La dystopie échoue-t-elle à prévenir ?

Article totalement inspiré (pompé ?) de la vidéo du Fossoyeur sur l’échec de la science fiction parce que comme je suis en pleine passion pour les dystopies, forcément, ça crée un écho en moi. Je vous remettrai le lien en fin d’article pour bien regarder la vidéo qui est hyper intéressante. Mais voilà, la question se pose : la dystopie échoue-t-elle à prévenir ?

La dystopie échoue-t-elle à prévenir ?

J’aime les dystopies car au-delà de l’univers dans lequel elles nous amènent (pour peu que celui-ci soit à minima bien construit), elle pose des questions sur différents sujets : la société, l’environnement, la technologie, la science ou encore la survie de l’humanité. Et j’avoue que sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, l’actualité des dernières années nous fournit matière à imagination. Outre le réchauffement climatique dont les scénarii d’évolution crédibles nous racontent une future apocalypse, nous avons bien sûr la question des inégalités sociales ou encore sur nos libertés individuelles. Quand je vois des sondages où les Français interrogés déclarent ne pas avoir de soucis à avoir plus de liberté si ça leur garantit plus de sécurité (quand on voit le succès de l’Etat d’urgence, je me demande à quel moment les libertés qu’on a perdu nous ont assuré plus de sécurité mais passons), je me dis que 1984 n’est pas si loin… d’ailleurs, j’ai toujours un sourire triste quand je vois passer en manif des pancartes “1984 n’est pas censé être un manuel d’utilisation”.

1984 n'est pas censé être un manuel d'utilisation

1984, justement, un monument, sa lecture devrait être obligatoire. Cependant, j’ai l’impression qu’il y a toujours une partie des lecteurs qui vont se dire que non, faut pas exagérer, ça n’arrivera jamais. Pourtant, la réécriture de l’histoire n’est pas un pur délire d’écrivain. Pourtant la surveillance de masse n’est pas un pur délire d’écrivain. Pourtant, on se mange de la novlangue Start Up Nation tous les jours… Pourtant grâce à nos téléphones et réseaux sociaux, on sait toujours où l’on est…  Orwell a écrit ce roman en 1949 et ses thèmes sont pourtant toujours furieusement d’actualité… On pourrait aussi citer Ravage de Barjavel qui prévient sur les dangers d’un tout technologique qui finirait à nous péter à la figure, dénonçant notre dépendance totale à celle-ci. On pourrait citer Fahrenheit 451 de Bradbury avec la lobotomisation des citoyens qui ne pensent plus… ou l’humoristique mais néanmoins préoccupant Idiocracy… Même si l’expression “du pain et des jeux” ne date pas d’hier, je suis toujours effrayée par les défenseurs de la télé poubelle (coucou les Fanzouzes) qui hurlent à leur droit à se divertir, à se “vider la tête”, quitte à acclamer un show oppresseur sans être capable du moindre recul. Même aujourd’hui, quand tu fais remarquer à un média qu’ils se sont un peu oublié sur l’orthographe, t’as toujours Jean-Luc Inculte qui vient t’expliquer que “ohlala, ça va, c’est juste une faute, osef de l’orthographe, quoi”. Mandieu.

Tatouage avec faute d'orthographe

A quoi c’est dû, ce refus de voir que ça dérape, que même si le trait est grossi parce que c’est une oeuvre de fiction, il y a des motifs d’inquiétude ? Est-ce un optimisme naturel, un pouvoir de résilience instantané chez l’être humain, l’éternel syndrome de la grenouille bouillie lentement mais sûrement ? Est-ce notre dépendance au confort et à la technologie (coucou Barjavel !) qui nous rend si mou, si prêts à tout accepter tant qu’on peut continuer à regarder des merdes sur notre écran plat géant avec dolby surround et tout le toutim ? Ou juste la fatigue, le sentiment que de toute façon, toute résistance est vaine et condamnée à l’échec ?

Manifestants masqués

Photo illustrant un article très intéressant sur la désobéissance civile face aux projets inutiles (avec pas mal de contenus sur les ZAD), clic sur la photo pour aller lire

Ou alors on n’est pas encore assez loin sur le chemin du pire mais que ça finira par éveiller les consciences ?

Et on retourne vers la vidéo du Fossoyeur, bonne journée ou soirée.

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S’engager en politique ?

[Article écrit il y a deux ou trois semaines donc je ne connais pas le résultat du premier tour des législatives mais je sens que je vais bien pleurer dimanche soir] Bien le bonjour ! Ca va la Macronie ? Moi ça va mais je ressens comme un fourmillement, une envie au fond de moi, un grondement de plus en plus puissant… Je veux changer les choses. Pour de vrai, pas juste en tapant quelques articles de ci de là sur mon coin du web ou en retweetant à ma communauté des propos qui ne les convaincront que s’ils sont déjà convaincus, en gros. Eduquer, communiquer, ce n’est certes pas rien mais il est temps de quitter son fauteuil de bureau et d’agir “dans la vraie vie”, comme on dit. Je veux m’engager ! Mais comment ? Pourquoi ? Dois-je choisir la voie honnie pour faire bouger les choses à savoir s’engager en politique.

