Les rouages de la vie

Parmi mes passions et marottes, il y en a une qui peut me plonger des heures entières au pays des Si : imaginer ma vie telle une machine dont chaque événement est une roue. Elles tournent, certaines en déclenchent d’autres, certaines tournent à vide. Et l’horlogère se demande : et si cette roue n’existait pas, que ce serait-il passé ?

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Je ne me projette pas. Je ne peux que mesurer les effets du passé mais la grande machiniste de ma vue ne peut pas toujours tout prévoir. Par exemple, dernier évènement de ma vie : mon trou dans ma jambe. Pour l’heure, la roue liée à cet évènement tourne seule. Mais comme je dois aller chez l’infirmière tous les matins, je suis stressée par le timing, j’arrive au boulot à 9h45 au lieu de 9h30, je peux pas arriver tôt pour terminer un truc et l’envoyer par exemple. Et si ce stress dégénérait en nerfs en pelote (c’est déjà un peu le cas et je peux même pas aller à la piscine donc je perds une source de détente) et je pourrais péter un plomb ou faire une connerie sur un dossier car je suis en speed. Ou alors en positif, je vais marcher mon heure pour favoriser la circulation et donc la cicatrisation et rencontrer au détour d’un chemin un charmant jeune homme qui me trouvera sexy malgré mon jogging, mon absence de maquillage et ma coiffure alternative. Et s’il le faut, il se passera rien et cette histoire ne laissera qu’une cicatrice sur la jambe déjà stigmatisée par ma rupture du plateau tibial.

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Tiens parlons-en d’elle ! Cette roue a tourné et déclenché pas mal de choses, même plus d’un an après ! Du positif, du négatif, du positif sur du négatif qu’elle a peut-être un peu provoqué… Peut-être car parfois, on ne sait pas quelle roue provoque quoi. On pense identifier une origine mais en fait, on se trompe…

Mechanisme / AI-139©

Et je détricote ma vie. A coup de si, je dézingue les événements qui m’ont amenée là en reconstituant l’univers des possibles. Stérile ? Tout dépend de ce qu’on en fait. Je ne joue pas à l’horlogère pour remuer la vase de la nostalgie et des regrets, ce serait malsain. Non je me contente de m’entraîner. Entraîner quoi ? Mais mon imagination bien sûr ! Je ne peux, dans les faits, savoir ce qu’il serait advenu si tel évènement avait eu lieu et celui là non. Si je ne m’étais pas cassé la jambe, j’aurais plongé le lendemain, serais retourné au boulot dès le lundi, aurait dansé au mariage de ma sœur et je serais partie une semaine en Martinique. Peut-être qu’en restant à Paris cet été là, j’aurais pu rencontrer un only one avec qui je parlerais peut-être appart commun à l’heure actuelle. Ou alors j’aurais juste passé l’été à Paris en mode métro-boulot-dodo avec quelques rencontres d’une nuit. Et je n’aurais peut-être pas trop dansé au mariage de ma sœur parce que mes chaussures m’auraient fait mal aux pieds. Qui sait ? Pas moi. Mais j’imagine…

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Et parfois, je m’amuse de voir se dévoiler une conséquence inattendue, une cascade de micro événements qui font qu’il t’arrive un truc cool. J’aime même essayer de le faire remonter à loin. Vous n’imaginez pas tout ce que je corrèle à ma fracture du plateau tibial. Si je devais faire une chronologie de ma vie, ce serait une date marquante, assurément. Ça a changé ma vie, en bien ou en mal, tout dépend de l’éclairage, de quoi on parle, du raisonnement que j’entreprends, des fils que je tire, parfois jusqu’à l’absurde.

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Alors peut-être que le trou que j’ai dans la jambe est une petite roue qui va finir par en faire tourner une autre über cool. Non parce que là, à part du stress, de la fatigue et une interdiction de baignade, la petite roue m’a rien apporte !

Je passe mon niveau 2 !

