De la douleur d’être une femme

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une douleur que pas mal de femmes connaissent et dont j’ai été victime pas plus tard que mardi : les menstruations. Rien que le mot, déjà,
il est moche, ça situe bien l’horreur du truc.

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Selon la légende, les règles sont une punition divine à cause de l’autre couille d’Eve qui a mangé le fruit de la connaissance, généralement symbolisé par une pomme. Mais en fait, c’est parce que tout les mois, on construit un petit nid pour un éventuel bébé mais si le bébé n’est pas conçu, le nid s’évacue, ce sont les règles. Vous trouvez pas que j’aurais dû faire prof de bio ? Donc ça fait presque 15 ans (aïe !) que tous les mois, ne tombant pas enceinte et ceci de façon totalement volontaire, j’ai mes règles. Des fois, ça passe comme une lettre à la Poste, si j’ose dire, mais d’autres fois, c’est parti pour des foutues crampes. Ce mois-ci, j’ai eu droit à la migraine et aux nausées (mais je suis pas enceinte puisque j’ai mes règles), je crois même que j’ai eu un peu de fièvre. Le pire fut le fois où j’avais tellement mal que je suis même allée m’allonger sur le sol de la salle de bain pour que le froid du carrelage m’anesthésie un peu. Heureusement, c’était un dimanche et j’étais au chômage. Parce que prendre une journée de congés parce que « j’ai mes règles », ça le fait trop pas.

 

Ado, je ne ressentais rien, c’est en grandissant que ça a commencé, les petites crampes. Bon, en général, j’ai la technique de me tenir légèrement penchée pour plier le ventre et
boire froid pour anesthésier et ça passe tant bien que mal. C’est pas que ce soit handicapant, c’est juste désagréable. Mais y a des mois où ça va pas. Genre mercredi, je me suis levée, j’ai fait mon activité préférée et surtout indispensable dès que je pose un pied par terre et là, j’ai bien senti que mon système reproducteur avait décidé que je déconnais à ne pas me servir de lui. Apparemment, le fait qu’il produise une ovule par mois depuis presque 15 ans (quand j’y pense, ma vie de fille réglée est maintenant plus longue que ma vie de fille qui était peinarde) et que je n’en fasse rien, ça commence à l’énerver et il proteste avec sa seule arme à sa disposition : la douleur. Donc je retourne vite me coucher et me recroqueville en maudissant la nature. Non mais sans déconner, ce serait pas plus simple que je sois fertile juste quand j’ai le désir d’avoir un enfant, non ? Bon, bref, après avoir tourné dans mon lit, j’ai envisagé d’appeler le bureau pour dire que je venais pas mais finalement, l’idée de prendre un RTT règles me paraissait trop incongrue. Non parce que j’ai que 9 RTT par an et 12 menstruations donc il va y avoir comme un souci. Et puis ce sont pas quelques douloureuses crampes qui vont m’empêcher d’aller travailler. Bon, j’ai pas été des plus vaillantes mais j’ai travaillé quand même, na.

Alors quand un mec croit drôle de me demander si j’ai mes règles quand je suis de mauvaise humeur, j’ai comme une envie de lui coller un coup de poing dans le bas ventre (pas trop bas quand même) et lui faire remarquer que moi, je subis ça pendant 24 à 48 heures et qu’encore, je suis chanceuse car des filles souffrent encore plus que moi. Et toi, t’es de bonne humeur, maintenant ? Surtout que ça veut dire quoi ? Qu’une femme n’a pas le droit d’être de mauvaise humeur sans que ça ait un rapport avec son utérus ? Si je suis de mauvaise humeur, c’est forcément que je suis en prise avec mes hormones ? Non mais est-ce que je demande à un mec de mauvais poil si c’est parce qu’il a bandé mou la veille ? Des raisons pour être de mauvaise humeur, il y en a 150 000 sans qu’il y ait le moindre rapport avec mes ovaires. Genre j’ai attendu un train qui n’est jamais venu, je me suis pris la tête avec quelqu’un, j’ai renversé mon café avant même d’avoir pu en boire une goutte, j’ai versé mon café lyophilisé dans mon verre d’eau froide au lieu de le mettre dans ma tasse d’eau chaude (si, ça m’est vraiment arrivé), j’ai pas trouvé de chaussette assortie ou de culotte qui va avec le soutif, je me suis tachée avant même de quitter l’appartement… Oui, le matin, je peux être très facilement de mauvaise humeur.