Femme forte

Je n’aime pas la politique, je l’ai déjà dit. Les magouilles, les pousse-toi que je m’y mette, l’oubli de ceux que l’on est censé représenter (les citoyens) pour grimper sa petite échelle, ça, je peux pas. Mais étant, souvent malgré moi, une citoyenne concernée et inquiète, je ne peux pas juste tout balayer d’une main et vivre ma petite vie en me foutant du reste. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Alors que je vois le monde qui ne va pas mieux (euphémisme), je me dis que je dois apporter ma pierre à l’édifice, même si celle-ci a plus la gueule d’un caillou mal branlé. Râler derrière son écran, c’est quand même globalement stérile même si des fois, tu peux apprendre quelque chose à quelqu’un. Des fois, pas tout le temps.

Râleuse

Alors s’engager, ok, mais quoi ? Où ? J’avais assisté dans des temps anciens à une réunion de section du PS et j’avais été saoulée d’entrer par la petite bagarre d’egos entre les uns et les autres. Il y avait là une fracture entre les citoyens concernés et ceux qui s’imaginaient une carrière. Fin du game pour moi. Quelques années plus tard, un de mes camarades décide de s’investir dans la lutte contre le nucléaire : d’abord très actif sur les réseaux sociaux, il tombe quelques mois plus tard dans le mutisme. Je lui demande donc s’il est toujours impliqué “non, j’ai laissé tomber. Tous les gens là-dedans, ils sont là parce qu’ils espèrent monter en politique”.

s’engager en politique

Au défilé du 1er mai, je n’ai pas su si la dame avait choisi cette couleur de ballon exprès mais j’avoue que ça m’a fait rire

Alors me voici, là, à me gratter la tête pour savoir quelle direction prendre. Je sais déjà ce que je ne veux pas mais comment être sûre ? J’ai pensé à Greenpeace mais à mon avis, le côté politique est bien présent… Alors je discute, je me renseigne. J’hésite. Je dois définir ma priorité. L’écologie, l’environnement. Oui. Mais l’éducation aussi, c’est important, non ? Je veux dire à quoi ça sert de militer dans son petit coin quand les gens sont murés dans leurs certitudes. Oui, les certitudes ça peut évoluer mais pas toujours. Et puis y a les Migrants, on peut pas laisser faire. Et puis… et puis… Et puis il y a ce parti. Ce parti avec qui je suis quasiment toujours d’accord sur le projet de société, ce parti presque parfait… ne serait-ce l’opportunisme gonflant de ses têtes d’affiche prêtes à s’aplatir pour choper un ministère, voire un secrétariat d’état. Ce parti là qui se souvient de son moteur qu’épisodiquement, dont les têtes de proue se taisent étrangement sur quelques projets gouvernementaux catastrophiques pour l’environnement genre Notre Dame des Landes, Sivens, la ferme des mille vaches… A part quelques fulgurances de ci de là, une Duflot qui monte régulièrement au créneau, un Jadot qui négocie la fin du projet Notre-Dame-des-Landes et la sortie du nucléaire en s’alliant à un Hamon déjà perdant. Par contre, sur le terrain, ça agit, ça vitupère, ça ne laisse pas faire.

S'engager pour l'écologie

Alors oui, je vais y aller. Je vais attendre la fin des élections législatives et puis, j’irai. Surtout que ma candidate EELV locale, elle a l’air bien inspirante. Mais attention, je ne ferme pas les autres portes. Parce qu’il est possible que je finisse dégoûtée comme je le craignais, je dois aussi investiguer les associations… En attendant mon blog citoyen qui arrivera, promis.

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J’aime pas mon métier, en fait.

Il y a 10 ans, j’arrivais, fringante et un peu excitée dans une petite SSII dans le XVe arrondissement de Paris pour débuter mon premier CDI. Le 16 avril 2007 (oui, y a un an et 2 jours mais j’allais pas publier un article sur le travail un jour où on en travaille pas, justement). 10 ans plus tard, j’ai progressé, doublé mon salaire et je parle comme une sale marketeuse. 10 ans que j’essaie d’évoluer car j’aime pas mon métier.

démotivation pour aller au travail, j’aime pas mon métier

Absolument tout à fait ça

Pour ceux qui tomberaient ici sans me connaître, je suis marketeuse dans les réseaux sociaux : community manager, social media manager, social paid media manager, stratégiste, consultante et même responsable social intelligence dans les prés’ pour faire genre qu’on est beaucoup et qu’on a tous beaucoup d’importance. Bref, l’intitulé change, les missions aussi : j’ai fait du SAV, j’ai vendu des billets sponsorisés, j’ai animé des forums, blogs, réseaux sociaux, j’ai écrit des articles, des statuts, j’ai raconté que tout ça, c’était important. Je le raconte toujours d’ailleurs car je fais aussi de la formation

Sourire désabusé à la dernière du grand journal

Je l’ai déjà dit sur les trendhacks, j’ai toujours l’impression qu’on s’incruste dans la vie des gens qui n’ont rien demandé, on propose des statuts sans histoire où les gens vont répondre car ils résolvent toujours (mal) les équations, qu’ils sont prêts à vendre père et mère pour un goodie, qu’ils sont là à nous hurler dessus des fois qu’on pourrait résoudre leurs problèmes alors que certains sont de mauvaise foi… 