La plongée, c’est comme le parachute : si tu veux que tout se passe bien, tu as intérêt à maitriser tes paramètres. Toute ma semaine de passage, en fait, j’ai joué au parachute sous-marin : bras plaqués le long du corps, j’ondule le buste selon la
direction que je veux prendre (haut/bas), je gonfle et dégonfle mes poumons. Bref, je fus follement aérodynamique mais sous l’eau (aquadynamique ?).


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Pour ceux qui nous rejoignent et ceux qui papotent en fond de classe, je suis partie la semaine de Pentecôte dans le Var
passer mon niveau 2 de plongée. Pour faire simple, le niveau 2 me permet de descendre à 20 m avec des camarades niveau 2 ou plus et jusqu’à 40 avec un guide de palanquée (c’est un niveau 4 au moins, un peu comme un 3e qui donnerait la main à un 5e). Donc si je pars avec mes camarades niveau 2, faut que je sois capable de les aider en cas d’incident voire accident et c’est un peu tout ce que j’ai appris cette année. Entraînements le mardi et le vendredi (ok, le vendredi, j’y suis allée une fois), fosses le week-end, sacrifiant quelques grasses matinées, cours théoriques le mercredi soir pour apprendre réglementation, tous les accidents possibles et imaginables (genre le cours, tu sors de là, tu veux plus approcher une piscine à moins de 100 m) et surtout les réactions à avoir si ceux-ci se produisent, le matériel, la bio sous marine et on a même fait des exercices de physique et de maths avec nos amis Archimède et Boyle-Mariotte. Quant aux tables de plongée, c’est un bonheur de tous les instants. J’ai même eu un devoir sur table le 8 juin, 6 ans que ça ne m’était pas arrivé !

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Après tout ce travail, nous voici dans le Var pour valider (ou non) notre niveau 2. Je suis montée dès le lundi, gagnant de fait deux plongées explo par rapport au gros du groupe n’arrivant que le mardi soir. Ce jour là, je plongeais avec Alice, aspirante niveau 2 et Corinne, encadrante qui m’avait eue à Colera et qui pensait sincèrement que je ne m’en sortirai jamais. Il faut savoir qu’arrivée au Var, je n’avais que 9 plongées en mer contre 15 à 30 pour les autres. Et paf, je l’ai épatée. Comme j’ai travaillé dur, j’ai géré ma stabilisation comme une reine (même plus je palme pour me maintenir) et j’ai supprimé mes gestes parasites, divisant ma conso de quasi la moitié, rallongeant ainsi la plongée. Du coup, le mardi soir, je déborde de confiance. Le niveau 2, c’est in ze pocket comme qui dirait.

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Du mercredi au vendredi, on enchaîne les plongées techniques, on s’entraîne aux remontées assistées au milieu des mérous et des barracudas (y a plus dégueulasse comme salle d’entraînement), aux remontées expiratoires, aux « je vide mon masque sans bouger, t’as vu ? ». Le souci, c’est qu’on fait beaucoup d’ascenseur et mes oreilles commencent à tirer. Légèrement marquée par mon barotraumatisme marseillais, je craignais le pire mais étant excessivement prudente sur laquestion, ça passe. Je maîtrise de mieux en mieux la remontée assistée et je ne foire presque plus trop mes paliers, mes deux bêtes noires. Pour expliquer à nos amis non plongeurs, la remontée assistée, je dois attraper avec douceur un plongeur qui me fait signe qu’il a un problème nécessitant une assistance et le remonter à la surface à la bonne vitesse (trop vite, je nous colle un accident de décompression, c’est PAS une bonne idée. Même si ok, à 20 m, c’est pas trop probable mais quand même). Or nos gilets contiennent de l’air qu’il faut purger au fur et à mesure que l’on remonte car il se dilate. Bon, c’est pas un blog de physique ici, notez juste que plus on remonte, moins y a de pression, plus l’air se dilate et plus il nous porte. Et là arrive le problème de palier, je m’envole à chaque fois à la surface car même si mon gilet est vide et que je suis correctement lestée, je respire pas bien et j’ai trop d’air dans mes poumons. En gros, sur 10 plongées, j’en ai réussi parfaitement 2. Plof. Mais globalement, la semaine se passe super bien, je ne fais pas trop de conneries, si on exclue la sortie explo où je me suis trompée deux fois de palanquée mais paraît que c’est pas trop de ma faute, la fille qui avait été nommée guide de palanquée allait dix fois trop vite et moi, flânant un peu, je suivais les premières palmes passant (avant de me rendre compte que personne dans ma palanquée n’a de palmes roses donc je ne suis pas les bonnes personnes).

