Ah non, j’ai perdu mon horloge biologique

(et mon badge pour la cantine aussi mais ce dernier, j’aimerais vraiment le retrouver)

Ces derniers temps, ma vie tourne autour des grossesses et naissances de gens plus ou moins proches de toi. C’est pas compliqué, entre novembre et mai 2012, 9 enfants ont ou vont débarquer dans mon entourage proche. 9 ! 3 sont déjà nés dont le même jour. C’est à dire que dimanche 13, 100% de mes cousines ont accouché (j’en ai que 2, le 3e enfant est celui de Ioulia). Et sur mon Facebook fleurissent les photos de nourrissons fraîchement démoulés, de “bienvenu dans la vie petit(e)”. Bref, le taux de natalité autour de moi fait des bonds. Effet crise ou pas, j’en sais rien mais du coup, ça me renvoie à ma propre fertilité.


J’ai 31 ans et, oui, j’ai un désir d’enfant. Mais un désir d’enfant dans mon entourage, pas un à moi. Hé non, 31 ans et pas envie d’être maman, c’est comme ça et je peux très bien l’expliquer. D’ailleurs, je le fais.
– Dans ma tête, j’ai toujours 25 ans.


– Comme je dis souvent (enfin, j’ai mis cette phrase au point y a 3 semaines mais je la ressors tous les jours) “c’est pas que je veux pas devenir mère, c’est qu’aucun enfant ne voudrait de moi comme mère”. Ben oui, je pense qu’à l’heure actuelle, je serais une mère calamiteuse, du moins loin de ce que j’ai envie d’être comme maman. De un, je ne suis pas disponible en terme de temps (et un enfant, ça en prend un peu quand même). De 2, j’ai plein de choses à faire avant de me reproduire et si je les fais pas, je serai frustrée, je ferai malgré moi subir le poids de cette frustration à mon enfant et nous finirons tous deux en analyse.


– J’ai pas de mec. Et un stérilet. Alors oui, le premier n’est pas nécessaire, un géniteur suffit si je ne voulais n’avoir qu’un enfant et pas une famille. Mais bon, si tu veux, j’ai un peu envie de savoir avec qui je fais un gosse et le temps que je le séduise, que je l’amadoue, que je le VIH-teste… Ben voilà, si demain je veux un gosse, ça n’arrivera pas de suite. Et je te parle même pas du fait qu’il faille rarement tirer un seul coup pour que ça arrive (ça ne marche que quand t’as pas envie d’un gosse en général). Bref, rien que de l’écrire, ça me fatigue. Et oui, pour le stérilet, ça, ça s’enlève facilement.


– Un enfant, c’est un investissement. Tu vois, j’ai eu le choix : faire un enfant ou partir en Thaïlande. Bon ben je décolle le 23 février (hiiiiiiiii !). Et je dis ça mais un enfant, surtout le premier, ça coûte bien plus cher qu’un séjour en Thaïlande. Rien qu’entre le berceau, la poussette, la poche kangourou, le parc, le babycook, les jouets, les fringues… En plus, je me connais, je suis une foutue acheteuse compulsive donc lâche-moi dans un magasin de fringues pour bébés et tu vas voir le massacre. De 1, je vais pousser des cris suraigus à la limite des ultrasons devant des tenues “krokro mignonnes hiiiiiiiii” et je vais tout acheter. Déjà, là, je dois aller jouer un peu avec le feu et aller acheter un petit truc pour ma nouvelle petite cousine, je te dis pas… Je suis folle.


– Je suis en fait très loin de l’image d’une mère correcte à mes yeux. Je reviens au deuxième point, oui, cette argumentation part à vau-l-eau mais on s’en fout, c’est pas une dissertation non plus. Bref, je disais, je suis pas une bonne mère potentielle à mes yeux. C’est à dire que moi, comme je l’ai déjà dit, j’ai eu une enfance très heureuse avec des parents à qui je n’ai pas grand chose à reprocher in fine. Mon principal problème dans la vie, c’est que ma famille est trop parfaite, hé oui. Du coup, j’estime que ma future progéniture doit avoir la chance de bénéficier d’un environnement aussi douillet et heureux que fut le mien. Enfin, je suis pas responsable des aléas de la vie, ok, il se peut que le papa et moi ne restions pas ensemble pour toujours sans que ça soit un drame mais j’ai envie qu’au départ, les conditions soient favorables à l’épanouissement d’un enfant. Oui, j’ose le dire, pour moi, faut deux parents pour élever bien un enfant essentiellement car il me faut quelqu’un pour canaliser mes angoisses et mon gêne « potentielle mère étouffante ». C’est à dire que seule, mon enfant n’aura même pas le droit de se mettre debout, il pourrait tomber et se faire mal, quoi ! Et là, j’y suis juste pas du tout. Je le vis très bien au demeurant, l’image de la maman que j’ai ne coïncide juste pas avec ce que je suis aujourd’hui, ce sera une moi de dans quelques années ou une moi qui n’existera jamais, peu importe.

