Le débat n’existe pas

Le saviez-vous ? Ce week-end, on vote pour élire notre futur President, youpi ! Qui dit élections dit débat. Enfin, « débat » ne me parait pas le mot puisque quels que soient les protagonistes de la discussion, ce ne sont que chicaneries, chacun restant sur ses positions. Et c’est assez normal.

Diner au McDo avec Anna après le navrant Young Adult, on commence à discuter un peu politique. Après lui avoir exposé ma théorie de « 2014-2015, virage du siècle, un grand soir se prépare », on parle de prochain élections à base de « quel que soit le candidat élu, rien ne changera fondamentalement », elle me répond « moi, j’aime pas parler politique, ça sert à rien… (d’en parler, s’entend) et je suis assez d’accord. Anna et moi ne sommes pas du même bord (oui, de mon trio de plongeuse, je suis la seule de gauche d’où sans doute le manque relatif de discussions à ce sujet. Hormis mes théories mais les théories, c’est comme les métaphores, je peux pas m’en passer). Nous avons chacune une opinion politique née de nos expériences de vie, de notre éducation, des milieux fréquentés. Jeune, j’étais dans une fac très (très) à gauche, certain choses me paraissent plus essentielles que d’autres (l’éducation est notre avenir par exemple), mes valeurs sont de gauche, c’est comme ça. Je ne connais pas le parcours d’Anna en matière de réflexion politique mais ce n’est pas parce que nous ne sommes pas du même bord que son opinion a moins de valeur que la mienne. Surtout qu’elle n’est pas Sarkozyste (ça, ça l’aurait éliminée de mon cercle d’amis d’office !) et est plus proche du çentre que de la droite-droite… Bref.

Nous avons donc chacune notre opinion. Tout comme la plupart des individus. Certains ont une opinion molle due à un manque de réflexion ou d’intérêt pour la chose politique et adoptera l’avis de celui qui çrie le plus fort pour avoir la paix (mais crier n’a jamais donné raison). Mais si on prend 2 individus lambda avec un avis solides, construit au fil des années, l’un de droite, l’autre de gauche, il est inutile d’espérer un débat constructif. Au mieux sera-t-il cordial mais en conclusion, chacun restera sur ses positions. On pourra avoir quelques concessions de ci de là, des consensus mous mais jamais ô grand jamais une totale conversion de l’une des parties. Dommage, çe serait drôle dans un débat tele, un candidat ou un politique qui fait unt totale volte face « Mais vous avez raison Mme Berthier. J’étais dans l’erreur depuis 30 ans, vous m’avez ouvert les yeux ! Demain, je rends la carte de mon parti et je viens m’encarter chez vous.  » Ce serait tellement génial. Malheureusement, les conversions sont souvent plus opportunistes qu’idéologiques (coucou Eric B.!).

Non, ça ne se passe pas comme ça et j’ai envie de dire « heureusement ! ». Non mais imaginez un peu le drame : vous avez une opinion construite depuis 30 ans et il suffit d’un débat pour tout détruire. Désespoir total ! Attention, je ne dis pas qu’il faille être buté, l’opinion la plus construite du monde souffre toujours de failles, d’approximation et je pense que quel que soit notre bord, y a toujours un truc qui peut nous plaire en face (mais si allez !). Il ne faut pas être stupidement buté, il faut aussi écouter l’autre et même si on n’est pas convaincu par son système de pensée, ça ne fera de mal à personne de chercher à le comprendre (car comprendre n’est pas cautionner). Le problème, c’est que l’opinion est quelque chose de profond, limite de viscéral, le débat posé est rarement possible. Déjà à mon niveau, quand je lis certains tweets de droite, j’ai envie de tâcler les personnes, surtout celle qui pensent qu‘attaquer Hollande sur sa coiffure ou sa perte de poids est un argument. Ou ceux qui pensent que Poutou est forcement stupide car ouvrier et qu’il ne connait pas la vraie vie. La vraie vie de qui, de quoi ? Mystère. Mais je ne dis rien car je ne vois juste pas l’intérêt, il n’y aura pas de débat, on en restera à des « j’ai raison, t’as tort » – « non, toi d’abord ! » pour finir dans le pire des cas aux insultes. Bof.

Les politiques, eux, c’est pire : admettre que l’adversaire a raison à la télé, c’est lui refiler un paquet de voix et en perdre pas mal vers d’autres candidats, plus solides. Non, mais c’est vrai, imaginez que vous hésitiez entre Sarko et Hollande et que l’un des deux admette que l’autre a raison, vous vous dites « ah ben même son adversaire reconnait qu’il est dans le vrai, je vote pour lui ! ». Naufrage.

Mais bon, le débat politique, ça divertit, on renoue avec la bonne vieille tradition des tribuns et ça permet de constater qui est de droite (Sarko a mis une fessée à Fabius) et qui est de gauche (Fabius a mis la fessée à Sarko) sur vos réseaux sociaux et sourire quand chacun se reproche son manque d’objectivité.

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