C’est trop d’amour

Dimanche soir, me voici de retour chez moi après un week-end éreintant à base de mariage de Yohann le presque frère. Aller-retour quasi express, peu d’heures de sommeil et amour à tous les étages. Seule face à mon bol de céréales (équilibre alimentaire mon amour), je suis prise par la bipolarité de ce genre de week-end : heureuse et triste de me retrouver enfin seule.

Je suis un être social. Rarement chez moi, je cours de la chorale à la plongée, des afterworks aux thés entre copine, de brunchs aux dîners. J’aime la vie en société mais je l’aime car j’ai aussi des moments de solitude, des moments rien qu’à moi où j’écris, je couds (enfin, j’ai cousu une fois), tricote, lis ou même dors. Après des séjours en collectivité, je ne rêve que d’une chose : me retrouver enfin seule.

Mais après de grands moments de fusion collective, la solitude paraît soudain un gouffre. Oui, c’est cool de prendre des douches interminables, rester 15 mn aux toilettes à faire des mots croisés, de se balader en culotte et de manger des tartines de kiri, de ne pas parler, de chanter à tue-tête… Mais y a un manque étrange, ce silence devenu inhabituel te bourdonne dans les oreilles et surtout, surtout… Y a plus d’amour.

Dans ce type de week-end, on est surboostés par le bonheur d’être ensemble, les rires fusent, on est heureux de se retrouver. On baigne dans une atmosphère chargée d’adrénaline et d’ocytocine. Et soudain plus rien, le vide. Seul mon chat me témoigne son affection, mon mec est à un bon millier de km et je me sens con. Sensation étrange de ne pas assez avoir profité.

Comme je le disais l’an dernier, Cendrillon a la gueule de bois. Heureusement, ma maman vient sur Paris fin septembre. Heureusement, ma sœur va accoucher fin novembre. Heureusement Noël n’est pas si loin. Des kilos d’amour familial en perspective. Mais au moment T, quand tu te retrouves seule face à ton chat et ton bol de céréales, tu te tapes un bon vieux cafard…des familles, justement.

Au secours, je suis trentenaire

Je dis souvent que je n’ai pas conscience de mon âge, que je flotte toujours dans un état de vingtenaire à mi parcours. 32 ans moi ? Non, impossible, hier encore, j’avais 25 ans, je débarquais sur la capitale un peu effrayée. 7 ans, déjà… Bref, mon âge n’est souvent qu’un chiffre abstrait pour moi, deux symboles vides de réel sens. Mais ce week-end, je l’ai bien senti ma trentaine.

Samedi midi, me voici dans le quartier des grands boulevards pour un brunch servant à lancer la journée enterrement de vie de jeune fille de ma copine Léna (un jour, je vous ferai un peu un mapping de tous mes potes parce que moi même, je m’y retrouve plus. Donc Léna, ex de la plongée, membre du club des 5 devenu je sais plus combien). Au passage, les amis, ça me ferait un peu plaisir de faire un enterrement de vie de jeune fille où je ne suis pas la pièce rapportée en quelques sortes. Non parce que sur les 4 que j’ai faits, je ne connaissais jamais personne en dehors de la mariée et deux ou trois personnes déjà croisées. Y compris l’EVJF (ça ira plus vite) que j’ai organisé y a deux ans. Bref, voilà, si un(e) de mes ami(e)s avait un peu envie de se marier et me faire participer à un EVJF où je connais bien à minima la moitié des invités, ça me ferait plaisir, merci. Mais revenons à celui de Léna et au brunch, point clé de mon article.

Alors que nous devisions gaiement autour de crèpes en détaillant nos origines bretonnes (thème du brunch puisque Léna et son futur mari sont bretons), voilà-t-il pas qu’une des convives nous fait une révélation : elle est enceinte de 2 mois donc excusons-la de somnoler de temps en temps, c’est la grossesse. En effet, elle nous a fait la montagne russe de l’énergie, passant de “ouéééééééé super cool” à “… On me parle ?” assez rapidement. Donc elle nous annonce ça et voilà-t-il pas qu’à l’autre bout de la table, nous avons également une future maman, bien plus enceinte celle-ci (6 mois au compteur). Et c’est parti pour la conversation grossesse, enfants, blablabla, enrichie par une troisième qui a déjà deux petiots. Donc nous voilà partis à discuter bébés, enfants, éducation et accouchement, youhou ! Bon, ayant bossé sur des forums féminins, je n’étais pas trop larguée mais mon expérience en terme d’accouchement est quand même très très limitée. Ah on me souffle à l’oreille “inexistante”. Oui, je le confesse, à 32 ans, je n’ai jamais accouché ni assisté à un accouchement (je vois pas bien dans quel contexte j’aurais pu me retrouver là dedans d’ailleurs). Hormis celui de ma propre naissance bien sûr mais je ne m’en souviens pas.

Et là, je me suis dit “ah, c’est donc ça, être trentenaire”. On parle mariage et/puis bébés. Bien. C’est sûr que, samedi, on n’a pas vraiment raconté d’histoires à base de “alors j’étais bourrée…” car c’était pas trop le genre. Nous fûmes sages comme des images tant que les mamans étaient debouts (après, ce fut un peu moins sérieux)et je me suis un peu sentie vieille, décalée. Un peu comme si mon âge réel m’était revenu en pleine figure tel un élastique tendu qu’on aurait lâché, slashhhh ! Il est vrai que si je regarde le premier niveau de mes amis proches, seule Anne est mariée et quasi maman (le 04 mai normalement), Amy vit en couple mais pour les autres, on est toutes célibataires et nos principaux sujets de conversations sont le boulot, nos prochains voyages et les mecs. Et quand la conversation dérape sur “tiens, moi, je voudrais ça pour mon prochain mariage” ou une éventuelle question de progéniture, je lève le nez en l’air et cherche les mouches tellement j’ai rien à en dire.

