Les politiques ne sont pas Julien Courbet

Je le confesse : j’ai des penchants masochistes. De type lire encore des commentaires sur des articles d’actualité. Quand bien même je ne le ferai pas, j’ai droit aux fulgurances de mec contacts Facebook ou Twitter. Et des fois, je lève les yeux au ciel et je me pince le haut du nez. C’est pas possible d’être aussi cons… Parce que, mesdames, messieurs, le politique n’a pas pour mission de régler vos petits problèmes particuliers.

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Mise en situation : prenez un gouvernement lambda, de droite ou de gauche, on s’en fout. Comme tout gouvernement, il va faire des lois, c’est son rôle. Gouvernement annonce donc sa nouvelle loi et forcément, forcément, quelque part dans l’Hexagone, un Français se sent lésé. Sortez les violons, c’est parti pour une longue litanie « gouvernement de merde, moi, cette loi me va pas. Ce gouvernement fait tout pour [choisir la catégorie socio-demo adéquate]. Et moi, il fait quoi pour moi ? ». Rien. Parce que le gouvernement, son taf, c’est pas de régler les problèmes particuliers de chaque citoyens mais tenter de préserver le bien commun (vision certes très idyllique de la politique mais je vais pas commencer à nuancer ça ici sous peine de vous pondre un article de 10 pages qui fera chier tout le monde).

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Je suis toujours amusée de constater que dans chaque débat (pseudo) politique, chacun débute son argumentation par un « oui mais moi… ». Donc parce que toi, tu n’y trouves pas ton compte, tu souhaiterais que personne ne bénéficie d’une loi qui pourrait améliorer le quotidien d’autres personnes (au pluriel) ? Reprenons le « débat » sur l’autoentreprise menée par un exilé fiscal qui n’est même pas autoentrepreneur. Disons le franchement : ce statut est merdique. On fout sous le même intitulé des gens générant un chiffre d’affaires inférieur à 1000 € et des gens ramassant jusqu’à 32000 € de CA. Bref d’un revenu argent de poche à une véritable source de revenus. L’autoentreprise n’est pas un cadeau pour les petits revenus qui pourraient faire de leur marotte un métier. Non, c’est un cadeau aux entreprises qui se retrouvent avec une masse salariale disponible sur laquelle il n’aura à payer aucune charge sociale, celle-ci incombant désormais au salarié précaire. Mais l’autoentreprise, c’est génial ! Je suis mon propre chef et j’ai dégagé un bénéfice net de 2000 € en un an, hihihi. Bon, pour terminer sur ce paragraphe (je suis hors sujet), je trouve ce système pratique pour se faire un peu d’argent de poche quand on décide de vendre le fruit de ses travaux manuels ou de son écriture mais ça manque salement de garde-fous et faudra bien un jour se pencher sur cette usine à gaz pour discipliner un peu tout ça (et envisager une sorte de statut où l’on peut monter un petit truc pour gagner un peu d’argent de poche sans appeler ça crânement et faussement « entreprise »). Bref, quand le gouvernement a souhaité donner un coup de pied dans la fourmilière, énorme levée de boucliers chez les autoentrepreneurs de mes réseaux sociaux à base de « moi, ça me,permet de gagner de l’argent », « moi, je veux pas passer en SARL »…. À la fin, tu avais l’impression de lire les complaintes des rois du Pétrole et qu’on allait ruiner la France à les empêcher de gagner leurs quelques milliers d’euros. Peu importe l’intérêt global, passer en SARL les faisait chier, fin du débat.

