C’est trop d’amour

Dimanche soir, me voici de retour chez moi après un week-end éreintant à base de mariage de Yohann le presque frère. Aller-retour quasi express, peu d’heures de sommeil et amour à tous les étages. Seule face à mon bol de céréales (équilibre alimentaire mon amour), je suis prise par la bipolarité de ce genre de week-end : heureuse et triste de me retrouver enfin seule.

Je suis un être social. Rarement chez moi, je cours de la chorale à la plongée, des afterworks aux thés entre copine, de brunchs aux dîners. J’aime la vie en société mais je l’aime car j’ai aussi des moments de solitude, des moments rien qu’à moi où j’écris, je couds (enfin, j’ai cousu une fois), tricote, lis ou même dors. Après des séjours en collectivité, je ne rêve que d’une chose : me retrouver enfin seule.

Mais après de grands moments de fusion collective, la solitude paraît soudain un gouffre. Oui, c’est cool de prendre des douches interminables, rester 15 mn aux toilettes à faire des mots croisés, de se balader en culotte et de manger des tartines de kiri, de ne pas parler, de chanter à tue-tête… Mais y a un manque étrange, ce silence devenu inhabituel te bourdonne dans les oreilles et surtout, surtout… Y a plus d’amour.

Dans ce type de week-end, on est surboostés par le bonheur d’être ensemble, les rires fusent, on est heureux de se retrouver. On baigne dans une atmosphère chargée d’adrénaline et d’ocytocine. Et soudain plus rien, le vide. Seul mon chat me témoigne son affection, mon mec est à un bon millier de km et je me sens con. Sensation étrange de ne pas assez avoir profité.

Comme je le disais l’an dernier, Cendrillon a la gueule de bois. Heureusement, ma maman vient sur Paris fin septembre. Heureusement, ma sœur va accoucher fin novembre. Heureusement Noël n’est pas si loin. Des kilos d’amour familial en perspective. Mais au moment T, quand tu te retrouves seule face à ton chat et ton bol de céréales, tu te tapes un bon vieux cafard…des familles, justement.

Courrier des cœurs, réponse à Alice

Cette semaine, Alice nous a soumis la question suivante : « si on a des fantasmes et potentiellement quelqu’un enclin à les réaliser, est-il dans notre intérêt de le faire? Faut-il réaliser ses fantasmes? »


La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que ça a donné :

Diane : Le gros problème de base, avec la réalisation des fantasmes, c’est: est ce qu’une fois réalisés, ils ne vont pas en perdre du coup tout intérêt? L’intérêt n’est-il pas, au final,  davantage dans le fantasme lui même que dans sa réalisation…

Mais je pense que le mot « fantasme » est à dissocier de celui de « désir » en cela que le désir, c’est quelque chose que l’on ressent (plus ou
moins consciemment, merci docteur Freud), et que le fantasme, je situe plus cela dans le domaine de la réalisation.

En gros, réaliser son fantasme serait un peu un pléonasme, vu que, fantasmer, c’est déja en quelque sorte la réalisation imaginaire de son désir, la mise en scène de son désir par l’esprit.

Et comme ce qu’on s’imagine dans notre petit cerveau est toujours mieux que le réel (forcément, vu que ça émane directement de ce qu’on est en profondeur, et que c’est fait entièrement et complètement pour nous satisfaire, tout en sachant absolument ce qui nous plait et ce que l’on veut), eh bien j’aurais tendance à dire que certains fantasmes seront toujours plus beaux et appréciés s’ils restent chimères…

….Mais que d’un autre côté, dans la pratique, je me dis aussi qu’il vaut mieux un réel un peu décevant que pas de réel du tout, hein…

Tout en gardant à l’esprit que tout dépend de la nature de la transgression aussi hein (vu que fantasme dit forcément transgression, transgression de ce qu’apprennent la société, les parents, les bonnes moeurs etc…): il y a certain fantasmes qu’il faut savoir garder pour soi . Exemple: si ton grand fantasme est d’enlever ta voisine et son caniche nain et d’entamer avec eux un ménage à trois…eh bien je te conseillerais alors de t’abstenir. CQFD.