Et j’avoue que je n’aime pas trop ça. Je veux dire : nos horizons deviennent-ils nécessairement plus étroits quand on vieillit ? A partir du moment où l’on décide de passer devant M. Le maire et de se reproduire, ne parle-t-on plus que de ça ? Vraiment ? Est-ce que moi aussi, quand je serai enceinte ou maman (si tant est que ça arrive), je ne parlerai que de ça ? Ca m’angoisse à dire vrai. Non de parler de couches et d’éducation en soi mais finalement pour ce que ça représente en creux : avoir un enfant, c’est, semble-t-il, renoncer à pas mal de choses. Le jour où je deviendrai maman, pourrai-je encore aller à la chorale ? A la plongée ? A la salle de sport ? Ecrire ici ou ailleurs, fabriquer de petites choses avec mes doigts ? Mon univers se réduira-t-il naturellement car un petit être prendra toute la place ? C’est certes une autre histoire, une autre aventure mais la maternité nous dilue-t-elle ?

Etre trentenaire, ça craint en fait. J’ai donc à nouveau 27 ans de façon on ne peut plus officielle (d’ailleurs, c’était mon anniversaire récemment, je ne vous en ai même pas parlé mais y avait pas grand chose à en dire en fait). Ca me laisse le temps de voir venir les couches.

Liste de la fille qui a gagné en stabilité

Oui mais c’est parce que je suis allée voir mon osthéo et y en avait besoin.

– Dans ma famille, on aime un peu vivre comme dans une série télé. Donc là, mes cousines ont fait l’épisode “on accouche en même temps”. Oui, comme j’aime à le dire, 100% de mes cousines ont accouché le 13 novembre. Oui, ok, j’ai que deux cousines mais quand même… Mais comme elles n’ont pas accouché dans le même hôpital, que l’une a eu une fille et l’autre un garçon, on aura pas droit à une histoire d’échange de bébés.


– D’ailleurs cousine aînée qui a eu une fille a choisi de l’appeler Emma. Prénom que ma soeur et moi adorions y a quelques années, c’était un peu à la première qui aurait une fille pour lui donner ce prénom. Ben on a perdu toutes les deux (en même temps, on avait changé d’avis entre temps).

– Coiffeur : fait. Osthéo : fait. J’ai lancé les travaux “une Nina toute neuve pour 2012”.


– Bilan de ma visite chez l’osthéo : “ah ben oui, il était temps que vous veniez, votre colonne vertébrale fait un S et le bas de votre corps est déconnecté du haut. Mais c’est normal après votre chute”. Du coup, elle m’a remis droite mais j’étais tellement habituée à être bancale que j’ai la sensation de pencher à droite maintenant. Sinon, elle n’a pas eu le temps de voir si j’avais un problème aux oreilles suite à mon problème de vertiges vénitiens. “Non, j’ai déjà beaucoup travaillé sur vous aujourd’hui, plus, ça n’aurait pas été possible”. Effectivement, à 22h, j’étais couchée, à 22h45, j’éteignais, à 22h46, je dormais comme un bébé.

– Y a des fois où je peux faire ma grande fille. Genre me réconcilier avec une fille avec qui je ne parlais plus depuis 7 mois et qui avait pour consigne de ne plus jamais m’adresser la parole. Même que je me suis excusée et que j’étais sincère. C’est pas si mal d’être adulte des fois.


– J’aime rendre service et gagner du temps. Par exemple, il m’arrive d’intégrer moi même des modifications aux psd du studio quand elles sont mineures car ils sont débordés et que je suis quand même capable de rajouter une lettre à un texte. Sauf que mon photoshop est vieux et des fois, il casse tout. Décision : supprimer photoshop de mon pc de bureau.

– PC de bureau, mon enfer. Il est tellement pourri qu’on peut même pas m’installer office 2007 (je n’ose rêver du 2010) sur mon pc car “il ne le supporterait pas”. Jeudi, je l’ai prêté à Arthur car j’ai Photoshop sur mon pc (cf paragraphe précédent). Réaction : “Heu… mais c’est insupportable ce pc !”. Merci,merci.


– D’ailleurs, Arthur, il est méchant, quand j’emphase cette histoire en disant qu’il “pleurait” devant son écran, il m’a répondu “non mais arrête de toujours exagérer, je pleurais pas!”. Oui, ça, on s’en doutait mais j’aime dramatiser ma vie à outrance, non mais !

– La stagiaire m’a traitée de mamie parce que je lui disais de mettre ses lunettes. J’ai pleuré pendant 45 minutes aux toilettes (cf paragraphe précédent).


– Ma mère doit trouver que j’ai pas suffisamment de raisons de me faire psychanalyser donc elle m’assassine. “Ouais, ta cousine a accouché d’un petit Thierry. C’est un prénom de vieux ! – Oh non, y a des gens de mon âge qui s’appellent comme ça – Oui, c’est ce que je dis, ça fait quand même 30 ans que t’es née!”. J’ai passé la nuit prostrée sur mon lit à sangloter violemment (cf l’avant dernier paragraphe).