Paon bleu qui fait la roue

Je n’ai pas choisi cette voie, je n’ai pas fait d’études pour ça. Je m’en sors parce que je suis intelligente, bosseuse. Mais j’échoue parce que je ne suis pas politique. Ma carrière, c’est des tas de gens qui viennent me taper sur l’épaule en me disant que je suis brillante, “une pépite”, mais jamais de promotion à la clé, j’étais trop occupée à travailler, pas assez à me faire voir. Et honnêtement, ça ne m’intéresse pas. J’en ai marre de ces boîtes où le copinage et le brossage dans le sens du poil poussent vers le haut des gens moins compétents mais qui ont fait croire qu’ils étaient fiables et reconnaissants. Je suis fiable mais je suis indifférente. Et surtout, ceux qui jouent ce jeu là, on le sait qu’ils ont un talent inné pour poignarder dans le dos. Ce doit être la génération Macron… Oui, j’en refous une couche mais ça me rend malade que des gens votent pour un projet de société qui représente absolument tout ce que je déteste… Ce qui fait que j’aime pas mon métier.

Démotivation au travail

Je l’aime pas parce que je n’apporte rien à personne, parce que je ne fais que brasser de l’air, parce que je devrais me compromettre pour arriver à un niveau correspondant à mes compétences. C’est vain. Si je m’arrêtais de bosser demain voire même si mon métier disparaissait dans son intégralité, personne ne s’en rendrait compte. Je m’amuse juste quand je fais de l’analyse ou du social listening et que je dois trouver des leviers pour raconter mon histoire et que ça me fait un (tout petit peu) de socio.

Graphiques et statistiques

Alors évidemment, je cherche un échappatoire, vous imaginez bien. Depuis presque trois ans, je cherche une épiphanie car je me rends compte que de voler de boîte en boîte en grattant un peu plus d’argent et un titre de plus en plus ronflant ne me rend pas satisfaite pour autant. J’ai fait un premier stage de yoga pour essayer de déclencher une révélation, j’ai chopé des courbature et une humiliation.J’ai persévéré : yoga (avec d’autres profs beaucoup plus bienveillantes)(surtout, je suis in love du vinyasa), sophrologie, parcours Perspectives de l’APEC (que je conseille même si j’ai pas eu mon épiphanie mais ça fait sacrément du bien quand même). Et puis un jour, c’est venu, ça m’a frappée, la révélation tant attendue…

Coucher de soleil, derniers rayons

Je vous raconte demain

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Pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?

Bien le bonjour mes amis, voici une question qui me taraude depuis quelques temps. Avant de poursuivre mon raisonnement, petit point : j’espère que cet article ne suintera pas condescendance et mépris (de classe ?) car tel n’est pas mon but et si j’échoue, n’hésitez pas à me taper les doigts en commentaire ou sur les réseaux sociaux, là où on se croise en général. Mais vraiment, alors que la présidentielle arrive en avant-dernière ligne droite, je veux savoir “ pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?”

Pourquoi tu votes

Evidemment, on nous a toujours appris que voter, c’est important, droit acquis dans le sang et les larmes, droit d’autant plus important quand on est une femme. J’ai moi-même longtemps conspué les abstentionnistes du premier tour en mode “ohé, zut, c’est important, vote blanc au pire”. Depuis, j’ai raté un deuxième tour des législatives pour cause de Sicile et voté blanc à presque tous les second tours. Cette année, je voterai au premier tout en fonction de mes convictions… et soit par procuration soit pas du tout au second vu que je serai à Barcelone pour faire du yoga. Bref, mon discours sur la nécessité du vote a évolué, non à cause de mes vacances mais parce que je comprends aujourd’hui que face à la bêtise crasse et à la malhonnêteté de ceux qui nous gouvernent, on finisse par laisser tomber. Moi-même, je me demande pourquoi j’insiste… et non, je ne parlerai pas de vote utile ou de front républicain… j’en parlerai un autre jour. Peut-être (oui parce que mine de rien, l’élection, c’est déjà demain, gasp)

Affiches électorales 2007

Je suis donc la campagne de loin, un peu blasée, beaucoup énervée. D’abord par les discours de peur des uns et des autres, technique grossière pour faire croire aux gens que le mal qu’on leur fait, c’est pour leur bien (mais manifestement, ça marche), du rejet de ceux qui ne sont pas comme nous. Saoulée parce que j’ai l’impression qu’ils nous promettent tous les quatre cavaliers de l’apocalypse si on ne se serre pas encore la ceinture un cran de plus… sauf certes Mélenchon et Hamon. Mais surtout, je suis saoulée de voir qu’en France, on n’était pas tellement choqué par les malversations et autres petits combines des uns et des autres (mais bon, surtout de certains) parce que, hé, “tout le monde le fait”. Alors je ne jurerai pas de la totale honnêteté de ceux qui n’ont pas de nuages au dessus de leur tête car je ne sais pas, en mon âme et conscience, s’ils sont totalement honnêtes ou s’ils ont juste réussi à ne pas se faire prendre mais il semblerait que certains aient encore un minimum de conscience. Nous avons donc sur nos onze candidats à la présidentielle deux mis en examen, un avec une enquête préliminaire pour favoritisme (ok, pas lui directement mais le boulet se rapproche) et ces trois là sont en tête de tous les sondages… Alors ok, les sondages ont la valeur qu’on leur donne et je suis à peu près persuadée que Macron, dans six mois, tout le monde aura oublié son existence mais il n’empêche que ça m’interroge… Comment peut-on voter en toute sincérité pour une personne qui vole, triche, ment ? Surtout quand ces gens là nous parlent de faire des efforts parce que tu comprends, la France va mal. Je vais pas trop insister sur ce point, je vais finir par être vulgaire.