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Mais le gouvernement, c’est pas Julien Courbet. Jean-Marc Ayrault va pas appeler la petite PME à côté de chez toi pour que tu trouves du boulot, Arnaud Montebourg n’appellera pas le promoteur immobilier véreux qui ne t’a pas livré la maison de tes rêves et Benoît Hamon ne viendra pas voir ton voisin pour tenter de vous réconcilier. Quoi que ça, y a Stéphane Plaza et Karine Lemarchand qui le faisaient à une époque (ils méritaient un césar pour leur prestation de personne impliquée dans un conflit dont ils n’avaient, de fait, rien à foutre). Le gouvernement a pour mission de faire voter des lois pour atteindre un équilibre entre les citoyens, lutter contre les inégalités, les discriminations. À l’occasion, ils aideront un citoyen qui a publiquement fait appel à eux pour la beauté du geste (et surtout de l’image) mais ce n’est pas leur rôle. Alors oui, Citoyen, toi, t’es pas content parce que, toi, tu te sens lésé ou tu considères qu’il y a une loi plus importante que celle actuellement votée et qui ne te concerne pas (« argument » lu 30 fois durant le débat pour le mariage pour tous. J’ai surtout aimé les gens de droite conspuant le temps gaspillé sur ce débat, oubliant que ça a été si long grâce à la pluie d’amendements et de rappels au règlement des députes… De droite justement). Au moins, le citoyen lésé fera la joie du JT de 13h qui fera un petit reportage sur lui…

C’est comme déballer ses cadeaux avant Noël

Je vous reparle encore des Présidentielles mais j’ai choisi un point léger qui m’a un peu interpellée dimanche (et le 22 avril). Je passerai sous silence ma colère face aux messages haineux et aigris lus depuis quelques jour. Certains ont la défaite très mauvaise, inutile de tenter de leur expliquer quoi que ce soit. Puis j’en ai marre de me faire traiter de facho dès que j’argumente…

Dimanche soir, 20h, le visage du nouveau Président s’affiche sur nos écrans et Solférino est en liesse, on crie, on saute sous un déluge de confettis et de ballons siglés PS. On a gagné ! Sauf que cette ivresse était hypocrite dans sa spontanéité : en arrivant à 18h, je savais le nom de notre nouveau Président grâce à nos amis belges. Seul le score n’était pas bon (53-47 nous disait-on).

Lundi, j’ai consulté le top très intéressant de Topito sur les animations des chaînes pour annoncer le nom du gagnant. Animations plus ou moins bonnes ou ratées selon les chaînes. D’ailleurs, une question m’interroge : dans la révélation Canal +, que foutait Benoît Hamon dans les sous-sols de la chaîne ?

J’ai eu une pensée pour les équipes infographistes ayant imaginé et mis sur pied cette animation et j’ai eu un peu de peine pour eux. Puis pour nous. Les élections n’auront donc plus le même goût ? Vous vous souvenez, quand on attendait le résultat dans un état d’excitation mêlé d’espoir et de peur ? Qu’on guettait les ambiances des QG, la gueule des journalistes pour tenter de deviner… J’aurai toujours en mémoire ce fameux 21 avril 2002 quand c’est le visage de Le Pen qui s’est affiché à la place de celui de Jospin, le coup dans l’estomac, la stupeur qui tort les boyaux, la tarte à la rhubarbe qui ne passait plus… Je me souviens, j’etais au téléphone avec Guillaume 1er qui venait de m’appeler pour me dire qu’il se passait quelque chose de grave. Je crois meme que j’ai crié « non ! » Et soudain la nécessité de vite quitter la maison pour ne plus entendre ma mère exulter des paroles du genre « dans vos gueules connards de gauchos ! ». Oui bon moi et mon vote NPA, on va se rentrer à Toulouse…

Ne vivra-t-on plus jamais ce suspense ? Cette boule au ventre ? Cette douce et excitante sensation qu’on est peut-être à la croisée des chemins ? Vous me direz que dimanche, je n’ai pas joué le jeu de moi-même. J’aurais pu ne pas aller sur Internet et rester sagement chez moi en attendant 20h. Sauf que je suis hyper connectée et qu’une fois à Solférino, il était juste impossible de ne pas savoir. Je chouine mais je suis la première à ne pas jouer le jeu. Un peu comme le jour des résultats du bac où je pianotais sur le Minitel pour ne pas attendre l’affichage fatidique sur les murs du lycée. À la différence que quand je suis partie voir les résultats, le 3615 bac ou Dieu seul sait quoi restait désespérément coi.

