L’annonce faite aux parents

Maintenant que Jonichou et moi avons un peu décidé à quoi allait ressembler notre mariage, il faudrait voir à en parler, histoire que les gens soient un peu au courant quand même. Ok mais on le dit à qui d’abord ? Non parce qu’on connaît le phénomène traînée de poudre de la rumeur : tu le dis à trois personnes, tout le monde est au courant en 5 mn. C’est donc logiquement que nous allons d’abord en informer nos parents (et nos frères et soeurs si on en a).

Alors comment annoncer ce genre de nouvelles aux parents ? Rappelons que nous sommes censés nous marier qu’une fois dans notre vie, c’est pas trop un truc qui se dit au téléphone genre « hé, maman, ça va ? Moi oui, le chat a vomi cette nuit et sinon, je me marie. Et toi, tu racontes quoi ? ». Non non, ça le fait pas. Il faut être un peu inventif. En plus, moi, j’ai un sérieux handicap : ma soeur est passée avant (idem pour le bébé, d’ailleurs. Et voilà, on traîne, on traîne et on perd la primauté. Je crois qu’elle se venge du bac : quand elle a su mon résultat, elle a angoissé à l’idée de pas faire aussi bien).

Bon, faut que ce soit un peu inattendu et « pop! » (oui, j’invente une expression, voilà). Genre faire un cadeau rigolo qui veut dire ce qu’il veut dire ou tiens, me vient une idée. Je suis une fana de photos, je pourrais dire à mes parents que je veux leur montrer des photos et en plein panorama, paf, une photo de Jonichou en train de me demander en mariage ou des photos un peu genre trash the dress… Non parce que j’avoue que le trash the dress est un peu le truc ultime qui me motive pour un mariage. Quoi que je crois que je préfèrerais être derrière l’appareil et non devant même si j’ai pas très envie que les mariés m’imposent leurs envies. Non parce que y a des mariés qui ont des goûts de chiotte quand même… Ouais ben heureusement que j’ai pas choisi photographe de mariage comme carrière…

Bref, faut que ce soit surprenant pour susciter des « oh c’est pas vrai ?!? » et des larmes de joie. Bon, faut dire que j’ai tellement préparé le terrain avec mes parents en mode « moi, le mariage, bof », que peu importe la façon dont je pourrais l’annoncer, ça fera forcément son petit effet ! Finalement, j’ai, dès le départ, adopté la bonne stratégie : être blasée pour qu’on croit que ça ne m’arrivera jamais.

Ou alors j’offre la boîte des mariés Playmobils ?

Vu comme l’annonce est délicate, je n’ose imaginer le reste de l’histoire. Mais oui, dans ma famille, on aime se compliquer la vie un peu et faire les choses différemment.

PS : si t’as un peu envie de nous raconter comment tu as annoncé ton mariage à ta famille, c’est le moment !

C’est comme déballer ses cadeaux avant Noël

Je vous reparle encore des Présidentielles mais j’ai choisi un point léger qui m’a un peu interpellée dimanche (et le 22 avril). Je passerai sous silence ma colère face aux messages haineux et aigris lus depuis quelques jour. Certains ont la défaite très mauvaise, inutile de tenter de leur expliquer quoi que ce soit. Puis j’en ai marre de me faire traiter de facho dès que j’argumente…

Dimanche soir, 20h, le visage du nouveau Président s’affiche sur nos écrans et Solférino est en liesse, on crie, on saute sous un déluge de confettis et de ballons siglés PS. On a gagné ! Sauf que cette ivresse était hypocrite dans sa spontanéité : en arrivant à 18h, je savais le nom de notre nouveau Président grâce à nos amis belges. Seul le score n’était pas bon (53-47 nous disait-on).

Lundi, j’ai consulté le top très intéressant de Topito sur les animations des chaînes pour annoncer le nom du gagnant. Animations plus ou moins bonnes ou ratées selon les chaînes. D’ailleurs, une question m’interroge : dans la révélation Canal +, que foutait Benoît Hamon dans les sous-sols de la chaîne ?

J’ai eu une pensée pour les équipes infographistes ayant imaginé et mis sur pied cette animation et j’ai eu un peu de peine pour eux. Puis pour nous. Les élections n’auront donc plus le même goût ? Vous vous souvenez, quand on attendait le résultat dans un état d’excitation mêlé d’espoir et de peur ? Qu’on guettait les ambiances des QG, la gueule des journalistes pour tenter de deviner… J’aurai toujours en mémoire ce fameux 21 avril 2002 quand c’est le visage de Le Pen qui s’est affiché à la place de celui de Jospin, le coup dans l’estomac, la stupeur qui tort les boyaux, la tarte à la rhubarbe qui ne passait plus… Je me souviens, j’etais au téléphone avec Guillaume 1er qui venait de m’appeler pour me dire qu’il se passait quelque chose de grave. Je crois meme que j’ai crié « non ! » Et soudain la nécessité de vite quitter la maison pour ne plus entendre ma mère exulter des paroles du genre « dans vos gueules connards de gauchos ! ». Oui bon moi et mon vote NPA, on va se rentrer à Toulouse…

Ne vivra-t-on plus jamais ce suspense ? Cette boule au ventre ? Cette douce et excitante sensation qu’on est peut-être à la croisée des chemins ? Vous me direz que dimanche, je n’ai pas joué le jeu de moi-même. J’aurais pu ne pas aller sur Internet et rester sagement chez moi en attendant 20h. Sauf que je suis hyper connectée et qu’une fois à Solférino, il était juste impossible de ne pas savoir. Je chouine mais je suis la première à ne pas jouer le jeu. Un peu comme le jour des résultats du bac où je pianotais sur le Minitel pour ne pas attendre l’affichage fatidique sur les murs du lycée. À la différence que quand je suis partie voir les résultats, le 3615 bac ou Dieu seul sait quoi restait désespérément coi.

Je me demande comment ça se passera en 2017. Est-ce que ce serait pas un peu cool d’imaginer que les seuls à avoir les résultats soient ces fameux infographistes ? Même pas les journalistes (qui ne feraient donc pas la gueule comme dimanche. Sauf Élise Lucet qui faisait limite la roue) ni les politiques, juste les infographistes. Histoire que la surprise soit réelle.