Courrier des cœurs, réponse à Morgane

Cette semaine, Morgane nous a posé la question suivante : « Par des biais peu recommandables voire très condamnables, j’ai
découvert récemment qu’une nana estampillée « bonne pote » de mon mec, avec qui le contact n’était jamais passé, avait en fait été beaucoup plus retorse que je ne l’imaginais. En fait, j’ai découvert que la raison de sa haine contre moi était qu’elle avait essayé de se le taper (sans succès) pendant près d’un an que mon mec et moi étions à distance – j’aurais pu m’en douter, passons. Non seulement elle me déteste car elle n’a pas réussi à me prendre mon mec, mais en plus, il s’avère qu’elle s’amuse à essayer de retourner tous ses amis contre moi et à dire à mon mec que tout le monde me déteste et espère qu’il va vite me quitter. Que faire? 
»


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie, voici ce que nous te conseillons:

Lucas : « Laisse moi kiffer la vibe avec mon mec…

Fais pas le mannequin,
J’imagine déjà la tête que tu dois avoir le matin
 »
Dans ces cas là je suis partisan de la solution simple (oui, je suis un peu niais) à savoir la prendre entre 4 zyeux et lui dire de manière simple les 4 verités  que tu nous as énoncées. De préciser que tu as toujours moyen de savoir ce qu’elle dit dans ton dos, tôt ou tard et qu’il s’rait temps qu’elle cherche un autre mec. Mais baisse les yeux, trouve toi un autre mec, c’est mieux, laisse tomber le mien, sérieux.

Keira : 1 – Lui casser la gueule ?

2 – La prendre entre quatre yeux et lui dire ce que tu en penses ?

3 – En parler à ton mec afin qu’il la vire de son cercle de connaissances ?

4 – En parler aux potes de ton mec qu’ils approuvent sa disparition ?

5 – Ignorer cette pouffe ?

6 – Envoyer quelqu’un lui casser la figure ?

Bobby : Moi, j’ai un peu de mal à comprendre ce que ton mec lui trouve, en tant que « bonne pote ». Parce que mes « bons potes », ils n’essayent ni de me mettre le grappin dessus, ni de se glisser entre mon copain et moi. Donc bon, je suis assez d’accord avec Keira pour ce qui est de son option 3, ton mec est impliqué dans l’affaire (contre sa volonté, certes, mais toi aussi non ?). Alors parlez-en à deux, c’est pas à toi seule d’affronter la grognasse alors que tu n’as rien demandé.

Enzo : Ce que j’ai peur avec la solution de Lucas, c’est qu’elle peut se retourner contre toi ! La « bonne pote » disant « tiens ta
nana parano et jalouse, elle est venue me faire chier avec ses délires de persécution »… Bon ça c’est si elle a été subtile quand elle a essayé de te le piquer. Car même si on connait la fin, tu nous as pas dit la réaction de ton mec ? D’ailleurs tu as piraté le compte mail de ton mec ou carrément de la nana ? Bref, trop de questions en suspens pour te conseiller sagement.

Tatiana : Si ton mec est vraiment amoureux de toi il n’y aura pas de problème. Déjà dis toi que ça fait un an qu’elle essaie de te le piquer et ça marche pas. Ca fait un an qu’elle essaie de mettre les gens contre toi, et ça marche pas non plus. Donc conclusion cette fille peut pas faire grand chose contre toi alors relaxe toi et ne la prend pas en compte. Ah oui et comme tu as découvert ça de manière pas très honnête ça va être difficile d’en parler à ton mec. Mais tu peux lui demander innocemment « pourquoi machine elle a quelque chose contre moi ?  » et voir sa réaction. bon mon conseil est pourri mais je ne suis pas réveillée et en plus j’ai plein de boulot (même pas payé) donc voilà. Sinon tu peux toujours payer un tueur à gages, la pousser dans les escaliers, mettre de la mort aux rats dans son café, la marabouter (si tu connais un bon marabout qui jette des sorts de chance je suis preneuse), ou tout ça à la fois.

