Pourquoi j’ai renoncé aux sites de rencontre

[Article qui aurait dû être écrit en novembre, quand j’étais célibataire, pour que ça ait plus de sens mais tant pis]

Un soir de novembre, je me connecte en plein ennui sur OkCupid, je fais mollement défiler les profils. Mpfff, non, non, bof, ah pas mal… Ah non, profil vide, laisse tomber. Non, non… Ah lui, regardons… Profil sympa. Bon, je lui dis quoi ? Bon, je suis pas inspirée, je le favorise et je lui parlerai plus tard. De toute façon, en ce moment, j’ai pas le temps.

Woman peering at her laptop

Et puis je prends conscience : en ce moment, j’ai pas le temps. Je fais défiler des photos de ces hommes et femmes qui vivent leur vie, près de moi, qui aiment la littérature italienne, Moriarty ou la photographie. Qui sont informaticien-ne-s, étudiant-e-s étranger-e-s de passage sur Paris, artistes, photographes ou mythos. Ils sont peut-être là, ce soir, devant leur écran, harassés par l’ennui, ils font défiler les profils. Peut-être que l’un-e d’entre eux cliquera sur ma photo, me jugera jolie et ira fureter sur ma fiche. Peut-être qu’il se dira que j’ai de bons goûts en matière de musique même s’il ne comprend pas ce que vient faire Lady Gaga dans cette liste follement hétéroclite. Peut-être certains s’arrêteront à ma description physique. 1m56, c’est pas grand… Curvy*, ça veut dire grosse, non ? Ah non, elle est bélier, j’aime pas les béliers. Puis elle a un chat et j’y suis allergique. Bref, on fouille, on trouve quelques raisons de se contacter ou non. Plus on traîne sur ces sites, moins on y met les formes. Deux, trois phrases tapées négligemment pour montrer que quand même, on peut être intéressant mais on n’est pas dupe. Ca finira au mieux en plan cul.

plan_cul_regulier

Et puis j’en ai eu marre. Marre de voir que je consultais avant tout ces sites par ennui. Marre de jouer toujours un peu le même scénario, on va boire un verre, peut-être qu’on dînera et puis on s’enverra en l’air, on est là pour ça, non. La flemme. La Flemme. La flemme de consacrer des potentielles soirées à ça, de sortir boire un verre et de constater que, tiens, ça le fait pas. Ce moment un peu gênant de flottement où tu espères que cette absence de désir est réciproque pour en finir au plus vite, se faire la bise devant la bouche de métro en se disant qu’on se rappelle alors qu’on sait très bien que non. La flemme de rencontrer quelqu’un de vraiment chouette mais de me casser les dents car lui est dans une autre phase, celle de l’éclate sexuelle incroyable qu’offrent ces sites. En même temps, comment les blâmer, j’ai fait la même à une époque. Et je suis certainement passée à côté de mecs bien, du coup.

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Et puis, j’ai tendance à croire que la foudre ne frappe pas 2 fois au même endroit : j’ai eu du bol une fois, voire 2, il serait peut-être temps de découvrir de nouveaux horizons. Laisser un peu faire la vie, le hasard. Je ne renie pas ce que j’ai vécu sur les sites de dating, les rencontres que j’ai pu faire, les choses que j’y ai apprises au détour de conversations avec des personnes d’horizons différents. Des personnes que je n’aurais sans doute jamais croisées autrement. Au fond, les sites de rencontre, ce sont ni plus ni moins que les bals populaires d’antan, on rencontre les gens là où ils sont.

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Je clos cette série sur les sites de rencontre, je n’ai sans doute pas abordé tous les sujets mais pour ma part, le tour est fini.

Dès la semaine prochaine, je débuterai ma nouvelle série “guide du savoir être avec son plan cul” (suite presque logique).

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* Pour moi non vu que quand je tape curvy dans Google images, ça me sort Beyonce donc bon…

Moi, je veux bien être "curvy" comme ça !
Moi, je veux bien être « curvy » comme ça !