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Samedi, c’est le jour J, le jour du passage de niveau, on a deux plongées pour faire nos exercices. Je suis avec Isa
Rousse (je n’avais jamais plongé avec elle en mer mais je sais que c’est une très bonne plongeuse) et un encadrant qu’on n’a pas d’ordinaire mais que j’aime beaucoup. On plonge, on gère tous les exercices, je réussis parfaitement une remontée assistée (et foire un peu la 2e) mais globalement, ça va, je suis détendue. Le midi, pique-nique sur une île, on n’a pas beaucoup d’eau mais je suis guillerette, je console même Marielle, une fille de mon groupe dévastée car elle a complètement raté son assistance mais rien n’est perdu. Sauf que l’après-midi, tout va de mal en pis. Mes oreilles ont du mal à passer, j’ai froid et soudain, en bas, j’ai le tournis, je ne sais plus bien si on monte, on descend, on tourne ou on stagne. Ca dure une demi-seconde, je me dis que j’ai rêvé. Je fais mes exercices et bien mais je commence à être à la traîne, mes oreilles ne passent plus. Et là, c’est magique : l’encadrant ne me sentant plus, c’est lui qui me fait une vraie remontée assistée. Un peu comme si le jour du permis, l’examinateur me faisait un créneau. Il me tient la main jusque sur le bateau, j’avoue que j’étais un peu partie. Sur le bateau, j’ai mal à la tête et la gerbe. Fatigue+ déshydratation, j’ai subi un vertige altérobarique, youhou !

 


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Et pourtant, pourtant. Mon niveau 2, je l’ai. Corinne m’a avoué avoir été bluffée par ma progression durant la semaine
mais j’avoue que j’ai senti que j’avais eu le déclic. La soirée qui s’annonce va être dantesque et le lendemain, nous allions pouvoir tester notre autonomie à 20 mètres.

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Sauf que la vie, elle aime bien ne pas faire ce que j’avais prévu…

(oui, c’est un à suivre tout pourri)

Oui je suis capable !

Je vais encore vous parler de plongée aujourd’hui car ça m’apporte beaucoup d’un point de vue personnel et parce que ça me fait plaisir. Car depuis que j’ai entamé la plongée, j’ai d’abord redécouvert le plaisir de l’apprentissage (ça me manque, j’ai toujours pas fait le deuil de mes études). Mais  surtout, on découvre qu’avec un peu d’entraînement, on arrive à tout.

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Plusieurs exemples pour illustrer un peu mes dires. D’abord à Marseille. Comme je l’ai dit dans mon article résumant le week-end, j’ai pas mal saigné du nez pour cause de Valsalva trop appuyé. Donc à un moment, me voilà par 10 mètres de fond avec du sang dans le masque, je tente un vidage. La manip qu’on fait tout le temps en piscine mais j’avais une légère crainte à ce niveau là : enlever-remettre un masque dans une piscine qui culmine à 3 mètres de profondeur, c’est facile. Dans la mer, nettement moins. Et forcément, je merde un peu. Réflexe 1 : remonter. Réflexe 2 qui, Dieu merci, fut simultané : se souvenir qu’on est dans la mer à 10 bons mètres de profondeur et qu’on ne remonte pas comme ça. Alors on respire (par la bouche), on se calme et on fait les choses car on peut le faire. Hé oui, mon masque est vidé. Yes I can !

