Le jour où j’ai élucidé le mystère de la première nuit

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Au début d’une histoire, c’est une affaire toujours assez épineuse de savoir si on doit coucher le premier soir ou pas, notamment pour garder un homme. Nina avait d’ailleurs proposé une analyse sur le sujet, je sais plus quand, mais elle sera chou de mettre un lien. [note de Nina : je suis chou!] En l’occurrence, pour moi, la question ne se posait pas vraiment de vouloir garder Benoît, puisque, comme vous n’avez absolument pas pu suivre à travers mon méandre de paroles, la semaine dernière, Benoît était un CDD. Mais par orgueil, je voulais pas être un plan cul au milieu de milliers d’autres. Au-delà de ça, que faire? Coucher le premier soir ou pas?

Autant lever tout de suite le malentendu : la fille qui ne couche pas le premier soir ne craint absolument pas de passer pour une salope. C’est juste qu’elle n’est pas épilée et que, vivante, on ne la déshabillera pas. On en revient toujours à une question de dignité, ceci dit. Car si coucher le premier soir ne fait pas de la fille une salope, coucher alors qu’elle n’est pas correctement épilée fait de la fille une salopiote. Eh vazy, jsuis pas une salopiote, moi. Au moins c’est dit. Le premier soir où j’ai eu Benoît dans mon lit, j’étais pas épilée. Et ça, encore c’était que la partie émergée de l’iceberg. Parce que si je récapitule, ça donnerait quelque chose comme :

– des poils partout (2 semaines sans que mon frêle petit corps ait approché le moindre rasoir/pot de cire) et les vêtements afférents : un t-shirt snoopy gris à manches longues avec des coeurs blancs partout et un superbe pantalon de pyjama à rayures 100% coton, et maintenant je SAIS que je veux rester à tout jamais anonyme pour les lecteurs de ce blog

– mes règles, les vêtements afférents, ie : une culotte pocket de Dim déchirée délavée détendue sur laquelle on devine grâcieusement collées les ailettes de la serviette always ultra sans bavure. -que la nana qui n’a jamais eu de culotte de règles me jette le premier tampax, je suis sûre qu’on se comprend toutes, là. Nan puis quand-même, mes règles, quoi.

– 40°C de fièvre, les vêtements afférents, en l’occurrence une énorme couette en plume enroulée autour de moi, même pas en rêve on me l’enlève, je suis congelée.

– un Nico qui dort à 1,30 m à côté, les vêtements afférents à savoir « PUTAIN MAIS BENOIT, BAS LES PATTES TU TE CROIS OU BORDEL!!!! » (et j’ai bataillé dur sur ce coup là, Nico, tu n’imagines pas). Y en a que ça gêne pas, voire que ça fait fantasmer. Moi pas. C’est pas dans l’éducation que ma mère m’a donnée. Enfin… c’est-à-dire que maman ne m’a pas dit « Marine chérie, évite de baiser en
présence d’amis à toi, s’il te plait, tu seras une bonne fille », mais, dans la mesure où elle ne voulait pas me voir montrer mon nombril, j’en déduis que l’éventualité que mon nombril soit visible avec ni pantalon, ni t-shirt trop court, mais en option un homme sur moi, cette éventualité était exclue.

Alors voilà, le problème du « premier-soir-quoi-qu’on-fait » était réglé, bien malgré moi. Rageant. 18 mois. Pour rien. J’ai dû être une roulure dans une autre vie et on me fait payer ma débauche antérieure.

Mais si le problème du premier soir est réglé, la question reste quand-même entière : est-ce qu’il voudra de moi après consommation??? Quelques jours plus tard, alors que j’étais revenue à Paris-je-t’aime, Benoît vient m’y rendre une petite visite. Evidemment, ça s’est pas tout à fait passé comme prévu. Mais ça s’est passé. Un vendredi soir. Ensuite, Benoît, je devais le voir dans le
week-end, et il a fait preuve d’un silence radio plus qu’assourdissant. Je voudrais pas avoir l’air d’insister mais… je perds de mon intérêt ou quoi??? C’est pas que je me vexe, mais bon… merde, c’est un CDD, et en plus il me plante après m’avoir sautée (pardonnez, je suis vulgaire).