– Les afterworks, c’est cool pour sociabiliser. Le souci, c’est qu’après 3 mojitos, tu vas voir ton chef et tu lui dis “ouééééééé, moi, je veux faire la prés de janvier!”. Le lendemain, tu te souviens qu’il était pas clair non plus et prie pour qu’il ait oublié. En plus, quand je lui ai parlé augmentation (j’ai le sens de l’à propos), il m’a dit : “Naaaaaaan, y en aura paaaaaaaaas!”. On va aussi mettre ça sur le compte de l’alcool. C’est que j’ai plein d’envie de voyages, moi.


Sinon, je rentre dans une zone de turbulence en terme de temps libre, je vais mourir !

Mais si, un jour, tu te marieras

J’avais prévu le récit du mariage de ma soeur depuis deux jours mais force est de constater que j’ai un peu de mal à l’écrire. Peut-être parce que les articles purement narratifs n’incluant pas une anecdote marrante, une pointe de cynisme ou un genou cassé... Alors en attendant, je vais vous parler d’un sujet lié : celui de mon futur mariage. Planifié par les autres, je précise.

mariage

Comme ma soeur se marie, tous les gens ne m’ayant pas vu depuis une éternité et demi se sont sentis obligés de me demander “et toi alors, c’est pour quand ?”, ce à quoi j’ai répondu en toute sincérité quelque chose comme “ouhla, pffff, tu sais, moi, les mariages…”. Oui, j’ai envie de dire que si le mariage de mon unique soeur ne m’a pas donné envie de passer la robe blanche et le voile, on est quand même un peu mal barrés. Je ne dis pas que je changerai pas d’avis car 1) seuls les imbéciles bla bla bla et 2) ce blog ayant d’étranges vertus prophétiques, il aime me contredire donc si j’écris ici en toute lettres “jamais je ne me marierai”, je passerai devant M. Le maire plus vite que je ne le pense.

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C’est pas que je sois contre le mariage en soi, j’estime que chacun est libre de faire ce qu’il veut et s’il a envie de se marier, je serai sincèrement heureuse pour elle et lui (et ben oui, pour le moment, en France, les mariages ne sont qu’entre elle et lui). Et je me battrai même pour la reconnaissance du mariage homosexuel. Mais à mon niveau personnel, bof. C’est très émouvant, je dis pas, j’ai bien versé ma larme et une mariée est toujours belle (enfin, ma soeur l’était en tout cas), je comprends la force du symbole, c’est un engagement fort. Mais ça reste que ce n’est pas pour moi. Je l’annonce donc sans revendication ni acrimonie aucune et systématiquement, on me répond “mais si, tu verras!”. Heu… plaît-il ?

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Deux choses. La première me renvoie à ma condition de femme biberonnée aux contes de fée qui rêve forcément d’une beeeelle robe pour le plus beau jour de sa vie. Alors déjà, je peux porter une belle robe quand je veux, même une robe de mariée si l’envie m’en prend, pourquoi pas (bon, achetée sur ebay en Chine, ça fait cher le délire sinon). Et si j’en crois ma mère, le plus beau jour
de sa vie ne fut pas son mariage, gâché il est vrai par ma grand-mère paternelle qui a exigé de changer de salle pour le dîner car elle ne voulait pas être avec les ploucs (c’est à dire la famille de ma mère) mais le jour où je suis née. Et là, elle ne portait pas vraiment la grande robe blanche, ça aurait fait tache, sans mauvais jeu de mot. De toute façon, je rappelle à toutes fins utiles que la fin des contes, c’est “et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants” et le deuxième point bloque aussi pour moi parce que si on peut discuter de l’éventualité de ma maternité future, je ne veux pas “plein” d’enfants, faut pas déconner non plus.

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La seconde me fait le même effet que quand tu dis que ton célibat ne te pose aucun problème. En tant que fille, je suis programmée pour trouver l’Homme, celui qui va me refiler son nom de famille et mélanger ses gênes avec les miens. Oui… Alors, non. Quand je dis que je n’ai pas envie de me marier, ce n’est pas pour masquer l’amertume de ne pas avoir trouvé cet homme qui me donnera son nom de famille (d’ailleurs, non, je suis résolue à garder le mien sauf s’il a un nom de famille trop cool. Genre celui de l’Ex qui sonnait trop bien mais comprenez que je n’ai pas d’homonyme et que j’aime bien mon nom-prénom même si j’aurais bien aimé un nom slave genre Gnagnaska ou gnagnatova ou ovna… Mais je m’égare totalement), non, c’est juste parce que c’est le cas. Me consoler en me disant “la prochaine, c’est toi”, c’est pas très utile surtout que j’ai même pas attrapé le bouquet de la mariée. Enfin, pour être exacte, mon cousin que j’avais mandaté ne l’a pas attrapé pour moi, je pense qu’il est difficile de rattraper un bouquet en béquilles.

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Donc non, je n’ai réellement pas envie de me marier, cette déclaration est faite sans amertume ni acrimonie, j’ai juste d’autres envies.  Mais je vais un jour organiser une fête pour mettre quand même la robe de mariée (achetée en Chine via Ebay) comme ça, on pourra pas me sortir cet argument pour m’expliquer que, génétiquement, je dois désirer le mariage. Na.

Faut-il raconter sa vie privée au bureau ?