Mauvaises rencontres

Parler de sites de rencontre, c’est bien mais poussons plus loin en racontant quelques anecdotes pour mettre en lumière les vices et délices de cet univers aux codes complexes. Je choisis d’abord d’évoquer les histoires moisies, je vous garde les histoires jolies pour une prochaine fois. Car il y en a eue, oui.

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Sur les sites de rencontre, rôdent quelques spécimens que nous sommes tous amenés à croiser à un moment où à un autre. Sur cet article, je ne parlerai que des hommes mais si, messieurs, vous avez des anecdotes de ce type à partager, faites-vous plaisir.

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En fait, c’était pas ma photo

On en a déjà parlé mais mésaventure assez commune des sites de rencontre : le mec qui n’a rien à voir avec sa photo. Je me souviens d’un en particulier, j’ai dû revoir sa photo après le rendez-vous pour vérifier s’il pouvait s’agir de lui sur le cliché (je n’en suis toujours pas sûre). Le sujet a déjà été évoqué ici mais mentir sur vos photos ne vous aidera pas. Au mieux, vous chopez un rendez-vous mais la supercherie ne durera pas bien longtemps. Sur le blog des Bridget, j’ai lu une interview intéressante où la fille disait que les mecs capitalisent sur le fait qu’une femme n’osera pas partir même si le mec n’a rien à voir avec la photo et que sur un malentendu… Ce qui éclaire pas mal la petite vidéo sur l’importance du physique sur Tinder… Et c’est vrai, je suis restée au rendez-vous, à chaque fois, légèrement agacée. Parce que j’aime pas qu’on me trompe, au départ. Parce que, lui, m’a choisie pour mon physique (on va pas se leurrer non plus) et moi, je serai accusée de superficialité si son corps ne m’attire pas. Et surtout, dès le départ, j’ai relativement peu envie de sortir avec un mec qui ne s’assume pas, qui triche pour tenter de séduire. Si le contrat d’honnêteté n’est pas respecté avant même le premier rencard, la fille de l’interview a raison : lève-toi et pars.

Une photo trompeuse
Une photo trompeuse

 

Le mytho tapeur

Erreur de débutante : accepter un café trop rapidement. Au bout de quelques mails, le rendez-vous est pris. Le profil est séduisant : le garçon a vécu à New York où il travaillait dans une galerie. Peu de jour avant le rendez-vous, je reçois un étrange mail : “Hé salut, tu pars en vacances où ? Je cherche des bons plans”. Quelque chose comme ça. Je fronce un peu les sourcils vu que je bosse pas dans le tourisme mais après tout, je lui donne deux, trois destinations puis nous voici au rendez-vous. Oh mon Dieu… Alors je sais pas comment on en est arrivé là mais le galériste New Yorkais est devenu moniteur de colo ou à peu près et m’explique c’est la première fois en 39 ans qu’il a les moyens de se payer des vacances. Pour m’impressionner, il essaie de parler à la serveuse en anglais (??) mais c’est moi qui finis par terminer cette conversation en anglais car il comprend pas ce qu’elle lui répond. Tu le sens le galériste New Yorkais, là ? Bref, alors que je me demande comment tu peux inventer un mytho pareil, le mec me relance sur mes vacances, je lui explique que je pars en Corse plonger. “Ah et y a moyen que je vienne ?”. Heu… “ben non, je serai en centre, tu comprends…” “Non mais sinon, je loue un truc à côté !”. Ok alors je connais même pas ton nom de famille et tu veux déjà qu’on parte en vacances ensemble et que ça coûte pas trop cher (il voulait s’incruster dans les activités)… Sachant que ce rendez-vous n’a eu lieu que grâce à un énorme mytho, comment te dire… (et accessoirement, il ne ressemblait pas vraiment à ses photos non plus)

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Le “j’te casse, gratos”

Un seul rendez-vous, l’un des pires de ma vie. Avant de nous rencontrer, le mec me joue un pipeau pas possible à base de “ohlala, je me sens déjà amoureux de toi, je vais t’écrire une lettre, tiens” (jamais reçue…). Lors de la rencontre, je me prends dans les dents un “ton métier, c’est vraiment de la merde, ahah”. Charmant, merci Mr soit disant architecte mais au chômage parce qu’il a hérité de son père et il loue son appart luxueux à de riches touristes. Bref, en résumé : mon métier, c’est de la merde, mes idées, c’est de la merde. Merci, au revoir.