La France va mal

Taper « la France va mal » dans google images est une expérience très désagréable…

Et puis il y a les programmes sur lesquels des gens plus experts que moi se penchent, qu’ils t’expliquent que ça et ça, ce n’est pas réalisable, possible, que c’est juste du blabla politicard pour te faire voter pour eux et que, t’inquiète, ça n’arrivera jamais. Et non, je ne parle pas ici du revenu universel, Piketty t’expliquera mieux que moi)(faut vraiment que je lise son bouquin d’ailleurs). Et pourtant, on votera quand même pour elle, pour lui, parce que c’est notre famille politique, tu comprends. Non, je comprends moyen en fait. Alors c’est sûr, à gauche, nous, on a deux candidats (non, pas Macron, non) donc si l’un se révèle pourri jusqu’à la moelle, on peut éventuellement se rabattre sur l’autre. Je parle bien sûr ici de voter en fonction d’une couleur politique et pas d’un programme. Mais si mon champion était impliqué dans what milliards d’affaires judiciaires, non désolée, j’irai au pire voter blanc mais je ne lui donnerai pas ma voix. Parce que voter pour lui parce que “tu comprends, je ne veux pas la droite/la gauche au pouvoir”, non sérieux, faut arrêter. Voter pour une personne qui n’est pas rigoureusement honnête, c’est donner l’autorisation de continuer à s’en foutre toujours plein les poches pendant que nous, on repasse à la caisse pour combler les trous. Je n’ai aucun souci à payer des impôts, juste que j’aimerais que cet argent soit remis à ceux qui en ont vraiment besoin.

La corruption en politique

Alors pourquoi tu votes, toi qui t’en fous des malversations mais qui choisit une couleur politique pour des raisons X ou Y ? Pourquoi tu votes, toi qui t’en fous de t’informer ? Pourquoi je vote, moi qui n’y crois plus ? Je me dis souvent que notre système politique est malade et qu’il faudrait le réformer. Qu’il faudrait trouver un système pour qu’il n’y ait plus de carrière politique, qu’on ne soit plus gouvernés par des mecs qui ne connaissent du monde du travail que ce qu’ils en voient dans les rapports qui échouent sur leurs bureaux. Mais là, c’est trop tard, de toute façon… Et il y a de fortes chances que je vous ressorte le même refrain dans cinq ans. Youpi…

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Hé toi, marque, vas-tu encore surfer sur le trendhack ?

J’enfile ma casquette de marketeuse pour vous parler aujourd’hui. Nous sommes le 08 mars, sacro sainte journée des droits des femmes qui devrait être l’occasion pour mes soeurs et moi de crier fort pour réclamer plus d’égalité et plus de droits pour qu’enfin naître femme ne soit plus un mauvais départ dans la vie. Sauf que nos amis marketeurs, eux, ils ne voient pas ça comme ça, ils y voient l’occasion de nous vendre de jolies choses roses et surtout de faire du trendhack.

Buffalo grill offre un cocktail pour la journée de la femme

Je m’étais jurée de pas vomir sur ce concept tant que j’étais dans le social media mais à un moment, faut que ça sorte : je hais les trendhacks. Mais qu’est-ce que donc, vas-tu me demander, toi qui ne bosse pas dans le marketing. Je te remercie pour cette question ! C’est le fait pour une marque dans une discussion populaire : ça peut être des marronniers, des événements sportifs genre l’Euro ou les JO, quelques émissions télés ou parfois, s’intègrent dans des conversations liées à des hashtags populaires de type #tusaisquetesvieuxquand . Twitter est le leader incontesté du sujet, c’est même leur meilleur (leur seul ?) argument vente* : vous êtes dans l’actualité, dans l’immédiat et si vous utilisez les hashtags des matchs de foot et pas ceux de la compétition officielle (parce que ça, c’est puni), vous pouvez profiter de toutes les retombées du match sans débourser un centime ! Malin non ? Alors Twitter a sorti son calendrier “Plan the moment” avec tous les marronniers et autres grands rendez-vous sur lesquels les marques pourront surfer… dont la journée des droits des femmes.

Pub sexiste Bic Afrique du Sud

Tiens, une tartine de sexisme dans ta face. Et joyeuse journée des femmes, hein !