Depuis maintenant 10 jours, j’ai commencé une nouvelle aventure professionnelle et j’ai déjà des milliers de choses à vous raconter sur la vie en agence. C’est fascinant. Mais tel n’est pas le sujet aujourd’hui, non, aujourd’hui, je veux vous parler intégration dans l’effectif. En gros, comment devenir une collègue efficace ET sympa. 
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Dans ma précédente boîte, j’ai raté mon intégration. Ok, j’ai pas été aidée, j’ai mangé toute seule le premier jour mais quand même, raté, c’est raté. Faut dire qu’à ce moment là, j’avais décidé d’arrêter de fumer et c’est tout le drame de la nouvelle salariée : pas de clope, pas de pause, pas de blabla avec les collègues, pas d’existence. Oui, je sais, on peut accompagner les fumeurs mais quand tu débutes un nouveau contrat, ça fait vaguement la fille qui s’incruste. Donc je planifie mon prochain sevrage tabagique en mai, par là, après ma période d’essai. Parce que cette fois-ci, je bosse mon intégration, je fume, je parle, je fais des blagounettes, j’accompagne les gens pour aller chercher à déjeuner. Et je bosse aussi, beaucoup. Mais force est de constater que j’ai la sensation d’avoir plus de substance sociale en 10 jours ici qu’en 6 mois ailleurs.
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Donc je sociabilise. On sort sur la terrasse s’encrasser les poumons et on parle de tout et rien. Comme les vacances en Thaïlande de Lise qui me refile donc tous ses dossiers, les cas chauds bouillants qu’on a à gérer en ce moment. De quoi je parle, moi ? De plongée. Ben ouais. Et de grossesse et d’accouchement aussi mais ce n’est pas moi qui ai commencé, c’est une autre collègue et ils ont tous été étonnés par ma maîtrise de la question « Ben, oui, j’ai travaillé sur des forums féminins ! » « Aaaaaah ! ». L’avantage de la plongée, c’est que ça occupe un peu les discussions : qui en a déjà fait (les baptêmes, ça compte) et qui a peur d’en faire et chacun de raconter son aquaphobie ou sa pisciphobie. Oui, en fait, depuis que je fais de la plongée, je découvre que beaucoup de gens ont peur des poissons et de la faune aquatique ou du moins en sont dégoûtés. Alors que je trouve ça super cool les poissons moi, même les mérous. Mais
j’ai pas encore croisé de murène ou de requins, juste des poulpes et je sais comment m’en débarrasser s’ils viennent me coller. Oui, la plongée est une source inépuisable de connaissances, vous n’imaginez pas.
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Et le reste ? J’ai vaguement parlé de mon rendez-vous chez le dentiste, de ma sœur qui bosse donc dans l’agence associée, du fait que je viens du sud ouest. Et voilà. Mes amours ? Alors déjà, je voudrais en parler que je n’aurais pas grand-chose à dire.
« T’es célib ?
– Ouais
– Ca fait longtemps ?
– Quinze jours. »
Donc là, ça jette comme qui dirait un petit blanc du style « oh mais ma pauvre, qu’est-ce qu’il s’est passé ? ». Parce que ça ferait 6 mois, on ne demanderait pas mais quand la rupture est fraîche… Mais non, personne ne se demande le statut marital. Pour la plupart, je suppose que l’info est connue de tous, je sais par exemple qu’un mec a une femme et des enfants parce qu’il en a parlé au détour d’une conversation, je sais qu’une des stagiaires vit avec son mec et… et ben c’est tout, tiens. J’essaie du coup de deviner qui est célibataire et en couple, qui est gay ou hétéro. Mais après, nos coucheries respectives ne semblent pas faire partie du menu des conversations usuelles, contrairement au froid.
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Pourtant, selon les univers, c’est handicapant. Dans mon ancienne boîte, donc, je n’ai rien raconté et je me suis sentie un peu exclue, genre « non mais elle, elle veut rien dire ! ». Parce que les confidences instillent une connivence, une complicité. On n’est pas juste collègues, on est copines. La profondeur et la force de ladite amitié est sujette à débat mais il y a un lien supplémentaire, un lien qui fait qu’on va aller déjeuner ensemble ou boire un verre histoire de se raconter les potins plutôt que de laisser moisir la rabat-joie qui
raconte pas sa vie devant son écran à l’heure du déjeuner. Vous allez me dire qu’on s’en fout, que du moment qu’on est efficaces, on n’a pas besoin d’être pote avec tout le monde. Pour avoir expérimenté la chose, je peux vous garantir que non, il m’a même été expressément reproché de ne pas déjeuner avec les autres, de rester dans mon coin. Parce que je peux être efficace et relativement irréprochable (relativement dans la mesure où je commence à accepter le fait que je peux aussi faire des erreurs sans être la pire employée du monde), par rapport à un employé efficace ET sociable, je saute. Parce qu’on n’est pas des machines payées à juste exécuter et que quitte à passer 8h au minimum avec des gens, autant que ça se passe bien. Maintenant, il est des limites à respecter, celles de la pudeur et de la décence. Vous exprimer sur votre statut marital est une chose. Faire la revue de tous vos amants à mesure où ils apparaissent avec force détails, par contre…  

Raconte-moi une histoire…

Par Lucas

Il est une famille de français moyens que toute la France connait pour l’avoir croisée au moins une fois depuis l’an 2000 (bientôt dix ans…). Laissez-moi vous présenter les deux principales figures. Et ne me dites pas que vous ne les reconnaissez pas…

 Cette famille,

elle n’a pas fait une émission de télé réalité,

elle n’a rien de spécial
elle n’a pas participé à un jeu à la con,
pas été éventrée par un pater familias pour faire les choux gras de la gutter press.


