Panne sèche

A l’image de ma libido, j’ai l’écriture capricieuse. Profitant du luxe d’avoir 2 mois à ne rien faire qu’à écrire (et à faire ma rééducation tout de même et à travailler un peu), j’avais mille et une idées, je pouvais commencer dix articles à la minute. Et puis je suis retournée à ma petite vie. Et là, tel un homme perturbé, j’ai eu une grosse panne. C’est gênant.

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En fait, j’ai été victime d’une double panne :

– grosse fatigue, pas envie d’écrire. En gros, le soir, je me pose devant l’ordi et je le regarde sans avoir envie de lui faire quoi que ce soit.


Faut me comprendre aussi, j’ai passé la journée devant et au boulot, y a la clim. Du coup, j’ai les yeux tous secs, je souffre. Et mon cerveau a dû faire un effort certain pour rattraper tous les dossiers en cours, arrêter de confondre A et B, reprendre les rétroplannings abandonnés y a deux ans pour réaliser avec stupeur qu’on est super en retard et que si on fout pas un coup de pied au cul au client, on va être dans la merde. Ceci étant, vu que c’est le client, on lui caresse plutôt le fessier en gloussant “tu m’envoies le brief et les éléments, petit coquinou ?”. 

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De plus mon corps morfle. Je crois que le chirurgien n’exagérait pas en me disant que je ne devais reprendre le boulot que fin août parce que là, je morfle. En fait, je ne marche pas tout à fait correctement encore (ma flexion est au top mais alors l’extension…), mes muscles restent faibles donc en gros, je marche lentement et je me fatigue vite. Sans parler de la douce sensation de la rotule qui s’engage mal sur mon tibia (quand j’y pense, j’ai envie de vomir un peu). En prime, figurez-vous que j’ai les pieds plats donc je marche mal donc en fin de journée, c’est plus un pied gauche que j’ai mais une patate à orteils. Epouvantable. Et je vous parle pas de mon dos, martyrisé par mes positions aléatoires. Pour tout vous dire, le soir, je rêve qu’on me passe un rouleau à pâtisserie dans le dos pour tout remettre en place

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– panne d’inspiration. Des idées, j’en ai eu des milliards pendant ma convalescence dont les ¾ que je n’ai pas encore écrites. Et pourtant, face à mon clavier, rien, nada, gros trou blanc. Même les articles à moitié avancés ne me tentent pas. Je reste plus sèche qu’un caillou au milieu du Sahara, je suis incapable d’écrire une ligne sur quoi que ce soit. Alors je vais m’écraser (littéralement) sur mon lit et mater un épisode ou deux de Xéna (oui, je sais mais ça nourrit ma merdophagie et puis c’est quand même un peu sympa Xéna
même si le scénario est toujours le même) avant de m’endormir. Je rêve de la machine des Tommyknockers, le téléfilm avec Marg Helgenberger (les experts) et Jimmy Smits (New York police blues). Marg joue une écrivain légèrement possédée par des ET (ça c’est le côté pas cool) et elle crée une machine à écrire reliée à son cerveau qui écrit tout pendant qu’elle rêve. Moi j’aimerais bien
une machine qui écrirait les phrases jolies que je conçois dans ma tête avant de m’endormir… Quoi que je suis assez intéressée de voir le résultat, je suis sûre que je serais assez surprise du décalage entre ce que j’imagine et ce qui est retranscrit. 

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Mais ça n’existe pas. Si je veux pondre un article, je dois taper sur un clavier et aligner les caractères les uns après les autres pour former des mots qui créeront eux-mêmes une phrase. Mais y a des soirs où j’ai juste la fleeeeeeemme.

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Mais ça va revenir, hein…

A nous de vous faire préférer le train

Apparté personnelle : mouahahah

Le train et moi, c’est une longue histoire d’amour, ça fait trois ans que j’écris ici mes loses en la matière et Dieu sait qu’il y a à dire. Là, encore, pour rentrer chez mes parents, je n’ai eu que 10 mn de retard mais le jeu n’était pas là. Normalement, sur cette ligne, on a droit à un corail Teoz magnifique, ach’ment mieux qu’un TGV mais quand j’arrive sur le quai, je constate qu’il s’agit d’un corail tout pourri. Bon, c’est pas dramatique, je compte dormir de toute façon. Mais la SNCF  est joueuse : mon numéro de place sur le billet n’est pas le bon et faut regarder sur un tableau à quelle place je dois m’asseoir finalement. Mais comme personne ne nous le dit, tout passager qui rentre n’est pas au courant et on s’amuse à tous se renvoyer d’une place à une autre parce que « non, ça a changé, il faut regarder le tableau! » sauf que personne ne comprenait dans quel sens ça marchait (enfin, si, c’était simple mais encore faut-il savoir lire un tableau et c’est pas donné à tout le monde, apparemment).