Diane : solution 1 (pas constructive mais très jouissive): lui mettre une m… de chien (ou autre…) dans sa boite aux
lettres.
solution 2: arriver de manière sournoise et détournée à la faire se révéler devant ton copain. A mon humble avis, se plaindre d’elle ne fera que lui donner du crédit, il vaut mieux la laisser s’enfoncer dans sa m… toute seule. Je m’excuse de cette réponse particulièrement scatologique, mais qu’est ce que vous voulez, c’est pas pour rien qu’on appelle ce genre de gourgandine une chieuse…

Petite Cervoise : 1 – en parler calmement et diplomatiquement avec ton copain (« j’ai l’impression », « on dirait que »…) pour le
mettre au courant
2- en parler avec des gens qui t’aiment bien dans le groupe – toujours avec diplomatie, si tu braques les gens contre toi ou si tu es à l’origine d’une formation de clans, ce sera toujours toi la fautive, car tu es la « pièce rapportée »-
3- attendre qu’elle se grille toute seule, car ça arrivera forcément.
En attendant, sois toujours la plus belle, la plus sympa, la plus drôle, peut être qu’elle même abandonnera « car elle ne peut pas faire ça à une amie (toi) » Concrètement, ma meilleure amie était dans ce cas, elle s’est braquée (scènes dramatiques avec son fiancé) et a fini par se mettre tout le monde à dos… alors tout en douceur, hein, les amis c’est parfois le MAL 🙂

Nina : Mmmmm, c’est délicat. Déjà, tu ne peux pas attaquer ton mec en frontal si tu l’as su par des « moyens condamnables », ça va te retomber dessus, idem pour la fille qui va s’empresser de mettre ton mec au courant. Alors pourquoi ne pas la faire passer pour une mytho ? De façon subtile bien sûr. Attends votre prochaine rencontre, il faut que ton mec soit là, c’est important. Soyez charmante toute la soirée avec elle puis une fois qu’elle est partie, prends un air perplexe. Quand ton mec te demande pourquoi, explique lui que tu es embêtée car machine est certes trèèèèèèèès sympaaaaaa mais tu te souviens, la dernière fois qu’on l’avait vu, elle avait dit ça et là, elle dit précisément le contraire et ce n’est pas la première fois que tu te rends compte que ses histoires changent de version suffisamment violemment pour douter de sa sincérité… Même que ça s’appelle une mythomane. Si on est particulièrement douée et le monsieur un peu distrait, on peut même arriver à lui faire croire qu’elle a dit précisément l’inverse de ce qu’elle a dit pendant la soirée comme ça, au prochain rendez-vous, il constatera lui-même qu’elle a re-changé de version. Du coup, si elle est mytho, rien de ce qu’elle dit n’a de valeur… non ?

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, tu sais où t’adresser ! 😉

Est-ce que je veux savoir??

Par Diane

Hey, toi, mon cher brillant et dynamique lecteur, j’ai un truc à te raconter, à propos duquel j’ai hâte d’avoir ton avis éclairé et constructif.

Il se trouve que pas plus tard qu’il y a pas longtemps, j’étais en train de relire Hegel dans le texte/étudier la mécanique quantique/manger des m&m’s devant Dr. House (rayer les mentions pas crédibles) quand tout d’un coup retentit la sonnerie du téléphone. Je jetai alors un coup d’oeil distrait sur l’écran de ledit téléphone (qui soit dit en passant a comme sonnerie « ça c’est
vraiment toi », et bordel je comprends pas pourquoi ça ne fait rire que moi. Sisi, à chaque fois que ça sonne, je me dis « diaaaane, téléphooooooone! » hihi) et donc disais-je, vois affiché le nom de mon amie Josette. (oui, j’adore choisir des noms imaginaires ringards à mes copines) Sur le coup, mon côté démoniaque fut tenté de laisser sonner, surtout que Dr House était en train de casser les
couilles à Cuddy, et que j’adore quand il fait ça. Néanmoins mon penchant philanthropique l’emporta et je décrochai alors pour lancer un merveilleusement original « allô » qui eu approximativement  pour réponse: « bbeuhhhh -snirfle-

Gustaaaaave…-snirfle- connard….une salope ….beuhhhh-snirfle snirfle-« . J’en déduisis alors très finement qu’il me fallait lancer l’enregistrement de la fin de Dr House (faut pas déconner non plus) pour aller conforter Josette. Armée d’un air contrit de circonstance, d’une boite de mouchoirs extra doux pour éponger les différents fluides plus ou moins verts et visqueux jaillissant
actuellement de mon amie, de mon paquet de m&m’s bien entamé et du DVD de dirty dancing, je me rendis donc chez Josette qui n’en avait toujours pas fini de snirfler.