Elle est comme la mienne,
comme la votre,
comme tous les français
et on suit la vie de cette tribu comme un feuilleton.
En moyenne 170 épisodes par ans.

D’abord il y a les enfants,  Juliette et Thibaud.
Et puis leur grand-mère, qui se fout de la gueule de son gendre en permanence.
Lequel gendre s’appelle Philippe,
marié à Mathilde, une nana qui a un sacré caractère.
Sympa pour Philippe, après une journée de travail avec son collègue, Régis, qui a la voix de Homer Simpson : « j’te dérange paaaaas Philippe ? »

Pour les apatrides qui nous lisent,
pour les ermites et les associaux qui n’écoutent jamais la radio,
je vous parle d’une série de pubs pour les centres Leclerc crée en 2000 par l’agence Lollipop Music.

C’est tout un univers qui a été créé, une sorte de mini feuilleton pour chaque pub.
Un dialogue entre deux protagonistes qui échangent des infos sur un produit Leclerc après une intro funky qui « catche » l’oreille (voix nasillarde, ton surpris, etc).
Ils sont forts chez Leclerc.
Ils ont commencé en France avant tout le monde : ca s’appelle le story telling.

Pas moyen d’y échapper !
Mieux que les Feux de l’Amour !
Tous les pubeux surfent là-dessus en ce moment ! Regardez dans les magazines, on voit partout des images « Isabelle 12 ans, aime boucou ceci »
Entre autres…
Et pour revenir à Leclerc,

On a suivi l’accouchement de Mathilde sur RFM,
on a vu grandir Thibaud sur Nostalgie,
on a entendu Régis emmerder Philippe sur Oui FM (Philippe va-t-il un jour craquer ?),  etc. tout est interchamgeable : ils sont partout, on ne peut pas les louper, et c’est un vrai feuilleton
qui déclenche chez nous une empathie et une sympathie.
Parce qu’on a tous  en  nous quelque chose de Tennessee un peu de Mathilde et Philippe.
Sitcom.
Mine de rien, j’ai beau trouver ca niais, ça fait du bien dans le paysage pubeux d’entendre ces p’tits moments plus ou moins rigolos. Bon, bien sûr, ya toujours le message essentiel, avec les tickets Leclerc, les réductions, tout ça. Et puis la chute finale avec un peu d’humour.
Bingo…

Avec mon snobisme, hérité de mes parents, j’avoue que j’ai été longtemps fermé à ca.
Par exemple, j’ai envie de balancer ma radio par la baie vitrée chaque fois que j’entends l’équivalent de ce story telling chez Super U avec Daniel Prevost et sa voix à claque.
Mais pas avec Mathilde et Philippe.

En fait avec Daniel, j’ai le sentiment aigu que je suis pris pour un con.
Qu’on fait semblant de me raconter une histoire tout en glissant la promo du jour.
Avec Philippe et Mathilde vous allez me dir que c’est pareil mais je le ressens moins.
Je suis moins là à chercher quel produit ils vont défendre. Ya quelques chose en plus sympa, même si ça n’enlève pas mon sentiment de malaise, à chaque fois…
Idem pour les pubs EDF GDF dans les magazines. Avant on avait parfois des personnalités ou des sportifs soutenus par EDF. Là  on nous présente la photo d’une nana. Inconnue. A qui on doit s’attacher car cette personne c’est moi, c’est toi : elle est censée résonner en chacun d’entre nous.

Ca m’agace qu’on utilise de tels ressorts et qu’on me prenne ouvertement pour un abruti… Qu’on me scande à tout va que la Carte Leclerc c’est super. Mais d’un autre coté je me dis que ces pubs doivent resonnner dans plein de foyers. C’est vrai qu’elles sont loin des pubs de mon enfance à la télé où une nana se faisait alapaguer par un vendeur ds un rayon pour tester un produit « ah mais c’est vrai qu’il est bon ». Triple orgasme, double salto arrière.
Connaaaaaaaaasse.

Mais il y a pire…
Au delà du story telling,
je fais un aparté…
Car ça me démange.
Car j’ai envie d’empaler un rédac chef chaque fois que je vois qu’on nous prend pour des cons avec un publi-redac dans les magazines, là où les pubeux nous présentent des produits  sous la forme d’un article. Avec un titre et un agencement comparable à la maquette du journal et la complicité de la revue.
Gniiiiiiiii !!!

Et je suis perplexe.
Est-ce que ça vous donne plus envie de consommer, vous ?
Est-ce que le message passe mieux s’il est moins sur un schéma connu ?
Moi j’avoue que les produits me passent au dessus du nez.
En même temps je ne suis pas allé dans un Leclerc depuis des lustres. Je pense que je serai toujours éberlué devant un linéaire de 3 mètres sur 2 avec 150 références de chips différentes (ici mes potes marketeux ressortent de leur tiroir la poupée vaudou à mon effigie)

Le pire c’est que cette logique prise par les publicitaires s’inscrit dans la nature humaine. On aime bien se faire raconter des histoires, on aime bien être emporté hors de notre monde, quelques minutes. Les spécialistes des campagnes politiques pensent que la raison pour laquelle Kerry n’a pas été élu face à Bush c’est qu’il n’avait pas LA bonne histoire pour rallier à lui tous les zelecteurs… Faire rêver, faire associer. Permettre aux gens en face de se retrouver : dans la pub il s’agit toujours plus ou moins de rassurer. Rappeler vous « Travailler plus pour… gagner plus ». Moi ca m’inquiète un peu ces stratagèmes.
.
Je me dis que si ca se trouve on va arriver à un monde où tout sera story tellin’. Des histoires racontées par des pontifes et en face de ça des opposants pour rappeler la vérité. Relisez La Ferme des animaux et 1984, relisez le Meilleur des Mondes : c’est un peu boucou ça… Tiens une citation de Mister Orwell qui s’applique autant à la politique qu’à la pub,

«Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.»

