Je travaille dans un immeuble de cons

Avoir vécu 25 ans en province, ça laisse des traces, notamment au niveau de l’éducation. Par exemple, ma mère, dans son infinie sagesse, m’a appris à dire bonjour aux gens que je croisais. Tellement qu’à une époque, je disais bonjour à tout le monde dans la rue, ce qui est mignon mais peut-être un peu flippant.




Puis j’ai grandi et j’ai quitté le nid familial pour vivre dans différents immeubles où les voisins disaient toujours bonjour. Dans l’actuel, c’est déjà moins le cas et ça m’énerve. Typiquement, j’habite à côté d’un couple de vieux pas courtois du tout, on sent vraiment que de me dire bonjour quand on se croise, ça leur arrache la gueule. Leur fils n’est pas mieux, leur fille, que j’ai vue une fois, est plus sympa. Bon, à côté de ça, ils ne m’ennuient pas mais je trouve que dire bonjour est un minimum. Et y en a une foule comme ça dans mon
immeuble. Hier, par exemple, je pars, je sors de l’immeuble et pour rejoindre le trottoir, y a un espèce de petit chemin goudronné qui permet de se croiser mais c’est quand même pas un boulevard. Là, je croise un vieux, je commence à sourire pour dire bonjour et là, le mec tourne la tête genre « je t’ai pas vue ». Connard.



Dans l’immeuble du boulot, c’est pire. Pour info, je ne suis plus dans les locaux aux murs pourris, on a déménagé début mai (quand j’étais en Martinique), on est maintenant dans un immeuble sans moisissure avec ascenseur et marches d’escalier normales. Il n’y a que des bureaux dans cet immeuble et sa particularité, c’est que quasi personne mais alors personne ne vous dit bonjour. Et je ne trouve pas ça correct du tout. Le nombre de gens qui tournent la tête pour ne pas vous parler… Le seul endroit finalement où les gens sont obligés d’être cordiaux, c’est dans l’ascenseur mais je le prends très rarement.



Hier, j’ai pu observer le phénomène de près, un peu malgré moi. En fait, au bureau, il y a trois jeux de clés : Rémi en a un, Martin un deuxième et Guillaume (un dont j’ai pas encore parlé, je vous ferai un point collègues à l’occasion) le dernier. Je récupère régulièrement celui de Guillaume selon nos horaires. Hier midi, je sors déjeuner et reviens plus tôt que prévu : porte fermée. Bon, comme j’ai la flemme de chercher mes collègues dans le quartier, je prends mon sandwich, mon bouquin et je m’installe sur une marche des escaliers. Expérience sociologique en place. Je précise juste avant de poursuivre que hier, j’avais un sublime chemisier rose fuschia que quand tu éteins la lumière, tu le vois encore. Donc expérience, je disais, je suis posée dans les escaliers et totalement visible, que se passe-t-il ?



Et bien précisément l’inverse du théorème de l’amabilité de mon immeuble : chez moi, c’est plus t’es vieux, moins t’es aimable et là, c’est précisément l’inverse. D’ailleurs, c’est pas la première fois que je le constate. Un homme d’une soixantaine d’année me lance même un « bon appétit bon baguépi ! ». Mais les jeunes, rien. Ils passent devant moi l’air gêné, limite me marcheraient dessus pour faire genre qu’ils ne m’ont pas vue (rose fluo, rose fluo !) mais surtout, surtout, ne me disent pas bonjour. Ca me fait limite penser à cet air un peu gêné qu’on prend dans le métro quand quelqu’un fait la manche et qu’on n’a pas de pièce à lui donner.  Mais merde, n’est-ce pas totalement ridicule de faire semblant de ne pas me voir alors qu’on ne peut objectivement pas me rater tout ça pour ne pas dire bonjour ? Mais c’est quoi cette mentalité ? Bande de cons.


De toute façon, je reste dramatiquement provinciale et polie. Par exemple, hier soir, je faisais la queue au supermarché, j’étais fatiguée, je voulais rentrer chez moi, un mec se pose derrière moi avec deux articles dans la main (j’en avais une bonne dizaine). Après deux minutes de débats intérieurs à base de « oh et puis je suis pas censée l’avoir vu et personne ne me laisse jamais passer, moi, quand j’ai juste une bricole à acheter… D’un autre côté, justement, ça m’énerve que personne ne me laisse passer, je ne veux pas être une connasse comme les autres… ». Alors je me suis retournée et je lui ai proposé de passer.