Je finis par l’avoir au téléphone. Le dimanche soir.
« Dis-donc, je te demande rien, non plus, mais tu pourrais avoir la décence de me prévenir, si tu comptes absolument pas me revoir. Je veux dire c’est pas une question de sentiments, juste de bonnes manières », je fais, me drapant dans ma dignité offensée mais néanmoins suprême
« Ouais je suis désolé, j’ai pas eu le temps », il bafouille
« Mouais, un texto, ça prend pas 30 ans, non plus, aux dernières nouvelles », j’insinue, hargneusement
« Mais c’est parce que j’ai réglé quelques histoires pourries d’avant. Je voulais faire le ménage, ce ménage je l’ai fait pour toi, tu sais », il déclame (en fait non trop pas, mais je savais pas comment le dire pour faire style)
« Ouais. Super. Moi je t’ai rien demandé. Je voulais juste te voir ce week-end, c’est tout », je réponds, en me disant que ben merde faut bien que je réponde un truc après tout je suis dans le rôle de la meuf énervée
« Putain mais on dirait que tu t’en fous!! », il proteste
« Mais attends, t’as dit que t’appelais, tu le fais pas t’abuses aussi! », je bougonne

Moi, une chieuse? Peut-être, mais pas salope et encore moins salopiote. Pour le reste,

To be continued…

L’art de dire non (opposé à celui de ne pas le comprendre)

Comme tu le sais lecteur, il y a un mois, j’ai décidé en mon âme et conscience de m’offrir une nouvelle virginité. Et bien, je m’y tiens, je ne veux point offrir mon corps à n’importe qui, je veux que ma prochaine brouette soit anthologique parce que j’aurai envie de mon partenaire mais pas que de son corps, de lui tout entier. Dans mes contacts MSN, il me reste un plan brouette qui ne possède pas le mot « non », dans son vocabulaire. Plus je refuse, plus il me veut.
 
Souvenons-nous de Laurent : mignon, passionné de plongée, plutôt bon amant (et sacrément équipé pour). A peine rentrée de Bretagne et à peine ai-je décidé de ma nouvelle virginité que le revoilà sur MSN. Il me veut, il a envie de moi mais la réciproque n’est pas vraie. J’ai de bons souvenirs de lui mais plus envie d’une brouette gratuite, si j’ose dire. Donc quand il me propose de folles galipettes, je lui explique que ma libido est au point mort, ce qui était vrai à l’époque. Et là, j’ai découvert à quoi pouvait être près un mec pour juste une brouette et, lui, c’est un champion du monde. Suite à mon refus, il commence à dire qu’il ne me reconnaît plus, ce qui me fait un peu grincer des dents : comment peut-il me reconnaître alors qu’il ne me connaît pas ? Il essaie tout : et si je me contentais de juste le branler ? Oh que c’est romantique ! Juste un petit touche pipi et on arrête là, allez ! Non. Et là, on tombe dans le grandiose : si je veux, on peut faire ça à 3 voire carrément une partouze. Curieusement, là, le refus fut très facile. Alors que je lui raconte ma vie (ô combien passionnante), il me balance : « je pense à tes seins ! ». Pourquoi je ne lui demande pas de m’épouser à celui-là ? Le pire c’est qu’il serait capable d’accepter juste pour me sauter.
 
Il me supplie de penser à lui en se masturbant, ce qu’il fera. Sauf que moi, on m’impose pas mes fantasmes, d’autant que durant ces derniers, je ne vois pas de visages précis. Le lendemain, le revoilà qui réinsiste (genre ma libido est revenue dans la nuit) et il m’explique ce qu’il imaginait me faire pendant sa branlette (c’était ma fête !), il m’explique comment il veut que je lui fasse sa prochaine fellation, je m’ennuie. A un moment, voilà que je lui explique que la seule chose dont j’ai envie à l’heure actuelle, ce sont de longs baisers langoureux : « Je peu te faire ça puis je me branle après ». Alors, là, j’imagine le tableau et je préfère en rire, plutôt qu’en pleurer ! J’arrive à détourner la conversation sur nos noms de famille (je suis un génie quand je m’y mets) et à un moment, silence radio. Bon, je me dis qu’il a compris et là, j’ai droit à « l’au revoir » le plus glamour de ma vie, j’en pleure d’émotion rien qu’en y repensant : « Bon, j’ai joui, bonne nuit ». Voilà que l’autre, il se masturbe pendant que je lui parle de son nom de famille alors que j’ai mis la photo de ma Kenya en avatar.
 
Pendant une semaine, il ne me parle plus : aurait-il compris la leçon ? En fait, non, il était parti en vacances… Et je ne m’en étais même pas rendue compte. Au début, conversation très soft, il essaie de me faire deviner où il était parti en vacances et je trouve très vite… C’est énervant de voir que je m’entends très bien avec ce garçon quand nous avons des conversations normales mais, inévitablement, il en revient au sexe, encore et toujours. Ah ben quand il m’a dit que c’était un obsédé, il ne m’avait pas menti. Cependant, je crois voir dans cette conversation anodine une nouvelle approche, plus subtile. Après tout, en y allant cash, il se prend veste sur veste alors en endormant ma méfiance…
 
Et bien, je surestimais le jeune homme, il me demande à nouveau quand on se voit, quand je suis libre, si ma libido est revenue. Pour le calmer, je lui explique que j’ai trouvé un jeune homme qui me plaît bien, le résultat est totalement inattendu : « super, ça veut dire que ta libido revient ! ». Biiiip, mauvaise réponse ! Enfin, techniquement, elle revient un peu, effectivement, mais pas avec lui.
 
