Plonger en Tunisie : entre tunnels et nudibranches

Anaïs et moi avons un vrai problème de riches : nous aimons plonger en eau chaude. Sauf que comme on ne roule pas (encore) sur l’or, on a un peu de mal à ne se payer que des voyages à l’autre bout du monde pour assouvir notre passion. Du coup, quand on a vu que l’UCPA proposait un séjour plongée en Tunisie, on s’est dit “go” !

tabarka-plongee4 tabarka-plongee3 tabarka-plongee2 tabarka-plongee

Nous voici donc à Tabarka dont je vous ai déjà présenté la vie sur marine. Dès le lendemain de notre arrivée, nous voici sur un petit bateau de pêche avec un matériel un peu daté, prêts à nous enfoncer dans les eaux azur méditerranéennes. Bonne nouvelle : les sites de plongée ne sont jamais très loin, environ 10 mn de navigation et pas mal sont au pied du joli fort gênois.

tabarka-plongee8 tabarka-plongee7 tabarka-plongee6 tabarka-plongee5

Première plongée, la température de l’eau est plutôt douce… ce qui est plutôt une bonne nouvelle vu qu’on plonge en shorty. Petite parenthèse sur le sujet : ceux qui n’ont jamais plongé ne se rendent pas compte à quel point enfiler une combinaison est franchement pète-couille, surtout les longues. Pour ma part, j’ai toujours quelques soucis à tout faire rentrer, surtout au niveau poitrine/épaules. Là, je n’avais pas pris ma combi car je l’ai cassée à Oman et pas réparée donc shorty. Le shorty, lui, est un bonheur à mettre, beaucoup plus simple, c’est plié en 1 mn. Bref, je pourrais, je ne plongerais que en shorty mais même dans les eaux les plus chaudes, on n’est jamais à l’abri d’une thermocline bien froide et bien vicieuse. Fin du chapitre shorty. Donc eau chaude et visibilité plutôt pas mal mais… peu de poissons.

tabarka-plongee12 tabarka-plongee11 tabarka-plongee10 tabarka-plongee9

Il faut savoir qu’en Tunisie, ça pêche et braconne pas mal donc ne reste plus beaucoup de poissons : quelques mérous, des poulpes que notre encadrant a fait cracher (pas bien), des seiches, des castagnoles, des girelles paons, murènes, une rascasse, quelques sars et saupes, des étoiles de mer, des araignées de mer que j’étais la seule à voir et une petite raie sous un rocher mais je me demande si elle était pas un peu morte. Pendant une plongée, nous avons d’ailleurs trouvé un chasseur en pleine action. Nous étions à 10-15 m (je sais pas, j’ai cassé mon ordinateur dès la 2e plongée, je suis un boulet) quand je vois notre encadrant piquer un sprint tout à coup, je vois soudain un plongeur en tenue camouflage nous tourner le dos. Hein quoi ? Le dit plongeur se tourne très lentement et j’ai soudain une angoisse : il serait pas un peu mort, celui-là ? Non, il s’agissait juste d’un mec en train de chasser au harpon en apnée, mon encadrant l’engueule et le mec part sans demander son reste (enfin, part, son bateau était toujours là quand nous avons quitté le site).

tabarka-poissons tabarka-etoile-mer tabarka-araignee-mer tabarka-murene

Point de poisson mais des vers en pagaille par contre. Du doris dalmatien en veux-tu en voilà, de la jolie flabelline, le festival du nudibranche. Du coup, j’ai commencé à chercher au lieu d’attendre que notre encadrant nous en montre et je peux vous dire que j’ai sacrément progressé même si mes deux plus belles découvertes (un petit crabe et un nudibranche) sont dues à des accident (un, j’ai vu bouger, l’autre je regardais l’anémone ou je ne sais quoi à côté). On a aussi eu de jolis cnidaires et de gros Bernard l’Hermite squattant tranquille de gros coquillage.

tbarka-doris tbarka-cnidaire2 tabarka-nudibranche3 tabarka-cnidaires tabarka-nudibranche2 tabarka-nudibranche