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Idem mardi quand on a bossé le crawl. Il faut savoir que pour une raison que j’ignore, j’ai toujours été nulle en crawl alors que j’assure bien dans les autres nages. Même qu’au primaire, c’était toujours moi que le prof prenait en exemple pour montrer aux autres ce qu’il fallait faire. Petite fierté de la bonne grassouillette que j’étais. Mais le crawl non, j’y arrive pas, je fais tout en apnée. Donc mardi, voilà qu’on bosse notre crawl avec un exercice très drôle à base de « on respire pas toujours du même côté car quand vous serez forts,
vous pourrez respirer des deux côtés, même pas vous vous souviendrez que vous aviez un côté préféré pour respirer ». Moi, je savais déjà pas que j’en avais un vu que je nage le crawl en apnée ou au tuba. Lena, une copine de cours décrète d’emblée que non, elle n’y arrivera pas, moi, je tente. A l’arrivée, j’y suis pas super arrivée (je sors trop la tête de l’eau), j’étais essoufflée, j’ai eu de l’eau dans le nez quand le directeur technique qui passait sous moi en bouteille (pas de sexe ici)a fait la fusée avec son détendeur, ce qui fait des bulles et elles sont allées direct dans mon nez.

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Tout ça pour dire que j’aime bien me rendre compte que si je me concentre deux minutes, j’y arrive. C’est comme ça que depuis deux ans, je me découvre relativement sportive et résistante, moi, la fille la plus flemmasse du monde. Je suis même capable de coordination si je me concentre un peu. C’est en somme assez agréable de se découvrir capable de certaines choses à 30 ans, on a encore une marge de manœuvre non négligeable. Et ça laisse toujours un exemple utile. J’ai toujours tendance à douter un peu de moi face aux montagnes qui se dressent devant moi du genre quand je me penche sur un nouveau sujet ou quand je démarre un nouveau boulot.  Et je me souviens qu’en 2000, j’ai monté toute seule mon site en html alors qu’à la base, j’y connaissais rien (webexpert mon amour) ou je me souviens qu’à chaque fois que j’ai commencé un nouveau job ou stage, j’avais les foies le premier jour et que je trouvais vite mes marques. Et Dieu seul sait que niveau nouveau boulot, je commence un peu à maîtriser l’arrivée dans une nouvelle boîte…


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Et enfin, la plongée a un pouvoir magique : elle me force à faire les choses calmement, aux antipodes de mon caractère qui me pousse, en général, à faire les choses vite en sautant quelques détails. Là, le détail, si tu l’oublies, t’es mal…


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Sinon, un petit teasing sans rapport avec la plongée sur un article à venir :

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Fallin’ in love again

Un an. J’ai beau compter et recompter dans tous les sens, ça fait bien un an. Un an que quoi ? Un an que je n’ai pas aimé, ma bonne dame (ou mon bon monsieur). Vraiment, je veux dire, j’ai eu des petites histoires depuis, des très courtes, des un peu moins courtes mais bon faut dire ce qui est, si je regarde ma dernière année amoureuse, ça manque de passion.
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L’autre jour, je fais la remarque à future coloc et elle me répond : »arrête de te brider, fais le battre ce petit coeur » (ou à peu près). Mais je bride rien, moi. Mais résumons vite fait ma vie « amoureuse » de cette dernière année. Alors deux configurations :

– je sors avec un mec, il me lourde avant que j’ai le temps de tomber amoureuse. Parce que je tombe pas amoureuse en 2mn28, je le fais pas exprès. C’est juste que je suis normalement constituée, je suppose.

– je craque sur un mec genre « miam, il est trop beau, je le veux », je nous imagine déjà en train de s’entraîner à se reproduire (oui, moi, y a que la phase entraînement qui m’intéresse, pas envie de jouer le match). Donc je souris, je papillonne et là : « ouais et alors ma copine… ». Connaaaaaaaaaaaaaaaaaard! Non mais c’est vrai quoi, il aurait pas pu m’attendre, sans déconner ? Quoi, je suis totalement égocentrique ? Heu… Ouais ok.

Bon, là, je grossis le trait, je n’en veux pas vraiment aux mecs qui m’ont pas attendue pour se foutre à la colle avec leur grognasse qu’est moins bien que moi (mais allez, je décooooooooooonne!). Juste qu’à force de vivre toujours la même chose, je commence à être un peu lassée. Et non, je le fais pas exprès puisque je l’apprends APRES que je me sois dit « tiens, si je lui proposais de tester la capote Durex? ». Non parce que ce serait le plan « en fait, avant que je sache que t’avais une copine, je te trouvais moche mais maintenant, je te veuuuuuuuuuuuuuux! ». Non, non, je n’aime pas la complexité.