Je gagne quelques jours avec ma gastro mais uniquement parce que je peux facilement le convaincre que je ne suis pas en forme (ce qui est totalement vrai). Mais lui, coucher avec une fille malade et même pas épilée, ça ne le rebute pas. Pourtant, à une époque, ma goutte au nez l’avait profondément dégoûté… Une fois guérie, il attaque : « on se voit demain soir ? » Toujours pas, mon gars ! Comme je lui explique que je pars chez mes parents pour le week-end, il me fout la paix trois jours mais hier, attaque à nouveau : « tu rentres quand ? ». Et là s’ajoute un nouvel élément : l’ordinateur de mes parents est relié à une webcam, le voilà tout émoustillé. Sauf qu’il est au boulot ! Il veut que je me foute à poil devant la webcam alors qu’il bosse, mais je rêve ! Je réponds un poli : « non, je suis en jogging, pas maquillée avec mes lunettes puis suis même pas épilée, d’abord » mais je crois que même avec la varicelle, il n’aurait pas dit non. Donc suivant les conseils de Guillaume, au courant de toute l’histoire, j’ai fini par le bloquer.
 
Suite à cette petite histoire, j’en viens à me demander comment un mec peut être à ce point en manque pour accepter de se prendre trois à quatre non par conversation, tous les jours ou à peu près… C’est peut-être parce que je suis une fille mais un seul non suffit, mon ego ne peut en supporter plus (sauf si c’est un « non, ce soir, je peux pas mais demain ok »). Comment peut-on se vendre à ce point pour une seule brouette ? Comment peut-on avoir envie d’une fille malade et même pas épilée ? Tout ceci me dépasse, quelque part, et me désole. J’aurais aimé partir sur une relation amicale, il est clair que ça ne sera jamais le cas. Ce gars se fout de moi, il ne s’intéresse qu’à mon corps et se passe de toute la politesse (si j’ose dire) que l’on est en droit d’attendre d’un homme. Je ne suis pas un jouet sexuel et même si apparemment, je suis une partenaire très agréable, je pense que quand je dis non, c’est suffisamment clair pour ne pas insister. Après tout, si j’ai envie de le retrouver, je sais très bien où aller, j’ai son nom, son adresse, son numéro de téléphone, son MSN… Non, vraiment, cette insistance me dépasse. Au fond, je suppose que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : il m’a eue (trop) facilement au départ, il ne doit pas comprendre pourquoi il n’en est plus de même aujourd’hui.
 
Ceci étant, cette petite (més)aventure ne m’est pas inutile, je me rends compte à quel point je suis résolue dans mes choix de privilégier la complicité et la tendresse à du sexe pur et dur. Comme Benoît, il finira bien par comprendre que je ne serai plus sa partenaire de brouette, même pas une camarade puisque ça ne l’intéresse pas. Au fond, je ne le regrette pas, cette insistance m’a profondément gonflée et je ne vois pas ce que je pourrais dire à ce garçon, finalement. Puisqu’il ne comprend pas le non, il comprendra peut-être mon silence et mon absence.

La nouvelle vierge

C’est moi. Rassurez-vous, respirez, je n’ai pas décidé de me faire recoudre l’hymen : de un j’ai pas les moyens, de deux, je vois pas l’intérêt. Et de trois, je sais même pas si j’avais un hymen au départ car s’il s’est déchiré, il l’a fait tout en douceur et je n’ai rien senti. Oui, ça existe des filles qui n’ont pas d’hymen ou plutôt qui ont un hymen sans membrane. Mais peu importe, le sujet de cet article n’est pas mon hymen. (vous êtes rassurés, je suppose).
 
Comme j’expliquais l’autre jour, en ce moment, ma libido frôle le néant absolu. Normal, c’est l’hiver et j’ai la tête à autre chose. Je n’ai aucune envie de partir à la conquête de qui que ce soit et de tenter de nouvelles expériences à l’heure actuelle. Moi, je veux me glisser dans mon lit le soir avec mon pyjama en pilou pilou (je n’en ai pas mais c’est pour l’image) avec un bouquin, une tisane et mon chat, même pas épilée. De plus, avec Guillaume, on a décidé de passer d’une amitié brouettesque à une amitié tout court donc les possibilités de brouette pour les prochains jours, semaines ou mois sont réduites à néant. Certes, il me reste encore Laurent, un coup de fil et il vient m’honorer comme il se doit mais je n’en ai pas envie, mais alors pas du tout.
 