Je me demande comment ça se passera en 2017. Est-ce que ce serait pas un peu cool d’imaginer que les seuls à avoir les résultats soient ces fameux infographistes ? Même pas les journalistes (qui ne feraient donc pas la gueule comme dimanche. Sauf Élise Lucet qui faisait limite la roue) ni les politiques, juste les infographistes. Histoire que la surprise soit réelle.

Je déteste Sarkozy

C’est un aveu pénible à formuler pour moi mais c’est un fait : à J-2 du premier tour des élections présidentielles, je suis dans un état de rejet total du sarkozysme et tout ce que ça représente. Et je n’aime pas ça.

Il n’y a pas de honte à être opposée au Sarkozysme. En 5 ans, je ne suis pas sûre d’avoir approuvé une seule fois ses propos ou ses actes. Sans doute ai-je occulté, on ne peut être perpétuellement en désaccord avec toutes les idées du camp opposé. Mais j’ai un goût amer en bouche, le sarkozysme se résume pour moi à un mensonge, un rejet de l’autre, la culture des apparences et du bling bling. Tout ce que je déteste en somme. Honnêtement, j’étais pas très joyeuse le soir du 6 mai 2007, déçue mais bon, je me moquais gentiment de ceux qui annonçaient à corps et à cris qu’ils allaient quitter la France si Sarkozy était élu. Bon, je continue de me gausser vu que personne n’est parti mais parallèlement à ça, je souffre, j’ai mal à ma France. Et il est temps que ça s’arrête.

Je déteste Sarkozy. Et là, je parle d’affect et ça me perturbe. En politique, on peut condamner les idées tant que l’on veut, argumenter pour expliquer en quoi on est contre (tout en admettant que l’autre ne nous suivra pas forcément) mais détester un homme politique, je trouve ça stérile et gratuit. Je n’aime pas ce sentiment, c’est trop primaire, trop intestinal et pourtant, c’est un fait. Je crois que j’étais pas préparée à ce qui allait arriver. Enfin, je veux dire, c’était tellement pire que ce que j’aurais cru… Et là, l’idée qu’on pourrait en reprendre pour 5 ans me déprime complètement. Je ne supporte plus cette république mesquine, cette clique de médiocres incultes et méchants.

Je déteste Sarkozy. Je le déteste de me faire ressentir ça, de me faire perdre tout sang froid quand je vois des gens à la limite de l’idôlatrie devant lui. Je comprends qu’on puisse être de droite, c’est une question de vision de la société. C’est un choix qui ne se discute pas. Mais sarkozyste, je ne comprends pas. Il est le seul à pouvoir nous sauver de la crise ? Mais ça fait 5 ans qu’il est au pouvoir et qu’on y est jusqu’au cou, que fera-t-il de plus ? Il a menti, manipulé, insulté… Dès le lendemain de l’élection, celui qui déclarait « si je suis élu, je me retirerai quelques jours dans un monastère pour réfléchir » se pavane sur le yacht d’un patron de presse rempli d’oseille. Ca ne présumait rien de bon. Puis il y eut Carla et l’indécence d’une vie privée exposée. Ray ban et rolex au programme, on a eu le menu un peu tard mais on a dégusté. Puis les « descend me le dire en face », les « casse-toi pauv’ con », une racaille bling bling. Tout, on aura tout eu, jusqu’à la stigmatisation d’un peuple entier, les Roms, responsables de tous les maux. Tellement pratique. A défaut de karchériser les cités, il a défoncé les caravanes. Je ne sais même plus de tout ce qui m’a rendue hystérique, en colère, dégoûtée… Il y en a tant eu que j’ai fini par occulter.