Mais le mieux du mieux des plongées à Tabarka, ce sont les tunnels. La plongée des tunnels se fait dans une zone où les rochers sont littéralement creusés. Au début, t’as un peu les chocottes, il fait sombre, il fait froid mais très vite, tu trouves ça incroyable; Parce que mine de rien, la nature faisant bien les choses, tu as l’impression de passer dans des couloirs taillés par l’homme, de voir des marches… Bref, tu es Indiana Jones sous l’eau, tu découvres une cité engloutie. Et ça, on l’a tous ressenti et trouvé ça tellement génial qu’on a demandé à la refaire. Rien que pour cette plongée là, je vous jure, aller à Tabarka, ça vaut le coup.

tabarka-tunnels4 tabrka-tunnels3 tabarka-tunnels1 tabarka-tunnels

Et puis sortir de plongée au pied d’un fort gênois, avouons que ça a quand même de la gueule.

Je passe mon niveau 2 !

La plongée, c’est comme le parachute : si tu veux que tout se passe bien, tu as intérêt à maitriser tes paramètres. Toute ma semaine de passage, en fait, j’ai joué au parachute sous-marin : bras plaqués le long du corps, j’ondule le buste selon la
direction que je veux prendre (haut/bas), je gonfle et dégonfle mes poumons. Bref, je fus follement aérodynamique mais sous l’eau (aquadynamique ?).


plongeur.jpg

Pour ceux qui nous rejoignent et ceux qui papotent en fond de classe, je suis partie la semaine de Pentecôte dans le Var
passer mon niveau 2 de plongée. Pour faire simple, le niveau 2 me permet de descendre à 20 m avec des camarades niveau 2 ou plus et jusqu’à 40 avec un guide de palanquée (c’est un niveau 4 au moins, un peu comme un 3e qui donnerait la main à un 5e). Donc si je pars avec mes camarades niveau 2, faut que je sois capable de les aider en cas d’incident voire accident et c’est un peu tout ce que j’ai appris cette année. Entraînements le mardi et le vendredi (ok, le vendredi, j’y suis allée une fois), fosses le week-end, sacrifiant quelques grasses matinées, cours théoriques le mercredi soir pour apprendre réglementation, tous les accidents possibles et imaginables (genre le cours, tu sors de là, tu veux plus approcher une piscine à moins de 100 m) et surtout les réactions à avoir si ceux-ci se produisent, le matériel, la bio sous marine et on a même fait des exercices de physique et de maths avec nos amis Archimède et Boyle-Mariotte. Quant aux tables de plongée, c’est un bonheur de tous les instants. J’ai même eu un devoir sur table le 8 juin, 6 ans que ça ne m’était pas arrivé !

tables-mn90.jpg

Après tout ce travail, nous voici dans le Var pour valider (ou non) notre niveau 2. Je suis montée dès le lundi, gagnant de fait deux plongées explo par rapport au gros du groupe n’arrivant que le mardi soir. Ce jour là, je plongeais avec Alice, aspirante niveau 2 et Corinne, encadrante qui m’avait eue à Colera et qui pensait sincèrement que je ne m’en sortirai jamais. Il faut savoir qu’arrivée au Var, je n’avais que 9 plongées en mer contre 15 à 30 pour les autres. Et paf, je l’ai épatée. Comme j’ai travaillé dur, j’ai géré ma stabilisation comme une reine (même plus je palme pour me maintenir) et j’ai supprimé mes gestes parasites, divisant ma conso de quasi la moitié, rallongeant ainsi la plongée. Du coup, le mardi soir, je déborde de confiance. Le niveau 2, c’est in ze pocket comme qui dirait.

