C’est comme déballer ses cadeaux avant Noël

Je vous reparle encore des Présidentielles mais j’ai choisi un point léger qui m’a un peu interpellée dimanche (et le 22 avril). Je passerai sous silence ma colère face aux messages haineux et aigris lus depuis quelques jour. Certains ont la défaite très mauvaise, inutile de tenter de leur expliquer quoi que ce soit. Puis j’en ai marre de me faire traiter de facho dès que j’argumente…

Dimanche soir, 20h, le visage du nouveau Président s’affiche sur nos écrans et Solférino est en liesse, on crie, on saute sous un déluge de confettis et de ballons siglés PS. On a gagné ! Sauf que cette ivresse était hypocrite dans sa spontanéité : en arrivant à 18h, je savais le nom de notre nouveau Président grâce à nos amis belges. Seul le score n’était pas bon (53-47 nous disait-on).

Lundi, j’ai consulté le top très intéressant de Topito sur les animations des chaînes pour annoncer le nom du gagnant. Animations plus ou moins bonnes ou ratées selon les chaînes. D’ailleurs, une question m’interroge : dans la révélation Canal +, que foutait Benoît Hamon dans les sous-sols de la chaîne ?

J’ai eu une pensée pour les équipes infographistes ayant imaginé et mis sur pied cette animation et j’ai eu un peu de peine pour eux. Puis pour nous. Les élections n’auront donc plus le même goût ? Vous vous souvenez, quand on attendait le résultat dans un état d’excitation mêlé d’espoir et de peur ? Qu’on guettait les ambiances des QG, la gueule des journalistes pour tenter de deviner… J’aurai toujours en mémoire ce fameux 21 avril 2002 quand c’est le visage de Le Pen qui s’est affiché à la place de celui de Jospin, le coup dans l’estomac, la stupeur qui tort les boyaux, la tarte à la rhubarbe qui ne passait plus… Je me souviens, j’etais au téléphone avec Guillaume 1er qui venait de m’appeler pour me dire qu’il se passait quelque chose de grave. Je crois meme que j’ai crié « non ! » Et soudain la nécessité de vite quitter la maison pour ne plus entendre ma mère exulter des paroles du genre « dans vos gueules connards de gauchos ! ». Oui bon moi et mon vote NPA, on va se rentrer à Toulouse…

Ne vivra-t-on plus jamais ce suspense ? Cette boule au ventre ? Cette douce et excitante sensation qu’on est peut-être à la croisée des chemins ? Vous me direz que dimanche, je n’ai pas joué le jeu de moi-même. J’aurais pu ne pas aller sur Internet et rester sagement chez moi en attendant 20h. Sauf que je suis hyper connectée et qu’une fois à Solférino, il était juste impossible de ne pas savoir. Je chouine mais je suis la première à ne pas jouer le jeu. Un peu comme le jour des résultats du bac où je pianotais sur le Minitel pour ne pas attendre l’affichage fatidique sur les murs du lycée. À la différence que quand je suis partie voir les résultats, le 3615 bac ou Dieu seul sait quoi restait désespérément coi.

Je me demande comment ça se passera en 2017. Est-ce que ce serait pas un peu cool d’imaginer que les seuls à avoir les résultats soient ces fameux infographistes ? Même pas les journalistes (qui ne feraient donc pas la gueule comme dimanche. Sauf Élise Lucet qui faisait limite la roue) ni les politiques, juste les infographistes. Histoire que la surprise soit réelle.

La victoire de l’Homme normal

Je n’avais pas prévu au départ de parler de la victoire de François Hollande et puis, finalement si. Courage, je vous promets des articles très futiles dans les prochains jours pour compenser. Mais hier soir, alors que j’étais prise dans la foule à Solférino et que le résultat officiel est tombé, que les gens sautaient de joie en hurlant de bonheur, j’ai repensé à ceux qui se gaussaient de Hollande y a un an en disant qu’il n’avait aucune chance. Et j’y ai vu une sublime leçon de vie.