Ainsi va la France. J’espère que ça va pas durer 5 ans de plus.

Et sans trop de rapport et surtout sans la moindre transition, je vous offre mon pronostic premier tour basé sur mon ressenti plus qu’autre chose. Je le balance gratuit, sans le justifier parce que j’ai la flemme (la paresse intellectuelle est un cancer, je sais).

– Nicolas Sarkozy
– François Hollande
– Marine Le Pen
– Jean-Luc Mélenchon
– François Bayrou
– Eva Joly
– Philippe Poutou
– Nicolas Dupont-Aignan
– Nathalie Artaud
– Jacques Cheminade

Oui, je crois que Sarkozy va finir en tête du premier tour car les voix de gauche seront plus éparpillées. Non, je ne crois pas en un phénomène Mélenchon, c’était juste la nouvelle mascotte des médias, comme Chevènement et Arlette Laguiller en 2002 (ahahah) et, il me semble, De Villiers en 1995 (re ahahah).

Dimanche, allez voter ou abstenez-vous pour de bonnes raisons. La pluie n’en est pas une, par exemple.

La leçon de vie des acteurs

Si des fois, tu finis ta journée de travail mécontent car tu as fait de la merde pour répondre aux besoins de tes clients, si des fois, tu te sens sales d’exécuter certaines tâches, je vais te donner mon secret pour revoir la vie en technicolor. Je pense aux acteurs.

Il était une fois un jeune homme (ou une jeune femme, ma fable est unisexe) qui décida de devenir acteur. Plus qu’un métier, une passion. Il prit des cours, travailla dur, il se donnait sans compter pour son métier, n’hésitant pas à brûler les planches dans d’obscurs théâtres à 10 places pour prendre de la bouteille, assouvir sa passion et, avec de la chance, se faire repérer. Une fois diplômé, il courut les castings, plein d’espoir. Aujourd’hui, il a connu son heure de gloire : c’est le monsieur ridicule d’une pub pour banque ou assurance. Voire pire genre la pub Panzani où les mecs chantent faux en souriant dans un décor dessiné ? A chaque fois que je la vois, je pleure pour les acteurs dedans, j’imagine quels ont été leurs rêves et quelle peut être aujourd’hui leur désillusion. Et que dire de la pub Crédit Lyonnais avec les acteurs recalés du cinéma français ? Samuel Le Bihan ou Clothilde Coureau qui hochent la tête face à un banquier qui se croit au souk et leur offre des milliards d’avantages. Non mais imaginez ce qui peut bien se passer dans leur tête. Genre Lebihan qui était un peu une star hypra bankable après la sortie du Pacte des loups, qui a dû se faire un max de pépettes et de soirées de l’ambassadeur et qui se retrouve aujourd’hui à cachetonner dans une pub. Bon, ok, il a dû se faire du blé facile, être payé à rester assis en faisant la moue, ça gère mais on sent bien que sa carrière est plus derrière que devant lui. Ou la Coureau, pareil, sorte d’actrice écorchée vive du cinéma français, ancienne fiancée de l’acteur maudit mort trop jeune et épouse d’un prince, ça fait joli sur le papier. Mais dans les faits, sa carrière se termine face à un faux conseiller financier. Triste, triste, que tout ceci est triste.

Ca met mal à l’aise, hein ? Mais oui, voilà, c’est la vie. Je veux dire que quoi que tu choisisses comme voie professionnelle, y a des moments où faut bien manger et les rêves de gloire et de grandeur attendront des jours meilleurs.Bon, les rêves de grandeur et de gloire sont relatifs dans mon métier : même si on met en place la meilleure appli du monde et que je suis fière à en pleurer, peu de gens sauront que j’ai apporté ma pierre à ce petit édifice mais vous voyez l’idée. La vie professionnelle comporte des moments où on s’éclate, des moments de réussite où on arrive à imposer nos choix et nos préconisations par une subtile argumentation. Et d’autres où le client n’écoute pas, qu’il sait mieux que toi et que vu que les cordons de la bourse sont dans sa main, tais toi et exécute. Non mais pense un peu aux mecs qui ont dû créer la pub Panzani, pense à eux !