– je suis curieuse, oui, j’ai parfois la curiosité de connaître les joies de la grossesse (beaucoup moins celles de l’enfantement) pour savoir ce que ça fait. Mais ma curiosité est de courte durée en général, elle ne durera jamais neuf mois. Et puis expérimenter la grossesse, je veux bien mais on se retrouve quand même avec un bébé ensuite et faut le gérer. Et même si je suis curieuse de certains trucs de la maternité, j’en prends à minima pour 20 ans (oui, je suis très optimiste) et euh… Ben non, merci.

Alors continuez à faire des enfants, je serai ravie de jouer avec et pouponner un peu. Mais ça me suffira, merci.

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De la douleur d’être une femme

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une douleur que pas mal de femmes connaissent et dont j’ai été victime pas plus tard que mardi : les menstruations. Rien que le mot, déjà,
il est moche, ça situe bien l’horreur du truc.

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Selon la légende, les règles sont une punition divine à cause de l’autre couille d’Eve qui a mangé le fruit de la connaissance, généralement symbolisé par une pomme. Mais en fait, c’est parce que tout les mois, on construit un petit nid pour un éventuel bébé mais si le bébé n’est pas conçu, le nid s’évacue, ce sont les règles. Vous trouvez pas que j’aurais dû faire prof de bio ? Donc ça fait presque 15 ans (aïe !) que tous les mois, ne tombant pas enceinte et ceci de façon totalement volontaire, j’ai mes règles. Des fois, ça passe comme une lettre à la Poste, si j’ose dire, mais d’autres fois, c’est parti pour des foutues crampes. Ce mois-ci, j’ai eu droit à la migraine et aux nausées (mais je suis pas enceinte puisque j’ai mes règles), je crois même que j’ai eu un peu de fièvre. Le pire fut le fois où j’avais tellement mal que je suis même allée m’allonger sur le sol de la salle de bain pour que le froid du carrelage m’anesthésie un peu. Heureusement, c’était un dimanche et j’étais au chômage. Parce que prendre une journée de congés parce que « j’ai mes règles », ça le fait trop pas.

 

Ado, je ne ressentais rien, c’est en grandissant que ça a commencé, les petites crampes. Bon, en général, j’ai la technique de me tenir légèrement penchée pour plier le ventre et
boire froid pour anesthésier et ça passe tant bien que mal. C’est pas que ce soit handicapant, c’est juste désagréable. Mais y a des mois où ça va pas. Genre mercredi, je me suis levée, j’ai fait mon activité préférée et surtout indispensable dès que je pose un pied par terre et là, j’ai bien senti que mon système reproducteur avait décidé que je déconnais à ne pas me servir de lui. Apparemment, le fait qu’il produise une ovule par mois depuis presque 15 ans (quand j’y pense, ma vie de fille réglée est maintenant plus longue que ma vie de fille qui était peinarde) et que je n’en fasse rien, ça commence à l’énerver et il proteste avec sa seule arme à sa disposition : la douleur. Donc je retourne vite me coucher et me recroqueville en maudissant la nature. Non mais sans déconner, ce serait pas plus simple que je sois fertile juste quand j’ai le désir d’avoir un enfant, non ? Bon, bref, après avoir tourné dans mon lit, j’ai envisagé d’appeler le bureau pour dire que je venais pas mais finalement, l’idée de prendre un RTT règles me paraissait trop incongrue. Non parce que j’ai que 9 RTT par an et 12 menstruations donc il va y avoir comme un souci. Et puis ce sont pas quelques douloureuses crampes qui vont m’empêcher d’aller travailler. Bon, j’ai pas été des plus vaillantes mais j’ai travaillé quand même, na.

Alors quand un mec croit drôle de me demander si j’ai mes règles quand je suis de mauvaise humeur, j’ai comme une envie de lui coller un coup de poing dans le bas ventre (pas trop bas quand même) et lui faire remarquer que moi, je subis ça pendant 24 à 48 heures et qu’encore, je suis chanceuse car des filles souffrent encore plus que moi. Et toi, t’es de bonne humeur, maintenant ? Surtout que ça veut dire quoi ? Qu’une femme n’a pas le droit d’être de mauvaise humeur sans que ça ait un rapport avec son utérus ? Si je suis de mauvaise humeur, c’est forcément que je suis en prise avec mes hormones ? Non mais est-ce que je demande à un mec de mauvais poil si c’est parce qu’il a bandé mou la veille ? Des raisons pour être de mauvaise humeur, il y en a 150 000 sans qu’il y ait le moindre rapport avec mes ovaires. Genre j’ai attendu un train qui n’est jamais venu, je me suis pris la tête avec quelqu’un, j’ai renversé mon café avant même d’avoir pu en boire une goutte, j’ai versé mon café lyophilisé dans mon verre d’eau froide au lieu de le mettre dans ma tasse d’eau chaude (si, ça m’est vraiment arrivé), j’ai pas trouvé de chaussette assortie ou de culotte qui va avec le soutif, je me suis tachée avant même de quitter l’appartement… Oui, le matin, je peux être très facilement de mauvaise humeur.

Alors, homme sans ovaires, la prochaine fois que t’as envie d’asticoter une nana de mauvaise humeur en lui jetant un « ben alors, t’as tes règles ? », réfléchis bien
à deux fois, ça pourrait te faire mal. Surtout si la fille en question, c’est moi.

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