneur et ce qu’on ne verra pas le jour J. C’est là que revient en jeu la question du où : si je me marie pas sur Paris, est-il envisageable de faire venir les gens juste pour le vin d’honneur et de leur filer éventuellement l’adresse d’un bon resto local pour le reste de la soirée ? Ça va leur faire cher l’apéro…


Alors oui, c’est mon mariage et telle une Bridezilla, je choisis qui je veux et point. Enfin, du moins de mon côté. Parce que y a Jon aussi et même si je l’aime suffisamment pour lui souffler un « oui » plein d’émotion devant une foule extatique, même l’homme le plus parfait peut avoir dans son entourage un ami relou. Genre son meilleur ami d’enfance devenu un boulet 3 tonnes qui sort vannes vaseuses sur plaisanteries pas drôles où surnage misogynie et racisme. C’est pour rire dit-il. Oui mais à force d’avoir le rire facile sur les femmes casse-couilles qui feraient mieux de rester à la maison, les Arabes voleurs (et/ou terroristes), les Noirs feignants… Ça finit par raisonner étrangement… Vous savez, ce pote qui ne déclenche chez vous que faux sourires polis qui crispent la mâchoire, vous forcent à rester très concentrée pour ne pas lever les yeux au ciel dès qu’il sort une de ses fameuses blagues, le seul mec au monde qui vous pousse à espérer avoir l’appendicite pour échapper à une soirée avec lui… Jon, lui, il se rend pas compte, il le voit avec les yeux de cet amour amical qui excuse tout. Bon ben lui, obligé, il vient. Et vous vous demandez si vous pourrez faire une table 100% mâle hétéro (oui, en général, ce type de personnage rigole grassement en ponctuant ses phrases d’un distingué « ohé chu pas un pédé! ». Ce qui vous donne envie de répondre du tac au tac « vaut mieux être pédé que con! » mais Jon n’apprécierait pas…) et blancs… Histoire d’éviter tout incident diplomatique.


Bref plus la liste s’allonge et plus les gens que vous avez réellement envie de voir sont noyés sous les invités « politiquement correct ». Et au fait, tous ces gens là, on les loge où ?

Attention ne pas flirter dans l’open space

Il y a quelques temps lointains, je chantais les louanges du crush de bureau, vous savez, ce petit palpitement provoqué par un(e) collègue bien à votre goût que l’on entretient de loin en loin pour avoir une bonne raison de se lever le matin pour aller au travail et toujours paraître au mieux. C’est mignon, c’est frais, ça donne le sourire. Sauf que je n’avais pas pris en compte un élément dans ma petite histoire : les pipelets.


Oui, pipelets parce que les mecs, ce ne sont pas les derniers à bavasser. Voire même les premiers. Avant, j’avais un pouvoir magique, celui de voir, et particulièrement les connivences entre deux êtres qui se cherchent et se trouveront peut-être dans le secret de l’intimité. Je sais pas, j’y serai pas. Mais en général, je partage assez peu mes observations sauf avec mes plus proches collègues car je suis pas une cancanière. Enfin, pas trop… Quand je veux lancer de fausses rumeurs, je dis les choses haut et fort et personne ne me croit. On en rit et on en oublie. Mais depuis qu’on a déménagé, on m’a mis dans un coin où mon pouvoir ne sert très peu puisque je n’ai dans mon angle de vue plus que 4 personnes, tous les autres sont dans mon dos. Heureusement que j’ai un pouvoir annexe : celui d’attirer les pipelets qui me racontent tout. Même quand le tout est le fruit de leur imagination.


Quoi qu’il en soit, la vie d’une entreprise tourne aussi autour des ragots échangés autour de la machine à café et là, attention, c’est parti pour le quart d’heure jugement où les personnes impliquées dans le flirt peuvent être vues comme des garces (“elle drague un mec marié alors qu’elle le sait”), des salauds (“il est en couple mais répond à ses avances”), des queutards (“il se tape n’importe qui dans la boîte, il paraît qu’il a déjà eu une liaison avec Jasmine de la compta/ Kevin du service marketing”…). Rare sont les idylles naissantes, réelles ou supposées, qui ne font pas l’objet de commentaires chuchotés à la cantine et étouffés sous quelques pouffements mal venus.