Et puis parfois, tu fais des pubs pourries en priant pour que personne ne te reconnaisse et puis un jour, paf, tu es nominé aux oscars. Comme quoi, accroche-toi quoi qu’il advienne, la roue tourne, toujours. Et en attendant, faut bien manger… même des pâtes à la sauce Panzani… aussi !!

PS : Oui, je parle de Dujardin dans une pub pourrie même si pour le coup, à l’époque, il était déjà connu mais c’était avant l’époque Un gars une fille, il était encore dans le Nous C nous

J.Dujardin et B.Salomone – Pub Quick mug par seby9

PS bis : Y a Patrick Bosso aussi qui me donne envie de pleurer quand je le vois faire de la pub pour Point S.

Et voilà, on a atteint le point Sarko !

Je vous parlais il y a quelques temps du point Sarko, il est temps de vous en parler car hier, j’en ai vu tellement que ça m’a donné envie de hurler. En gros, tout comme le point Godwin ou Alonso, c’est le moment de la conversation où un être incapable de défendre une quelconque argumentation lance un « tout ça, c’est la faute à Sarko ». Sauf que des fois, ça tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe.



Hier, un avion d’Air France a disparu, c’est dramatique. On pourrait disserter des heures sur ce qui a pu se passer, il n’en reste pas moins qu’on n’en sait rien alors nos théories, on peut se les mettre où je pense avant de s’indigner sur ça ou ça ou de dire que le gouvernement nous ment et que c’est un attentat. Oui parce qu’hier, j’ai encore cédé à mon vice le plus pervers : lire les commentaires de journaux en ligne. Il faut que j’arrête, c’est aussi nocif que Confessions intimes, ça me force à regarder les yeux dans les yeux la connerie humaine (du moins celle de ceux qui s’expriment) et ça me désespère. Parce que c’est fou comme tout le monde est soudain spécialiste en aéronautique et que tout le monde connaît la vérité. Et voilà qu’arrive notre ami le point Sarko : « de toute façon, c’est la faute de Sarko, ça l’arrange bien pour les européennes, gna gna gna ». Une dame a même dit : « Ce sont pas ces gens là qui auraient dû
être dans l’avion mais l’autre, là ». Il est vrai qu’il coûte plus cher de dire le nom de Sarkozy que de se taire, cf un « casse toi sale con » qui n’a abouti sur rien et un « Sarkozy je te vois » qui a coûté cher à son auteur, bien que personne n’ait encore compris pourquoi.