Comment rater sa sortie en beauté

(article odieusement cynique)

La vie, finalement, ce n’est pas grand-chose : une date de naissance, une date de décès, des dates de mariages ou d’accouchement, quelques faits remarquables
mais rien de plus. Donc pour passer à la postérité, une mort un peu dramatique fait bien. On a les cas de Marilyn ou James Dean qui ont réussi leur sortie de main de maître, on peut aussi citer Elvis et l’éternelle légende du « mais non, l’est pas mort ! ».


Puis y a Farrah Fawcett. Résumons la vie de la dame : elle est née, a joué dans une saison de drôle de dames et est devenue célèbre grâce à son brushing (c’était un peu la Jennifer Aniston de l’époque) puis elle s’est mariée à Lee Major, celui qui valait trois milliards. Puis c’est tout. Alors quand Farrah a été atteinte d’un cancer, elle a surmédiatisé sa maladie, un peu à la Jade Goodkin. Farrah était donc prête à mourir devant les médias du monde entier, histoire qu’on parle d’elle une dernière fois.


Elle s’est donc éteinte hier… Mais pas de chance, elle est morte juste 4h avant Michael Jackson. Du coup, ce matin, quand on m’a annoncé la mort de Michael, j’ai répondu : « ouais et Farrah Fawcett aussi » et là, j’étais la seule au courant, magique. Pauvre, pauvre Farrah. C’est pas que je lui étais attachée mais vu qu’en temps que bons petits moutons, tout le monde pleure Michael Jackson, le même que tout le monde avait globalement oublié, le même dont tout le monde se moquait il y a encore quelques jours. Mais vous savez, comme toujours, les morts deviennent soudain merveilleux. Je ne nie pas le parcours incroyable de Michael mais faut pas déconner non plus. De toute façon, j’économise mes larmes pour des choses qui me touchent vraiment et la mort de stars que je ne connais ni de loin ni de près ne m’émeut pas une seconde.


Voilà, Farrah est morte comme elle a vécu : finalement, elle a tout raté d’un rien. Elle aurait pu devenir une actrice incontournable de sa génération, on n’a parlé que de son brushing. Elle aurait pu rester mariée à Lee Majors, elle s’est retrouvée avec Ryan O’Neal. Elle aurait pu mourir un jour sans actu lourde pour qu’on ne parle que d’elle, Michael Jackson en a fait autant quelques jours après. La seule chose qu’on retiendra de Farrah, c’est son brushing très glamour des années 70. Et éventuellement qu’elle est morte le même jour que Michael Jackson.



Sortie : ratée.

En attendant, je n’allumerai ni télé ni radio ce week-end, je sens l’overdose de Michael Jackson poindre.

Il y a des jours où je me fais peur

(Pas de chômagie cette semaine, pas enviiiiiiiiiiiie)

Il y a des jours où je me fais peur en ce moment. Hier soir, par exemple, cas typique. J’étais en train de regarder mon Facebook, voir ce qu’il se passait de beau chez mes amis (ouais, en fait, j’adore espionner) quand je vois qu’un couple d’amis de la fac a posté de nouvelles photos de leur bébé. Forcément, je regarde. Ooooooooooooooh, qu’il est mignon ! Oh mon Dieu… Je regarde sciemment des photos de bébés !


Et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Déjà, quand j’étais chez TGGP, avec Ioulia, on s’extasiait sur les photos de gosses trop mignons (et on se moquait aussi de ceux qui l’étaient beaucoup moins, il y a des bébés qui font même peur tellement ils ont l’air méchants). Et ce n’est pas tout. Samedi avec Vicky, on est passées par le rayon enfant du Monoprix (officiellement pour aller au rayon bouffe, c’est le chemin) et j’ai poussé plein de cris suraigus devant les mini chaussons, les petits grenouillères, ça donnait à peu près des « hiiiii, c’est trop meugnon, regaaaaaaaaaarde ! Et çaaaaaaaaaaa ! ». Bon, vous allez me dire, ça fait craquer tout le monde ce genre de toutes petites choses mais quand même, je suis censée être cynique et bébophobique. Que m’arrive-t-il ?

Pourtant, je me sens toujours aussi peu motivée à l’idée de me reproduire. Je ne parle même pas de l’acte de grossesse mais vraiment d’être responsable d’un être humain. Le chat, j’arrive à gérer à peu près même si je suis rapidement dans la culpabilisation du genre « Oh mon Dieu, je lui ai pas donné de croquettes ce matin » (sachant qu’elle en mange environ 10 par jour et que quand je pars 3 jours en congés en la laissant seule, elle ne finit par sa gamelle. Donc celle-ci est toujours au pire à moitié pleine mais ce ne sont pas des croquettes versées le jour même), « ohlala, je lui ai pas fait de gros câlin, aujourd’hui, je suis méchante, elle va me détester… ». Donc déjà, quand j’aurai réglé mon petit souci de culpabilisation à outrance, on envisagera peut-être de passer au niveau supérieur, l’être humain, mais là, non, j’ai pas envie et je ne suis pas prête. Et je ne parle même pas du fait que je n’ai pas de père sous la main. De géniteur, oui, c’est jamais bien compliqué à trouver mais un père, un vrai, un qui serait raaaaaaaavi de partager ses gênes avec les miens et surtout de rester après l’accouchement pour élever notre amas de gênes, là.