Alors attention, il ne faut pas prendre cet article pour que ce qu’il n’est pas. Je ne me plains pas, je ne fais que constater. Je ne suis pas du tout en pleine angoisse existentielle genre « haaaaaaan, je vais finir seule avec mon chat », non, non, non. Quand je dis : « j’ai 27 ans, je vis seule avec mon chat et ma mère me prend pour une lesbienne », c’est pour de rire, hein. En plus,dans un fol élan d’optimisme forcené, j’ai tendance à croire que je finirai par le trouver et le garder mon prince charmant. J’en suis même intimement persuadée. Après tout, j’ai déjà vécu 4 ans et demi avec un mec, je vois pas pourquoi ça ne se reproduirait pas. Parce que bon, objectivement, y a aucune raison que ça n’arrive pas (si ce n’est ma propension à tomber sur des enfoirés).
Alors pourquoi cet article constat si au fond, tout va bien. Ben, en fait, c’est que je m’ennuie. Moi, je passe la journée avec les ados qui me parlent de leurs amours, si intenses, absolues… et éphémères. Moi, je m’amuse à parler d’un mec qui me plaît mais bof, je suis pas amoureuse et vu que j’apprends vite que monsieur a une madame, je laisse tomber. Mais mon jouet, il est tout cassé ! En fait, on en parlait l’autre jour avec Tatiana, quand on a une cible, on se pomponne, on se fait belle, c’est agréable. Même s’il ne doit rien se passer, la perspective de suffit. Mais à quoi bon se faire jolie pour un gars qui a une copine donc, à priori, ne me regardera pas ? Ou quasi pas ? Alors oui, on peut se faire belle pour soi aussi, tout à fait mais ça va un temps ça. Nous, les filles, on a besoin d’une carotte et non, ce n’est pas un jeu de mot foireux. Moi, quand je nage, j’aime imaginer qu’un mec qui me fait super craquer va s’extasier devant mon corps (presque) musclé et orangé doré par mon auto bronzant. Non parce que Ducrette, elle se décarcasse à perdre des kilos mais y a qu’elle qui le voit. Ducrette, elle s’épile mais ça sert juste pour la piscine. Scrugnugnu quoi.

Et puis en plus, j’ai envie d’être transportée, de parler de cet amour naissant, de saouler tout le monde avec, de me prendre des « putain mais t’es chiante avec ton mec, on le sait qu’il est parfait!! ». J’ai envie d’arriver épuisée au boulot après une nuit de sexe intensive et pas parce que j’ai lu le Nouvel Obs jusqu’à pas d’heure. Je veux dire je t’aime et pas juste à mes amis (parce que je les aime fort mes amis mais chastement, c’est pas le même amour, quoi) ou à ma famille. Non, je veux le dire à un homme et je veux le dire sincèrement. Non parce que je peux le dire. Je pourrais balancer ça à mon semi Russe mais je suis pas sûre que ça la rassurerait le monsieur. Je pense même que ça le ferait fuir ! Puis de toute façon, je vois pas l’intérêt de le dire si je le pense pas.

Bref, j’aimerais être in love pour de vrai et très fort. Penser à lui toute la journée, compter les heures qui nous séparent, avoir une banane de 150 km de long dès que je pense à lui, dès que je reçois un texto de lui, avoir ma voix super neuneu quand je décroche au téléphone « ça va chériiiiiiiiiiii ? ». Oui, l’amour rend con, je l’ai déjà dit. Mais moi aussi je veux être con, bordel !

Ca va être mon nouveau défi, ça, tomber amoureuse. Bon, pour le moment, j’ai mon semi Russe mais c’est beaucoup trop tôt pour être in love. Ne précipitons pas les sentiments, que diable !