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Demain, je vous parlerai des mecs que je soupçonne de perversion narcissique croisés sur ces sites.

C’est quand qu’on est en couple ?

Parfois, j’aime me poser de grandes questions. Du style : c’est quoi le couple ? Ou plutôt : quand est-ce qu’un duo amoureux peut-il être considéré par un couple aux yeux du monde entier ? Non que l’avis des autres soient importants mais ça m’a amusée de réfléchir à la question alors voilà. Puis c’est l’été, on a tous un peu besoin de légèreté.

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Le couple, c’est un sentiment d’amour, ok, ok. Mon mec, c’est ce gars là qui me met des papillons dans le ventre, des étoiles dans les yeux et sa queue dans… Oups, je m’égare. Mais voilà, j’ai décidé que ce gars là était mien. Et avec de la chance, il a décidé la même chose (ce n’est pas si évident). Donc vous voilà cheminant à deux sur les sentiers de la vie, main dans la main, seuls au monde tels des amoureux. Sauf que le monde, lui, il vous voit. Peu importe les inconnus croisés dans la rue qui prendront le moindre baiser pour un signe d’amour alors que nous savons tous qu’un baiser public n’a pas forcément de signification. Je parle de nos amis, nos camarades, ceux qui partagent notre quotidien et connaissent notre prénom. Eux, quand considèrent-ils que nous sommes en couple ?

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Le couple peut prendre une existence officielle de différente façon, selon l’âge des protagonistes. Les réseaux sociaux sont devenus une bonne façon d’indiquer au monde que, l’air de rien, notre coeur n’est plus à prendre. De la version Twitter à la version Facebook. Avec si possible toutes les photos à l’appui histoire de montrer que non, non, c’est pas de la mytho, on n’a pas créé un profil du sexe qui nous attire juste pour faire croire qu’on est ensemble. Evidemment, certaines mauvaises langues se demanderont quel est ce besoin de clamer sur les réseaux sociaux que l’on est en couple. Joie de pisser sur sa propriété amoureuse pour marquer son territoire ou vengeance sur une adolescence ingrate, la question est posée.

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Mais ça, c’est juste pour le cercle le plus éloigné d’amis. Ou les stalkers. Même qu’on s’amuse parfois à poster une photo de nous avec une personne du sexe qui nous intéresse pour, peut-être, faire croire qu’on sort avec (alors que c’est notre cousin… Oui, je sais, y en a qui épousent leur cousin mais c’est pas une majorité !). Parlons maintenant des amis, des vrais, ceux qui n’ont pas besoin de suivre nos aventures sur Facebook ou Twitter pour savoir que nous avons un nouveau partenaire de vie. Le prénom de l’autre fait son apparition dans les conversations, l’idée, petit à petit, qu’on pourrait le présenter. L’autre devient-il notre partenaire officiel aux yeux de nos amis à partir du moment où il prend vie dans les paroles ou au moment où il occupe une chaise lors de nos soirées entre potes ? Souvent, je note que l’autre devient on officiel quand mes amis commencent à utiliser son prénom comme s’il faisait partie de la tribu depuis toujours. Une façon de lui souhaiter la bienvenue, même s’il n’a pas encore posé son charmant fessier sur le canapé des amis.