Mais si ma propre maternité ne me titille toujours pas, celle des autres oui. En clair : je veux un bébé dans mon entourage proche, un sur qui je pourrai m’entraîner un peu, me familiariser avec, jouer un petit peu, le prendre sur mes genoux, tout ça… Je devrais y arriver, non ? Et de préférence pas dans ma famille parce que dès qu’on approche un bébé de moi, ma mère s’esclaffe : « non mais Nina, c’est pas son truc les bébés ! ». Ca ne m’aide pas ! En attendant, je me demande si ça le fait d’acheter la grenouillère rose avec un cœur en strass dessus de chez Monoprix en attendant qu’une petite fille veuille bien naître dans mon entourage ou si je suis pas un peu au bord du pétage de plomb en bonne et due forme. Je sais pas…

Rachida, tu m’épuises

Allez, moi aussi, je me jette dans la polémique top fascinante du moment et même si mon avis arrive plus tard que tout le monde, je ne peux m’empêcher de l’exprimer car on touche là à un sujet qui me tient à cœur : les droits des femmes.


Résumons un peu la situation : une femme d’une quarantaine d’années financièrement indépendante tombe enceinte d’on ne sait qui et décide de zapper son congé maternité. Et là, tout le monde se sent obligé de commenter ce fait. Evidemment, cette femme est une Ministre mais l’identité de son père ne changera pas la face du monde, ça ne changera même pas ma journée si un jour, on apprend qui c’est. Je dirai : « Ah ouais ? C’est ce que j’avais entendu dire » ou « Ah ben j’aurais pas cru ! » et j’oublierai aussi sec. Parce que globalement, j’en ai rien à faire de l’identité du père, elle couche et se reproduit avec qui elle veut. Quoi qu’apparemment, d’après mes sources peu fiables, ce serait bien Aznar.

Mais pour ma part, j’aime avoir des théories surréalistes qui seraient :

– y a pas vraiment de papa, c’est un bébé éprouvette pour se rendre plus sympa auprès du public

– d’ailleurs, en vrai, elle n’a jamais été enceinte et n’a pas eu de bébé, d’où le retour aux affaires après 5 jours du faux accouchement (très Sunset
Beachien)

– pour qu’elle taise le nom du père comme ça, c’est que c’est trop la honte de donner son nom. C’est donc George W. Bush.


Bon, on rigole (on va pas pleurer non plus) mais je reviens à cette histoire d’accouchement et de reprise de boulot au bout de 5 jours et de la polémique qui en découle. Perso, qu’elle reprenne ou non le boulot ne m’intéresse absolument pas, c’est son problème et pas le mien. Ce qui me turlupine plus, c’est ce qu’on en dit, en fait, parce que je me rends compte que là aussi, le féminisme a encore de beaux jours devant lui.



D’un côté, on s’insurge qu’elle reprenne le boulot si vite parce qu’elle a besoin de créer un lien avec son bébé, gna gna gna. Ben, oui, justement, c’est SON bébé. Evidemment, elle a les moyens de faire garder la petite mais est-ce qu’on peut déjà la cataloguer comme mauvaise mère ? Dati n’est pas la seule à reprendre le boulot à peine l’accouchement terminé, c’est le cas également des commerçantes, certaines ne prennent pas le congé parental et c’est leur compagnon qui le fait… Bref, il n’y a pas une façon d’être mère mais des dizaines, ce n’est pas parce qu’elle a choisi d’être mère de cette façon qu’elle en sera forcément une mauvaise, c’est peut-être un peu trop tôt pour être si affirmatif.

De l’autre côté, les ultra féministes se gaussent : « ouais, enfin une femme qui, à peine sortie de la salle d’accouchement, reprend le travail, quelle executive woman ! ». Ouiiiiiii mais moi, ce que je crains légèrement, c’est que ça vire au « le congé maternité ne sert à rien, la preuve ». Parce que si Rachida Dati a choisi de reprendre le travail de suite, c’est un choix. D’autres femmes ont envie ou besoin de se remettre de l’accouchement et de bichonner leur bébé, s’occuper de lui. Je pense que la maternité n’est pas vécu par chacune de la même façon. D’ailleurs, à chacune de choisir sa priorité, certaines sont à fond sur le travail, plus sur la vie privée.


Bref, au fond, ce qui m’énerve le plus, c’est que tout le monde se permet d’avoir un avis sur un choix de vie privée qui fait parler essentiellement parce que ça parle de maternité. Un homme reprendrait le travail à peine quelques jours après une grosse opération, par exemple, personne n’aurait l’idée de commenter réellement la nouvelle. Alors que là, affaire d’Etat entre les pro maternité et anti maternité. D’ailleurs, on notera qu’apparemment, être féministe, c’est refuser d’envisager que la femme peut vouloir être mère à temps plein aussi. Mais enfin, le féminisme devrait se battre pour nous laisser avoir le choix, qu’on puisse profiter de notre congé maternité ou y renoncer sans que personne ne trouve rien à redire. Si un homm prend son congé parental, personne ne trouve rien à redire. C’est un droit qu’il a. Evidemment qu’il s’agit d’une Ministre et que ça nous concerne un peu mais la Rachida mère, on n’a pas à s’en mêler. Ça ne regarde qu’elle et éventuellement le père s’il est dans les parages. Mais ne commençons pas à plaindre son bébé. Même pas 15 jours et déjà, Rachida est qualifiée de mauvaise mère…


Encore un bel exemple de tolérance.