Nina : Ah, les fantasmes, grande question. On en a tous et ce qui est magique, c’est qu’ils évoluent. Alors pour ta question, je dirais que ça dépend surtout de la gestion de l’après. Réaliser un fantasme si on en a les moyens, je dis oui. Mais, parce qu’il faut quand même apporter une nuance je dirais qu’il faut voir si on assume après ou pas, s’il peut y avoir des conséquences néfastes ou pas. Si c’est juste l’occasion de se faire plaisir en toute sérénité, aucune raison de reculer. Puis une fois qu’on a réalisé un fantasme, on peut s’en trouver un autre. Si tu veux, on pourra te suggérer des idées.

Tatiana : Alors j’ai envie de te dire oui et non. Oui car réaliser un fatasme c’est quand même vachement cool et c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de le faire. Et non car pour moi un fantasme c’est avant tout quelque chose qui ne peut pas se réaliser ou qui n’est pas fait pour être réalisé. Disons que si tu réalise ton fantasme tu prends le risque de connaître une période de frustration. Un fantasme en fait c’est un peu comme l’attente avant noël lorsque tu es petit. Je pense que tu as du connaître cela : on est en décembre et tu as tellement hâte d’avoir tes cadeaux de noël. Plus les jours passent et plus la hâte grandit jusqu’au jour ultime. Tu déballes tous tes cadeaux et soudain c’est la black out : tu as ouvert tous tes cadeaux. Maintenant tu devras attendre l’année prochaine avant de connaître à nouveau une telle montée d’adrénaline. Alors voilà ce qui risque de se passer si tu réalise ton fantasme. Maintenant c’est à toi de voir.

Lucas : Pour résumer, encore une fois on a qu’une seule vie. Si ledit fantasme n’a pas de conséquences pour autrui et qu’on risque uniquement d’écorner notre répioutèycheun, où est-le problème ?? J’en verrais deux et qui n’en sont pas vraiment.
Le fait d’avoir au village sans prétentions une mauvaise réputation ?
La crainte de ne plus avoir de raisons d’aller de l’avant ?
Je crois qu’il ne faut pas confondre le fantasme (par nature épisode fugace,sortant de l’ordinaire) et les projets. Et puis j’ai vraiment envie de croire qu’à chaque age de la vie il est un fantasme et que notre bonheur passe par leurs réalisations. Bon, pour autant, des fantasmes j’en ai réalisé aucuns et je ne suis pas déprimé/replié sur moi. Mes fantasmes ? Qd j’étais gamin c’était piloter un Tom Cat (merci Tom Cruise…), qd j’étais lycéen c’était diner un soir avec Andie Mc Dowell et passer la nuit avec elle, quand j »étais en Droit c’était déporter et exterminer tous les énarques, etc… (oui, j’ai des fantasmes trop délire). Donc oui, réalisons nos fantasmes. N’oublions pas qu’en espagnol fantasma c’est le fantome. Alors à quoi bon courir après des fantômes sans jamais les atteindre ? Jut Do It !
(cette réponse est à lire avec un fonds sonore adéquat. Au hasard J’irai ou bout de mes rêves… mais moi j’dis ça j’dis rien.)

Si toi aussi, tu as une question qui t’interroge, n’hésite pas à nous soumettre ta question en comm ou mail. On te répondra avec toute la dérision qui est nôtre.

SmartBalls

Par Emma

 

 Je les ai achetées il y a déjà quelques semaines, voir même plusieurs mois, juste avant un court séjour de mon cousin chez moi. Pour l’occasion, elles avaient donc été immédiatement cachées, planquées, escamotées, enfouies, dissimulées. Tellement bien que je les avais presque oubliées. Cette idée me trottait pourtant dans la tête depuis un moment. Je voulais essayer, découvrir. Et ce soir, elles sont réapparues ! Je suis allée les chercher dans leur introuvable cachette. Je les ai délicatement sorties de leur étui, observées, caressées, humidifiées. Puis je me suis préparée à leur arrivée. Histoire que notre rencontre se fasse de la façon la plus douce possible. Après les préliminaires, je les ai lentement, doucement, tout doucement, faites glisser en moi. Sensation étrange, agréable, surprenante.