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Vous allez me dire qu’on s’en fout, que ça ne veut rien dire. Certes mais c’est parfois comme ça qu’on se rend compte que cette nouvelle personne dans notre vie a peut-être une place à prendre. Une place déjà toute faite (du moins chez nos amis. Pour le reste, c’est une autre histoire)

Courrier des cœurs, réponse à Morgane

Cette semaine, Morgane nous a posé la question suivante : « Par des biais peu recommandables voire très condamnables, j’ai
découvert récemment qu’une nana estampillée « bonne pote » de mon mec, avec qui le contact n’était jamais passé, avait en fait été beaucoup plus retorse que je ne l’imaginais. En fait, j’ai découvert que la raison de sa haine contre moi était qu’elle avait essayé de se le taper (sans succès) pendant près d’un an que mon mec et moi étions à distance – j’aurais pu m’en douter, passons. Non seulement elle me déteste car elle n’a pas réussi à me prendre mon mec, mais en plus, il s’avère qu’elle s’amuse à essayer de retourner tous ses amis contre moi et à dire à mon mec que tout le monde me déteste et espère qu’il va vite me quitter. Que faire? 
»


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie, voici ce que nous te conseillons:

Lucas : « Laisse moi kiffer la vibe avec mon mec…

Fais pas le mannequin,
J’imagine déjà la tête que tu dois avoir le matin
 »
Dans ces cas là je suis partisan de la solution simple (oui, je suis un peu niais) à savoir la prendre entre 4 zyeux et lui dire de manière simple les 4 verités  que tu nous as énoncées. De préciser que tu as toujours moyen de savoir ce qu’elle dit dans ton dos, tôt ou tard et qu’il s’rait temps qu’elle cherche un autre mec. Mais baisse les yeux, trouve toi un autre mec, c’est mieux, laisse tomber le mien, sérieux.

Keira : 1 – Lui casser la gueule ?

2 – La prendre entre quatre yeux et lui dire ce que tu en penses ?

3 – En parler à ton mec afin qu’il la vire de son cercle de connaissances ?

4 – En parler aux potes de ton mec qu’ils approuvent sa disparition ?

5 – Ignorer cette pouffe ?

6 – Envoyer quelqu’un lui casser la figure ?

Bobby : Moi, j’ai un peu de mal à comprendre ce que ton mec lui trouve, en tant que « bonne pote ». Parce que mes « bons potes », ils n’essayent ni de me mettre le grappin dessus, ni de se glisser entre mon copain et moi. Donc bon, je suis assez d’accord avec Keira pour ce qui est de son option 3, ton mec est impliqué dans l’affaire (contre sa volonté, certes, mais toi aussi non ?). Alors parlez-en à deux, c’est pas à toi seule d’affronter la grognasse alors que tu n’as rien demandé.

Enzo : Ce que j’ai peur avec la solution de Lucas, c’est qu’elle peut se retourner contre toi ! La « bonne pote » disant « tiens ta
nana parano et jalouse, elle est venue me faire chier avec ses délires de persécution »… Bon ça c’est si elle a été subtile quand elle a essayé de te le piquer. Car même si on connait la fin, tu nous as pas dit la réaction de ton mec ? D’ailleurs tu as piraté le compte mail de ton mec ou carrément de la nana ? Bref, trop de questions en suspens pour te conseiller sagement.

Tatiana : Si ton mec est vraiment amoureux de toi il n’y aura pas de problème. Déjà dis toi que ça fait un an qu’elle essaie de te le piquer et ça marche pas. Ca fait un an qu’elle essaie de mettre les gens contre toi, et ça marche pas non plus. Donc conclusion cette fille peut pas faire grand chose contre toi alors relaxe toi et ne la prend pas en compte. Ah oui et comme tu as découvert ça de manière pas très honnête ça va être difficile d’en parler à ton mec. Mais tu peux lui demander innocemment « pourquoi machine elle a quelque chose contre moi ?  » et voir sa réaction. bon mon conseil est pourri mais je ne suis pas réveillée et en plus j’ai plein de boulot (même pas payé) donc voilà. Sinon tu peux toujours payer un tueur à gages, la pousser dans les escaliers, mettre de la mort aux rats dans son café, la marabouter (si tu connais un bon marabout qui jette des sorts de chance je suis preneuse), ou tout ça à la fois.

