Pourquoi j’ai renoncé aux sites de rencontre

[Article qui aurait dû être écrit en novembre, quand j’étais célibataire, pour que ça ait plus de sens mais tant pis]

Un soir de novembre, je me connecte en plein ennui sur OkCupid, je fais mollement défiler les profils. Mpfff, non, non, bof, ah pas mal… Ah non, profil vide, laisse tomber. Non, non… Ah lui, regardons… Profil sympa. Bon, je lui dis quoi ? Bon, je suis pas inspirée, je le favorise et je lui parlerai plus tard. De toute façon, en ce moment, j’ai pas le temps.

Woman peering at her laptop

Et puis je prends conscience : en ce moment, j’ai pas le temps. Je fais défiler des photos de ces hommes et femmes qui vivent leur vie, près de moi, qui aiment la littérature italienne, Moriarty ou la photographie. Qui sont informaticien-ne-s, étudiant-e-s étranger-e-s de passage sur Paris, artistes, photographes ou mythos. Ils sont peut-être là, ce soir, devant leur écran, harassés par l’ennui, ils font défiler les profils. Peut-être que l’un-e d’entre eux cliquera sur ma photo, me jugera jolie et ira fureter sur ma fiche. Peut-être qu’il se dira que j’ai de bons goûts en matière de musique même s’il ne comprend pas ce que vient faire Lady Gaga dans cette liste follement hétéroclite. Peut-être certains s’arrêteront à ma description physique. 1m56, c’est pas grand… Curvy*, ça veut dire grosse, non ? Ah non, elle est bélier, j’aime pas les béliers. Puis elle a un chat et j’y suis allergique. Bref, on fouille, on trouve quelques raisons de se contacter ou non. Plus on traîne sur ces sites, moins on y met les formes. Deux, trois phrases tapées négligemment pour montrer que quand même, on peut être intéressant mais on n’est pas dupe. Ca finira au mieux en plan cul.

plan_cul_regulier

Et puis j’en ai eu marre. Marre de voir que je consultais avant tout ces sites par ennui. Marre de jouer toujours un peu le même scénario, on va boire un verre, peut-être qu’on dînera et puis on s’enverra en l’air, on est là pour ça, non. La flemme. La Flemme. La flemme de consacrer des potentielles soirées à ça, de sortir boire un verre et de constater que, tiens, ça le fait pas. Ce moment un peu gênant de flottement où tu espères que cette absence de désir est réciproque pour en finir au plus vite, se faire la bise devant la bouche de métro en se disant qu’on se rappelle alors qu’on sait très bien que non. La flemme de rencontrer quelqu’un de vraiment chouette mais de me casser les dents car lui est dans une autre phase, celle de l’éclate sexuelle incroyable qu’offrent ces sites. En même temps, comment les blâmer, j’ai fait la même à une époque. Et je suis certainement passée à côté de mecs bien, du coup.

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Et puis, j’ai tendance à croire que la foudre ne frappe pas 2 fois au même endroit : j’ai eu du bol une fois, voire 2, il serait peut-être temps de découvrir de nouveaux horizons. Laisser un peu faire la vie, le hasard. Je ne renie pas ce que j’ai vécu sur les sites de dating, les rencontres que j’ai pu faire, les choses que j’y ai apprises au détour de conversations avec des personnes d’horizons différents. Des personnes que je n’aurais sans doute jamais croisées autrement. Au fond, les sites de rencontre, ce sont ni plus ni moins que les bals populaires d’antan, on rencontre les gens là où ils sont.

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Je clos cette série sur les sites de rencontre, je n’ai sans doute pas abordé tous les sujets mais pour ma part, le tour est fini.

Dès la semaine prochaine, je débuterai ma nouvelle série “guide du savoir être avec son plan cul” (suite presque logique).

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* Pour moi non vu que quand je tape curvy dans Google images, ça me sort Beyonce donc bon…

Moi, je veux bien être "curvy" comme ça !
Moi, je veux bien être « curvy » comme ça !

