Lucas et la Malédiction des Amis en Couple.

Par Lucas

On va l’appeler Alain. Je dirais 65 ans, voire un peu plus. En retraite depuis 6 mois. Un ami de mon père, ils se sont connus au golf. Il a bossé toute sa vie comme attaché commercial dans une ambassade d’un grand pays à Paris. Un soir, il y a 20 ans mes parents l’ont invité à dîner.

Avec deux couples d’amis et…  une nana célibataire.

Juste avant le dîner, il a pris mon père entre 4 z’yeux et il lui a dit « Lionel, arrête de me prendre pour un con. Tu ne me refais plus jamais ça, compris ? »

N’empêche qu’il a 65 ans et qu’il est célibataire.
Voila, voila.
Moi j’dis ça j’dis rien.
Pof,pof.



Je n’ai pas la hantise de finir comme Alain.
Je n’ai pas de craintes.
Pas d’angoisses.
Et je ne dis pas ça pour essayer de me convaincre : j’y crois vraiment.
Mais pourquoi est-ce que vous souriez comme ça ?

Bon, certes, avec mon accident, mes relations sociales sont limitées. Et ya pas de nouvelles têtes dans mon groupe d’amis. Alors pour trouver une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile. 
Bon d’accord… Ya bien la demoiselle avec qui je bosse mes problèmes de mémoire. Tout en elle est « aimable ». Mais depuis mon séjour à Garches, j’ai une règle :
on-ne-drague-pas-ses-
thérapeutes. D’un autre coté, je la vois toutes les semaines et vu que je lui apporte des cannelés tous les 15 jours elle doit bien se douter de quelque chose… Bref, je m’écarte du sujet, excusez moi.

Samedi dernier, je suis allé passer une soirée avec des amis. Petit squat de canapés avec quiches, vino rosso et tutti quanti.
8 couples et moi.
Avec les p’tites remarques entre deux zamoureux, voire plus implicite les regards, les sourires entre eux…
Connivence. Complicité. Que l’on capte, involontairement. Impudemment. Notez qu’ils sont tous de vieux vingtenaires, en moyenne 28 ans.
Et là j’avoue, on se sent à l’ouest.
De l’Eden ?
Je vous entends déjà hurler : « Ouhai mais t’as qu’à te bouger les fesses aussi ! »
Bah oui, je ne demande que ça !

Il y a deux ans, j’ai créé mon bachelor, Singulier Pluriel,
10 nanas se sont battues pendant un mois et demi, une épreuve par semaine. Rien de bien concluant… Faut dire qu’à l’époque je tentais de renouer avec mon intellect… Gniiiiiii. Elles étaient méritantes les donzelles ! Quand je vois les progrès que j’ai fait en deux ans… Qu’elles soient ici remerciées…
J’ai essayé PCC et ce n’était pas si mal sauf le coté insidieux derrière les bafouilles de certains. Bilan ; une nana rencontrée 11 mois après l’accident et qui m’a, bien sûr, largué au bout d’une semaine tellement j’étais à des annééééééées lumière de mon état intellectuel normal (salooooooooope). Une autre pas folichone, une dernière insipide. Allez, on arrête les frais.
J’ai essayé AdopteUnMec. Gratuitement. Deux rendez-vous, une aventure, rien de grandiose. Et un p’tit peu ras le bol que le site me prenne pour un con.
J’ai essayé Attractive World en voyant une pub sur Facebook (gratuité jusqu’à la mi-aout)  J’ai réussi à être pris alors que je n’avais même pas tilté qu’il fallait donner une image glamour et qu’on était sélectionné par les nanas en place. Ça m’a fait mourir de rire de voir ça après avoir été choisi ! Style le concept de « rencontres de qualité », genre on  sélectionne nos membres alors que tout le monde se fait adouber pour peu qu’il ait eu l’intelligence de donner une apparence un peu glamour. Autant vous prévenir les mecs :  Aum ou AW les filles sont ternes et insipides. Qui est ce qui a dit « Lucas il fait des généralités parce qu’il est aigriiii« . Oui, c’est vrai : et alors ???
Bon je vous finis mon tour des sites de rencontres. Finalement, je me suis tâté pour Meetic Affinity …
Et là ma fierté a repris le contrôle…
Arf.
Mais pourquoi donc se demande le lecteur curieux ?
Je serai bien tenté de vous mettre un « réponse au prochain épisode » mais là je vais vraiment me faire lapider.

Disons que j’en ai ras le bol des sites. Ras le bol de ce coté pernicieux
Never more.
Du coup, quess qu’il me reste ?
« Bah à sortir dans la Vraie Vie, Lucas ! »
Merci bien, je n’y avais pas pensé du tout !
A ce propos, j’ai l’impression que le site « On Va Sortir » est un p’tit peu une caverne de dragueurs. Quand on voit la défiance des nanas que j’ai pu croiser lors de soirées jazz diverses…
Alors que je n’y allais pas dans une logique de drague bestiale… Sans déconner !