Alors voilà, maintenant, dans tout débat français, arrive toujours un point où c’est la faute à Sarko, même sur des points où il n’a rien à voir comme la météo ou un crash d’avion, au hasard. Comme je dis souvent : « la plus grande force de Sarkozy, ce sont ses détracteurs ». Parce que la plupart sont tellement cons que ça me donne envie de pleurer. Parce qu’on lui tape dessus tellement pour n’importe quoi qu’il joue sur du velours. D’abord, on ne peut s’empêcher d’ironiser sur sa petite taille. Mais quelle intelligence ! C’est sûr que le gars, il va avoir la contre argumentation facile : « Ma petite taille, c’est tout ce que vous avez à me reprocher ? ». Hé oui, taper sur le physique, c’est facile et ça laisse deviner qu’il n’y a aucun autre argument derrière. Donc si les anti Sarkozystes primaires étaient moins cons, ils chercheraient d’autres arguments et Dieu sait qu’il y en a. Je comprends parfaitement qu’on soit anti Sarkozyste, moi-même je dois l’être puisque je souhaite qu’il dégage en 2012 (mais je n’aime pas trop le « anti », un peu trop extrêmiste). Mais y a quand même bien d’autres choses à dire que de taper sur sa taille. Même sans se pencher sur sa politique, il n’y a qu’à taper sur son français alternatif ou sa didactique assez curieuse pour commencer. Comme disait le Petit journal, il passe son temps à se répéter ou à s’auto contredire, ce qui donne à peu près ceci « Mais aujourd’hui, le drame en France… le drame en France… ce sont tous ces gens qui ne travaillent pas. Oui… Non mais d’accord, on ne peut pas dire ça mais c’est quand même un problème grave… un problème grave. Quoi ? La crise ? Oui, il nous faut la surmonter en proposant des solutions au chômage… des solutions au chômage ». On peut à la limite taper sur son côté bling bling, sur la mise en scène ridicule de son couple (« à plus tard, chouchou ! ») mais bon sang, il y a suffisamment de quoi dire pour ne pas lui inventer des torts supplémentaires. Quand je lis que le crash d’un avion l’arrange ainsi que son gouvernement, là, je dis stop. Vous êtes cons ou quoi ? Quand on voit le nombre d’incidents/crashes que connaît Air France depuis quelques temps (Concorde en 2000, Toronto l’an dernier et le crash d’hier), sans parler de la remise en cause de l’Airbus A 330, Airbus qui est quand même LE moteur industriel de la région toulousaine, je ne vois vraiment pas en quoi ça l’arrange. Sans parler du drame humain qui toucherait pas moins de 25 pays, d’après ce qui a été annoncé. Ah ouais, trop bon pour son image, super.



Bref, ne pas aimer Sarkozy est un droit, je comprends parfaitement vu qu’il me donne parfois envie de pleurer. Mais ça ne nous autorise pas non plus à tomber dans le grand n’importe quoi voire carrément souhaiter sa mort, faut arrêter le délire et réfléchir un peu avant de parler. Parce qu’à force de s’acharner comme ça, à tort et à travers, ça va finir par le rendre sympathique, il va jouer la posture du « En France, le changement dérange mais je ne faiblirai pas malgré les critiques ». Allez, trouvez de vrais arguments (il y en a une foultitude, comme dirait Ségolène ou Chirac, les champions du néologisme), prouvez qu’on peut être intelligemment anti Sarkozyste. Je vous jure, c’est possible.

Où trouver l’homme ? Episode 14-2 : au café après le musée

(je rappelle à mes chers lecteurs que tout ceci n’est qu’une fiction parce qu’en vrai, j’ai pas le droit d’aller au café en journée alors que ça fait 3 bons mois que je suggère l’idée à Ioulia et Simon. Mais Simon étant un chef « sympa-mais-faut-pas-pousser », il me rappelle qu’il faut bosser. Des fois, la fac me manque)

A la recherche du prince charmant
Recommandé par des Influenceurs

La semaine dernière, je vous avais laissé en pleine joute verbale avec le dandy séduisant du musée mais qui commence à grave m’énerver. Du coup, je n’ai plus envie de me marier avec et de lui faire des enfants (au pluriel, ouais) donc je me la joue chieuse. Puisqu’il m’attaque sur Scoop, journal people que je ne lis pas mais dont j’anime le site, je vais le défendre bec et ongles (courts).


« T’as un discours réac typique du mec qui n’a jamais ouvert ce genre de magazine. Tu décides que c’est de la merde parce que ça ne correspond pas à tes stéréotypes d’intello prétentieux qui se considère au dessus de la masse mais qui ne sait absolument pas de quoi il parle. De la même façon, j’imagine que tu craches sur des émissions populaires parce que forcément, ce qui plaît au petit peuple, à la France d’en bas, comme on dit, ne peut être que mauvais. Mais je suis sûre que tu es du genre à consommer ce genre d’émission ou de
magazine en cachette pour mieux cracher dessus.

– J’ai même pas la télé !