Alors déjà, pourquoi j’aime pas les trendhacks en général ? Ben parce que c’est lourd. Imaginez, vous êtes en soirée avec vos potes, vous partez sur un délire et là, une personne débarque et essaie de rentrer dans votre jeu sans y avoir été invitée. Déjà, elle n’est pas drôle mais en plus elle te file sa carte de visite pour que tu lui achètes des trucs. Trop forcé… Alors oui, t’en as qui s’en sortent pas trop mal genre Oasis ou Innocent mais neuf fois sur 10, tu regardes ces interventions avec gêne. Et surtout à la fin, tu en as marre. Genre pour Retour vers le Futur, le 21 octobre 2015, y a deux ou trois vannes qui ont pu me faire sourire mais à la fin, j’avais juste envie de leur hurler “ça va, on a compris, vous avez tout cassé, taisez-vous !”. Le pire maintenant c’est que les CM se prévoient de se parler entre eux. Un peu les jerks de la soirée invités on sait pas trop pourquoi, ils ont dû passer par la fenêtre, et qui rient bruyamment entre eux en mode “c’est là que ça se passe” en scrutant bien la foule autour pour s’assurer qu’on les regarde. Ou pas.

Trendhack nescafé game of thrones

Non, laisse nous, s’il te plaît

Et alors pour la journée des droits des femmes, c’est carrément vomi à tous les étages. Déjà les mots “des droits de” a sauté, devenant ainsi journée de la femme et les publicitaires ont vu une bonne occasion de se faire encore du fric, pile entre la St Valentin et la fête des mères, quelle bonne idée ! On va donc en profiter pour essayer de leur refourguer des culottes, des mixeurs, du rose, du rose, encore du rose, ouiiiii ! Peu importent les gamines excisées, peu importent les femmes lapidées, peu importent les inégalités jusque chez nous, tant qu’on peut vendre, on y trouve notre compte ! Au pire, si on n’a pas de promos spécifiques, on leur fera quand même un clin d’oeil avec un statut nul histoire de…

Innocents pour la journée de la femme, fail

Ca vaut le coup de se battre pour des smoothies gratuits

Sauf que non. La journée DES DROITS des femmes, ce n’est pas une occasion pour vous de trouver de quoi poster sur vos réseaux sociaux sans vous fouler ni de nous coller une promo histoire de vendre un peu plus. On s’en fout de vos fleurs, vos chocolats ou vos chaussettes, ce qu’on veut, c’est l’égalité. Ce qu’on veut, c’est la liberté pour TOUTES les femmes, où qu’elles soient nées, de vivre leur vie comme elles l’entendent, qu’elles puissent prétendre aux mêmes destins que les hommes, qu’elles puissent aimer celui ou celle qu’elles ont choisi.e, qu’elles puissent jouir, qu’elles puissent juste être insouciantes, qu’elles puissent être telles qu’elles en ont envie.

Manifestation des femmes contre le sexisme de Donald Trump

Mais aujourd’hui encore, on nous rappellera que pour le marketing, la cause des femmes, ça sert surtout à vendre.

Promo Etam pour la journée de la femme

* Je dis ça mais j’adore Twitter en tant qu’utilisatrice. Par contre, en temps qu’ex CM, j’avoue que c’est assez useless finalement : les gens s’en foutent de ce que tu dis et ils t’affichent à la moindre occasion.

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La galanterie, cet immense attrape-nigaudes du patriarcat

Ce qui est fantastique avec les réseaux sociaux, c’est que quand tu crois qu’on atteint le fond, quelqu’un vient toujours donner un petit coup de pelle. Du genre j’ai découvert récemment qu’une femme refusait le féminisme parce qu’elle aimait “qu’on lui tienne la porte”. Ah oui, le sens des priorités… L’occasion rêvée pour vous parler de la galanterie, ces miettes consenties par le patriarcat pour qu’on ferme nos mouilles.

La galanterie

En ce moment, je lis un roman pas du tout sur le féminisme (l’Epée de vérité), l’héroïne Kahlan explique à son compagnon que pour gagner, il faut savoir parfois céder sur de petites choses. Donc la galanterie. Alors déjà, énorme foutage de gueule. Commençons par cette histoire de porte tenue et sa cousine “céder sa place à une femme enceinte ou âgée”. Vous appelez ça de la galanterie, j’appelle ça de la politesse. Non parce que si vous jetez les portes au visage de vos amis ou si vous refusez de céder votre place juste parce que vous êtes une femme et donc dispensée de galanterie… et bien pardon mais vous êtes une effroyable connasse. Non mais vous avez conscience que vous prenez pour un acquis un comportement complètement normal et que vous adoptez vous-même sans même y penser ?

Civilité dans le bus

D’ailleurs, amusant, la seule photo que je trouve sur le sujet, c’est une jeune femme qui cède sa place à une mamie…

Ah mais oui, la galanterie, c’est aussi payer au restaurant ou au bar. Alors cette fois-ci, je vais vous épargner le couplet sur les femmes indépendantes et tout ça, je ne vais même pas aller jusque là. Pourquoi le mec “doit” payer ? Mais pour deux raisons simples :

Rappeler qui est le boss : dans les temps anciens, dans le couple, l’homme pourvoit aux besoins de tout le monde pendant que madame est priée de gérer l’espace privé du couple (maison, cuisine, enfants). Aujourd’hui encore, on considère que l’homme doit gagner plus que sa femme (en même temps, avec un salaire féminin médian 30% inférieur aux hommes, y a une certaine réalité sociale, hein…). Vous l’avez tous vécu : quand vous allez au restaurant avec une personne du sexe opposé, l’addition est systématiquement posé devant l’homme.

Addition : qui paye ?