Et elle m’expliqua plus ou moins clairement tout en accumulant à nos pieds une belle pyramide de kleenex imbibés -que son chat se fit une joie d’écharper aussitôt- que son cher et tendre Gustave qui une semaine auparavant était encore le futur père de ses enfants avait copieusement biscoté avec une charmante demoiselle/pouffiasse/grognasse (re-rayer les mentions pas crédibles) de son boulot.

Bon, je vous avoue que sur le coup, vu que j’avais jamais pu le piffrer son gustave, ses posters de ferrari sur son mur et ses « salut ma belle », j’ai été furieusement tenté de sauter de joie à l’idée de la voir débarassée de ce pignouf, voire de lui sortir un totalement ignoble « je le savais », pour ne pas l’achever par un « je te l’avais dit ».

Mais bref, peu importe, et vous me direz « oui mais bon c’est bien gentil tout ça, mais le cocufiage, rien de nouveau sous le soleil, parait même que c’est à la mode » (cf un article de Nina sur un magazine qui avait écrit un papier genre » les 10 règles pour bien cocufier sans se faire prendre« )

OUI MAIS. Voilà t’y pas que sous mes oreilles effarées, après quelques nouvelles lamentations, elle me déclare que finalement, elle aurait préféré ne pas le savoir. Qu’il fasse sa petite affaire avec sa c….harmante demoiselle, et qu’elle n’en sache rien, parce que comme ça, elle aurait pas été malheureuse et lui serait resté le super mec futurpèredesesenfants.

Et là, je vous avoue que ça me l’a coupée net. Et du coup, j’ai tenté de comprendre pourquoi tous ces gens qui sont cocus, atteints d’une maladie incurable,à qui l’on ment, que l’on manipule, bref qui vivent dans l’illusion, parfois préfereraient rester dans cette illusion. Bon, j’imagine que c’est plus confortable. On souffre moins, on soigne ses rêves en ne pensant jamais au réveil.  C’est comme ces gens qui fantasment pendant des années sur une personne qu’ils n’ont vus qu’une fois, voire jamais, et qui sont persuadés dur comme fer qu’elle est l’homme/la femme idéale pour lui/elle. Et qui au final ne veulent jamais réellement la rencontrer, ou en tous cas la connaître. J’imagine que ce n’est que la matérialisation de cet éternel sujet source d’angoisse qui est que l’homme, plus ou moins consciemment, réalise que l’absolue lucidité est un piège atroce pour la conscience, qu’elle a bien souvent un arrière goût de désespoir,  et qu’elle peut paraître intenable, face au confortant cocon que nous offrent nos illusions, si méprisables soient-elles.

Moi personnellement, je veux toujours savoir. Je reconnais les avantages de l’illusion, j’adore même ce phénomène fantastique d’illusion provisoire que nous offrent les livres et les films (on rentre dans l’histoire, on se met à la place de-, on pleure avec-), j’aime rêver, mais parce que je me réveille après, et que mes rêves sont au final des illusions qui cachent une réalité qu’il me faut découvrir.

Rousseau avait choisi pour épitaphe: « vitam impendere vero ». Consacrer sa vie à la vérité. Et je crois que je préfère une dure réalité à une illusion confortable. Même si des fois, vu la merde qui nous entoure, que ce soit à l’échelle du quartier, à celle mondiale, ou carrément à l’échelle métaphysique, quand même, c’est dur. Et vous?