Parce que faudrait voir à pas oublier deux choses :
– ça ne nous regarde pas.
– nombre de couples se rencontrent au travail, près d’un couple sur deux (mais ça varie selon les statistiques) donc une idylle naissante entre deux dossiers n’a rien de surprenant.


Oui, certes, mais ça n’empêche pas la discrétion. Surtout si l’un des deux est déjà en couple de façon on ne peut plus officielle. Parce que si on a le droit de se conter fleurette dans l’open space (cadre teeeellement romantique), il ne faut pas oublier que ce petit jeu de séduction est une pénétration de la sphère privée dans la sphère professionnelle et ça n’a rien à faire là. Oui, on parle un peu de nos vies privées entre nous, je sais qui est en couple ou qui ne l’est pas, on a des anecdotes mais on en parle entre nous, à la cantine ou en pause. Dans l’open space, on drague pas, on bosse. On rigole aussi mais le problème d’une séduction repérée, c’est qu’elle trouble : sont-ils au top de leur concentration ? A-t-on vraiment envie de voir ça ? Et surtout, si l’une des personnes est en couple comme déjà évoqué, ne sommes-nous pas malgré nous complices d’un adultère possible ?


Quoi qu’il en soit, ça occupe, ça génère de la discussion. Au mieux ça amuse, au pire ça agace. Mais finalement, n’est-ce pas humain ? Tous ces gens passant leur journée ensemble enfermés entre 4 murs, ça finit bien par susciter des rapprochements. C’est le principe même de base de Secret Story et autres TV réalité. Et puis aussi incroyable que ça puisse paraître, les flirts de bureau peuvent se transformer en réelle love story. Genre je connais un couple qui s’est rencontré sur le lieu de travail et ça fait maintenant 35 ans. Même que ce sont mes parents et qu’ils ont bien fait de se foutre du “no zob in job”. Mais même si chacun fait ce qu’il lui plaît, n’oublions pas ce bel adage : pour vivre heureux, vivons cachés.

Le retour de la liste

Parce que j’ai eu deux semaines un peu folles et que la vie a joué les succubes avec moi en me pompant pas mal de mon énergie vitale donc j’ai pas le courage de faire un article de suite. Et puis en avançant sur le déménagement du blog, je me suis rendu compte que je les aimais bien, mes listes. Allez, c’est parti.

– Deux rendez-vous clients la semaine dernière, il était temps que je revienne aux affaires.

– Mercredi dernier, petite journée à Lyon. On avait une réunion là-bas à 10h30 donc on saute dans un train à 7h54, on revient à 18h. J’aime bien ce genre de journées même si ça crève un peu mais ça change du bureau. Puis la petite sieste dans le train du retour (on a dû changer les billets car on allait rater le train de 15h en somme) a fait du bien même si je suis arrivée un peu vaseuse. Tout comme mon manager qui m’a demandé, dépité : “toi aussi, tu t’es endormie ?”

– Sinon, à l’autre réunion, y avait du café et des chouquettes, ça fait toujours plaisir. Mais ce n’est pas le pied à toutes les réunions. A celle de mercredi, je crois qu’ils m’ont fait un café nespresso. Mais sans la capsule. C’était de l’eau au café et j’ai dû la boire. Beuuuuh…

– En ce moment, j’ai pas le modjo. Mais mes amants récurrents viennent de temps en temps toquer à ma porte ce qui a donné à peu près “oh, tu t’es cassée la jambe ? Tu peux pas te mettre à genou ? Oh ben je dois déjeuner… Salut!”. Bon, ok, j’ai extrêmement résumé la conversation et je devais filer au kiné. Mais l’enchaînement fut intéressant…

– Ils m’avaient manqué mes collèèèèèèègues. Franchement, les pauses déjeuner sont toujours un moment plaisant.

– Enfin sauf que la cantine est dégueu.

– Dans les films, s’embrasser devant le Sacré Coeur la nuit, c’est romantique (enfin, plutôt devant la vue de Paris la nuit). En vrai, ça pue la pisse, t’as des mecs qui viennent essayer de te vendre une bière toutes les 2mn30 et une nana qui s’accroupit devant toi, laissant voir son string rose et bleu marine en coton.



