Liste de la fille qui va voir les gondoles à Venise

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! Pardon, je suis un peu hystérique.

– Des fois tu vas en soirée et y a une fille tellement bourrée qu’elle vomit sur un violon. Bon, ok, sur la housse du dit violon mais j’ai un peu envie d’en faire une expression du genre “t’es saoule à en vomir sur un violon”, le truc qui ne veut rien dire et qui ne fera rire que moi. Mais j’aime m’auto private joker.

– Moment surréaliste : lundi dernier, retour de la chorale en voiture avec ma soeur. Comme on n’était pas super satisfaites du cours, nous avons décidé de chanter toutes les deux dans la voiture. C’est pratique en plus, on n’est pas dans le même groupe (elle est soprano, je suis mezzo) donc on le fait à deux voix. A un moment, on s’arrête à un feu, on est à fond les ballons quand on voit que le scootman à côté de nous est mort de rire. Et qu’en fait, le scootman, c’est Stéphane Plaza. Et qu’il y a vraiment beaucoup trop de feux rouges sur cette avenue et qu’on n’ose plus le regarder… Mais comment voulez-vous que je fasse pas des rêves hyper surréalistes quand tu fais marrer en vrai Stéphane Plaza en chantant en voiture avec ta soeur, hein ? Hein ?

– Plus il fait froid, plus je sacrifie mon sex-appeal sur l’autel du gilet qui me recouvre de la tête aux pieds, des grosses chaussettes, des pantoufles uggs. Pantoufles que j’aime porter avec un mini short en jean et t-shirt lose, je me sens totalement Kate Moss (dans le look et je ne mets cette tenue que pour faire le ménage). Je pense qu’il va être temps de décréter une période d’abstinence choisie. Même si la piscine m’impose de quand même m’épiler…


– La motivation est une donnée relative. Mardi dernier, je prends mes affaires de plongée mais fait froid, je suis pas trop motivée. Anaïs tire la première : je viens pas ce soir, trop fatiguée. Suivie d’Anna qui est enrhumée. Isa rousse et moi, on sent que ça va être compliqué… Et voilà comment on s’est retrouvées dans un bar où personne ne parlait français à rigoler en buvant des cocktails trop bons. Mais j’ai acheté une combi depuis pour aller à la piscine sans mourir de froid.

– Cette semaine, je suis pas sortie du tout. Pas chorale lundi pour cause de vacances scolaires, pas de piscine mardi pour cause de chauffage en panne. Mercredi, rien. Jeudi, on devait se faire un afterwork avec la même fine équipe que le paragraphe précédent. 15h40, personne n’en a parlé. Je suppose donc que personne n’avait envie de sortir. Du coup, j’ai bien récupéré, ça fait du bien !

– Le truc le plus cool du monde en hiver, c’est que tu peux siroter des grogs. Avec un sans alcool, du moment que c’est chaud et que ça coule dans mon corps. Mmmm… Cette phrase me paraît légèrement tendancieuse.

– Y a des jours où ta boîte mail te réserve des petites surprises. Mercredi, j’arrive, je fais mon tri matinal de mails. La RH nous invite à nous déguiser vendredi pour Halloween, hihihi (mais attention si on a des rendez-vous client quand même). Heu… Pour de vrai ? Bah résultat, dans mon pôle, personne ne s’est déguisé et on a zappé le goûter qui se tenait dans le bureau de l’un des DG mais mon manager nous a gentiment ramené quelques trucs. Autre mail le même matin : “Oui alors pardon pour le spam mais celui qui a pris mon combiné de téléphone pour me filer le sien tout pourri et tout emmêlé, c’est nul, rends moi mon combiné!”. Ca vaut pas celui sur la propreté des chiottes (mérité) mais belle moisson.