Alors, homme sans ovaires, la prochaine fois que t’as envie d’asticoter une nana de mauvaise humeur en lui jetant un « ben alors, t’as tes règles ? », réfléchis bien
à deux fois, ça pourrait te faire mal. Surtout si la fille en question, c’est moi.

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20 réflexions au sujet de « De la douleur d’être une femme »

  1. « Non mais est-ce que je demande à un mec de mauvais poil si c’est parce qu’il a bandé mou la veille ? »

    Je pourrais la sortir un jour celle-là ? Parce que j’ai un peu explosé de rire en te lisant.
    Bon, et bien sûr je compatis grandement. Moi ce genre de soucis ça m’arrive environ 2 fois par an. Sauf qu’en plus tu rajoutes l’émotivité à fleur de peau qui me tient pendant pas loin de 15 jours (je dois être au top de mes facultés reproductrices) qui me voit enchaîner les crises de larmes sans raison. Du style, oh non, il y a un pigeon mort sur la route… et c’est parti pour les grandes eaux. Le jour où je me suis mise à pleurer parce que le portail ne s’ouvrait pas, et que j’ai du expliquer à mon frère que c’était hormonal, il m’a prise pour une folle.
    Pour la douleur, je me blinde de médicaments en tout genre.
    Inutile de dire que ça ne fait pas effet, non ça ne fait pas.

  2. Cristal dit :

    Je suis dans le meme cas, et n’ai pas encore trouvé de remède à la situation. Parce que ok, les crampes sont horribles, les nausées c’est pas cool surtout au travail (et tout le monde te demande si t’es enceinte et meme que toi aussi tu commences à douter), la mauvaise humeur qui t’octroye pendant quelque jours la vie sociale d’un ours des carapates c’est pesant… mais éclater en sanglots devant un reportage de J.P. Pernault c’est vraiment la honte !! et là, à part te cacher, il n’y a pas de solution… je suis sortie de ma tanière il y a tout juste 2 jours, je connais.
    les hormones, c’est trop pas juste.

  3. moi j anticipe je préviens je dis « je suis indisposée » car rien de dire ça , ça m énerve (car c est très moche comme expression) , ensuite je préviens que « j ovule » et ensuite que je suis en période « pré-menstrue » – Et on me fout la paix, mon avantage les effectifs au boulot 99 % d hommes donc quand je dis ça, c est limite qu ils ne me portent pour mes déplacements – Et oui j en abuse parfois , je sais, mais bon ça fait mal et on est pas bien du tout !

  4. Je ne sais pas ce que j’ai depuis quelque jours mais me sens étrangement calme et détendu, tout le monde me sourit et je suis moi-même très souriant. Sauf hier, avec la souris justement, pardonnez-moi le jeu de mot, elle marchait tellement mal j’avais le sentiment de devenir psychopathe, je l’ai jeté contre un mur avec le clavier. Mais sinon ça a recommencé d’être bien. Eléonore m’a dépanné d’une autre souris, tout était rentré dans l’ordre j’ai pu continuer de faire ma petite vie. J’ai rencontré des tas de gens.