– Au passage, dans la série Nina les bonnes idées : filer rencard à Montmartre. En bas. Et monter tout en haut en prenant les escaliers avec un genou douteux.

– Sinon, j’ai trouvé mon moi masculin et ça me fait peur. Genre un mec qui s’est cassé le pied en dansant sur du Michael Jackson. Genre le mec qui adore tellement les lunettes qu’il m’a demandé de les garder pour faire du sexe… Oh mon Dieu, ce mec, c’est moi !



– Bon, j’ai reçu mon matos pour tricoter, lancement des hostilités imminentes.

– “Bon, tu restes dormir, hein”. Au début, j’ai dit “naaaaaaaan, j’ai pas mes affaires pour demain” puis à 1h du matin, alors que je n’étais plus que rhum, j’ai dit un truc genre “hihihihihihi !”. A 4h du matin, quand Anaïs s’est assise sur le lit que nous partagions, a allumé la lumière pour baragouiner des phrases sans queue ni tête avant de ré éteindre et de se rendormir, je me suis souvenue que dormir avec une semi somnambule, c’est pas trop cool.

– D’ailleurs quand dans un appart de 2 pièces avec un lit de deux places dans l’un, un lit une place dans l’autre et trois personnes à répartir dont une semi somnambule, une ronfleuse et une qui ne bouge, ne parle ou ne ronfle de la nuit, c’est cette dernière qui devrait dormir seule et peinarde. Et je dis pas ça parce que c’est moi, hein…

– Le monsieur qui a tenté de mettre ses doigts dans ma culotte quand je me suis cassée la jambe m’a nonchalamment proposé qu’on aille boire un verre. Comment dire…

– Faut que je me trouve un mec dans le XIXe pour pouvoir sortir avec mes copines de plongée et pas rester dormir (se coucher à 3h, se lever à 7h, ça pique un peu, surtout avec l’épisode du semi-somnambulisme). Et un du côté de Glacière aussi car y a une chorale qui a l’air cool. Je suis une célibataire urbaine : un mec dans chaque arrondissement (en théorie…).

– D’ailleurs, la meuf dans Secret Story qui est somnambule… On se fout pas un peu royalement de notre gueule ? Non parce qu’une vraie somnambule, on aurait grillé son secret dès la première nuit, non ?

La vie en communauté

Je suis une femme de tribu. Ma petite vie est rythmée par mes interactions avec elles : ma famille, mes amis « historiques », mes amis de la plongée, mes collègues, mes anciens collègues, mes amants… Sans parler des tribus virtuelles avec lesquelles j’echange quand je suis devant mon pc. J’ai parfois envie de dire que le taf de community manager était fait pour moi, tant je suis communautaire. Sauf que le communautaire, à un moment, ça suffit.

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Semaine dans le Var donc. Durant une semaine, j’ai partagé ma chambre  avec 5 autres personnes : 2 hommes et 2 femmes la première nuit puis 5 filles le reste de la semaine. Oui, tu lis bien, on a été 6 filles dans la même piaule pendant 5 jours et 5 nuits. Avec une seule salle de bain. Bon, j’avoue en toute immodestie que j’ai parfaitement géré cette partie là : au lieu de glander après la journée plongee, je filais en premier sous la douche. Ça coinçait ensuite avec la chieuse de service qui décidait toujours de prendre sa douche quand une
autre annonçait qu’elle allait le faire. Alors même qu’un soir, elle est restée 15 bonnes minutes dans la salle de bain pendant que je téléphonais sans se laver. J’aime cette sensation d’avoir été légèrement écoutée…

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Parce que si j’ai bien géré la partie douche, niveau intimité et retrouvailles avec soi même, c’est plus compliqué. Déjà plus question de trainer nue comme à la maison, il faut enfiler un t-shirt long pour dormir, on prend pas 2h pour s’étaler différentes crèmes de jour, on arrête de se mater dans la glace pour voir si on est canon ou boudin aujourd’hui (la demi-mesure m’ennuie). Mais surtout quand tu vis seule depuis 13 ans, malgré une cohabitation avec un petit copain pendant près de 2 ans, une coloc de la vacuité et autres nuits partagées avec hommes ou copines, ne pas avoir une minute vraiment seule, c’est pesant. Et je te parle pas des nuits où il faut composer avec celle qui ronfle, celle qui parle et celle qui dort au-dessus de moi qui bouge si violemment que je finis par me demander si elle ne le fait pas exprès.