 

Avec elles, le plaisir n’est pas immédiat, il faut quelques instant. Il ne faut surtout pas faire l’erreur de rester passive. Au contraire ! Je marche, bondis sur mon canapé, sautille jusqu’à ma chaise de bureau, cours vers mon frigo, danse. Je les sens en moi vibrer au gré de mes mouvements et de mes contractions. Je sens mon corps les enserrer et les relâcher au rythme de leur vibration et de mon excitation. Impossible d’oublier leur présence en moi. Même si ma tête n’y pense plus le temps d’un instant, mon corps s’empresse de le lui rappeler ; il se tend, se relâche puis se contracte à nouveau, s’apaise une seconde et se raidit plus fort. Les sensations sont comme des vagues, elles me délaissent quelques instants puis m’envahissent de plus belle, m’abandonnent et reviennent à la charge et me submergent. Tout se fait en douceur, discrètement, sensuellement.

 

Je n’en suis qu’au début de mon aventure de geisha. Pas encore d’orgasme en vue, je n’ai pas beaucoup d’expérience avec elles. Et puis j’ai l’orgasme capricieux, sentimental. Je ne l’ai atteint qu’avec les rares partenaires dont j’étais amoureuse. Ma tête, mon cœur, mes tripes et mon point G sont étroitement liés… Donc pas d’orgasme mais un plaisir discret et inattendu, sensation nouvelle, à chaque mouvement redécouverte.

 

Et puis il y a quelque chose d’excitant à ressentir ces choses en étant la seule à savoir ce qu’il se passe en moi. Quelque chose qui fait monter l’adrénaline, et l’excitation aussi. Je les porte en ce moment même. J’ai mis mes boules de geisha uniquement seule chez moi, et je n’imagine pas qu’il en soit autrement. Pourtant, je reconnais que l’idée de ce plaisir solitaire et secret au milieu d’une foule, d’une rue, d’une rame de métro a quelque chose de troublant.

 

 J’avais Gauthier tout à l’heure au téléphone alors qu’il s’extasiait devant son dernier caprice inutile donc forcément indispensable, et je lui dis « j’écris mon prochain article, le sujet c’est ce que je porte ». Il me réponds fort à propos « t’as raison ma fille tes histoires de frusques ça va être passionnant ». Je lui précise alors que j’écris sur « ce que je porte précisément en ce moment même ». Petit blanc de Gaugau qui me demande après réflexion si je suis en jogging, en tailleur ou en tenue de soirée. Bon, pas perspicace le garçon, en même temps il est 2h17 du mat’. Je lui lance donc une perche : « c’est pas quelque chose que je porte SUR moi ». Gros blanc. Puis j’entends une voix mi-dégoûtée mi-incrédule qui me dit « Naaaaaan t’as pas des boules de geishas ???!? ». Je me suis donc beaucoup amusée pendant toute notre conversation à lui faire part de mes faits et gestes (« je cours je saute je marche je vole je suis assise je suis debout ») afin qu’il soit tenu au courant le plus précisément du monde de la mobilité des petites boules enfouies en moi. J’ai évidemment réussi à lui donner la nausée (trop facile), mais au-delà de ça, je me suis rendue compte d’une chose. Avant qu’il comprenne, pendant les quelques minutes où il ignorait la situation, j’avoue honteusement que de parler innocemment avec quelqu’un, tout en ayant mes secrètes sensations m’a semblé plutôt émoustillant… (pardon mon chouchou hein). J’ai l’impression que ce genre de moment attise l’excitation déjà engendrée par les boules, embrase la sensualité du moment.

Malgré tout, l’activité ‘Boules de Geishas et Shopping ‘ n’est pas d’actualité ! Le risque peut me stimuler, le regard d’autrui, lui, me pétrifiera. Je me préfère seule pour ressentir ces choses-là, j’ai besoin de mon cocon, de mon intimité, de cette liberté-là.