 

Le train, y a des trucs que j’aime bien et essentiellement deux : quand je regarde par la fenêtre, je vois autre chose que des nuages et j’arrive direct en centre ville donc je ne perds pas trop de temps. Et puis dans le train, même si y a des fois des mecs qui passent pour nous vendre à boire et à manger, ils ne nous réveillent pas pour ça alors que dans l’avion, si. Ceci étant dit, dans le train, on est réveillé par les contrôleurs vérifiant nos billets, c’est pas forcément mieux, c’est vrai. En plus, si le train berce bien plus que l’avion, on s’arrête aussi plus souvent, ce qui casse un peu le rythme du sommeil.

Mais surtout, ce qui est problématique en train, ce sont les bagages. Il n’y a pas d’espace pour les ranger, du moins pas assez. Dès que je pars avec ma grosse valise, c’est la prise de tête. Impossible de la mettre dans les porte bagages au dessus de la tête : elle est déjà trop lourde puis en plus trop large : elle va forcément tomber et ça peut faire très mal. Quant aux espaces bagages à l’entrée du wagon, ils sont saturés sauf l’étage du haut mais on en revient au problème premier : trop lourd pour moi. Une fois sur deux, je suis obligée de
l’abandonner dans un espace libre et là, c’est parti pour la parano : et si on me piquait ma valise pendant un arrêt ? Parce que si tant est que ça arrive, je suis mal : la SNCF a clairement spéculé sur mon billet qu’elle n’est pas responsable de ma valise. Donc si une personne décide de descendre avec MA valise, je n’aurai plus que mes yeux pour pleurer. C’est vraiment le problème majeur du train : on a quand même moins de place individuellement que l’avion, on est encombrés par les bagages, je n’aime pas du tout ce côté là.

Autre joie du train : les retards. Bon, il y en a aussi dans les avions mais la magie du train, c’est que même si tout ne fonctionne pas forcément, on lance le convoi, des fois que ça tienne. Du coup, on peut tomber en panne en pleine voie. Alors on en meurt pas mais dépanner un train, c’est long. Très long. De plus, pour une raison qui m’échappe totalement, la clim se bloque automatiquement dès qu’on dépasse les 35° à l’extérieur. Donc s’il fait très chaud dehors, vous serez cuits à la vapeur dedans, si c’est pas sympa ça quand même ! Hammam gratuit pour tout le monde.

Enfin, le train est un transport plus familial que l’avion même s’il n’est pas forcément moins cher in fine, surtout s’ils suppriment la carte famille nombreuse comme annoncé. Du coup, partir en train durant les vacances, c’est souvent prendre le risque d’avoir de charmants bambins qui assurent l’animation… Et c’est pas forcément sympa, surtout si l’animation en question se trouve sur le siège derrière et vous file un paquet de coups de pieds.

Bref, en fait, le train, c’est juste bien parce qu’on reste au sol, c’est moins polluant (mais des fois, ça fait des feux de broussailles) et on va de centre ville à centre ville. Mais allez savoir pourquoi, c’est toujours un peu plus la galère que l’avion.

Voyage au bout de l’enfer (ou pas loin)

Ceux qui lisent ce blog depuis quelques temps le savent : la SNCF et moi, on s’aime pas. Faut dire qu’il y a du contentieux, j’ai tendance à prendre tous les trains en
retard ou à vouloir prendre ceux qui sont annulés. Mais samedi, là, je crois que notre histoire d’inimitié (oui, haine, c’est un peu trop fort) a atteint des sommets.

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Commençons par le commencement : samedi 14 juillet, la famille Parmentier se réunit pour les 80 ans de ma mamie. En fait, c’était en mai son anniversaire, ils avaient fait un
repas « mamie, ses copines, ses filles et ses gendres ». Là, y avait plus les copines mais les petits enfants arrières petits enfants donc en gros : 4 filles, 3 gendres, 8 petits enfants de 19 à 32 ans, la compagne d’un des petits enfants et 4 arrières petits enfants de 11 mois à 4 ans et demi. Manquait à l’appel Anthony, le copain de ma sœur qui bossait et Sonia, la
copine de mon cousin qui était chez ses parents en Bretagne. Je devais donc rentrer samedi pour repartir dimanche puisque je devais être au boulot lundi et comme je prenais Kenya, hors de question de la prendre au boulot toute la journée pour partir dès la sortie du taf. Avec ma sœur, on s’arrange pour partir avec le même train. Comme ma sœur est du genre stressée, elle me propose de partir à 8h30 en taxi pour un train partant à 10h10 « mais tu comprends, avec le 14 juillet, la circulation risque d’être merdique ». 8h32, le taxi est devant chez moi et c’est parti pour un périple merdique.