Vous rendre redevable : hé oui, il y a aussi ce message là. Je te paie tes boissons et/ou ton repas, merci de me montrer ta reconnaissance… J’ai fait quelques recherches et il semble que cette question de l’addition soit très problématique. Le moite-moite fait passer l’homme pour un radin, paraît-il. Heu, non. Je gagne ma vie, je paie ma part surtout que je n’ai pas envie d’être redevable ou d’entendre un “tu me paieras la prochaine fois”, surtout quand j’ai pas envie d’une prochaine fois. Après, y a toujours moyen de s’arranger. Je veux dire pour notre premier rencard avec Victor, il avait payé les verres au bar, j’avais payé le resto (il a tout payé au bar parce qu’on avait décidé d’aller au resto, hein). Mais combien de fois vous avez entendu un mec se plaindre car il avait tout payé à une meuf  en soirée et qu’il n’avait même pas pu baiser avec ? Bah ouais mais désolée, c’est pas dans le contrat.

Femme fait un signe stop

Bref, je suis toujours fatiguée d’entendre que le féminisme fait disparaître la galanterie car il y a d’une part des comportements qui relèvent de la pure politesse et de l’autre… ben si vous n’avez pas les moyens de vous payer un resto, n’attendez pas d’un prétendant qu’il le fasse pour vous. Quand on m’explique qu’au Danemark, plus personne ne se lève pour céder sa place à une femme enceinte à cause du féminisme (oui, c’était la suite de l’argumentation de la dame qui sait pas ouvrir une porte seule), j’ai envie de dire que, déjà, va prendre le métro à Paris en France, pays pas très fair avec ses féministes, tu verras que personne ne te cèdera la place non plus mais surtout… pardon mais ce n’est pas la faute des féministes si les gens sont juste cons. Bon, je ne sais pas quelle valeur donner à cette information vu que la dame m’a bloquée avant de me donner la moindre source (curieusement…) mais il n’y a pas besoin d’être féministe ou saoulée par le féminisme pour se dire qu’une femme qui a un foetus de quelques kilos dans le ventre, ça serait sympa de la laisser s’asseoir un peu quand même. C’est comme dire qu’à cause de la lutte contre le racisme, plus personne ne mangeait de couscous, réfléchissez trente secondes, ça n’a pas de sens.

couscous

Mais en ce moment, l’anti féminisme se porte bien, très bien, avec des complices féminines en premier plan. On va en parler cette semaine. Beaucoup. Parce que le 8 mars approche et ça va encore nous faire mal.

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La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

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Liberté d’expression et blocage sur les réseaux sociaux

Dans un monde idéal, les réseaux sociaux, c’est un lieu d’échange et d’enrichissement, un lieu ou la culture et la connaissance coulent à flot… entre deux lolcats et une loutre trop mignonne, ok (j’adore les loutres). Mais parfois, des gens qui ne sont pas d’accord avec toi ou des trolls (à ne pas confondre) décident de te harceler jusqu’à ce que tu changes d’avis. Alors tu les bloques… et là ça hurle “et ma liberté d’expression, alors ?”

Un couple de loutres

Depuis le drame de Charlie Hebdo, c’est devenu l’argument massue de tous les rageux “liberté d’expression !”, ce truc magique censé les autoriser à appeler à la mort ou au viol de leurs ennemis (musulmans voire arabes en général, homos, femmes, qui vous voulez). Les plus lettrés vous citeront peut-être Voltaire au détour d’une menace, vous rappelant que vous seriez bien nobles de respecter leur parole car “je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez exprimer vos idées”… Oui ok sauf que Voltaire n’a jamais dit ça, pour commencer, et s’il l’avait fait, je ne pense pas vraiment qu’il pensait à tes menaces de viol ou de meurtre, tu vois… La liberté d’expression est une chose précieuse mais il faut en comprendre le principe de base : cette liberté, c’est celle que l’on a, en tant que citoyens, d’élever la voix, de dénoncer, une autorité quelconque. C’est notre droit à aller manifester (quoi que ces derniers temps…), à écrire des éditos ou réaliser des dessins qui dénoncent. je schématise parce que c’est pas le coeur de mon article mais la liberté d’expression, elle est là pour contrebalancer le pouvoir. Pas pour menacer l’intégrité physique d’une personne.

Extrait du film Menace d'Etat avec Sean Bean

« Tu vas la respecter ma liberté d’expression, sale pute bobo gauchiasse féministe ? »

Du coup, parfois, sur les réseaux sociaux, tu rentres en contact avec une personne qui a décidé que tu avais tort et qui va venir te faire la leçon. Avec pas de chance, le mec (car ce sont souvent des mecs, quand même), va commencer direct à annoncer ses intentions vis à vis de ton cul, tes dents, voire ta personne dans sa globalité. Et on a beau avoir les épaules larges et s’attendre à ce genre de déferlement quand tu oses attaquer la virilité et la domination de ces petits êtres fragiles, à un moment, se faire menacer de viol toutes les deux minutes, ça limite l’envie de sourire. Non mais sérieusement, quand j’ai relayé un article sur l’atroce Babylone 2.0, y a des mecs qui sont quand même venus me cracher à la gueule en mode “de toute façon, vous n’êtes que des putes, bien faits pour vous !”. Mais je… quoi ?