  5. Comme je me souviens de ce calvaire, des nuits d’insomnie à pas trouver la position qui soulagerait la douleur…
    Et comme je suis heureuse que la pose d’un implant contraceptif me prive de ces petites joies simples depuis 5 ans… Y’a pas à dire, ça a changé ma vie 🙂

  6. J’ai trouvé la solution miracle aux périodes pré-menstrues : le SPM 600 !
    Ce sont des gélules à avaler tous les matins (2 au p’tit déj’).
    Incroyable…
    Les symptomes de mauvaise humeur et tout ça : plus rien !
    J’en pouvais plus j’te jure. j’en ai parlé à mon toubib en résumant la situation : pour peu que 3 avant la date fatidique il y ait également la pleine lune, c’est bon : je rêve de me jeter par la fenêtre !
    Ben voilà quoi. C’était mon expérience perso.
    Des bisous

  7. Ben, d’un autre côté, si au lieu d’un fruit du savoir apétissant, Dieu avait fait une limace du savoir qu’il ne faut pas manger, on n’en serait pas là, je dis.

    SInon, trop de lubrifiant tue le plaisir, na.

  8. Maria dit :

    hHeu, les filles… ce n’est pas normal de souffrir autant pendnant vos règles.
    Une petite douleur de fond ok, mais des crampes, celles qui vous obligent à vous tenir tranquille ou qui vous donnent la nausée, non pas du tout. C’est souvent signe un pb gynéco à soigner.
    Ca me hérisse les filles qui sont « résignées » : « j’ai très mal, mais c’est comme ça, j’suis une fille, j’ai qu’à supporter »… non c’est pas « comme ça », non il ne « faut » pas supporter, il ne « faut » pas souffrir le martyre chaque mois…
    Soignez vous boudiou, et si RAS aux examens, adoptez une contraception hormonale, que vous enchainerez au besoin… C’est salvateur pour pas mal de femmes…

    Il y a des gens qui se sont cassés le derrière afin de réparer la bourde d’Eve, autant en profiter 😉

  9. On peut très bien avoir trèèèès mal pendant ses règles sans qu’il n’y ait aucun problème d’ordre gynécologique, ça dépend juste des personnes. J’ai une copine qui n’a jamais ressenti la moindre douleur, moi je me tords pendant un jour et une nuit et j’en connais d’autres qui ne peuvent même pas rester debout. Et pourtant, tout va bien à l’intérieur!

  10. Elsa dit :

    cCa me fait penser à un cours .Hippocrate et sa théorie de l’utérus migrateur. Malgré son approche rationnelle de la maladie mentale, il a perpétué l’idée folklorique de l’utérus migrateur.
    Il explique la cause de ces déplacements intempestifs par le fait que l’utérus a besoin d’une certaine humidité pour fonctionner normalement. L’absence de relations sexuelles l’en prive, ce qui le pousse à partir à la recherche de cette humidité. Il va donc commencer à se déplacer dans le corps, comprimant au passage l’hypocondre
    (étouffements, crises convulsives), le cœur (anxiété, oppression), le foie (suffocation hystérique) et la tête (convulsions). En guise de traitement, il recommande le mariage aux vierges et aux veuves … Quel génie … 🙂

  11. Maria dit :

    « BOk pour la sommatisation par le ventre (ça me le fait aussi qd je suis en retard : « mince… je suis pas enceinte tout de même » *gros stress* 3 jours passent et « ouff nanan je suis pas enceinte »… « ouille ouille ouille, ouais, c’est sûr que non »)

    Par contre pour le « on peut avoir (tout le temps) très mal sans qu’il y ait un pb gynéco » de Lily Marlène … j’ai oublié de dire qu’il y a aussi une floppée de médecins incompétents qui ne font que des exams sommaires et si RAS qui se permettent de nous enfoncer dans cette idée « t’es une femme, donc tu souffres, c’est normal, point barre » (en + joliement dit, bien sûr). Gaffe à l’endométriose, notamment, qui passe (trop) facilement inaperçue aux examens 🙁

  12. Ah mais moi c’est pareil et puis depuis un moment j’ai mal aux seins. Et la par exple, je devrais les avoir dans 7 jours. Donc si maintenant en plus de souffrir pendant, je souffre avant, OU VA LE MONDE??? deja, avoir ses regles 5 jours par mois, c’est du gachis, si en plus je dois souffrir 13 jours sur 30 😐 je vais devenir folle pauvre de moi!

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