Voyage au bout de l’enfer (ou pas loin)

Ceux qui lisent ce blog depuis quelques temps le savent : la SNCF et moi, on s’aime pas. Faut dire qu’il y a du contentieux, j’ai tendance à prendre tous les trains en
retard ou à vouloir prendre ceux qui sont annulés. Mais samedi, là, je crois que notre histoire d’inimitié (oui, haine, c’est un peu trop fort) a atteint des sommets.

 image_24.jpg

Commençons par le commencement : samedi 14 juillet, la famille Parmentier se réunit pour les 80 ans de ma mamie. En fait, c’était en mai son anniversaire, ils avaient fait un
repas « mamie, ses copines, ses filles et ses gendres ». Là, y avait plus les copines mais les petits enfants arrières petits enfants donc en gros : 4 filles, 3 gendres, 8 petits enfants de 19 à 32 ans, la compagne d’un des petits enfants et 4 arrières petits enfants de 11 mois à 4 ans et demi. Manquait à l’appel Anthony, le copain de ma sœur qui bossait et Sonia, la
copine de mon cousin qui était chez ses parents en Bretagne. Je devais donc rentrer samedi pour repartir dimanche puisque je devais être au boulot lundi et comme je prenais Kenya, hors de question de la prendre au boulot toute la journée pour partir dès la sortie du taf. Avec ma sœur, on s’arrange pour partir avec le même train. Comme ma sœur est du genre stressée, elle me propose de partir à 8h30 en taxi pour un train partant à 10h10 « mais tu comprends, avec le 14 juillet, la circulation risque d’être merdique ». 8h32, le taxi est devant chez moi et c’est parti pour un périple merdique.

Je monte dans le taxi, Kenya hurle sa désapprobation tandis que Carambar, le chat de ma sœur, reste mignonne comme tout. Avec ma sœur, on commence à discuter quand soudain, un vile odeur nous frappe les narines. Une odeur reconnaissable : le caca de chat. Je jette un œil à Carambar qui est toute mignonne, toujours. Ok, forcément, c’est la mienne qui a chié et qui en plus, vomit un coup, histoire de bien en rajouter. Avec ma sœur, on feint de se rendre compte de rien ce qui donne en gros « ouais alors tu comprends, il me dit ça et je lui dis [odeur de merde qui apparaît]…heu…je lui dis… Enfin tu vois quoi ! ». Arrivées à la gare à 9h, je vais au pipi room avec mon chat pour nettoyer ses bêtises, on se prend un petit déj tranquille puis à 09h50 « merde, on n’a pas à manger, allons vite acheter un sandwich ! ». Alors que ma sœur commence à stresser rapport à l’heure, message : « Le train Teoz
n°8547 initialement prévu à 10h10 est annoncé avec un retard de 30 minutes environ ». Supeeeeeeeer, un train en retard dès le départ, j’adore. On achète nos sandwiches, des magazines, on composte le billet et on se pose devant la voie du train. A un moment, un membre de la SNCF arrive au pas de course et sa collègue lui fait « non mais c’est bon, te presse pas ! ». Ben ouais, Jean-Luc, te presse pas, on n’a qu’une demi-heure de retard, tout va bien, quoi. 10h30, ils confirment enfin la voie et tout le monde se précipite composter les billets. Que les gens sont cons des fois, c’est pas comme s’ils avaient pas eu le temps jusque là. On monte chacune dans nos voitures respectives (on était pas à côté) et c’est parti.

Au bout d’une heure 30 de voyage, le train s’arrête en pleine voie en rase campagne. Sur le coup, je ne fais pas trop attention : vu qu’on est partis en retard, si un TGV est
dans le coin, il est prioritaire. Même si aucun TGV ne passe par là… Au bout de 15 mn d’attente, le contrôleur prend la parole. « Mesdames et messieurs, suite à une panne sur la locomotive, nous sommes arrêtés en pleine voie pour une durée inconnue ». Oh sa mère, je le sens mal. Non parce que qui dit locomotive en panne dit plus de courant et qui dit plus de courant dit plus de clim. Et il fait chaud. Je prends mon mal en patience et continue à lire mon Technikart tout en insultant mentalement la SNCF. « Mesdames et messieurs, merci de ne pas ouvrir les portes et de ne pas fumer. Les fumeurs, abstenez vous ». Moi, je suis en passe d’arrêter, de toute façon, ma dernière bronchite, angine ou chais pas quoi m’ayant fait arrêter pendant plus d’une semaine. « Mesdames et messieurs, une fois de plus, merci de ne pas fumer, les fumeurs, abstenez-vous ! Vous pourriez déclencher un feu de talus, comme cela vient de se passer à l’instant, les risques sont réels ». Bordel, manquerait plus que ça ! Au bout d’une heure, on nous informe qu’un engin vient de partir d’Orléans et va nous pousser jusqu’à la gare suivante. Ma sœur arrive (nos portables ne captent pas) : « bon, t’as compris, à la prochaine gare, on change de train, on n’est pas à la maison avant 20h ». Super, l’apéro de ma mamie doit durer de 18 à 20h ! Sous-entendu : je me tape un aller-retour dans le week-end pour une fête à laquelle je ne pourrai pas assister. On nous annonce finalement que plutôt que de nous pousser, on va carrément nous envoyer une nouvelle locomotive.