Incorrigible, je vous dis.

But, ils ont changé… en pire

Je me présente, Nina, 28 ans, j’ai un pouvoir que personne ne m’envie. Dès que j’ai affaire à une enseigne, que ce soit la sncf, la ratp, free ou but, le pire arrive toujours. J’ai fini par dire que je suis parano, je me dis parfois qu’il faut un peu que je fasse confiance aux élements mais à chaque fois, la vie me prouve que j’avais raison de sentir que ça
allait merder. Au passage, les 8% qui avaient répondu que la merde allait concerner le lit ont gagné.

Tout avait pourtant bien commencé. Le 01 novembre, Vicky m’emmène gentiment au But de Nanterre pour que j’aille acheter le cadeau d’anniversaire de mes parents pour mes 28 ans : un sommier et un matelas. On teste différents matelas, je les trouve globalement trop mou, j’aime les lits durs. Enfin, je trouve mon bonheur, un Bultex délicieusement ferme mais pas trop quand même, mes lombaires chantent déjà d’aise. Le vendeur étant occupé, on s’étale sur le matelas et on papote. Ce lit, mon vieux, il est terrible.



Une vendeuse passe et nous demande amusée si elle peut nous aider. Alors, de bonne humeur, je réponds : « oui, nous serions intéressées par ce lit, on aimerait donc l’acheter ». Oui, le « on » et le « nous » sont totalement volontaires. La fille m’explique que le lit n’est plus disponible mais qu’il ne devrait pas tarder à revenir. J’hésite une nano seconde mais suite aux conseils de Lucie, j’avais choisi But car leur livraison n’est pas chère. On remplit le formulaire « mademoiselle, je suppose ? » dit-elle en me faisant un clin d’œil. Ahah, on rigole. Elle met le 02 décembre en date de livraison mais me rassure, je l’aurai certainement avant. Je vais à la caisse, fai fièrement un chèque de 612 euros et jubile à l’idée de ce futur lit.


Et je le savais que ça allait merder. Mercredi 10 décembre, n’ayant toujours aucune nouvelle de But, je finis par appeler. « Bonjour, voilà, j’ai acheté un lit et j’attends de le recevoir, je m’inquiète un peu… » Sans un mot, la standardiste me passe le service literie. Notons que là, on est au top de l’amabilité, ça va être pire après. Le monsieur de la literie me répond que oui, mon lit est là en stock mais qu’on m’a pas appelé parce que y a des soucis informatiques. Les soucis informatiques chez But, c’est un peu comme un incident matériel à la SNCF, c’est un peu le terme générique qui signifie « ça a merdé sans qu’on sache bien pourquoi alors on met tout sur le dos de l’informatique ». Il me dit de rappeler l’accueil pour prendre un rendez-vous, je m’exécute.

« Oui alors on n’a pas de rendez-vous avant mardi.

– Ah, ok… Et vous pouvez livrer à partir de quelle heure ?

– 8h ?

– Et les plages de livraison, c’est quoi ?

– 8h-19h.

– Pardon ? Vous plaisantez ? Je vais pas prendre un RTT pour ça…

– J’ai rien d’autre à vous proposer. »

Bon, je raccroche en lui disant que je vais voir, ma sœur me propose de demander à Anthony d’attendre chez moi mais j’en ai marre de demander des trucs à Anthony, Alice, Vicky… Pour ne citer que les trois que j’ai le plus emmerdé avec ce déménagement.

Vendredi, je me lève de très mauvaise humeur. Disons que depuis la mort de ma mamie, je dors très mal et je suis très tendue donc ça arrive régulièrement que je me lève très énervée avec une envie de taper sur quelqu’un. Vendredi, je suis donc très énervée et décidée à faire livrer mon lit quand je veux. Parce que le problème, c’est que je pars vendredi 19 décembre en province pour une semaine de congés donc si je dois attendre un samedi pour me faire livrer, on tombe le 03 janvier. Donc j’appelle. J’explique à la standardiste que dans la mesure où ils n’ont pas été foutus de m’appeler pour m’informer que mon lit était arrivé, à eux de se démerder pour me le livrer quand je veux. Paniquée, elle me passe un responsable et là, c’est du grandiose. Je lui explique mon souci, exigeant d’être livrée un matin entre 8 et 10h car après, je pars en congés.