J’ai donc décidé de me refaire un peu une virginité. D’abord, j’ai besoin de mon énergie pour trouver du travail, leitmotiv obsédant de ces dernières semaines, voire mois. Je ne crois pas que brouetter toute une nuit va m’aider à me lever tôt le matin pour chercher du travail ou écrire des articles (sérieux, pas pour le blog). Et puis si je regarde la chronologie des derniers mois, je n’ai pas passé un mois sans avoir de rapports sexuels réguliers ou non, j’ai enchaîné deux relations plus ou moins exclusives (Arnaud puis Guillaume) donc une petite pause s’impose. Le travail d’abord, le sexe ensuite.
 
Par ailleurs,si on prend l’adage : plus je le fais, plus j’ai envie de le faire (ce qui est plutôt vrai), je perdrais un temps fou à courir après de nouvelles brouettes. Pas le temps, pas le temps. Puis j’ai envie de me poser un peu, passer de bras en bras, c’est bien un temps, c’est éminemment flatteur mais en ce moment, c’est pas du tout ce que je veux. Dans l’idéal, j’aimerais une vraie relation pas trop prise de tête mais j’ai totalement la flemme de chercher et je ne suis pas sûre que ce soit le moment idéal pour construire quoi que ce soit dans ma vie privée. Le boulot d’abord, le boulot d’abord.
 
Et puis, toute cette énergie que je dépensais en brouette, je vais la mettre dans le sport ? Oui, la brouette, c’est du sport mais une brouette par semaine ou par mois ne vaut pas une heure de stepper par jour.
 
De plus, l’abstinence, parfois, ça fait du bien. Sur le forum JNSM, beaucoup de filles sont en « abstinence volontaire » et je les comprends. Le sexe, c’est bien, je ne dirai jamais le contraire, mais c’est tout aussi bien de se poser à un moment et de ne plus pratiquer. D’abord parce que les soirées à bouquiner, c’est tout aussi bien. Ensuite vaut mieux faire une pause que se jeter au cou du premier venu pour quelques galipettes qui ne seront pas forcément divines. J’ai fait ça il y a quelques temps, je sais très bien de quoi je parle. Quand je vois le plaisir que j’ai eu avec Guillaume avec qui j’avais une réelle complicité, je me dis que c’est dommage de se donner à n’importe qui. Le sexe, c’est trop bon pour être bâclé. Et puis reprendre une activité sexuelle après une (petite) pause, c’est redécouvrir certaines sensations, c’est bon. C’est comme la première tartine de Nutella ou la première cuillère d’Haagen Dasz après un régime : c’est tout simplement orgasmique. Et oui, pour apprécier les bonnes choses, il faut savoir s’en priver parfois. Je sais, se jeter sur un pot de Nutella après un régime, c’est idiot mais c’est juste une image.
 
Cette pause, j’en ai besoin. Je crois que quelque part, la frénésie sexuelle des derniers mois m’a un peu fatiguée et j’ai envie de me refaire une santé. Je ne regrette rien mais je dois me recentrer un peu, voir de quoi j’ai envie et avec qui, ne pas me donner au premier venu parce que « une brouette, c’est une brouette ». Ces derniers mois m’ont prouvé que je plaisais, que j’étais jolie et désirable (oui, avant, j’en doutais) et de vivre de jolies histoires. Même les histoires les plus glauques sont matières à enseignement donc pas de panique. J’ai encore des désirs et fantasmes que j’aimerais assouvir (sans que ce soit une obsession) mais nous verrons ça plus tard.
 
Et puis curieusement, je me sens séduisante en ce moment donc aucun besoin de séduire pour me rassurer. Samedi, je me regardais dans la glace, cheveux pas peignés, pas maquillée… Ben je me trouvais jolie quand même. Ça peut paraître bizarre mais pas besoin d’homme dans ma vie, je suis belle sans eux, aussi. Par ailleurs, j’ai la sensation inexplicable que ma prochaine histoire sera quelque chose d’énorme, autant pas me précipiter sur le premier venu… Surtout que Guillaume est passé de la case « amant » à la case « meilleur ami hétéro qui veut pas que je sorte avec n’importe qui ». Il va falloir que je lui communique le pedigree de tous mes prétendants, maintenant… En même temps, c’est réciproque, je vais surveiller ses histoires aussi, j’ai pas envie que n’importe qui me succède dans ses bras.
 
Bref, en somme, je vais profiter un peu de cette période de solitude pour devenir une fille géniale (je le suis déjà un peu, hein) et irrésistible, avec un métier qui rapporte des sous, une femme active des années 2000 comme on les désire. Et parce qu’une fille géniale ne peut attirer qu’un mec génial, mon prochain mec sera forcément bien.
 
Enfin, comme j’ai dit à Gauthier hier : « je me demande combien de temps je vais avoir envie de rester chaste » !