Ressusciter ?

Par Pink Lady

Magie d’un pseudo web. On l’endosse, on le fait vivre puis un jour, si on en a assez, on le fait taire. C’est facile : plus un mot sur Twitter, Facebook ou sur votre blog et les gens vous oublient. Ô, gloire éphémère que celle des « blogueurs influents ». Pendant 3 ans, j’ai été Pink Lady, blogueuse parmi d’autres, invitée aux soirées blog et tout.

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Puis cette blogosphère là m’a gonflée. Vous n’imaginez pas comme certaines blogueuses «  » » »stars » » » » sont de vraies connasses manipulatrices, prêtes à lécher le premier cul passant au dessus d’elles pour grappiller un backlink ou une invitation en soirée blog. Je le sais, j’avais à un moment ce [vague] pouvoir d’offrir de l’argent contre des articles. Jamais eu autant d’amies blogueuses. Le jour où j’ai changé de travail, tout le monde m’a oubliée. Je n’en ai pas souffert, j ‘ai de vrais amis par ailleurs. Après, sauvons quelques têtes, il y a aussi de belles personnes dans le lot. Mais ça taille sec au pays des macarons.

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Les macarons, tiens. Grot it gourmand des années 2005, avant les cupcakes, pop cakes et mug cakes… Oui, nos goûters aussi sont fashion, que voulez-vous. La blogosphère féminine s’est scindée en deux à l’ère du macaron : les blogueuses mode, celles qui ont leur carte de fidélité chez Ladurée et Pierre Hermé sont devenues les cibles de toute une autre blogosphère féminine. Drôle au départ, celle-ci est devenue répétitive, souvent aigrie et surtout sacrément faux-cul : il suffisait qu’une marque leur fasse les yeux doux pour qu’elles prennent, elles aussi, leur part du gâteau et n’hésitent pas à partager aux internautes leur photo de Look « mais c’est pas pareil, c’est pour se moquer, c ‘est du second degré ». Oui, oui, oui… Mais bon, la haine est un bon fédérateur, taper sur de la blogueuse mode rapporte RT sur Twitter et nouveaux lecteurs sur votre blog. La win quoi !

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Tout ça m’a filé la nausée. Et je vous raconte même pas les ennemies que j’ai pu me faire juste en me moquant de cet état de fait… Il faut comprendre que la blogosphère, c’est comme le lycée (voire le collège) avec ses bandes, ses populaires et toutes celles qui se rêvent reine de la promo même si elles s’en défendent. Collège ou lycée de petite ville, la plupart d’entre elles sont strictement inconnues hors de leur petit cercle mais chut, ne leur dites pas que j’ai dit tout ça, je vais encore me faire détester.

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Mais j’ai mes torts. Celui en premier lieu de penser que les reines de la blogosphère puissent avoir un soupçon de recul sur ce que tout ceci représente (rien ou si peu). Mais surtout je me suis perdue. Au départ, Pink Lady se voulait surtout une satire des filles des magazines, celles qui mangent des graines germées en passant du pilates au krav maga en passant par l’aqua bike selon le dernier magazine qui en a parlé en disant que c’était ultra top. Celles qui baisent pas le premier soir. Ah si. Ah non… Et qui trouve que se taper une fille est très bon pour sa crédibilité Swag (c’est de Elle pour ceux qui ont raté la polémique). J’ai vite, trop vite, intégré la vie de cette fille des magazines pour la faire mienne, je parlais trop de moi et j’ai perdu de vue l’existence même de Pink Lady. Qui a fini par disparaître. Mais j’ai un peu envie de la ressusciter en gardant en tête cette fille des magazines. Histoire de se marrer un peu.

Petit éloge de l’échec

Parmi les sujets sur lesquels j’aime se pencher se trouve le thème de l’emploi, souvenir ému de l’époque où j’écrivais sur la chômagie, sans doute. Avouons que le sujet est passionnant et ô combien varié : trouver du travail, progresser sur l’échelle de la carrière, se créer des opportunités, travailler en bonne intelligence avec son manager quelles que soient ses qualités en la matière. Or ces derniers temps, je vois fleurir plusieurs articles sur l’échec professionnel. Tiens tiens.