Dispute de couple

Et puis il y a ceux que j’appellerai les évangélistes, ceux qui viennent t’apporter une vérité que tu n’avais pas forcément demandé. Alors comprenez bien : je peux parfois dire des conneries, évidemment, je n’ai pas la science infuse et je ne suis pas du tout opposée à ce que quelqu’un vienne m’apporter avec des sources de la contre argumentation qui me fera réfléchir. Mais y a d’autres moments où juste non. Typiquement, quand je m’exprime en tant que femme sur un ressenti en tant que femme, un homme n’a pas à venir tenter de me faire changer d’avis car lui sait mieux que moi. Non, tu ne sais pas mieux que moi, tu es un homme, tu ne peux pas savoir ce que je vis en tant que femme. Au mieux, tu peux imaginer. De la même façon, je vais pas aller expliquer à une personne de couleur qu’elle exagère à parler de racisme tout le temps parce que je n’en sais rien, je ne vis pas le racisme ordinaire donc shut the fuck up. Mais je ne me démonte pas, j’essaie d’expliquer à cette personne qu’elle ne sait pas de quoi elle parle, j’enrichis mon propos de liens vers des articles. Tu persistes et signes ? Tu refuses ma demande de cesser de me parler ? Ok : block.

Liberté d'expression sur twitter

Et là, ça se met à hurler “han mais quelle conne, elle respecte pas ma liberté d’expression”. Peurdon ?? Alors juste deux points :

– en général, je bloque quand même au bout d’une heure, voire deux, de débats stériles, je pense que tu as eu plus que ta part d’expression

– en quoi je nuis à ta liberté d’expression ? Je t’interdis désormais de m’adresser la parole (et en général, ça survient après plusieurs demandes de me laisser en paix non respectées) mais tu gardes ton espace pour déballer ta merde, t’inquiète. Je t’ai juste fermé la porte de chez moi, je t’ai pas enfermé dans un bunker, seul au monde. Comme j’aime à dire, je me tape suffisamment de cons dans la vraie vie que je ne peux malheureusement pas masquer ou bloquer, je vais pas m’imposer ça en plus sur les réseaux sociaux. Surtout que bon, le prends pas mal mec mais y a 9 chances sur 10 qu’on se connaisse pas donc je ne vois pas trop pourquoi je devrais continuer à te subir…

Bref, le fait qu’une personne n’ait plus envie d’écouter vos préchis préchas ne veut pas dire que votre liberté d’expression est menacée. C’est un concept beaucoup trop important pour être réduit à votre simple blessure narcissique et admettez enfin que, non, tout le monde n’a pas envie de vous entendre sur tout. Votre parole n’est indispensable pour personne.

 

D’ailleurs, faudra que je vous explique pourquoi quand on vous bloque sur Twitter, ça ne vous fait pas automatiquement gagner le débat. Un jour.

 

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Sale temps pour le pays de Michaël Mention

 

Je ne vais pas parler de ce livre. Enfin, si, un tout petit peu mais je veux surtout vous parler du rôle qu’il a occupé dans ma vie et comment ceci est un moteur. Parce que sur mon exemplaire de Sale temps pour le pays, y a une dédicace. Parce que oui, Michaël Mention, je l’eus connu, à une époque où il était pion pour gagner un peu d’argent le temps que sa carrière décolle. Depuis, il a publié 7 autres romans, gagné 4 prix et a sa propre page Wikipedia. Ouais, rien que ça.

Sale le temps pour le pays de Michael Mention

Pour en revenir au roman, “sale temps pour le pays”, je vous le conseille, c’est un très bon polar basé sur des faits réels et très prenant. Ce bouquin a une résonance particulière pour moi. Pas juste parce que j’ai fréquenté le même club de plongée que le gars qui l’a écrit mais parce que je l’ai lu à un moment où j’avais perdu le goût de la lecture. Oui, à un moment dans ma vie, genre ça devait être en 2011-2012, cette histoire, à cause de ces smartphones de merde, je passais ma dernière heure de la journée à consulter mes réseaux sociaux plutôt qu’à lire. C’était précisément pour ça que je ne voulais pas de smartphone, parce que je savais ce qui allait se passer et j’avais raison. Donc suite à une séance de dédicace où Anaïs m’a récupéré mon exemplaire car j’étais en vacances. Je ne suis pas toujours très fana des policiers parce que j’ai toujours peur de trouver le tueur avant la fin alors que je le cherche même pas forcément. Mais je me laisse prendre et grâce à ce livre, je reprends mes habitudes de lecture. Rien que pour ça, ce livre a son importance.

Lire au lit

Mais surtout, l’exemple de Michaël me motive. Je veux dire, le mec a réussi son rêve, je dois essayer d’en faire autant. Alors, attendez, lisez les choses comme je souhaite les exprimer :

– Je ne me considère pas meilleure, je ne veux pas dire “bah si lui l’a fait, moi aussi, je peux le faire”. Non, je dis que je dois vraiment me bouger pour essayer.

– Je ne suis pas non plus dans la jalousie ou la compétition.