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Parce que des fois, j’aime me retrouver seule avec moi-même. Pour chantonner, rêvasser, lire un article sans m’arrêter toutes les 30 secondes car on me parle, menbrosser les dents en comptant jusqu’à 180 sans perdre le fil car on m’a posé une question. Me brosser les dents sans avoir à parler, d’ailleurs, ne pas frôler l’occlusion intestinale car je n’aime pas qu’on m’entende m’abandonner à certains besoins vitaux… Le souci, c’est que tout le monde ne partage pas mon besoin de solitude. Exemple : le mardi matin, je m’eveille, toute la
chambrée est déjà prête. Chouette, me dis-je, je vais avoir un peu de temps pour moi toute seule. Sauf que là rôde votre pire ennemie : la fille qui ne supporte pas la moindre once de solitude et estime que vous laisser seule est une traitrise. T’as beau lui dire : »tu peux y aller, je te rejoins », non, non, telle une ombre, elle est là. Le pire fut quand même le jour où je suis sortie de table à la fin d’un repas sans rien dire, souhaitant profiter que mes camarades de chambre soient encore attablées pour aller me délester tranquillou de quelques grammes stoqués dans mon intestin. J’avais à peine fermé la porte de la chambre qu’elle débarquait… Mais tu vas me laisser chier tranquille oui ? Notons que son inquiétude vis à vis de moi ne concerne que ma solitude, c’est la seule à ne pas avoir pris de mes nouvelles suite à mon opération.

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Vous allez me dire qu’une semaine de cohabitation, c’est rien et c’est vrai. Sauf que suite à mon cassage de tibia, je vais vivre (au moins) un mois chez mes parents. Dans une chambre proche de la leur. Et y en a un qui ronfle très fort. Et ma mère soupire « Mon Dieu quelle horreur » quand je mate Buffy contre les vampires. Tiens, j’ai à nouveau 16 ans…

2010, ce sera mieux quand ce sera fini

Chaque année, à Noël, y a des traditions : le foie gras, le saumon, la bûche, le sapin et le bilan de l’année. A quatre jours de cette fin d’année, j’ai envie de dire : ouf, je vais pouvoir respirer ! Non parce que 2010, y a eu des trucs bien, je ne peux pas dire que ce fut une année pourrie. Non, ce fut une année montagne russe. Mais j’ai pas vomi.

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2010 commençait avec une belle ambition : changer de taf pour ne plus jamais prendre de lexomil. Mission réussie après 6 bons mois de recherche pas vraiment intenses. Je vous ai relaté ça dans journal d’une démissionnaire auquel il manque la conclusion et l’épilogue. Je vais le faire. 6 mois de course, d’entretiens cachés, de stress, de déceptions. Jusqu’à la délivrance. Puis le préavis qui ne s’est pas forcément très bien passé, jusqu’à ce jour où j’ai littéralement pété les plombs au bureau. Vous en connaissez beaucoup des démissionnaires qui terminent quotidiennement entre 20 et 22h, vous ? Et pourtant, ce n’était pas encore assez, manifestement. Grosso modo, si je résume cette première partie de l’année, ce fut stress, grande fatigue. Parfois, j’avais envie de m’asseoir par terre et juste pleurer pour me vider de toute cette lassitude, de tout ce stress, me laver de l’intérieur. Avec le recul, je vois ce que m’a apporté cette expérience dans le positif au niveau du travail et aussi au niveau humain, j’adore mes anciens collègues.  Mais reste une blessure, une vilaine cicatrice qui a considérablement compliqué mon intégration dans mon nouveau boulot car j’ai perdu confiance et sens de l’initiative. Jusqu’aux mots magiques de ma chef actuelle « arrête de toujours demander la permission, fais les choses ! Tu es capable de faire de très belles choses, c’est dommage. » Ah oui, tiens. Je sais que j’ai encore du travail sur ce point mais j’avance, j’avance.