 

Je vais donc continuer d’apprivoiser mon côté ‘geisha’ en attendant mon beau samouraï… Manquerait plus que je me mette aux sushi …

Il était une fois dans une ville rose

Par Océane

Sujet de dissertation : 2005

 
Vous avez 3h
 

Introduction générale :

Il était une fois dans une belle ville rose, des gens qui étaient heureux de vivre mais qui seraient tellement mieux morts…

Courage plus que 72 heures… 
 
 
Les escarpins
 

Je possède une grosse douzaine de paires de chaussures différentes (petit chiffre compte tenu du fait d’un ménage par le vide de ma génitrice il y a quelques mois)

J’adore les chaussures, je pourrais aisément en acheter une paire par semaine si j’en avais le temps et les moyens.

L’acquisition et l’arboration d’une paire de chaussures correspond à un voyage à la fois unique et universel.

 
Plusieurs catégories se distinguent :
 
1 la recherche lancinante

C’est ce qui prend le plus de temps. C’est quand on a un modèle défini en tête et qu’on le recherche dans le commerce. Forcement il n’existe pas nécessairement, ou bien il n’est pas à la mode…

J’ai notamment une magnifique paire d’escarpin fermée noire que j’ai mis deux ans à trouver…

Cependant une fois qu’on a trouvé les chaussures de ses rêves, on les chouchoute particulièrement, jusqu’à leur décès.

 
2 le coup de foudre

Pendant une séance d’escourniflage pathologique on tombe sur une paire de chaussure trop choupinette. On se voit déjà en princesse avec.

En plus leur prix n’est pas excessif (c’est fou comme la vision des choses peut changer dans des cas comme ça). Et puis sur le coup d’adrénaline de la folie on prend.

Elles sont parfaites pour ma tenue sexy sauvage.

Bref le coup de foudre, tout le monde connaît, pas la peine d’en faire un roman !

 
3 l’achat compulsif

c’est une sorte de placebo quand la recherche lancinante n’a rien donnée, qu’on a pas eu de coup de foudre, mais qu’on a quand même besoin d’exprimer les sentiments qui sont profondément enfouies dans nos petits cœurs.

En général ce sont des paires plus ou moins bon marché et pas trop laides avec lesquelles on fait quand même un bon bout de chemin.

 
4 le placement
Pour le placement deux options :

Soit on adore ces pompes, mais elles sont super super super super super chères

Soit on les déteste, mais il paraît qu’il faut toujours avoir au moins une ou deux paires de chaussures plates (ou pire de sport) dans son armoire.

Perso, je m’arrange pour que ce soit ma mère qui raque.

Ça leur plait toujours aux mères ce genre de pompes ringardes (mais qui font bon genre)

 

Et bien pour moi, les hommes sont des escarpins, et la monde est un vaste magasin de chaussures (copyright Carrie Bradshaw). Je m’explique, il y a toujours l’éternelle recherche du prince charmant (qui a quand même une fâcheuse tendance à revenir en boucle).

Il existe le coup de foudre qui fait partie des moments magiques gravés au fond de nos mémoires (je ne sais pas si vous avez remarqué mais même si ça fini en eau de poissons, on ne regrette jamais la moindre seconde d’un coup de foudre).

L’achat compulsif est comparable à une incommensurable envie de niquer qui nous fait nous rabattre sur le premier gars qui nous plaît.

Quant au placement, c’est le gars qui sera le gendre parfait, le mec parfait même si physiquement et mentalement c’est pas le top. Qui n’a pas donné sa chance aux gros beaufs qui boit quatre verres de sky et qui s’en vante comme la plus grosse cuite qui n’a jamais pris. En plus il travaille à Airbus, en CDI, c’est parfait !

Bref, tout ça pour dire que je trouve ridicules tous ces gens bien pensant qui nous conseillent de ne pas coucher le premier soir sous prétexte que cet acte est la cause principale du vide intersidéral de nos vies amoureuses…

C’est comme si on voyait une paire qui nous plait (pas de couilles mais de chaussures) et non il faut prendre le risque de l’acheter plus tard et qu’il n’y ait plus notre pointure.

L’acheter sans essayer et se rendre compte trop tard qu’elle fait affreusement mal suite à une malfaçon…

C’est nul !