– Mais ça importe peu, ça. Tu as déjà lu Scoop ne serait-ce qu’une fois ?

– Certainement pas, je vais pas leur filer de la tune.

– Donc c’est ce que je dis, tu condamnes sans savoir.

– Je l’ai déjà vu chez le dentiste.

– Donc tu l’as déjà lu. Tu vois, tu n’assumes pas.

– Donc si je l’ai lu, j’ai tort, si je ne l’ai pas lu, j’ai tort aussi. C’est assez limité comme argumentation !

– Pourquoi, moi, j’argumenterais alors que toi, tu te contentes de condamner ? Tu veux que je te dise ? Oui, la vie des people, je m’en fiche, il y en a toujours que je ne connais pas alors savoir s’ils sortent avec Jim ou Joe, ça ne changera pas ma vie. Il n’en reste pas moins que ça m’arrive de le lire en vacances parce que ça me prend pas la tête, que le côté gossip m’amuse.

– Et ça t’amuse de savoir qu’à partir du moment où un artiste est connu, il n’a plus aucune intimité ? Ça ne te ferait pas chier, toi, d’être traquée en permanence ?

– Mais enfin, tout dépend comment tu joues le jeu. Des tas d’artistes qui cartonnent ne passent jamais dans ce genre de journaux, ne serait-ce que parce qu’ils ne vont pas dans toutes les soirées people où ils se font arroser de cadeaux, ils ne partent pas en vacances à St Tropez et compagnie. Ophélie Winter tire l’essentiel de ses revenus des procès qu’elle intente à ces journaux alors qu’en partant en vacances à St Trop ou St Barth, elle sait très bien qu’elle sera paparazzée.

– Et ça te dérange pas d’alimenter tout ce système.

– Je n’alimente rien du tout ! Je n’achète pas cette presse mais par contre, c’est une toute petite partie de mon job et c’est aussi ça qui me fait manger. Je vivrais bien aux frais de l’Etat mais tu vois, j’aime gagner mon argent. Surtout que j’y travaille ou pas, ça ne changerait strictement rien. Maintenant, le gossip a toujours existé, les potins, ça circule, qu’on parle de stars, de collègues, de relations… On fait même du potin avec les politiques et finalement, c’est juste parce que les gens adorent partager les scoops, c’est comme ça. On a tous nos petits travers et je trouve celui là moins nocif que d’autres. »

Il gratifie mon joli discours d’une moue dédaigneuse. Apparemment non seulement je ne l’ai pas convaincu mais en plus, le peu d’estime qu’il avait pour moi, il l’a oubliée au musée. Mais, là, je suis remontée, je suis partie. La semaine prochaine, je l’atomise. Juste pour le fun.

Les polémistes sont-ils des génies ?