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2010 a été une année très riche d’un point de vue sentimental aussi avec l’arrivée d’Amant Chouchou qui n’est plus du tout un amant mais un vrai amoureux. Je me souviens de notre premier échange de regards, en janvier, cette pensée immédiate « lui, je le veux ». Notre première nuit qui me fait penser que lui, il n’est pas comme les autres. Les premiers jours où j’ai un peu peur qu’une nouvelle fois, le Prince charmant m’échappe. Prince charmant qui a quelques particularités, dirons-nous mais sur le coup, je ne fais pas attention.  Ce n’est pas grave, profitons de l’alchimie de nos corps et quand j’en aurai marre, je partirai. Puis il y a eu cette matinée de juillet, une matinée d’orage, où j’ai avoué mes sentiments. L’aimer, lui, c’est un peu comme se jeter dans le vide, je ne sais pas encore si le parachute va bien s’ouvrir. Ou plutôt c’est se lancer à toute vitesse sur une piste de ski, foncer tout schuss à travers un mur de brouillard sans savoir si derrière on trouvera une falaise, un sapin ou une piste délicieuse. Qui vivra verra comme on dit. Pour l’heure, la vitesse est enivrante, excitante, totalement flippante et parfaitement jouissive. Alors je continue. Quoi qu’il arrive, j’ai réappris à lâcher la carapace, à faire confiance, en lui et en moi, à dire je t’aime sans avoir l’impression de déclencher un cataclysme.
Même si je le dis pas beaucoup non plus, pas besoin, ça se voit (enfin je pense).

 

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Et puis, gros point positif de l’année, quand même, ce sont mes relations amicales, aussi. Outre mes ami(e)s habituel(le)s qui ont eu fort à faire avec moi cette année, notamment à cause de mes déprimes professionnelles et quelques atermoiements sentimentaux (je vous aime, faut pas l’oublier quand je suis chiante !), j’ai fait de belles rencontres. A la plongée, j’ai gagné des amies précieuses avec qui on parle beaucoup, on se soutient, on se confie. On rigole beaucoup aussi. Le fameux club des 5 passé à 6, peut-être une 7e en approche. Et tout ces gens qui sont là pour moi ou me font confiance pour m’ouvrir leur cœur, ça m’émeut presque aux larmes.

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Parce qu’en 2010, j’ai aussi beaucoup pleuré. J’ai appris à lâcher prise sur mes larmes et du coup, je suis une vraie fontaine. Je pleure parce que je suis triste, je pleure de colère, je pleure d’émotion, je pleure de jouissance. Je pense qu’à notre cantine, je suis la pleureuse officielle tellement je pleure dans les bras de Vicky devant. Bon, ok, je l’ai fait que deux fois et demi mais en un mois, ça fait beaucoup. Bon, j’ai encore un peu de mal à accepter mon droit à pleurer mais je progresse, je progresse.

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Comme je disais 2010 fut très riche. Ce qu’on peut me souhaiter pour 2011 ? Du CALME.

PS : Je suis en train de déménager mon blog donc si vous voyez un blog complètement différent à  l’adresse www.vingtenaires.com, c’est juste que le transfert a été fait. Ce sera sans doute dans la semaine.

Je travaille dans un immeuble de cons

Avoir vécu 25 ans en province, ça laisse des traces, notamment au niveau de l’éducation. Par exemple, ma mère, dans son infinie sagesse, m’a appris à dire bonjour aux gens que je croisais. Tellement qu’à une époque, je disais bonjour à tout le monde dans la rue, ce qui est mignon mais peut-être un peu flippant.




Puis j’ai grandi et j’ai quitté le nid familial pour vivre dans différents immeubles où les voisins disaient toujours bonjour. Dans l’actuel, c’est déjà moins le cas et ça m’énerve. Typiquement, j’habite à côté d’un couple de vieux pas courtois du tout, on sent vraiment que de me dire bonjour quand on se croise, ça leur arrache la gueule. Leur fils n’est pas mieux, leur fille, que j’ai vue une fois, est plus sympa. Bon, à côté de ça, ils ne m’ennuient pas mais je trouve que dire bonjour est un minimum. Et y en a une foule comme ça dans mon
immeuble. Hier, par exemple, je pars, je sors de l’immeuble et pour rejoindre le trottoir, y a un espèce de petit chemin goudronné qui permet de se croiser mais c’est quand même pas un boulevard. Là, je croise un vieux, je commence à sourire pour dire bonjour et là, le mec tourne la tête genre « je t’ai pas vue ». Connard.