confiance-soi.jpg

Du mercredi au vendredi, on enchaîne les plongées techniques, on s’entraîne aux remontées assistées au milieu des mérous et des barracudas (y a plus dégueulasse comme salle d’entraînement), aux remontées expiratoires, aux « je vide mon masque sans bouger, t’as vu ? ». Le souci, c’est qu’on fait beaucoup d’ascenseur et mes oreilles commencent à tirer. Légèrement marquée par mon barotraumatisme marseillais, je craignais le pire mais étant excessivement prudente sur laquestion, ça passe. Je maîtrise de mieux en mieux la remontée assistée et je ne foire presque plus trop mes paliers, mes deux bêtes noires. Pour expliquer à nos amis non plongeurs, la remontée assistée, je dois attraper avec douceur un plongeur qui me fait signe qu’il a un problème nécessitant une assistance et le remonter à la surface à la bonne vitesse (trop vite, je nous colle un accident de décompression, c’est PAS une bonne idée. Même si ok, à 20 m, c’est pas trop probable mais quand même). Or nos gilets contiennent de l’air qu’il faut purger au fur et à mesure que l’on remonte car il se dilate. Bon, c’est pas un blog de physique ici, notez juste que plus on remonte, moins y a de pression, plus l’air se dilate et plus il nous porte. Et là arrive le problème de palier, je m’envole à chaque fois à la surface car même si mon gilet est vide et que je suis correctement lestée, je respire pas bien et j’ai trop d’air dans mes poumons. En gros, sur 10 plongées, j’en ai réussi parfaitement 2. Plof. Mais globalement, la semaine se passe super bien, je ne fais pas trop de conneries, si on exclue la sortie explo où je me suis trompée deux fois de palanquée mais paraît que c’est pas trop de ma faute, la fille qui avait été nommée guide de palanquée allait dix fois trop vite et moi, flânant un peu, je suivais les premières palmes passant (avant de me rendre compte que personne dans ma palanquée n’a de palmes roses donc je ne suis pas les bonnes personnes).

palanquee.jpg

Samedi, c’est le jour J, le jour du passage de niveau, on a deux plongées pour faire nos exercices. Je suis avec Isa
Rousse (je n’avais jamais plongé avec elle en mer mais je sais que c’est une très bonne plongeuse) et un encadrant qu’on n’a pas d’ordinaire mais que j’aime beaucoup. On plonge, on gère tous les exercices, je réussis parfaitement une remontée assistée (et foire un peu la 2e) mais globalement, ça va, je suis détendue. Le midi, pique-nique sur une île, on n’a pas beaucoup d’eau mais je suis guillerette, je console même Marielle, une fille de mon groupe dévastée car elle a complètement raté son assistance mais rien n’est perdu. Sauf que l’après-midi, tout va de mal en pis. Mes oreilles ont du mal à passer, j’ai froid et soudain, en bas, j’ai le tournis, je ne sais plus bien si on monte, on descend, on tourne ou on stagne. Ca dure une demi-seconde, je me dis que j’ai rêvé. Je fais mes exercices et bien mais je commence à être à la traîne, mes oreilles ne passent plus. Et là, c’est magique : l’encadrant ne me sentant plus, c’est lui qui me fait une vraie remontée assistée. Un peu comme si le jour du permis, l’examinateur me faisait un créneau. Il me tient la main jusque sur le bateau, j’avoue que j’étais un peu partie. Sur le bateau, j’ai mal à la tête et la gerbe. Fatigue+ déshydratation, j’ai subi un vertige altérobarique, youhou !

 


malade-martine.jpg
Et pourtant, pourtant. Mon niveau 2, je l’ai. Corinne m’a avoué avoir été bluffée par ma progression durant la semaine
mais j’avoue que j’ai senti que j’avais eu le déclic. La soirée qui s’annonce va être dantesque et le lendemain, nous allions pouvoir tester notre autonomie à 20 mètres.

plongee-loisir.jpg

 

Sauf que la vie, elle aime bien ne pas faire ce que j’avais prévu…

(oui, c’est un à suivre tout pourri)

Faut-il raconter sa vie privée au bureau ?