La liste de la fille qui se tire en vacances (youhou !)

Je me casse en vacances, lalalère, je me casse en vacances, lalalère !

– Mes collègues m’ont trouvé une nouvelle fonction au boulot. J’étais déjà la fille de service (« t’as pas du dissolvant sur toi ? », véridique), la fournisseuse de feu, la dernière aux fléchettes… maintenant, je fais dico vivant. Mardi, je finis ma clope dehors quand Sébastien et Rémi reviennent de la supérette. « Nina, toi qui a plein de diplômes, ça veut dire quoi pierre qui roule n’amasse pas mousse ? Tu peux nous donner un exemple ? ». Donc au boulot, pierre qui roule n’amasse pas mousse désigne un intérimaire grâce à mon exemple foireux, c’est même écrit sur l’ardoise des chiottes. Oui, parce qu’il y a une ardoise aux chiottes mais on sait pas pourquoi. Du coup, j’ai écrit dessus que ce serait cool de rabaisser la lunette. Je suis sûre que les copines/épouses de mes collègues vont finir par m’adorer.

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– Discussion MSNique avec Vicky « Dis, tu crois que les mecs sont des connards parce qu’ils ont de grosses bites ? » « Non, regarde machin » (laquelle a dit ça, mystère !). Arf, ça aurait été si simple ! Puis, c’est vrai que j’ai connu des mecs bien montés pas salauds. Mais on trouvera un moyen de les reconnaître un jour.

– Ok, j’ai une bonne tête, c’est un fait, mais c’est dingue que je puisse pas fumer ma clope devant l’agence sans que quelqu’un vienne me raconter sa vie. Quand je dis
quelqu’un, je parle pas de mes collègues ou des gens de l’entreprise voisine, non, je parle de gens qui marchent sur le trottoir et s’arrêtent pour commenter le temps ou la vie. Reste plus qu’à capitaliser ce pouvoir que j’ai. Si quelqu’un a une idée…

– Je suis dégoûtée, les histoires de fesses dans mon agence, elles sont à Prague, pas ici. C’est pas drôle… Bon, ok, ma boss et moi, on est les deux seules filles donc y a
une chance sur deux que je sois concernée mais j’aime bien les histoires croustillantes. Même quand je suis pas impliquée.

– C’est l’été, les hormones font pschhhhhhhhhhhtttttttt, c’est un fait.

– Des fois, je m’impressionne par ma lose, mais vraiment. Jeudi, en plein ennui, je décide d’aller passer la soirée au cybercafé, vu que free a décidé que livrer une prise,
ça irait plus vite par pigeon voyageur que par la Poste (je sais pas si on peut tout à fait leur donner tort). Je mange et me mets en branle, j’arrive sur place. Autant vous dire qu’au bout d’un an, mon identifiant n’existe plus donc je recrée un nouveau compte et là, le mec me fait « on ferme à 22h donc vous n’êtes pas obligée de prendre beaucoup de temps. » Alors vivant à quelques bornes de Paris, j’avoue que je pensais naïvement que ce foutu cyber serait ouvert au moins jusqu’à minuit. Je lui demande l’heure : 21h46. 10 minutes de net, ô joie. Faut dire que dans mon quartier, dans la catégorie « célibataires entre 20 et 40 ans n’étant pas équipé d’Internet chez eux », on doit être 3.

– Il se murmure des choses au boulot ! Jeudi, on reçoit un mail de Tchèque en chef « réservez votre week-end du 30 septembre au 2 octobre » (en anglais mais
fuck, pas envie de vous le faire en VO). Là, Guillaume fait « ça sent le séminaire  – Ah bon, demande-je, vous en faites souvent ? – Non mais tout un week-end…
Peut-être qu’ils veulent faire un week-end avec les Tchèques. Et ça coûte moins cher d’aller à Prague pour nous que pour eux de venir ici ». Bon, j’ai bien vérifié qu’il me faisait pas marcher parce que Jason, il m’a fait croire qu’on allait faire un chat avec Justin sexy back Timberlake et je l’ai cru (c’est con, je pourrais trop me la péter, là). J’espère trop que c’est ça !

– Cette semaine, j’ai pas le net, ma girlie team est en vacances, j’ai plus la télé et le téléphone non plus donc je pouffiasse seule chez moi. Au menu : vernissage des
orteils (bon ok, c’était dimanche juste avant la venue de Gabriel mais je sais pas s’il a vu), masque vert qui fait peur et masque avec du gel froid sur les yeux pour chasser les cernes. Parce que oui, le noir que j’ai sous les yeux, force est de constater que c’est pas du maquillage, le démaquillant refuse de l’enlever.

– Pour pétasser à mort dans les couloirs du métro, je mets mon super walkman Sony Ericsson que j’ai gagné dans les oreilles et je mets Fast Tracker d’Etienne de Crécy. 8 mn d’électro pure qui rend les couloirs du métro de suite vachement plus sympa.

– Pourquoi quand je verse l’eau chaude sur ma soupe lyophilisée, ça crie ? (et pourquoi je sais pas écrire lyophilisée ?)

– Hier, j’ai découvert le comble de l’audace : mettre un jean blanc alors qu’on est sur le point d’accoucher. Bravo, madame.