Je l’avais confessé alors que DSK était annoncé comme prochain président : j’ai toujours bien aimé François. Il incarne une force tranquille admirable, une fidélité sans faille, un homme droit. Il a préparé son tour avec soin et a su partir au bon moment, menant une campagne propre. François, c’est aussi l’anti-bling bling. Ce que François n’est pas est aussi important ce qu’il est. Il n’est pas La France que j’exècre, cette France des médiocres élus sur des mensonges, des faux semblants, l’image d’un candidat qui se présentait proche des Français qui n’a même pas tenu une nuit. François n’est pas arrogant, méprisant, à la limite de la violence. Pour reprendre l’expression de Sarkozy face à Ségolène Royal, lui, il sait « garder ses nerfs ».

La victoire de François, c’est la défaite de l’homme d’apparence, ce genre d’individus que j’abhorre et qu’on croise tous à un moment dans notre vie : celui ou celle qui nous endort avec de belles paroles ou promesses masquant à la perfection leur incompétence crasse. Sauf que nul vernis n’est éternel et un jour, on se réveille avec une sale gueule de bois. Je ne peux pas dire que Sarkozy ait réussi à m’endormir, je n’ai jamais cru en lui mais je peux comprendre l’espoir qu’il a pu incarner, un espoir de changement. Bonjour la gueule du changement…

La victoire de François, c’est la victoire d’un homme « normal ». Un homme cultivé et intelligent, un travailleur mais un homme comme vous et moi qui a des valeurs. Je ne peux pas dire qu’il révolutionnera la France, je pense qu’il fera du mieux qu’il pourra sans faire passer ses intérêts avant ceux de la Nation. J’aimerais être dans sa tête, là, maintenant. Ce gars qu’on prenait tous pour un perdant, que nul ne voyait triompher. Il est là, il est Président. Personne ou presque (je t’ai entendue crier derrière ton écran mais je sais que tu es une Hollandiste de la première heure) n’aurait parié sur lui y a un an. Et il l’a fait, il l’a juste fait. Je peux pas m’empêcher de trouver cette victoire émouvante ne serait-ce que pour ça. Parce que ça nous montre que tout est possible, pour tous, que rien n’est insurmontable.

Hier soir, la France a choisi : entre le bling bling, le mépris, la colère et l’honnêteté, la rigueur et la modestie, elle a opté pour la seconde option. J’ai espoir que ce soit significatif pour des gens comme moi qui préfèrent être consciencieux plutôt que morveux, qui préfèrent travailler bien plutôt que fanfaronner fort. Le changement est radical, il était nécessaire.

Je suis aujourd’hui fière de mon Président et confiante. Un homme serein et digne, c’est ce dont nous avions besoin. Je resterai droite dans mes convictions, j’ai voté pour un homme mais aussi un projet, une vision de la société. J’attends de cet homme qu’il tienne ses engagements, j’y serai attentive.

Ce dimanche, je vais voter pour François Hollande parce que…

Par So Long

[Aujourd’hui, on accueille So Long qui tint un blog dans le temps donc si son pseudo ne vous est pas inconnu, c’est normal]

La campagne des Primaires Citoyennes touche à sa fin, ce dimanche certains d’entre nous iront voter en ayant la sensation que le destin de la France se joue au creux d’une urne. Ce dimanche, j’irai voter, et je voterai pour François Hollande.


Je voulais m’investir dans la campagne et me battre au côté d’un homme en lequel je crois, profondément, viscéralement. Je voulais participer, débattre, et enfin apporter ma pierre à l’édifice. Des raisons amicales ont fait que je me suis effacée au moment où j’aurais dû prendre la main. Je ne le regrette pas, mon vote n’en aura pas moins de valeur et je continue de seriner mon entourage avec mes longues explications sur la nécessité de voter aux primaires. Même si on n’est pas socialiste. Même si on n’est pas totalement de gauche. Même si on ne sait pas trop qui choisir. Après tout, un vote blanc est également possible… Je ne le fais pas par militantisme. Je n’ai pas l’âme d’une militante, je le fais par convictions. Militer et convaincre sont en réalité deux choses bien distinctes… subtilement différentes mais c’est cette subtilité qui me plait.