 1 heure plus tard, alors que je me prends pour un poulet cuit à la vapeur, une locomotive nous dépasse à toute vitesse. « Mesdames et messieurs, la locomotive qui vient de

nous doubler est celle qui va nous dépanner, nous espérons repartir d’ici 30 minutes ». Effectivement, ce fut le cas. Au bout de 2h30 arrêtés en rase campagne sans climatisation, enfin, on repart. Carambar et Kenya sont annihilées, moi, je suis puante. Retard estimé : 3 heures. On ne les rattrapera jamais, vous vous en doutez. A la gare suivante, ils nous ont proposé des plateaux repas gratuits mais j’avais déjà mangé et à 15h, de toute façon, j’ai pas faim. On arrive finalement chez nous à 19h30 au lieu de 16h20, on largue les chats à la maison et on repart aussi sec chez ma tante où l’apéro durera finalement jusqu’à 23h30 puisque la grognasse de cousine qui voulait que ça se termine à 20h s’est cassée à 21h30 mais vu qu’elle ne faisait rien à parti gueuler sur ses gosses, ça n’a pas forcément été plus mal.

Conclusion. Personne ou presque n’a gueulé sur les contrôleurs, même pas moi mais bon, ils étaient dans la même galère que nous, de toute façon, c’était pas leur faute. Ceci étant, le train avait un problème dès le départ, ils nous ont laissé partir en le sachant. En avion, on serait morts. Alors mettre 9h pour un trajet qui en dure 6, oui, je trouve ça proprement scandaleux, mon chat l’a très mal vécu, mes vacances déjà courtes l’ont été d’autant plus. Mais bon, je vais demander le remboursement et ils ont intérêt à me filer plus de 50% du billet vu que j’ai mis 50% du trajet en plus pour arriver à destination. Je crois que la SNCF devrait changer de slogan parce que là, je sens que je vais entamer une liaison avec Air France. Moi, je ne préfère plus le train.

PS : Pour être de totale bonne foi, au retour, je suis arrivée à l’heure.

Fallin’ in love again

Un an. J’ai beau compter et recompter dans tous les sens, ça fait bien un an. Un an que quoi ? Un an que je n’ai pas aimé, ma bonne dame (ou mon bon monsieur). Vraiment, je veux dire, j’ai eu des petites histoires depuis, des très courtes, des un peu moins courtes mais bon faut dire ce qui est, si je regarde ma dernière année amoureuse, ça manque de passion.
apoil.jpg


L’autre jour, je fais la remarque à future coloc et elle me répond : »arrête de te brider, fais le battre ce petit coeur » (ou à peu près). Mais je bride rien, moi. Mais résumons vite fait ma vie « amoureuse » de cette dernière année. Alors deux configurations :

– je sors avec un mec, il me lourde avant que j’ai le temps de tomber amoureuse. Parce que je tombe pas amoureuse en 2mn28, je le fais pas exprès. C’est juste que je suis normalement constituée, je suppose.

– je craque sur un mec genre « miam, il est trop beau, je le veux », je nous imagine déjà en train de s’entraîner à se reproduire (oui, moi, y a que la phase entraînement qui m’intéresse, pas envie de jouer le match). Donc je souris, je papillonne et là : « ouais et alors ma copine… ». Connaaaaaaaaaaaaaaaaaard! Non mais c’est vrai quoi, il aurait pas pu m’attendre, sans déconner ? Quoi, je suis totalement égocentrique ? Heu… Ouais ok.