Je monte dans le taxi, Kenya hurle sa désapprobation tandis que Carambar, le chat de ma sœur, reste mignonne comme tout. Avec ma sœur, on commence à discuter quand soudain, un vile odeur nous frappe les narines. Une odeur reconnaissable : le caca de chat. Je jette un œil à Carambar qui est toute mignonne, toujours. Ok, forcément, c’est la mienne qui a chié et qui en plus, vomit un coup, histoire de bien en rajouter. Avec ma sœur, on feint de se rendre compte de rien ce qui donne en gros « ouais alors tu comprends, il me dit ça et je lui dis [odeur de merde qui apparaît]…heu…je lui dis… Enfin tu vois quoi ! ». Arrivées à la gare à 9h, je vais au pipi room avec mon chat pour nettoyer ses bêtises, on se prend un petit déj tranquille puis à 09h50 « merde, on n’a pas à manger, allons vite acheter un sandwich ! ». Alors que ma sœur commence à stresser rapport à l’heure, message : « Le train Teoz
n°8547 initialement prévu à 10h10 est annoncé avec un retard de 30 minutes environ ». Supeeeeeeeer, un train en retard dès le départ, j’adore. On achète nos sandwiches, des magazines, on composte le billet et on se pose devant la voie du train. A un moment, un membre de la SNCF arrive au pas de course et sa collègue lui fait « non mais c’est bon, te presse pas ! ». Ben ouais, Jean-Luc, te presse pas, on n’a qu’une demi-heure de retard, tout va bien, quoi. 10h30, ils confirment enfin la voie et tout le monde se précipite composter les billets. Que les gens sont cons des fois, c’est pas comme s’ils avaient pas eu le temps jusque là. On monte chacune dans nos voitures respectives (on était pas à côté) et c’est parti.

Au bout d’une heure 30 de voyage, le train s’arrête en pleine voie en rase campagne. Sur le coup, je ne fais pas trop attention : vu qu’on est partis en retard, si un TGV est
dans le coin, il est prioritaire. Même si aucun TGV ne passe par là… Au bout de 15 mn d’attente, le contrôleur prend la parole. « Mesdames et messieurs, suite à une panne sur la locomotive, nous sommes arrêtés en pleine voie pour une durée inconnue ». Oh sa mère, je le sens mal. Non parce que qui dit locomotive en panne dit plus de courant et qui dit plus de courant dit plus de clim. Et il fait chaud. Je prends mon mal en patience et continue à lire mon Technikart tout en insultant mentalement la SNCF. « Mesdames et messieurs, merci de ne pas ouvrir les portes et de ne pas fumer. Les fumeurs, abstenez vous ». Moi, je suis en passe d’arrêter, de toute façon, ma dernière bronchite, angine ou chais pas quoi m’ayant fait arrêter pendant plus d’une semaine. « Mesdames et messieurs, une fois de plus, merci de ne pas fumer, les fumeurs, abstenez-vous ! Vous pourriez déclencher un feu de talus, comme cela vient de se passer à l’instant, les risques sont réels ». Bordel, manquerait plus que ça ! Au bout d’une heure, on nous informe qu’un engin vient de partir d’Orléans et va nous pousser jusqu’à la gare suivante. Ma sœur arrive (nos portables ne captent pas) : « bon, t’as compris, à la prochaine gare, on change de train, on n’est pas à la maison avant 20h ». Super, l’apéro de ma mamie doit durer de 18 à 20h ! Sous-entendu : je me tape un aller-retour dans le week-end pour une fête à laquelle je ne pourrai pas assister. On nous annonce finalement que plutôt que de nous pousser, on va carrément nous envoyer une nouvelle locomotive.

 1 heure plus tard, alors que je me prends pour un poulet cuit à la vapeur, une locomotive nous dépasse à toute vitesse. « Mesdames et messieurs, la locomotive qui vient de

nous doubler est celle qui va nous dépanner, nous espérons repartir d’ici 30 minutes ». Effectivement, ce fut le cas. Au bout de 2h30 arrêtés en rase campagne sans climatisation, enfin, on repart. Carambar et Kenya sont annihilées, moi, je suis puante. Retard estimé : 3 heures. On ne les rattrapera jamais, vous vous en doutez. A la gare suivante, ils nous ont proposé des plateaux repas gratuits mais j’avais déjà mangé et à 15h, de toute façon, j’ai pas faim. On arrive finalement chez nous à 19h30 au lieu de 16h20, on largue les chats à la maison et on repart aussi sec chez ma tante où l’apéro durera finalement jusqu’à 23h30 puisque la grognasse de cousine qui voulait que ça se termine à 20h s’est cassée à 21h30 mais vu qu’elle ne faisait rien à parti gueuler sur ses gosses, ça n’a pas forcément été plus mal.

Conclusion. Personne ou presque n’a gueulé sur les contrôleurs, même pas moi mais bon, ils étaient dans la même galère que nous, de toute façon, c’était pas leur faute. Ceci étant, le train avait un problème dès le départ, ils nous ont laissé partir en le sachant. En avion, on serait morts. Alors mettre 9h pour un trajet qui en dure 6, oui, je trouve ça proprement scandaleux, mon chat l’a très mal vécu, mes vacances déjà courtes l’ont été d’autant plus. Mais bon, je vais demander le remboursement et ils ont intérêt à me filer plus de 50% du billet vu que j’ai mis 50% du trajet en plus pour arriver à destination. Je crois que la SNCF devrait changer de slogan parce que là, je sens que je vais entamer une liaison avec Air France. Moi, je ne préfère plus le train.

PS : Pour être de totale bonne foi, au retour, je suis arrivée à l’heure.