– Au bureau, j’ai lancé un jeu : quel pc claquera en premier ? En lice : celui de Lise, la consultante avec qui je bosse sur tous mes dossiers, celui d’Adrien qui s’éteint des fois tout seule. Mais voilà qu’un outsider nous a tous grillé ! Jeudi, Arthur tourne son pc vers moi et me demande de regarder. Oui, c’est très joli l’image que tu me montres mais je vois pas trop où tu veux en venir… Ah tu me montres le fait que soudain, des centaines de fichiers excel, ppt, jpeg avec du chinois partout s’est ouvert sur ton pc ? Ouais, ok, tu gagnes mec. Depuis, il bosse sur le poste de Maureen (stagiaire partie), le pc qui s’éteint si tu le fais bouger. Arthur vainqueur par double KO.

– Bon, voilà, j’ai fini ma rééducation… Maintenant, va falloir que je retourne au sport sérieusement, je me laisse un peu vivre ces derniers temps…

Bref, après un petit coup de mou, ça va mieux. Et surtout : hiiiiiiiiiiiiiii Venise !!!

Veste en jean et gilet

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 02 mai

Les jours se suivent et se ressemblent. Je fais des books et je m’ennuie. Je supporte le rire d’ado de Clarissa et ses accès de minauderies lorsqu’elle est en présence de testostérone (non gay). Enfin, aujourd’hui mon stage a pris une tournure intéressante. On est en train de faire les retours de fringues auprès des marques car on va passer à la collection d’hiver. Du coup tout le monde en profite pour récupérer ce qu’il lorgne depuis des semaines. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à Big Boss s’il était OK pour que je prenne une ou deux choses, et il a dit oui ! Me voilà donc avec un gilet et une veste en jean. Ca fait bien plaisir. J’aurais au moins eu une fois un avantage dans ce stage. A part cela on a passé la journée à défaire les cartons qu’on avait fait la veille pour retrouver une paire de chaussure : les boules !

Le 03 mai

Aujourd’hui je suis dans les cartons jusqu’au cou. Les mettre dans les ascenseurs n’était pas de tout repos croyez-moi. Je commence à m’inquiéter de ma paie car ils ne m’ont encore rien donné. Normalement je devais toucher 300€ par mois mais là que dale. Il faut que je tire ça au clair. En plus, les rapias commencent à me déteindre dessus car je suis dégoûtée de rater des choses éventuellement intéressantes qui partent en retour lundi.

Mais l’essentiel du jour c’était le défilé de blondes au showroom, qui venaient chercher des fringues. Franchement c’est pas un métier pour moi car je suis bien
incapable de faire de la lèche aux journalistes. Et sur ce point une des filles est d’accord avec moi : Bettina. Au début je ne l’aimais pas du tout cette fille et en fait je me suis bien trompée sur elle. Certes, elle est un peu étrange mais c’est sans doute une des personnes la plus franche que j’ai rencontrée pour l’instant dans ce stage.

Ah oui il y a un deuxième essentiel du jour. La cellulite de Clarissa. Elle s’est ramenée avec un short en éponge super court façon sixties et l’a essayé devant
nous. Et bien le palper rouler faudrait peut être s’y mettre ma fille hein. C’est pas joli tout ça. Cette fille est fière d’être mince mais ça sert à quoi d’être fine si on est pleine de cellulite et qu’on a une peau pourrie ? Elle ferait mieux de prendre son short et d’aller faire du sport.

Le 07 mai

Il se passe un truc bizarre : Clarissa est aimable aujourd’hui. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe. Elle s’est peut-être trouvé un mec. En plus, j’ai eu une bonne fin de journée. On a fini avec Big Boss, son mec, Big Mother et Clarissa. On discutait tranquillement et pour la première fois depuis un mois je me suis sentie presque intégrée. Le seul problème c’est que ça ne dure jamais longtemps.