Diane : solution 1 (pas constructive mais très jouissive): lui mettre une m… de chien (ou autre…) dans sa boite aux
lettres.
solution 2: arriver de manière sournoise et détournée à la faire se révéler devant ton copain. A mon humble avis, se plaindre d’elle ne fera que lui donner du crédit, il vaut mieux la laisser s’enfoncer dans sa m… toute seule. Je m’excuse de cette réponse particulièrement scatologique, mais qu’est ce que vous voulez, c’est pas pour rien qu’on appelle ce genre de gourgandine une chieuse…

Petite Cervoise : 1 – en parler calmement et diplomatiquement avec ton copain (« j’ai l’impression », « on dirait que »…) pour le
mettre au courant
2- en parler avec des gens qui t’aiment bien dans le groupe – toujours avec diplomatie, si tu braques les gens contre toi ou si tu es à l’origine d’une formation de clans, ce sera toujours toi la fautive, car tu es la « pièce rapportée »-
3- attendre qu’elle se grille toute seule, car ça arrivera forcément.
En attendant, sois toujours la plus belle, la plus sympa, la plus drôle, peut être qu’elle même abandonnera « car elle ne peut pas faire ça à une amie (toi) » Concrètement, ma meilleure amie était dans ce cas, elle s’est braquée (scènes dramatiques avec son fiancé) et a fini par se mettre tout le monde à dos… alors tout en douceur, hein, les amis c’est parfois le MAL 🙂

Nina : Mmmmm, c’est délicat. Déjà, tu ne peux pas attaquer ton mec en frontal si tu l’as su par des « moyens condamnables », ça va te retomber dessus, idem pour la fille qui va s’empresser de mettre ton mec au courant. Alors pourquoi ne pas la faire passer pour une mytho ? De façon subtile bien sûr. Attends votre prochaine rencontre, il faut que ton mec soit là, c’est important. Soyez charmante toute la soirée avec elle puis une fois qu’elle est partie, prends un air perplexe. Quand ton mec te demande pourquoi, explique lui que tu es embêtée car machine est certes trèèèèèèèès sympaaaaaa mais tu te souviens, la dernière fois qu’on l’avait vu, elle avait dit ça et là, elle dit précisément le contraire et ce n’est pas la première fois que tu te rends compte que ses histoires changent de version suffisamment violemment pour douter de sa sincérité… Même que ça s’appelle une mythomane. Si on est particulièrement douée et le monsieur un peu distrait, on peut même arriver à lui faire croire qu’elle a dit précisément l’inverse de ce qu’elle a dit pendant la soirée comme ça, au prochain rendez-vous, il constatera lui-même qu’elle a re-changé de version. Du coup, si elle est mytho, rien de ce qu’elle dit n’a de valeur… non ?

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, tu sais où t’adresser ! 😉

Je baise donc je suis… ?

Dans notre entourage, nous avons tous la personne qui ne se lasse de nous raconter ses exploits sexuels, en long, en large et en travers, nous énumérant avec plaisir les détails scabreux. Au mieux, c’est gênant, au pire, c’est franchement insupportable…


 Souvenez-vous, la nympho ex-copine d’Anne dont je vous avais parlé, celle qui arrive et qui lance : « ouah, j’ai testé la sodomie, c’est trop génial ! ». Mais qu’est-ce qui peut pousser une personne à annoncer un truc pareil à une tablée dont elle ne connaît qu’une personne ? De la même façon, Guillaume mon ex m’avait parlé une fois d’une fille qu’il connaissait à la fac (avant que je n’arrive, ouf !) qui racontait tous les détails de sa folle vie sexuelle avec son copain, genre « ohlala, on l’a fait dix fois ce week-end dont une fois sur la table basse, une autre dans la salle de bain… ». Il m’a expliqué qu’il a rompu les liens avec cette demoiselle le jour où elle a raconté que pendant que son copain baisait une nana dans la chambre, elle s’était faite attraper par le chien. Là, j’avoue que je n’étais pas là quand cette fille a raconté ça mais j’ai parfaitement compris pourquoi il l’avait viré de son entourage…