Esprit de compétition

Mais ça me fait réagir. D’abord il y a une différence entre Michaël et moi : lui a toujours considéré qu’écrire était son métier et il s’est organisé en fonction avec un job alimentaire alors que moi, de mon côté, j’ai toujours considéré ça comme une sorte de bonus, je n’ai jamais capitalisé dessus. Etait-ce une erreur de ma part ? Là de suite, je dirais que non vu que mon métier m’a quand même apporté des choses dans la vie, des connaissances… Pas forcément utiles pour mon écriture mais apprendre est toujours une chose bénéfique. Bref, l’idée n’est pas de remettre en question ce que j’ai bâti ces dix dernières années mais de me dire que jusqu’à présent, j’ai pas cherché non plus à créer l’occasion. Mais ma volonté de ne pas mettre tous mes oeufs dans le même panier, est-ce que ça ne démontre pas, in fine, un manque total de confiance en moi ? Est-ce qu’en sous-texte, il n’y a pas un “bon, c’est joli écrire mais c’est pas sûr comme voie, je vais plutôt chercher un CDI, on verra plus tard”. Peut-être. Mais en même temps, je préfère pour le moment continuer sur cette lancée car faire de sa passion, son travail, ça me convainc toujours pas (même si l’idée d’aller écrire all over the world me plaît bien).

Le plus beau bureau du monde

La semaine dernière, j’ai donc reçu la newsletter des Editions 10/18 consacrées à Michaël et son nouveau roman. Décision 1 : l’acheter. Décision 2 : voir dans ce petit clin d’oeil de la vie… un immense coup de pied au cul. C’est bien joli de se la jouer écrivaine de métro et tout mais faudrait voir à concrétiser un peu tout ça quand même.

Ceci étant, j’atteins la page 70 en retapé et j’ai entamé la partie 2 sur mon cahier… On dirait que pour une fois, ça roule. Grâce à mon idée d’écrire dans le métro. Un peu mais je crois avoir trouvé une autre raison… Je vous dis ça semaine prochaine.

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Inspiration : ces gens qui vivent en dehors du travail

Mercredi soir, j’ai fait un truc que je ne fais que trop peu souvent : je suis allée au théâtre. Un tout petit théâtre de 50 places en se serrant bien. Sur scène : deux femmes qui jouent un mi – one woman show dont l’une, Allison, n’est rien de moins que ma collègue. Grosse source d’inspiration : moi aussi, je dois vivre en dehors du travail.

Théâtre Le Bout à Paris Pigalle

Laissez-moi vous présenter birèvement Allison : quand j’arrive le matin (9h30-10h), elle est déjà là. Quand je repars à 19h, elle est toujours là. Et un jour, tu découvres au hasard d’une conversation qu’elle fait de temps en temps un peu de one woman show. Alors évidemment, je me renseigne : pour le moment, elle n’a que trois sketches mais bon, ça ne fait qu’un an et demi qu’elle fait ça. Moi, je la regarde des étoiles dans les yeux : enfin une qui a compris que la vie, ce n’était pas juste le travail (même si elle y passe quand même beaucoup de temps, plus que moi).

vivre en dehors du travail

En fait, je dois arriver à la crise des 10 ans mais je trouve que je m’investis trop dans le travail sans en retirer finalement grand chose à part de gentilles tapes sur le dos et des tonnes de compliments dans le couloir qui ne se concrétisent malheureusement pas en promotion ou en augmentation significative… Sauf qu’en fait, je m’en fous un peu. Je veux dire, c’est quoi mon métier aujourd’hui… Alors très bonne question dans l’absolu vu que je suis dans le flou total mais dans l’absolu, c’est raconter à des marques comment parler sur les réseaux sociaux pour avoir plus de clients et voir ce qu’on dit déjà sur eux. Vous savez ce qu’il se passerait demain si mon métier disparaissait ? Absolument rien. Je peux même pas faire genre que Facebook et co. couleraient, ils n’ont pas besoin de pages de marque pour vendre leurs espaces pub finalement, y a qu’à voir comment Google se porte plus malgré l’échec total de Google+. Du coup, pourquoi je continuerais à placer toutes mes billes là-dedans ?

Femme travaille trop

 

Je veux faire comme Allison, moi, avoir une autre vie. Le travail, c’est juste pour s’acheter à manger et des voyages finalement (oui parce que je reste privilégiée par mon salaire) mais j’aime l’idée de multiplier nos vies… En gros, je ne suis pas juste cadre dans un groupe media mais aussi aspirante écrivaine, blogueuse prolixe, quoi d’autre demain ? Parce que voilà, c’est peut-être la crise des 10 ans de carrière, allez savoir, mais j’aime imaginer que je n’ai pas qu’une seule casquette et que je dois tendre vers ça, vers un moi multiple. Si Allison et ses journées de 12h y arrive, je n’ai pas d’excuse. Et surtout ma situation relativise l’échec : si personne ne veut publier mes romans, je n’aurai juste rien à perdre : j’aurai toujours un salaire, un confort de vie, ce sera juste un rêve qui ne se sera pas réalisé. La blessure ne sera qu’égotique, rien dans ma vie ne sera bouleversé par ça.

les vies multiples d'Amory Clay de William Boyd, couverture

Quelqu’un a-t-il lu ce livre ? Il est bien ?

Mais peut-être aussi que ce manque total de risque est un mauvais calcul, peut-être que mon travail fagocite trop ma “carrière rêvée”… On s’en reparle !

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