Dans l’immeuble du boulot, c’est pire. Pour info, je ne suis plus dans les locaux aux murs pourris, on a déménagé début mai (quand j’étais en Martinique), on est maintenant dans un immeuble sans moisissure avec ascenseur et marches d’escalier normales. Il n’y a que des bureaux dans cet immeuble et sa particularité, c’est que quasi personne mais alors personne ne vous dit bonjour. Et je ne trouve pas ça correct du tout. Le nombre de gens qui tournent la tête pour ne pas vous parler… Le seul endroit finalement où les gens sont obligés d’être cordiaux, c’est dans l’ascenseur mais je le prends très rarement.



Hier, j’ai pu observer le phénomène de près, un peu malgré moi. En fait, au bureau, il y a trois jeux de clés : Rémi en a un, Martin un deuxième et Guillaume (un dont j’ai pas encore parlé, je vous ferai un point collègues à l’occasion) le dernier. Je récupère régulièrement celui de Guillaume selon nos horaires. Hier midi, je sors déjeuner et reviens plus tôt que prévu : porte fermée. Bon, comme j’ai la flemme de chercher mes collègues dans le quartier, je prends mon sandwich, mon bouquin et je m’installe sur une marche des escaliers. Expérience sociologique en place. Je précise juste avant de poursuivre que hier, j’avais un sublime chemisier rose fuschia que quand tu éteins la lumière, tu le vois encore. Donc expérience, je disais, je suis posée dans les escaliers et totalement visible, que se passe-t-il ?



Et bien précisément l’inverse du théorème de l’amabilité de mon immeuble : chez moi, c’est plus t’es vieux, moins t’es aimable et là, c’est précisément l’inverse. D’ailleurs, c’est pas la première fois que je le constate. Un homme d’une soixantaine d’année me lance même un « bon appétit bon baguépi ! ». Mais les jeunes, rien. Ils passent devant moi l’air gêné, limite me marcheraient dessus pour faire genre qu’ils ne m’ont pas vue (rose fluo, rose fluo !) mais surtout, surtout, ne me disent pas bonjour. Ca me fait limite penser à cet air un peu gêné qu’on prend dans le métro quand quelqu’un fait la manche et qu’on n’a pas de pièce à lui donner.  Mais merde, n’est-ce pas totalement ridicule de faire semblant de ne pas me voir alors qu’on ne peut objectivement pas me rater tout ça pour ne pas dire bonjour ? Mais c’est quoi cette mentalité ? Bande de cons.


De toute façon, je reste dramatiquement provinciale et polie. Par exemple, hier soir, je faisais la queue au supermarché, j’étais fatiguée, je voulais rentrer chez moi, un mec se pose derrière moi avec deux articles dans la main (j’en avais une bonne dizaine). Après deux minutes de débats intérieurs à base de « oh et puis je suis pas censée l’avoir vu et personne ne me laisse jamais passer, moi, quand j’ai juste une bricole à acheter… D’un autre côté, justement, ça m’énerve que personne ne me laisse passer, je ne veux pas être une connasse comme les autres… ». Alors je me suis retournée et je lui ai proposé de passer.





Incorrigible, je vous dis.

Mon petit sitcom perso

Je vais vous révéler un secret : je suis une petite curieuse et Facebook est devenu mon dealer officiel de secrets à débusquer, de potins à ramasser… Facebook, c’est encore mieux que les Feux de l’amour, sauf que c’est avec des vrais gens.