Régression et fin des haricots

Par Gauthier
J’ai pas mal de choses à raconter, le syndrome sunset beach s’est définitivement emparé de moi ! Que dire de mes week-ends de cette fin d’août ? Ben je régresse…
Chaque article est l’occasion de faire une rapide présentation d’une des facettes de ma vie. Cette fois-ci je vous propose deux aspect des plus intéressants : l’amour et l’alcool.
 
Commençons par l’alcool. Je ne suis pas alcoolique, je le serais si je buvais tout le temps, il se trouve qu’entre deux verres, je ne bois pas, donc tout va bien ! Non ? Ah bon… zut alors ! Ok je bois beaucoup trop, mais uniquement le week-end, et entre amis en boîte de préférence. À tel point que quand je dois aller en boîte sobre je m’ennuie et me barre au bout de 15 minutes. Ces deux dernières sorties, je me suis mis particulièrement minable encore. L’alcool a une faculté extraordinaire à me faire devenir complètement con, gentil, mais con, et surtout insupportable pour toute personne sobre non avertie. Heureusement pour moi mes amis sont dans les mêmes états que moi à chaque fois. Sinon je n’aurais plus d’amis. Selon l’humeur du moment j’oscille entre « je t’aime tellement que je te donne un rein si tu en as besoin » à « je t’aime tellement que j’aimerai te faire un enfant » ou plus grave encore « je t’aime tellement que jamais je te demanderai de me faire un enfant », et tout ce genre de vérités éthyliquement fatigantes de fin de soirée à la philosophie douteuse (eh mais quand suis saoul c’est vachement clair pour moi ! sisisisisi j’vous jure !!!!).
Comme en ce moment je suis à un carrefour de ma vie, que je bosse beaucoup en semaine et que je suis plutôt préoccupé par ma vie, mes cuites sont anthologiques. Faut dire que j’ai de l’entraînement, 5 ans à sortir tous les soirs et à claquer l’équivalent d’un SMIC en boissons, ça forge un foie !!!!!! Donc qu’il y a-t-il de nouveau me demanderez vous à juste titre ? Ben je régresse, oui complètement. Ça fait deux week-end qu’en fin de soirée, j’ai royalement 12/13 ans. Et ça donne des situations des plus comiques pour les spectateurs heureux de mes égarements.
Je ne peux pas trop expliquer donc je vais donner un exemple :
– Salut, je m’appelle Gauthier, je suis complètement saoul, et quand je suis saoul, je suis chiant, mais je suis gentiiiiiiiiiil, toi c’est comment ?
–  Ben moi c’est Hector (je rappelle que c’est un exemple je ne connais pas d’Hector lol)
–  Dis tu veux pas que je t’embrasse ? on t’a déjà dis que tu étais très mignon ? tu es trop mignon en fait, j’ai envie de t’embrasser et de te faire l’amour sur le bar maintenant…
– …
Là deux solutions : il t’embrasse ou il fuit ! Ben dans 80% des cas, ça marche !!!!! Et je galoche une pauvre victime, qui en général profite de la première opportunité pour se sauver, ou alors je change de cible et c’est reparti…
À deux reprises j’ai complètement concrétisé grâce à cette technique (mais si je vous dis que ça marche !!!) et quand je me remets de mes vapeurs alcooliques le lendemain et que je me souviens de ce que j’ai fait, je ne peux pas rappeler ce garçon. À supposer que j’aie son tel. Imaginez donc, un mec comme ça moi je le méprise au plus haut point… Logique non ? Je suis vache ? Non pas du tout, vas-y toi drague quelqu’un comme ça couche avec et rappelle-moi pour me dire que tu l’épouses et là je me fais interner promis !!!!!
 