J’étais militante en 2007. J’ai passé des journées entières dans les rues à la rencontre des gens pour leur expliquer que Ségolène Royal était la bonne alternative. J’ai cru en cette campagne. Je l’ai portée dans ma chair. Comme beaucoup d’autres. La campagne de 2007 était instinctive, on l’avait dans nos tripes. C’est la raison pour laquelle les gens haïssent tellement Ségolène Royal aujourd’hui. Contrairement à nombre de mes camarades de l’époque, je ne la déteste pas, je ne la trouve pas idiote, nulle et incompétente. Je pense qu’elle reste une femme de qualités, une femme debout comme elle le dit… et que ses maladresses, bourdes et autres saillies mal venues ne seraient pas interprétées de la même façon si elle n’avait pas perdu à l’époque. Je me revois à Solférino le soir du second tour. On savait déjà depuis plusieurs heures qu’elle ne passerait pas. On cachait nos larmes aux caméras pour que le monde continue de croire à la cérémonie de 20h pétantes. Mais on savait, dès 17h. C’était d’ailleurs Christiane Taubira qui était venue nous l’annoncer. Et les heures qui ont suivies, on n’attendait qu’une seule chose, que son dernier discours nous prenne aux tripes. Encore. Ce qu’elle a fait. Quiconque était présent ce soir là quand elle est apparue au balcon pour prendre la parole ne pourra nier qu’elle a su distiller une espérance sans précédent. Et pourtant, je n’étais pas royalienne à la base. J’étais aux Jeunes Socialistes Révolutionnaires (une mouvance pro-Montebourg)… c’est dire si je n’étais pas Royalienne. Mais ce soir là, je croyais en cette femme. La haine qu’elle provoque aujourd’hui est à la mesure de la ferveur qu’elle a suscitée. Et à la mesure de l’horreur que nous vivons depuis près de 5 années maintenant.

Pourquoi cet intermède sur 2007 alors que je dois vous parler de ce dimanche ? Parce que cette campagne à l’époque était une sorte de combat de boxe, de marathon… c’était physique, intense. C’était primaire. C’était beau aussi quelque part. Mais ça a été notre échec. Le simple fait qu’on soit face à un homme et une femme ne pouvait pas rendre la campagne très différente. Elle renvoyait à l’instinct le plus primitif.

Cette année, je suis bien plus vieille. C’est ma seconde campagne présidentielle en tant qu’électrice. Cette année je ne veux pas d’une campagne primitive. Je veux une campagne digne, intelligente, optimiste. La campagne de François Hollande est tout cela à la fois. Parce qu’on est face à un homme digne, intelligent, optimiste. Parce qu’on est face à un homme qui saura redonner une dignité à la France. Ce n’est pas rien… cette dignité, on l’a perdue depuis bien longtemps. On l’a perdue en 2002. Donc je n’irai même pas accuser Sarkozy… j’accuse seulement les Français. C’est moche, mais c’est ainsi. Et cette année pour la campagne, je ne veux pas faire reposer mon vote sur mes tripes, je veux que mon vote soit celui qu’il devrait être pour chacun, je veux avoir foi en mon candidat, je veux que ce soit le signe d’une confiance mesurée, je veux que ma souveraineté soit remise entre les mains de quelqu’un qui saura la défendre, qui saura en faire une valeur noble.

Ce dimanche, je voterai François Hollande parce que je retrouve dans son discours une cohérence qui me correspond, une intelligence qui me parle, une distinction qui me plait. Ce dimanche, je voterai François Hollande parce qu’il est le seul qui m’apparaît capable d’œuvrer pour le bien commun. Parce qu’il est le seul qui sait vraiment rassembler. Parce qu’il est optimiste. Parce qu’il pense que la jeunesse est un bien précieux et qu’elle doit être traitée avec les égards qu’elle mérite. Ce dimanche, je voterai François Hollande parce qu’il sait faire de la politique avec noblesse et qu’il me redonne foi en ce que je fais, au quotidien : travailler à la rénovation des liens entre l’Etat et les citoyens.