Bon, là, je grossis le trait, je n’en veux pas vraiment aux mecs qui m’ont pas attendue pour se foutre à la colle avec leur grognasse qu’est moins bien que moi (mais allez, je décooooooooooonne!). Juste qu’à force de vivre toujours la même chose, je commence à être un peu lassée. Et non, je le fais pas exprès puisque je l’apprends APRES que je me sois dit « tiens, si je lui proposais de tester la capote Durex? ». Non parce que ce serait le plan « en fait, avant que je sache que t’avais une copine, je te trouvais moche mais maintenant, je te veuuuuuuuuuuuuuux! ». Non, non, je n’aime pas la complexité.

Alors attention, il ne faut pas prendre cet article pour que ce qu’il n’est pas. Je ne me plains pas, je ne fais que constater. Je ne suis pas du tout en pleine angoisse existentielle genre « haaaaaaan, je vais finir seule avec mon chat », non, non, non. Quand je dis : « j’ai 27 ans, je vis seule avec mon chat et ma mère me prend pour une lesbienne », c’est pour de rire, hein. En plus,dans un fol élan d’optimisme forcené, j’ai tendance à croire que je finirai par le trouver et le garder mon prince charmant. J’en suis même intimement persuadée. Après tout, j’ai déjà vécu 4 ans et demi avec un mec, je vois pas pourquoi ça ne se reproduirait pas. Parce que bon, objectivement, y a aucune raison que ça n’arrive pas (si ce n’est ma propension à tomber sur des enfoirés).
Alors pourquoi cet article constat si au fond, tout va bien. Ben, en fait, c’est que je m’ennuie. Moi, je passe la journée avec les ados qui me parlent de leurs amours, si intenses, absolues… et éphémères. Moi, je m’amuse à parler d’un mec qui me plaît mais bof, je suis pas amoureuse et vu que j’apprends vite que monsieur a une madame, je laisse tomber. Mais mon jouet, il est tout cassé ! En fait, on en parlait l’autre jour avec Tatiana, quand on a une cible, on se pomponne, on se fait belle, c’est agréable. Même s’il ne doit rien se passer, la perspective de suffit. Mais à quoi bon se faire jolie pour un gars qui a une copine donc, à priori, ne me regardera pas ? Ou quasi pas ? Alors oui, on peut se faire belle pour soi aussi, tout à fait mais ça va un temps ça. Nous, les filles, on a besoin d’une carotte et non, ce n’est pas un jeu de mot foireux. Moi, quand je nage, j’aime imaginer qu’un mec qui me fait super craquer va s’extasier devant mon corps (presque) musclé et orangé doré par mon auto bronzant. Non parce que Ducrette, elle se décarcasse à perdre des kilos mais y a qu’elle qui le voit. Ducrette, elle s’épile mais ça sert juste pour la piscine. Scrugnugnu quoi.

Et puis en plus, j’ai envie d’être transportée, de parler de cet amour naissant, de saouler tout le monde avec, de me prendre des « putain mais t’es chiante avec ton mec, on le sait qu’il est parfait!! ». J’ai envie d’arriver épuisée au boulot après une nuit de sexe intensive et pas parce que j’ai lu le Nouvel Obs jusqu’à pas d’heure. Je veux dire je t’aime et pas juste à mes amis (parce que je les aime fort mes amis mais chastement, c’est pas le même amour, quoi) ou à ma famille. Non, je veux le dire à un homme et je veux le dire sincèrement. Non parce que je peux le dire. Je pourrais balancer ça à mon semi Russe mais je suis pas sûre que ça la rassurerait le monsieur. Je pense même que ça le ferait fuir ! Puis de toute façon, je vois pas l’intérêt de le dire si je le pense pas.

Bref, j’aimerais être in love pour de vrai et très fort. Penser à lui toute la journée, compter les heures qui nous séparent, avoir une banane de 150 km de long dès que je pense à lui, dès que je reçois un texto de lui, avoir ma voix super neuneu quand je décroche au téléphone « ça va chériiiiiiiiiiii ? ». Oui, l’amour rend con, je l’ai déjà dit. Mais moi aussi je veux être con, bordel !

Ca va être mon nouveau défi, ça, tomber amoureuse. Bon, pour le moment, j’ai mon semi Russe mais c’est beaucoup trop tôt pour être in love. Ne précipitons pas les sentiments, que diable !