Parlons maintenant de l’amour. Depuis le début de l’été j’ai officiellement un petit ami. Si c’est vrai, bon ok c’est pas des cornes qu’il a, ce sont des baobabs, mais bon il m’a dit « tu n’embrasses personne, tu ne suces personne, tu ne touches personne, tu ne regardes personne… Quand je suis là, et si je suis pas là arrange toi pour que je ne sache rien ! » ben moi j’ai pris ça pour autorisation de tromper en bonne et due forme, lu et approuvée en bas de page, toc on en parle plus !
Mais c’est pas si simple, il sort autant que moi, il connaît beaucoup de monde, et moi je veux pas le rendre malheureux, et puis je suis bien avec lui, même s’il est un peu décalé. D’ailleurs j’en ai déjà parlé c’est le garçon qui me ne donnait pas de nouvelles et que j’avais décidé de larguer la semaine où je suis parti en Andorre, et quand je suis rentré, on a eu une discussion et l’on a décidé de se donner une chance (et c’est moi qui réclamais qu’on se la donne cette chance).
Mais comme tous les jouets une fois qu’on a fait ce qu’on a voulu avec, on se lasse, et là je me lasse. Dans 15 jours, je vivrai à Paris normalement, ce qui m’éloigne suffisamment de lui pour éviter toute idée de relation stable et durable, j’ai donc décidé de façon unilatérale d‘en profiter tant que j’étais avec lui dans ma belle ville du Sud, et une fois à la capitale je lui dirais qqch comme ça « tu sais la distance c’est pas simple, il vaut mieux ne pas se faire de mal on arrête tout » bref j’ai déjà le discours. Et puis le fait de le tromper me déculpabilise sur le fait que je peux peut-être mettre en l’air quelque chose de sympa avec quelqu’un de bien.
Mais le monsieur est plein de ressources, il a décidé (lui aussi de façon unilatérale) de devenir steward, on en discute et il me dit « je serai obligé de vivre à Paris » BAM !!!!!!!!!
Et je fais quoi moi maintenant ? Je vous le demande… il a mis bien 1h à me dire ça, il tournait autour du pot, je ne comprenais pas où il voulais en venir, il passait par des « tu sais j’ai bien réfléchis » et des « toi tu en penses quoi ? » et moi je voyais pas du tout pourquoi il me demandait mon avis sur son avenir professionnel, après tout on se connaît que depuis deux mois, et c’est pas parce qu’on couche ensemble que je compte plus que ça ? Ben du coup je me retrouve avec un petit copain jaloux et qui va me suivre dans mon déménagement ! Si Dieu existe, il va me faire regretter d’avoir pleurer sur mon célibat un jour (et en plus ce jour-là je m’en souviens, j’étais sobre, la honte !).
De toute façon je suis désabusé, aigri et anti-couple à un tel point que je me persuade que c’est bien d’avoir quelqu’un (si un jour tu en arrives là sache que tu finiras ta vie tout seul !!!).
 
Bon pour finir sur une note comique je vais me projeter dans mon prochain week-end. Mon petit ami un brin possessif sera en boîte, dans les boîtes où je traîne, avec ses amis, pour fêter ses 26 ans (25 pour le reste du monde, mais 26 pour l’état civil, ça lui fait plaisir faut pas le contrarier…). Et moi je dois boire vu que j’ai deux anniversaires et une soirée apocalypse avec Océane au programme. A ceci tu rajoutes tous les garçons que j’ai galoché pendant l’été qui seront certainement en boite, et LE garçon du week-end passé à qui j’ai promis de passer le samedi avec lui, parce que pour lui on sort aussi ensemble et tu obtiens : moi en position fœtus sur mon lit « me suicide me suicide pas ? ». oui parce que je suis pas doué, j’assume mal ce genre de situations. Imagine, je décide de pas revoir le second et je vais en boîte avec mon « vrai » petit amis, et à je tombe dessus, je lui dis quoi ? je fais quoi ? s’il me fait une scène l’autre il va comprendre… Il est con mais y a des limites… Sinon je leur donne rendez-vous dans deux boites différentes et je jongle entre les deux, mais je vais tellement boire que je ne me sens pas d’assurer sur les deux plans, et puis ce n’est que reporter le problème au week-end suivant !!!
 
Moi je dis : vivement que je change de ville, à supposer que mon mec soit refusé à Air France, mais je l’aime bien alors je ne peux pas lui souhaiter ça… En fait je suis un salaud lâche au cœur tendre qui ne se sortira pas indemne de cette merde…