Le 09 mai

Aujourd’hui pas de stage car on avait le pont mais il faut quand même que je vous raconte la journée horrible que j’ai passée. Mon portable sonne a 8h45 ! Le
con, je ne lui ai rien demandé moi. Remarque j’étais en train de me battre contre une armée d’abeilles tueuses (téléfilm de la six la veille : note pour plus tard arrêter de regarder les téléfilms de la six). J’avais décidé d’aller chez un coiffeur pour me faire faire un soin et un massage, mais comme je ne suis pas hyper riche j’ai choisi un coiffeur pas trop cher. Grossière erreur de ma part. Me voilà dans un des salons les plus lugubres que j’ai jamais vu de ma vie. Il n’a pas été construit dans les années 70 mais pourtant on pourrait le croire vu la déco et la saleté ambiante. Les bac à shampoing ressemblent à des éviers de campings sans étoiles avec des cheveux de la fille d’avant à l’intérieur. Mais le pire c’était la coiffeuse qui ressemblait à une
ex militaire et qui en avait la douceur. Ce qui devait être un moment de détente et plaisir c’est transformé en cauchemar.

Le 13 mai

Journée épuisante : retours, rentrée des nouvelles collections qu’il faut exposer. Je commence a avoir l’impression de faire ma place dans cette univers et chose encore plus dingue : je crois que Clarissa commence à m’accepter. Elle n’est plus désagréable avec moi et a enfin appris mon prénom. Récemment j’ai eu un compliment de la part de Big Boss, ça m’a laissé sans voix. En fait j’ai rangé une nouvelle marque dans le showroom et j’ai demandé à Big Boss ce qu’il pensait de mon aménagement, car il faut être sûr que ce soit harmonieux sinon ça ne va pas. Et il m’a dit que c’était très bien. Après-demain c’est la journée de présentation de la nouvelle collection.

Le 15 mai

La crise. A 10h du matin on recevait encore des cartons de vêtements de la nouvelle collection. C’était un peu la panique car les journalistes n’allaient pas tarder à faire leur entrée. Le monde commence à arriver. Au début je suis restée un peu en retrait car je ne savais pas trop quoi faire. Puis au bout d’un moment, j’ai fini par m’occuper des journalistes. Mon boulot consiste à leur présenter les collections et les nouvelles tendances de l’hiver et elles, elles prennent des notes sur ce que tu dis, et réserve des vêtements pour les prochains shootings photos. Et puis surtout, je crois qu’elles viennent pour manger à l’œil et se raconter les derniers potins avec leurs copines journalistes. Et puis bien sûr, pour le cadeau. Car toute journée de présentation de collection qui se respecte comporte un cadeau. Au final on a pas eu tant de monde que ça et surtout c’était pas des magazines important. Maintenant il va falloir s’occuper de préparer les shoppings (c’est-à-dire ce que les journalistes ont réservé dans chaque collection).

J’’me les gèle

Voilà, là, je suis pas inspirée pour écrire un truc intelligent donc on va faire un article idiot qui fait du bien au cerveau. Toi, lecteur, tu viens d’allumer ton ordi et de vérifier tes mails, t’as la tête dans le pâté, je le sais alors pas de considérations ésotériques à la con aujourd’hui. Non, aujourd’hui, on va faire de la météo.

 

Je sais pas chez toi mais ici, à Paris, il pèle et pas qu’un peu. Enfin, rien que de très normal pour un 23 janvier, ok… Sauf que trois jours avant, il faisait 10 degrés de plus au moins ! Donc, forcément, mon petit corps, il comprend pas ce qu’il lui arrive… Non parce qu’il était habitué à se balader que normalement couvert, avec un t-shirt, un pull et un manteau même pas fermé. Là, de suite, il faut rajouter les couches parce que bon, c’est pas que je peux pas me payer le luxe d’être malade mais ça me ferait profondément ch***. Mon petit nez est bien trop joli pour être écorché à coup de kleenex. Donc le manteau, je le ferme, je rajoute une écharpe, des gants (en cuir d’Italie, cadeau de Noël) et un chapeau parce que mes oreilles étant une zone érogène cruciale de ma personne et que je ne veux pas qu’elles perdent de leur sensibilité. En somme, opération : pas de peau exposée.