Pourquoi les gens se mettent à raconter en détail leur vie sexuelle ? Honnêtement, parler sexe, c’est plaisant, j’aime bien, mais je parle de sexualité, pas de ma sexualité… Je me vois mal expliquer le plus naturellement du monde que mon brouetteur m’a fait ci et ça puis ça et là, j’ai joui comme une folle. Déjà, je trouve ça très prétentieux de penser que les détails de ma vie sexuelle puisse intéresser les gens. Parler de sexe en général, oui, parler de sexe pour révéler toute une intimité, non. On s’en fout de savoir que Paul et Stéphanie pratiquent régulièrement la position dite du ciseau maltèque sur la table du salon… D’ailleurs, après, on sera bien dégoûté à chaque fois qu’on mangera sur cette fameuse table. De plus, raconter les détails croustillants de mes ébats, c’est, quelque part, trahir la confiance de mon partenaire. Il y a quelques années, ma sœur fréquentait une pintade finie et une autre nana. Bon, il y eut un gros clash entre elles trois, ma sœur d’un côté, les deux autres de l’autre. Ma sœur fut victime de quolibet, elles la surnommèrent « PQ », sans que
personne ne comprenne pourquoi et leur classe (école de commerce, quand même, on n’était plus au collège) était divisée en deux. Bref, pendant cette gue-guerre ridicule, les deux étaient très complices au point qu’elles se racontaient tout. La fille plutôt sympa mais naïve et influençable calquait sa vie sexuelle sur celle de l’autre pintade au point qu’un soir, elle voulut mesurer le sexe de son petit ami pour comparer avec celui du copain de ladite pintade… Alice nous racontait donc ça lors d’un repas dominical où Guillaume était présent, moi, je m’esclaffais : « Mais qu’elle est conne ! ». Après le repas, Guillaume me dit : « tu sais, j’espère que tu parles pas comme ça à tes copines de ce qu’on fait tous les deux, ça me gênerait… ». Honnêtement, je n’ai jamais su combien mesurait le sexe de Guillaume ni d’aucun de mes amants vu que je me suis jamais amusée à mesurer mais je vois pas ce que ça pourrait amener au débat de déclarer : « mon mec a un pénis de 20 centimètres ! ». Au mieux, j’ennuie les gens en ma présence, au pire, ils me prennent pour une mytho (mais ça existe un pénis de 20 cm et même plus !).

Evidemment, je raconte parfois des anecdotes amusantes comme la fois où Guillaume et moi étions en pleine action dans ma chambre chez mes parents, nous étions seuls dans la maison… Tout à coup, la porte s’ouvre et grince, raaaaaaaaaah ! On stoppe tout, on se bloque et… ben, c’était juste un courant d’air mais ça nous a beaucoup fait rire ! Bon, voilà, ça, c’est amusant et ça ne dérange personne. J’en ai plein mes tiroirs des anecdotes comme ça mais là n’est pas le sujet de l’article.