SCENARIO ECHEC

Qu’est-ce qu’un échec professionnel ? Je ne crois pas en l’échec pur. Imaginons que je crée une petite entreprise et que, in fine, je me plante. Echec ? Financier, oui mais personnel, tout est relatif. La question est pour moi ailleurs. L’échec est-il dans l’essai non transformé ou l’absence d’essai tout court. Qui ne tente rien n’a rien et dans le contexte actuel, nul n’est garanti d’arriver à ses fins. Même avec de bonnes idées, un travail consciencieux et des comptes tenus méticuleusement. En amour comme au travail, le contexte est parfois vérolé. Ca n’enlève rien à votre valeur intrinsèque et à la qualité de vos idées et de votre travail. Bien sûr, nul n’est à l’abri d’une erreur, même les meilleurs entrepreneurs en commettent. D’ailleurs dans Management, il y a toujours cette question aux entrepreneurs qui ont réussi : “quelle a été votre erreur”. Sauf que parfois, par chance, l’erreur se corrige. Par malchance, ça plante.

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Reconnaître ses erreurs est une démarche saine, on en commet tous et on apprend. Cependant un échec est-il réellement le fruit que d’une chaîne d’erreurs ou parfois simplement un coup de malchance ? Par ailleurs, je trouve le terme échec négatif. Oui, je me suis plantée MAIS j’ai appris des choses. C’est souvent ainsi qu’on progresse. Quand j’ai appris à marcher, je me suis gamellée plus souvent qu’à mon tour (je suppose, je ne m’en souviens pas). Quand j’ai appris à skier, j’ai passé d’abord plus de temps le cul par terre qu’à glisser sur la neige. Quand j’ai appris à écrire, mes lettres étaient maladroites, mal formées et mes mots truffés de fautes d’orthographe. Par exemple, quand j’étais en grande section, je ne savais pas faire les boucles. Un vrai traumatisme d’enfance surtout quand on devait écrire les prénoms d’autres enfants, plein de E et de L. J’y arrivais juste pas. Puis un jour, à force de m’entraîner, de me planter encore et encore, j’y suis arrivée. Je me souviens du prénom que j’ai réussi à écrire : Emmanuelle. Trois E, deux L. Aujourd’hui encore, je me plante. Lors de ma première plongée en mer, je me suis flinguée les oreilles. Aujourd’hui, ça passe sans problème. La dernière fois que j’ai dansé sur un bar, je me suis pétée la jambe. Depuis, je danse au sol. On apprend de nos erreurs. Mais tout ceci n’est pas un échec.

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Autre point intéressant : cette apparition soudaine de la notion d’échec dans les articles emploi où on nous parle généralement de succès, d’entrepreneurs qui ont la win, de la bonne façon d’être le meilleur du monde. Devrait-on y voir les signes qu’en ce moment, c’est pas la joie ? Qu’en cette période de crise et de licenciements économiques et autres plans sociaux, on essaie de nous donner un peu de baume au coeur. De “t’inquiète, on trébuche tous un jour” ? Le temps des self made (wo)men et des incroyables success stories est terminé ? Plus de Steve Jobs ou Mark Zuckerberg jusqu’à la fin de la crise ? Le mieux qu’on puisse réussir, c’est de sauver les meubles. Que de réjouissances…

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Ceci étant, cette histoire permet de trouver une utilité à cette foutue crise : nous reconnaissons désormais le droit aux travailleurs de ne plus être des machines 100% performantes. Soufflez les enfants, on a désormais le droit à l’erreur.

Doux Noël

Coucou lecteur. Oui, au singulier parce que tu dois pas être bien nombreux aujourd’hui. Moi même, pendant que tu lis ces lignes, je suis sans doute pas devant mon pc car je suis, au choix :

– en train de dormir
– en train de dormir devant la cheminée
– en train de lire devant la cheminée
– en train de faire des mots-croisés devant la cheminée
– en train de câliner mon neveu
– en train de servir de matelas super confortable pour mon neveu
– en train d’essayer de changer mon neveu en évitant qu’il me pisse dessus
– en train d’empaqueter mes cadeaux
– en train de courir les boutiques pour l’ultime cadeau manquant

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Rien que d’écrire cette liste des potentielles activités de ma personne en cette joyeuse veille de Noël m’épuise. Quand je vous dis que les vacances de Noël ne sont pas reposantes (oui, ok, la moitié de mes activités n’implique pas d’efforts particulier mais rien que d’aller dans un magasin, ça vous pompe plus d’énergie qu’un marathon).