So… what ???

Bah alors je me dis que je pourrais me prendre par la main, aller dans un bar et accoster tout ce qui bouge avec mon label Dragueur de Fonds Désespéré. Ouhai, je pourrais mais c’est con : j’ai encore un peu de vanité. Et puis un bar, c’est pas la panacée pour trouver une nana (parce qu’en plus je suis exigeant). Et puis je pourrais aussi refuser cette pression sociale implicite qui veut qu’on soit en couple et adouber le regard fataliste de certains « l’amour te tombera dessus au moment où tu t’y attendras le moins« . Mouhai. La fatalité a bon dos…
Résultat : je crois que je vais prendre la série de Nina « Ou trouver l’homme » et la transposer en « Où trouver la femme ».  Sauf que là où c’était une fiction avec Nina, moi je vais vous faire du IRL de folaille. Si vous avez des endroits à me conseiller à Paname ou sur la ligne A, je vous pose la question :  Où sont les feaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaammes !!??

Il y a des jours où je me fais peur

(Pas de chômagie cette semaine, pas enviiiiiiiiiiiie)

Il y a des jours où je me fais peur en ce moment. Hier soir, par exemple, cas typique. J’étais en train de regarder mon Facebook, voir ce qu’il se passait de beau chez mes amis (ouais, en fait, j’adore espionner) quand je vois qu’un couple d’amis de la fac a posté de nouvelles photos de leur bébé. Forcément, je regarde. Ooooooooooooooh, qu’il est mignon ! Oh mon Dieu… Je regarde sciemment des photos de bébés !


Et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Déjà, quand j’étais chez TGGP, avec Ioulia, on s’extasiait sur les photos de gosses trop mignons (et on se moquait aussi de ceux qui l’étaient beaucoup moins, il y a des bébés qui font même peur tellement ils ont l’air méchants). Et ce n’est pas tout. Samedi avec Vicky, on est passées par le rayon enfant du Monoprix (officiellement pour aller au rayon bouffe, c’est le chemin) et j’ai poussé plein de cris suraigus devant les mini chaussons, les petits grenouillères, ça donnait à peu près des « hiiiii, c’est trop meugnon, regaaaaaaaaaarde ! Et çaaaaaaaaaaa ! ». Bon, vous allez me dire, ça fait craquer tout le monde ce genre de toutes petites choses mais quand même, je suis censée être cynique et bébophobique. Que m’arrive-t-il ?

Pourtant, je me sens toujours aussi peu motivée à l’idée de me reproduire. Je ne parle même pas de l’acte de grossesse mais vraiment d’être responsable d’un être humain. Le chat, j’arrive à gérer à peu près même si je suis rapidement dans la culpabilisation du genre « Oh mon Dieu, je lui ai pas donné de croquettes ce matin » (sachant qu’elle en mange environ 10 par jour et que quand je pars 3 jours en congés en la laissant seule, elle ne finit par sa gamelle. Donc celle-ci est toujours au pire à moitié pleine mais ce ne sont pas des croquettes versées le jour même), « ohlala, je lui ai pas fait de gros câlin, aujourd’hui, je suis méchante, elle va me détester… ». Donc déjà, quand j’aurai réglé mon petit souci de culpabilisation à outrance, on envisagera peut-être de passer au niveau supérieur, l’être humain, mais là, non, j’ai pas envie et je ne suis pas prête. Et je ne parle même pas du fait que je n’ai pas de père sous la main. De géniteur, oui, c’est jamais bien compliqué à trouver mais un père, un vrai, un qui serait raaaaaaaavi de partager ses gênes avec les miens et surtout de rester après l’accouchement pour élever notre amas de gênes, là.

Mais si ma propre maternité ne me titille toujours pas, celle des autres oui. En clair : je veux un bébé dans mon entourage proche, un sur qui je pourrai m’entraîner un peu, me familiariser avec, jouer un petit peu, le prendre sur mes genoux, tout ça… Je devrais y arriver, non ? Et de préférence pas dans ma famille parce que dès qu’on approche un bébé de moi, ma mère s’esclaffe : « non mais Nina, c’est pas son truc les bébés ! ». Ca ne m’aide pas ! En attendant, je me demande si ça le fait d’acheter la grenouillère rose avec un cœur en strass dessus de chez Monoprix en attendant qu’une petite fille veuille bien naître dans mon entourage ou si je suis pas un peu au bord du pétage de plomb en bonne et due forme. Je sais pas…