Alors pourquoi des gens se sentent obligés de tout nous raconter, ne nous épargnant pas le moindre détail sordide ? Est-ce par obsession du sexe ? Non, je ne crois pas : je connais des gens qui ont une sexualité riche mais qui racontent succintement. Prenez Gauthier, par exemple : si vous relisez ses articles sexuels, vous remarquerez qu’il ne s’étend pas sur les détails et nous lui en sommes tous reconnaissants ! Donc ce n’est pas ça… Alors quoi ? Est-ce un relent de l’adolescence ? Vous savez, à l’adolescence, il y a une espèce de phase où pour être « in », faut parler cul, tout le temps, sinon on est relégués dans la case « coincée du cul ». A l’adolescence, où l’on cherche désespérément à informer la terre entière que « on l’a fait ». Je me souviens d’une fille que je n’aimais pas du tout en terminale qui était avec moi en cours d’italien. C’était de la pintade pur jus, celle-là, une vraie de vraie, genre la fille qui est au bord de la crise de nerf parce qu’elle a perdu son miroir de poche et qui se repeigne en examen (véridique pour les deux). Donc un jour, nous attendions la prof d’italien qui ne venait pas, pour changer, quand pintade première se mit à hurler : « Oui, moi, ma pilule, je la mets sur ma table de nuit pour pas oublier ! ». Avec Cécile, on se regarde et on se met à hurler : « Et tes capotes, tu les achètes où, toi ? ». Foutage de gueule ? Oui, complètement, surtout que j’ai appris plus tard que la pintade était, à ce moment-là, vierge…

Ainsi donc, parler de sa sexualité serait une façon de montrer que nous sommes libérés, loin des tabous de certaines franges de la société ? Peut-être mais je ne suis pas sûre… Il y a, certes, une certaine volonté d’appartenance : je vais parler cul à des gens qui m’ont l’air branchés sur le sujet pour intégrer leur bande. Ceci étant, parler sexe, c’est bien mais on aime bien changer de sujet, de temps en temps. Avec Gauthier, on parle politique internationale, avec Anne, boulot, avec Lucie, de nos perspectives d’avenir… Bref, une personne qui ne me parlera que du cul risque de m’ennuyer très vite. De la même façon, les personnes qui font en sorte qu’on ait l’impression que leur vie ne tourne qu’autour
du sexe, qui passent leur vie à traîner dans les sex shops, de regarder des films X… et qui nous le racontent au cas où on n’aurait pas compris, ces personnes qui devraient se balader avec un T-shirt : « j’aime le sexe » pour qu’on comprenne bien l’idée, ces gens-là me fatiguent vite. Oui, le sexe, c’est agréable, c’est super… Mais y a pas que ça non plus donc change de disque… Et arrête de nous faire croire que tu adores ça, on va finir par trouver ça suspect…

Mais je crois que l’explication ne réside pas là. Souvent, les gens qui ont une vie sexuelle débridée et qui en parlent à longueur de temps sont des gens peu sûrs d’eux… C’est du moins l’impression que j’en ai. Et si ce n’était pas « je baise donc je suis » mais « je baise donc je plais » qu’il faut dire ? Là, je crois qu’on touche un point essentiel. En parlant à tout le monde de sa sexualité, la personne prouve qu’elle plaît à qui en douterait : « ouais, ok, je louche peut-être et j’ai les
pieds palmés mais je me suis tapée trois mecs en une semaine, tu peux en dire autant ? » Heu… non mais en même temps, je trouve ça pitoyable de le clamer à qui veut l’entendre ! De plus, je ne crois pas qu’avoir une sexualité débridée avec un tas de mecs différents soit une garantie de notre beauté ou de notre sex appeal… Beaucoup de filles ont une réputation de
« chaudasse », entretenue par leurs discours sur le sexe, d’ailleurs. « Moi, je baise tout ce qui a un pénis ! ». Et bien le jeune homme qui entend ça et qui n’a pas vu une femme à poil depuis quelques temps va lui sauter dessus sans se poser de question ! Est-ce qu’elle lui plaît ? Peu importe, une fille comme ça veut juste se faire tirer : une fois utilisée, on la jette, on s’en fout. Personnellement, c’est pas quand je passe la nuit avec un type qui cherchais avant tout un coup à tirer que je me sens la plus belle. C’est plutôt quand mon partenaire attend de moi un peu plus qu’une simple brouette, que ses sentiments pour moi sont sincères. Là, oui, je me sens belle.

Quoi qu’il en soit, si vous êtes du genre à raconter votre vie sexuelle dans les moindres détails, sachez que c’est plutôt gonflant…