« Mais vous n’aurez qu’à vous faire livrer votre lit après vos congés. Ohlala, y a plus grave dans la vie ! ».

Quoi ? J’ai bien entendu ? Non mais il se permet en plus de me balancer ça sur un ton méprisant ? J’explose : « Non mais ça va pas de parler comme ça à vos clients ? Ca fait un mois et demi que j’ai acheté ce putain de lit, j’ai payé quasiment le prix d’un loyer et vous n’êtes même pas foutus de m’appeler pour me prévenir qu’il est arrivé !

– Mais bien sûr que si, on vous aurait appelée…

– Ben la preuve que non ! »

Bref, à force de gueuler, il me promet de mettre mon nom en premier sur la liste des livraisons le mercredi matin. Je sais pas pourquoi mais je sens que ça va encore merder, sans doute parce que le responsable s’est limite foutu de ma gueule tout du long de la conversation.


Mardi, hier donc, coup de fil à 15h : « bonjour, c’est le monsieur de la livraison, je serai chez vous entre 11 et 14h ». Mais PUTAIN. En majuscule. J’explique une nouvelle fois mon cas au livreur et celui-ci me propose de m’appeler une heure avant pour que j’aie le temps de retourner chez moi du boulot. Simon, me sentant proche de la crise de nerfs, me propose de rester travailler à la maison jusqu’à livraison puisqu’avec les grèves de la SNCF (oui, je les cumule), je vais perdre un temps fou.

18h15, téléphone. « Oui, bonjour, c’est le monsieur de chez But (pas le même, le premier avait un accent pied noir, celui-ci était plus asiatique), y a un souci avec votre commande : votre sommier a des lattes cassées. Alors je vous livre le matelas maintenant et le sommier plus tard ou tout en même temps ». Je déteste déjà ce lit.


Donc on résume : mon lit que j’attends désespérément depuis un mois et demi est dans la réserve depuis on ne sait quand, j’ai fait le scandale de l’année vendredi pour pouvoir être livrée en premier, engagement qu’avait pris le responsable et qui n’a pas été tenu et pendant tout ce temps, personne n’a pu voir que le sommier était pété ? Bon,

je sens que je vais rédiger une lettre d’une amabilité fantastique à la RH de But et je vais même réclamer un geste commercial mais big le geste commercial. Non parce que j’ai besoin d’un meuble de salle de bain et d’un meuble d’entrée. Mais après, je vous jure que je ne mettrai plus jamais les pieds dans cette enseigne de ma vie. Déjà, y a une demi douzaine d’années, j’avais acheté chez eux une commode. En la montant, j’ai découvert qu’il manquait tous les côtés des tiroirs. ON m’avait dit que But avait changé, c’est vrai… C’est encore pire.

Veste en jean et gilet

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 02 mai

Les jours se suivent et se ressemblent. Je fais des books et je m’ennuie. Je supporte le rire d’ado de Clarissa et ses accès de minauderies lorsqu’elle est en présence de testostérone (non gay). Enfin, aujourd’hui mon stage a pris une tournure intéressante. On est en train de faire les retours de fringues auprès des marques car on va passer à la collection d’hiver. Du coup tout le monde en profite pour récupérer ce qu’il lorgne depuis des semaines. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à Big Boss s’il était OK pour que je prenne une ou deux choses, et il a dit oui ! Me voilà donc avec un gilet et une veste en jean. Ca fait bien plaisir. J’aurais au moins eu une fois un avantage dans ce stage. A part cela on a passé la journée à défaire les cartons qu’on avait fait la veille pour retrouver une paire de chaussure : les boules !

Le 03 mai

Aujourd’hui je suis dans les cartons jusqu’au cou. Les mettre dans les ascenseurs n’était pas de tout repos croyez-moi. Je commence à m’inquiéter de ma paie car ils ne m’ont encore rien donné. Normalement je devais toucher 300€ par mois mais là que dale. Il faut que je tire ça au clair. En plus, les rapias commencent à me déteindre dessus car je suis dégoûtée de rater des choses éventuellement intéressantes qui partent en retour lundi.