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Bon, je vais pas me répandre pendant des heures, tu m’excuseras lecteur égaré. L’an dernier, Noël fut assez pourri globalement alors Dieu sait que Noël est un peu mon phare dans la nuit hivernale. Mais perdre sa grand-mère un 24 décembre gâche légèrement le plaisir. Alors cette année, la vie s’est dit qu’elle m’avait assez collé de baffes dans la gueule et s’est dit que, tiens, Noël serait cool (article écrit le 20 décembre, je prends des risques insensés en prédisant un Noël cool). Parce que cette année, à côté du sapin, il y aura… mon neveu.

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Et que même si l’année 2012 n’a pas été qu’une joyeuse balade de santé, y a quand même eu des trucs chouettes, des trucs qui te donnent le sourire, la banane, la patate, la win et tout ce que tu veux. Et parmi ces choses, mon neveu donc. Qui va avoir plein de cadeaux même s’il s’en fout parce qu’il aura même pas un mois et que la seule chose qui l’intéresse, c’est de manger, dormir et d’avoir le cul au sec. Des fois, quand je vois la vie qu’a un bébé, je me dis que c’est plutôt cool qu’on se souvienne pas sinon bonjour la dépression à vie quoi. Bon, on oublie aussi qu’on passe de bras en bras parce que le bébé, il est trop mignon hiiiiiiiiiiii ! On oublie aussi tous ces sons suraigus qui, collés bout à bout, ne forment pas le moindre mot, les « areuh gaga bouh » que tout le monde nous distribue. Evidemment qu’un bébé ne parle pas, personne ne lui adresse la parole. Traumatismes que tout cela.

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Bref, l’an dernier, Noël dans les mouchoirs, cette année, ce sera dans les couches. Et oui, on dirait pas mais c’est cool !

Allez, joyeux Noël mes chers petits lecteurs, on se revoit mercredi !

La norme Fotolia

Les grands connectés que nous sommes guettons avec une pointe d’angoisse les énormes consortiums qui tentent de nous imposer des normes, de nous emprisonner dans leur petit monde. Apple, Facebook, Google… On hurle à l’imposition d’une norme, aux ponts fermés entre ces univers. Sur mon iPhone, j’ai d’office safari et non google chrome, j’ai hérité du magnifique Apple Plans au lieu de l’efficace Google Map. D’ailleurs, si vous vous ennuyez, découvrez le tumblr des ratés d’Apple Map. Je trouve qu’il y a de la poésie là dedans…

Mais il y en a un dont on ne parle jamais alors qu’il dessine insidieusement notre monde digital. Parfois, dans un élan de procrastination, je m’en vais lire un article de presse en ligne et notamment des articles de presse féminine qui ont pour avantage de bien me détendre entre deux powerpoints. Or que constaté-je en « feuilletant » ces sites : ils sont envahis de photos Fotolia.

Je parle de la presse féminine mais c’est la même pour la presse économique et entrepreneuriale, vous savez, ces photos avec des mecs aux dents blanches et costard cravate qui sourient en levant le poing tel des winners du business, le tout se passant dans des bureaux immenses, blancs, aseptisés.

Et c’est là précisément que je veux en venir. Les photos Fotolia se passent dans un univers plus blanc que blanc, tout est calculé, propre, pas un cheveu qui dépasse. Comme dans tout l’univers de la pub et des médias me direz vous, oui, mais si tous les webzines commencent à se nourrir à la même source, ne risque-t-on pas d’avaler la norme Fotolia sans nous en rendre compte ?

Moi, je dis non ! Et même que je vais relancer mon tumblr des photos tartes pour dénoncer. Même s’il devrait durer 15 jours, comme la plupart des sites périphériques que je lance. D’ailleurs, il serait temps que je reprenne Week end sac à dos, il a été victime de la mort subite du nourrisson… Sans parler des dizaines d’url que j’ai achetées pour en faire des blogs (bon, non, pas dizaine). Moi et ma capacité à vouloir faire plein de trucs sans prendre le temps de les faire. Digression, mon amour.

Bref pour en revenir à Fotolia, je dis non ou alors, détournons les, ridiculisons-les ! Disons non à cette norme insidieuse ! Retrouvons le plaisir des gens aux peaux et silhouettes imparfaites, aux décors colorés, au bordel, à la vie quoi… Que les rédactions arrêtent de s’abonner à ce site (et à ses avatars) pour refaire leurs propres photos. L’illustration fait partie de l’article, autant maîtriser aussi ce contenu là, non ?

PS : Je suis pas un journal, moi, je suis pauvre mais dès que je peux, je mets mes propres photos.