Un matin, je me connecte à mon dealer et que vois-je ? Claire Verdier et Pascal Lemuel ont mis fin à leur relation. Bon, comme ce sont des gens que je ne connais pas personnellement (autant mon vrai facebook est très vip, autant celui de Nina, j’accepte toutes les demandes d’amis), j’avoue que je n’ai pas sorti un mouchoir pour écraser une larme. Mais là où la dramatisation se joue, c’est quand survient les commentaires. Les filles : « oh, c’est triste! », les garçons : « quoi encore ? » mais surtout, entre en action Pascal Lemuel : « ah, j’étais pas au courant. Quand on s’engueule, le premier réflexe, c’est d’aller sur facebook, vive les réseaux sociaux! ». Après quelques remarques narquoises de Pascal sur cette rupture, le lendemain, ils étaient à nouveau ensemble.

J’ai connu pire que Claire, une nana qui avait tout de la dramaqueen. Outre le fait qu’elle racontait absolument tout sur son statut (quoi que je trouve très dommage que personne ne me tienne informée de ses passages aux toilettes. Y a que moi qui y vais ou quoi ?), elle ne cessait de passer de célibataire à « en relation avec bidule » à la moindre contrariété. Le mieux, ce fut un jour où ça a donné en statut « mon mec est trop chou » puis « mon mec est un connard » à « Machine est listée comme
célibataire ». Puis à nouveau en couple une heure après. Et là, on a récemment eu droit à une nouvelle saison avec un autre mec. Un peu compliqué, je vous l’accorde.

Des fois, Facebook m’effraie un peu. Sur ma vraie fiche, je ne précise pas mon statut marital et si mon mec insistait vraiment pour que je mette « en relation avec », je ne mettrais cette information visible que pour ceux qui ont le droit d’être au courant, soit pas grand monde. Je ne pense pas que mes turpitudes amoureuses regardent mes collègues, par exemple, même si je les aime beaucoup pour certains. De la même façon, j’aime ceux qui ont un projet ultra secret dont il ne faut pas parler et qui écrivent tout ça sur leur statut. Par exemple, il y a quelques temps, Elle a fait une soirée blogueuse en shootant 7 d’entre elles jugées comme les grandes gagnantes de la blogosphère (lisez là pour les détails, je ne vais pas expliquer) et le shooting devait être secret. Une des 7 avait comme statut « part en shooting pour Elle », la même qui, quelque temps plus tôt, avait passé un entretien pour une radio et expliquant cela sur son blog disait qu’elle ne pouvait pas donner le nom de la radio. Et sur son statut Facebook : « en entretien chez Radio truc ». Cette personne a près de 600 amis, je crois.



Bref, tous les jours, j’ai de nouvelles histoires à me mettre sous la dent et certains en jouent. Un ami de la fac a mis comme photo de profil lui en train de tenir un bébé et quand il en a eu marre de recevoir des félicitations, il a précisé que le petiot n’était pas le sien, c’est marrant. Bref, même si je trouve que Facebook est quand même un truc génial
(je viens de retrouver ma corres italienne du lycée), je crois que parfois, la pudeur et la discrétion peuvent être un bon truc surtout quand notre vrai nom est associé à tout ça. Et larguer quelqu’un en modifiant son statut sur Facebook, franchement, c’est peut-être très web 2.0 mais en vrai, c’est surtout totalement ridicule.

De même, si quelqu’un ose un jour faire une déclaration d’amour en mettant un de ses contacts Facebook comme son petit ami, qu’il soit la risée de tous.


De chômeuse à travailleuse : le moment M

Lundi, je vous ai donc appris, l’air de rien, que j’avais du taff. Un vrai, un CDI, avec des horaires et un bureau et tout. A moi les joies du métro aux heures de pointes sur une ligne qu’est pas des plus joyeuses mais putain, ça me rend heureuse.

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Revenons au moment M, celui où mon téléphone a sonné. Je vois s’afficher un numéro bizarre à 4 chiffres donc à aucun moment, je ne pense que c’est la réponse à mon entretien. En fait, j’étais pas certaine, certaine d’avoir la réponse vendredi, peut-être que tous les gens n’avaient pas rendu leur rédactionnel ou autre. Donc je suis en terrasse avec Lola et je m’en fais peu. Ma sœur a beau me harceler parce qu’elle a oublié son portable, ça va.