Mais l’essentiel du jour c’était le défilé de blondes au showroom, qui venaient chercher des fringues. Franchement c’est pas un métier pour moi car je suis bien
incapable de faire de la lèche aux journalistes. Et sur ce point une des filles est d’accord avec moi : Bettina. Au début je ne l’aimais pas du tout cette fille et en fait je me suis bien trompée sur elle. Certes, elle est un peu étrange mais c’est sans doute une des personnes la plus franche que j’ai rencontrée pour l’instant dans ce stage.

Ah oui il y a un deuxième essentiel du jour. La cellulite de Clarissa. Elle s’est ramenée avec un short en éponge super court façon sixties et l’a essayé devant
nous. Et bien le palper rouler faudrait peut être s’y mettre ma fille hein. C’est pas joli tout ça. Cette fille est fière d’être mince mais ça sert à quoi d’être fine si on est pleine de cellulite et qu’on a une peau pourrie ? Elle ferait mieux de prendre son short et d’aller faire du sport.

Le 07 mai

Il se passe un truc bizarre : Clarissa est aimable aujourd’hui. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe. Elle s’est peut-être trouvé un mec. En plus, j’ai eu une bonne fin de journée. On a fini avec Big Boss, son mec, Big Mother et Clarissa. On discutait tranquillement et pour la première fois depuis un mois je me suis sentie presque intégrée. Le seul problème c’est que ça ne dure jamais longtemps.

Le 09 mai

Aujourd’hui pas de stage car on avait le pont mais il faut quand même que je vous raconte la journée horrible que j’ai passée. Mon portable sonne a 8h45 ! Le
con, je ne lui ai rien demandé moi. Remarque j’étais en train de me battre contre une armée d’abeilles tueuses (téléfilm de la six la veille : note pour plus tard arrêter de regarder les téléfilms de la six). J’avais décidé d’aller chez un coiffeur pour me faire faire un soin et un massage, mais comme je ne suis pas hyper riche j’ai choisi un coiffeur pas trop cher. Grossière erreur de ma part. Me voilà dans un des salons les plus lugubres que j’ai jamais vu de ma vie. Il n’a pas été construit dans les années 70 mais pourtant on pourrait le croire vu la déco et la saleté ambiante. Les bac à shampoing ressemblent à des éviers de campings sans étoiles avec des cheveux de la fille d’avant à l’intérieur. Mais le pire c’était la coiffeuse qui ressemblait à une
ex militaire et qui en avait la douceur. Ce qui devait être un moment de détente et plaisir c’est transformé en cauchemar.

Le 13 mai

Journée épuisante : retours, rentrée des nouvelles collections qu’il faut exposer. Je commence a avoir l’impression de faire ma place dans cette univers et chose encore plus dingue : je crois que Clarissa commence à m’accepter. Elle n’est plus désagréable avec moi et a enfin appris mon prénom. Récemment j’ai eu un compliment de la part de Big Boss, ça m’a laissé sans voix. En fait j’ai rangé une nouvelle marque dans le showroom et j’ai demandé à Big Boss ce qu’il pensait de mon aménagement, car il faut être sûr que ce soit harmonieux sinon ça ne va pas. Et il m’a dit que c’était très bien. Après-demain c’est la journée de présentation de la nouvelle collection.

Le 15 mai

La crise. A 10h du matin on recevait encore des cartons de vêtements de la nouvelle collection. C’était un peu la panique car les journalistes n’allaient pas tarder à faire leur entrée. Le monde commence à arriver. Au début je suis restée un peu en retrait car je ne savais pas trop quoi faire. Puis au bout d’un moment, j’ai fini par m’occuper des journalistes. Mon boulot consiste à leur présenter les collections et les nouvelles tendances de l’hiver et elles, elles prennent des notes sur ce que tu dis, et réserve des vêtements pour les prochains shootings photos. Et puis surtout, je crois qu’elles viennent pour manger à l’œil et se raconter les derniers potins avec leurs copines journalistes. Et puis bien sûr, pour le cadeau. Car toute journée de présentation de collection qui se respecte comporte un cadeau. Au final on a pas eu tant de monde que ça et surtout c’était pas des magazines important. Maintenant il va falloir s’occuper de préparer les shoppings (c’est-à-dire ce que les journalistes ont réservé dans chaque collection).