 Semaine dernière, je tombe sur Pif-Paf, l’émission sur la télé de Paris Première présenté par Philippe Vandel avec, entre autre Isabelle Morin-Dubosc que j’aime bien. Le
dossier de la semaine portait sur les polémistes et, évidemment, sur le plateau, il y avait Eric Zemmour pour qui j’ai toujours eu beaucoup de mépris. Mais finalement, en l’écoutant parler, je me suis demandée si, quelque part, c’était pas un génie. Continuez l’article avant de me taper, hein. Parce que moi-même, de dire ça, j’ai envie d’aller me mettre la tête dans les toilettes et de tirer la chasse mais vous allez voir.
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Qu’est-ce qu’un polémiste ? C’est un mec qui squatte un plateau télé et qui n’est jamais d’accord. Parce que ça fait de la bagarre, des cris, parfois même des invités qui quittent le plateau et après, on passe au zapping, huhuhu. Par exemple, chez Ruquier, on a (ou avait, j’ai pas regardé depuis plus d’un an) Zemmour, donc, à côté de Michel Polac, ce qui fait que parfois, l’invité ne peut même plus parler tant les deux rhétorisent joyeusement sur le sujet. Les polémistes aiment astiquer les inviter, les pousser dans leurs derniers retranchements. Par exemple, dans Pif Paf, ils montrent une passe d’arme entre Romane Bohringer venue défendre le DAL (droit au logement) et le fameux Zemmour qui part sur le « non mais le DAL, ils font venir des gens, c’est du faux ! ». Et Romane de s’énerver et comme elle n’arrivait pas à argumenter, de se lever en secouant les bras. Retour sur le plateau de Pif Paf, Zemmour s’explique : « ce que je veux, c’est qu’elle m’explique pourquoi elle défend cette cause et comme elle n’y arrive pas, elle fait son actrice. » Et là, pour la première fois de ma vie, je me dis que, merde, il a raison. Bien sûr, sur le fond, même si les SDF du DAL n’en sont pas vraiment, j’ai tendance à dire que ce n’est pas le problème. Les SDF, ça existe hors caméra, j’en croise (hélas) tous les jours et je peux comprendre qu’ils aient pas envie d’être exhibés devant les caméras. Mais là, Romane a été incapable de rétorquer quoi que ce soit, de sortir du discours appris par cœur. Bien sûr que la cause du DAL est noble et personne ne peut décemment dire « s’ils n’ont plus de logement, c’est leur faute, au fond, laissons les crever ! ». Justement, défendre une cause entendue veut-il dire qu’on ne doit pas réellement la défendre ? Chaque people a sa noble cause. Après tout, avec toute la tune qu’ils touchent, qu’ils en rendent à ceux qui en ont besoin, c’est limite la moindre des choses. Nos stars défendent tous un truc, chantent tous aux restos du cœur mais parfois, on peut se demander les réelles motivations. Les enfoirés, par exemple, on leur reproche souvent d’en profiter pour faire un peu de promo pour leur dernier album, se faire une image de people soucieux de son prochain et généreux. Ok mais au fond, on peut aider les restos du cœur autrement qu’en achetant leurs CDs.

Mais revenons à nos polémistes. Il est des causes qu’on pense ne pas avoir besoin de défendre, tout comme des opinions dans certains milieux. Par exemple, dans une fac de sciences humaines, sortez un « Sarko est un enfoiré », on vous approuvera. Vous pouvez même le dire sans le penser ou sans savoir bien pourquoi, on vous demandera pas d’argumenter. Et ça m’énerve un peu. J’aime bien que les gens m’expliquent pourquoi ils pensent ceci ou cela. Je suis bien consciente qu’en matière de politique, l’opinion ne se forme finalement que sur une interprétation des faits mais ça n’empêche pas qu’on dépasse le slogan vide de sens pour expliquer un peu pourquoi on en vient à penser ça. Surtout que c’est pas les arguments et exemples qui manquent hein…Et ça marche pour les SDF. Evidemment qu’on veut les aider à avoir un logement décent mais c’est pas tout de le dire. Qu’as-tu à proposer ? As-tu autre chose à dire que c’est dramatique comme situation ? Parce que juste dire ça, c’est à la portée de n’importe quel abruti venu. Et là, je comprends le principe de Zemmour qui s’oppose toujours pour pousser l’artiste qui défend sa cause à dépasser la simple déclaration lénifiante.

Evidemment, pour Zemmour, ses positions anti conformistes et hyper réac font parler de lui. De ce point de vue là, il a tout compris au système. Ceci étant, deux questions se
posent à moi : est-il un hyper réac ou un opportuniste médiatique ? Mais surtout, peut-on soutenir n’importe quelle position juste par jeu polémique ou arrive un moment où notre volonté d’en découdre rentre en conflit avec nos opinions ? Parce que moi, j’aime bien polémiquer, pousser les gens à aller au-delà de la simple phrase choc finalement vide de sens mais je n’arrive pas à aller trop loin, défendre ce qui me paraît indéfendable juste par principe.