Les sites de rencontre, ça juge que sur le physique

Ce week-end, entre deux intenses séances de sieste (arrivée de l’automne ou nouvelle vie, je ne sais mais qu’est-ce que je roupille), je découvre cet article de Slate relayant deux caméras cachées dénonçant la grossophobie supposées des hommes sur les sites de rencontres (Tinder, plus précisément). En gros (sans mauvais jeu de mot) : il ont créé des profils avec des photos en mode bombasse puis ont grimé l’homme et la femme en gros. Si les hommes ont fui en courant (à peu près), les femmes sont restées et 3 ont accepté un 2e rendez-vous : naaaaaa, les hommes, c’est que des salauds, les femmes, elles sont moins sur l’apparence.

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L’article de Slate posant les bonnes questions quant à la validité ou non de ces caméras cachées, je saute ce passage pour poser la vraie question : juge-t-on sur le physique sur les sites de rencontre ?

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Bien évidemment.

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L’expérience en question se passe sur Tinder, LE site de rencontre basé uniquement sur l’apparence puisqu’on n’a, pour choisir ses proies, qu’une ou deux photos avec, éventuellement, un petit laïus qui vous éclaire à peu près autant sur la personne qu’un briquet dans une forêt. Evidemment, d’autres sites sont plus complets, on vous demande en prime votre taille, votre poids, la couleur de vos cheveux et yeux (on ne quitte pas le physique), votre silhouette et votre style vestimentaire. Voire tes sous-vêtements pour le classieux Adopte un Mec. Pour ne pas se cantonner à l’enveloppe, allons demander le métier, les revenus (suis-je ce que mon salaire fait de moi ?), ton signe astro… Aaaah, quand même, on te pose quand même quelques questions sur tes goûts culturels et activités du week-end, des fois que. Mais ne mentons pas : quand on navigue sur le site à la recherche de l’âme soeur, la première chose que l’on voit d’elle, ce sont son pseudo, son âge et, en gros, sa photo.

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Au fond, je ne comprends pas pourquoi on stigmatise les sites de rencontre sur le jugement sur le physique et, en l’occurence, la grossophobie. Dans mes jeunes années, quand je draguais en boîte, j’ai jamais chopé un mec grâce à mon DEUG d’histoire mais plus grâce à mes atours bien mis en avant (mon décolleté et ma jupe courte, donc). De toute façon, vu le volume sonore du lieu, j’aurais pu réciter toute l’oeuvre de Platon qu’on m’aurait pas entendue. Et c’est partout pareil. A part de très rares histoires de coups de foudre sur des forums ou autre ou le visage de l’autre est et reste caché (et encore, pour combien de temps ?), la première chose que l’on perçoit de l’autre, ça reste son physique. Bien sûr, il peut arriver qu’en connaissant mieux une personne, on lui découvre un charme insoupçonné alors qu’au premier coup d’oeil, elle ne nous avait pas particulièrement séduite mais là, on sort du cadre de la première rencontre.

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Alors donc, les gros (et surtout les grosses si je reprends l’expérience de Simple PickUp) n’ont aucune chance sur les sites de rencontre. Pour ma part, ce que je vois dans cette vidéo, ce n’est pas tant une histoire de gros/grosse qu’une arnaque. On a tous connu le date où la personne en face n’avait rien à voir ou presque avec ses photos, qui s’était rajouté des centimètres et enlevé quelques kilos. Embellir un peu la réalité, ok, c’est le jeu mais là, on n’a plus du tout à faire à la même personne. Et si la politesse et la peur de blesser la personne m’empêchera de faire un scandale et je resterai au rendez-vous (comme les femmes de la vidéo), je n’aurai pas envie d’aller plus loin. Pas que je n’aime pas les gros mais j’en ai assez de jouer les infirmières : si tu as du mal à assumer à ce point ton physique, abandonne les sites de rencontres et va voir un spécialiste qui t’aidera à accepter ce corps qui te déplaît tant.

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Car, hey, comme on dit, chaque pot à son couvercle. Mate les couples dans le métro, tu verras que l’amour (ou du moins le flirt) n’est pas réservé aux tailles XS. Evidemment, tout le monde aura une anecdote qui dira que non mais c’est pas vrai, que c’est plus facile de choper quand on est mince. No idea, j’ai pas de stats sur le sujet mais même si je carre pas mon cul dans du XS, j’ai jamais eu de soucis à choper. Même quand je me mettais en silhouette “curvy” parce que je traduisais ça par “fille à courbes” (je suis un 8, moi madame) et pas par “quand même bien grosse” mais comme je mettais une photo de moi en pied, personne n’a été déçu.