 Donc 18h, le téléphone sonne, ce curieux numéro à 4 chiffres. Et là, l’incroyable, l’inattendu et l’inespéré arrive : « vous êtes prise Nina. Tu commences lundi ? ». Voilà, ça, c’est Claude, mon nouveau boss donc et maintenant, on se tutoie. J’ai eu un petit aperçu de mes collègues (mes collègues, ouééééééééé) en allant à l’entretien jeudi, je pense que je serai dans les plus vieilles et ça rigolait bien. Mais bon, je verrai quand je serai intégrée.

Donc il me reste un week-end avant de devenir une salariée. Sur le coup, je percute pas, même si je me mets à trembler comme une feuille puis tout à coup, tous les aspects positifs arrivent. Avoir un boulot, ça veut dire avoir des horaires, se lever à une heure décente (genre à une heure à un chiffre), vivre le même rythme que les autres, ne pas rougir quand on vous demande votre profession. Ne plus avoir à subir les « mais tu envoies des CV au moins ? », « il paraît que tel journal recrute, tu devrais postuler », « moi, je connais des gens qui ont trouvé du boulot facilement dans ta branche, c’est bizarre… », « au lieu de pleurer, bouge ton cul, feignasse ! ». Ou le mieux « et tu vis comment ? Ah ce sont tes parents qui t’entretiennent… Ouais, je vois ! ». Oui, il y a des jours, j’avais la sensation de devoir m’excuser d’être au chômage et de demander à mes parents de m’entretenir. Mais moi, je demandais que ça d’avoir du taff et enfin ! Faut dire que ces derniers mois, je n’ai vraiment pas ménagé ma peine et enfin, ça a payé !

 Après avoir réalisé, des tas d’idées me viennent en tête. La première : youpi, je vais déménager ! Bon, je vais attendre un chouia avant d’envoyer mon préavis mais ciao mon rez-de-chaussée, youhou ! Ah tiens, ça me fait penser qu’il va falloir que j’ouvre un nouveau compte en banque, le mien est toujours domicilié à Toulouse et c’est chiant. Ah oui, tiens, faut que je rapatrie tout ce qui était retiré sur le compte de mon père, genre le loyer, EDF-GDF… Et mes allocs alors, elles deviennent quoi ? J’ai rien déclaré en 2006 donc je devrais les avoir un an de plus, non ? Et les impôts comment ça marche ? Où je demande à être mensualisée ? Et pour la sécu et la mutuelle ? Hein ?

Et puis après, on pense aussi au boulot. C’est la première fois de ma vie que je suis embauchée en CDI. Mes boulots d’avant, c’était du court terme qui se mesurait en semaine ou en mois donc au pire, si je m’y plaisais pas, c’était pas grave. Là, ça va se mesurer en année. Le premier contact fut bon et je me fais pas trop de soucis pour être honnête mais c’est étrange de se dire que durant les prochaines années, ce sera ma vie, mon quotidien. Je me lèverai tous les jours ouvrables à 7h30 puis j’irai travailler et je rentrerai le soir, je pourrai même dire « pfiou,
je suis claquée ! ». Une vie rythmée. Ca peut paraître trop métro-boulot-dodo mais moi, ça fait quasi un an que j’avais pas bossé dans un bureau et ça m’enchante.

Le nuage noir du chômage est parti de mon ciel. Vendredi, je réalisais pas puis tout à coup, je me suis sentie épuisée. Toute cette tension accumulée ces derniers mois s’est envolée et j’avais juste envie de dormir. Le soir, après quelques coups de fils et récits MSNiens, tous mes amis sont ravis pour moi, je me demande si j’ai pas un peu trop foutu la pression sur
tout le monde avec mes gros coups de déprime et tout ça. Je sens que Nina la chômeuse va pas leur manquer à eux !

Moi maintenant, je vais avoir une vie plus jolie avec des horaires, des congés planifiés à l’avance (plus facile pour planifier les retours au pays), je pourrai m’inscrire à des activités artistiques et déménager aussi. Enfin, maintenant, je peux vivre, quoi ! Vendredi, je me suis endormie avec le sourire. Samedi, je me suis réveillée avec le sourire (sans rapport avec
le rêve érotique orgasmique que je venais d’avoir). Ca faisait longtemps que ma nuit n’avait pas été perturbée par des pensées noires. Et franchement, ça fait du bien.