Chez moi, j’ai remonté le chauffage et tout mais je me pèle quand même un peu. Alors là aussi, les grands moyens s’imposent. Couette supplémentaire, gilet avec ma grosse chemise de nuit (là, je sens que mon potentiel de séduction atteint des sommets). Bon, je vous rassure, je mets pas encore les chaussettes. En plus de ça, je bois plein de boissons chaudes genre thé, café, tisane et eau chaude au citron (tout ça sans sucre parce que je vous dis pas, sinon). Sans parler des soupes, of course. Et puis y a la douche bien chaude juste avant d’aller au dodo. Puis même des bains, des fois, soyons folles.

Bon, en dehors de ces considérations passionnantes, j’ai l’impression que tout le monde en a pris un coup au moral. Moi, d’abord. Pourtant, tout va plutôt bien en ce moment mais bon, j’ai froid, ça me fatigue, j’ai surtout envie de m’enrouler dans les draps, c’est pas glop glop ! Mardi, je voulais faire du podcast vidéo en ville, je déjeune en ville avec ma copine Sab (qui m’a fait attendre en plein froid, la cruelle, j’ai cru que je me transformais en pingouin) et je décide d’aller faire un tour sur le parvis de Notre Dame pour trouver deux ou trois personnes à interviewer. Mais en fait, vu le froid, je me suis rapatriée direct aux Halles. Ce froid soudain semble avoir figé Paris sur place. Demandez aux gens comment ils vont, vous aurez droit à un « bouaf ! » ou un truc du genre. Le froid, on aime pas ça et c’est tout. Si encore il neigeait, ça compenserait mais même pas !

 

Je me souviens de ce mois de février (ou de mars, je sais plus) 2005 où je foutais les pieds dans la capitale pour un entretien de motivation pour mon stage. Il neigeait, tout le temps et Paris sous la neige, ça a vraiment une autre gueule, c’est magique. Bon, j’avais prévu de déambuler joyeusement dans les rues mais vu que je sentais déjà plus mes orteils, j’ai décidé d’aller déambuler aux Galeries Lafayette. Histoire de bien me prendre dans la gueule que Paris, c’est plus cher que la province. Alors j’ai craqué sur deux robes, ce jour là, genre « ouah, trop jolie », ma main, fébrile, saisissait avec une certaine anxiété l’étiquette et… la relâchait, effrayée, tel un enfant qui aurait pris un serpent pour un bâton. 324 euros la robe bout de tissu. Et ta sœur, elle bat le beurre ?? Oui, moi, l’hiver, je l’aime que pour la neige, le chocolat chaud et la cheminée chez papa maman. Le reste, ça m’emmerde. Le ciel gris, la nuit tout le temps, la pluie glacée, le nez qui coule, la pulpe des doigts qui menace de faire exploser ma petite peau, mes mains incapables d’attraper quoi que ce soit dès qu’elles sont sorties des gants. Et encore, là, j’ai eu la bonne idée d’arrêter de fumer donc pas besoin d’enlever les gants pour allumer cette foutue clope de mes fesses. J’aime pas la nature morte, la boue après la neige, les gens qui font la gueule et la mode cette année tellement terne. En hiver, on n’a pas idée de ne vendre que du noir, du gris et, à la limite du prune. Faites péter le orange, le rouge, le fuchsia,
je sais pas moi ! C’est pas parce que c’est moche dehors qu’il faut qu’on s’adapte, bordel. Moi, en signe de protestation, je mets mes lunettes de vue rouges, na.

 

Les gens chouinent parce qu’il n’y a plus de saison. Et ben, ok, c’est vrai mais moi, il me manquait pas l’hiver. Surtout qu’il neige même pas !