Depuis maintenant 10 jours, j’ai commencé une nouvelle aventure professionnelle et j’ai déjà des milliers de choses à vous raconter sur la vie en agence. C’est fascinant. Mais tel n’est pas le sujet aujourd’hui, non, aujourd’hui, je veux vous parler intégration dans l’effectif. En gros, comment devenir une collègue efficace ET sympa. 
collegue.jpg
Dans ma précédente boîte, j’ai raté mon intégration. Ok, j’ai pas été aidée, j’ai mangé toute seule le premier jour mais quand même, raté, c’est raté. Faut dire qu’à ce moment là, j’avais décidé d’arrêter de fumer et c’est tout le drame de la nouvelle salariée : pas de clope, pas de pause, pas de blabla avec les collègues, pas d’existence. Oui, je sais, on peut accompagner les fumeurs mais quand tu débutes un nouveau contrat, ça fait vaguement la fille qui s’incruste. Donc je planifie mon prochain sevrage tabagique en mai, par là, après ma période d’essai. Parce que cette fois-ci, je bosse mon intégration, je fume, je parle, je fais des blagounettes, j’accompagne les gens pour aller chercher à déjeuner. Et je bosse aussi, beaucoup. Mais force est de constater que j’ai la sensation d’avoir plus de substance sociale en 10 jours ici qu’en 6 mois ailleurs.
fantome.jpg
Donc je sociabilise. On sort sur la terrasse s’encrasser les poumons et on parle de tout et rien. Comme les vacances en Thaïlande de Lise qui me refile donc tous ses dossiers, les cas chauds bouillants qu’on a à gérer en ce moment. De quoi je parle, moi ? De plongée. Ben ouais. Et de grossesse et d’accouchement aussi mais ce n’est pas moi qui ai commencé, c’est une autre collègue et ils ont tous été étonnés par ma maîtrise de la question « Ben, oui, j’ai travaillé sur des forums féminins ! » « Aaaaaah ! ». L’avantage de la plongée, c’est que ça occupe un peu les discussions : qui en a déjà fait (les baptêmes, ça compte) et qui a peur d’en faire et chacun de raconter son aquaphobie ou sa pisciphobie. Oui, en fait, depuis que je fais de la plongée, je découvre que beaucoup de gens ont peur des poissons et de la faune aquatique ou du moins en sont dégoûtés. Alors que je trouve ça super cool les poissons moi, même les mérous. Mais
j’ai pas encore croisé de murène ou de requins, juste des poulpes et je sais comment m’en débarrasser s’ils viennent me coller. Oui, la plongée est une source inépuisable de connaissances, vous n’imaginez pas.
poulpe.jpg
Et le reste ? J’ai vaguement parlé de mon rendez-vous chez le dentiste, de ma sœur qui bosse donc dans l’agence associée, du fait que je viens du sud ouest. Et voilà. Mes amours ? Alors déjà, je voudrais en parler que je n’aurais pas grand-chose à dire.
« T’es célib ?
– Ouais
– Ca fait longtemps ?
– Quinze jours. »
Donc là, ça jette comme qui dirait un petit blanc du style « oh mais ma pauvre, qu’est-ce qu’il s’est passé ? ». Parce que ça ferait 6 mois, on ne demanderait pas mais quand la rupture est fraîche… Mais non, personne ne se demande le statut marital. Pour la plupart, je suppose que l’info est connue de tous, je sais par exemple qu’un mec a une femme et des enfants parce qu’il en a parlé au détour d’une conversation, je sais qu’une des stagiaires vit avec son mec et… et ben c’est tout, tiens. J’essaie du coup de deviner qui est célibataire et en couple, qui est gay ou hétéro. Mais après, nos coucheries respectives ne semblent pas faire partie du menu des conversations usuelles, contrairement au froid.
 froid.jpg
Pourtant, selon les univers, c’est handicapant. Dans mon ancienne boîte, donc, je n’ai rien raconté et je me suis sentie un peu exclue, genre « non mais elle, elle veut rien dire ! ». Parce que les confidences instillent une connivence, une complicité. On n’est pas juste collègues, on est copines. La profondeur et la force de ladite amitié est sujette à débat mais il y a un lien supplémentaire, un lien qui fait qu’on va aller déjeuner ensemble ou boire un verre histoire de se raconter les potins plutôt que de laisser moisir la rabat-joie qui
raconte pas sa vie devant son écran à l’heure du déjeuner. Vous allez me dire qu’on s’en fout, que du moment qu’on est efficaces, on n’a pas besoin d’être pote avec tout le monde. Pour avoir expérimenté la chose, je peux vous garantir que non, il m’a même été expressément reproché de ne pas déjeuner avec les autres, de rester dans mon coin. Parce que je peux être efficace et relativement irréprochable (relativement dans la mesure où je commence à accepter le fait que je peux aussi faire des erreurs sans être la pire employée du monde), par rapport à un employé efficace ET sociable, je saute. Parce qu’on n’est pas des machines payées à juste exécuter et que quitte à passer 8h au minimum avec des gens, autant que ça se passe bien. Maintenant, il est des limites à respecter, celles de la pudeur et de la décence. Vous exprimer sur votre statut marital est une chose. Faire la revue de tous vos amants à mesure où ils apparaissent avec force détails, par contre…