Je ne reconnais plus personne en Harley Davidson

  

 Des vacances façon Easy rider, en voilà une bonne idée. Tous ceux qui ont posé un jour le cul sur une moto savent à quel point on ne voit et on ne ressent pas les choses de la même façon. Par exemple, Paris en moto, c’est vraiment une expérience à vivre. A la limite en scooter si vous en avez un sous la main, ça peut le faire aussi, après tout. Mais partir en moto, ce n’est pas que des pures sensations.

Regardons la bête de plus près, les plus observateurs noteront le nombre de places limitées : 2 personnes au maximum. Donc si vous avez des enfants, où vous les laissez chez papy-mamie, ou vous ne partez pas en moto, il n’y a pas d’alternatives. On notera aussi le manque de toit : quand il pleut en moto, c’est vraiment la galère, on se fait tremper mais en plus, la route est glissante et on risque de se casser la figure. Passer des kilomètres et des kilomètres à serrer les fesses et à repérer tous les pièges pour ne pas tomber, c’est épuisant. Ceci étant dit, en moto, il faut plus de vigilance qu’en voiture quoi qu’il en soit.

Mais surtout, les plus « je voyage avec 3 tonnes de bagages » noteront qu’ils manquent une chose essentielles sur une moto : un coffre spacieux pour mettre toutes nos valises. Voyager en moto, c’est faire dans le minimaliste : un sac pour deux sur le dos du passager et basta. Oui parce que si on en met un sur le dos du pilote, ben la moto devient un transport pour un. Donc on oublie les 150 produits de beauté, les tenues en pagaille, on ne prend que l’essentiel. Tout un art. Art que de façon toute personnelle, je ne maîtrise absolument pas.

Par ailleurs, la moto, y a plus confortable dans la vie. Pour une  balade d’une heure ou deux, ça va mais plus, ça commence un peu à piquer les fesses et tirer dans les bras. En tant que passagère, j’ai tendance à dormir. En moto, ce n’est pas du tout conseillé parce que tomber d’une moto, ça doit faire super mal quand même… Donc faut bien s’accrocher tout du long et ça fatigue à force quand même. Surtout si on prend l’autoroute ! Quand la moto va à fond les turbines, on a l’impression qu’on va s’envoler (enfin, moi, c’est l’effet que ça me fait), c’est grisant mais au bout d’un moment, moins.

Mais à côté de ça, on découvre les paysages comme jamais en voiture. Quand j’étais jeune et innocente et que je flirtais avec Pierre le pervers, il était parti 15 jours se faire un moto trip dans le sud et il m’expliquait que la route des Alpes en moto, ça n’avait rien de comparable. Et je veux bien le croire. Mais je me demande si, quelque part, la moto n’est pas plus un transport de solitaire (ou à la limite, on part à plusieurs motos) tant il est plus simple de voyager seul qu’avec quelqu’un sur le porte bagage. Comme ça, on n’a que sa moto à gérer et je dirais que c’est déjà pas mal. Mais surtout, ce qui est magique en moto, c’est que même seul, on fait partie d’un clan. En gros, tomber en panne en voiture, c’est pas sûr qu’on trouve de l’aide. Alors qu’en moto, il y aura toujours un motard pour nous filer un coup de main. Une grande famille, en somme.

A nous de vous faire préférer le train

Apparté personnelle : mouahahah

Le train et moi, c’est une longue histoire d’amour, ça fait trois ans que j’écris ici mes loses en la matière et Dieu sait qu’il y a à dire. Là, encore, pour rentrer chez mes parents, je n’ai eu que 10 mn de retard mais le jeu n’était pas là. Normalement, sur cette ligne, on a droit à un corail Teoz magnifique, ach’ment mieux qu’un TGV mais quand j’arrive sur le quai, je constate qu’il s’agit d’un corail tout pourri. Bon, c’est pas dramatique, je compte dormir de toute façon. Mais la SNCF  est joueuse : mon numéro de place sur le billet n’est pas le bon et faut regarder sur un tableau à quelle place je dois m’asseoir finalement. Mais comme personne ne nous le dit, tout passager qui rentre n’est pas au courant et on s’amuse à tous se renvoyer d’une place à une autre parce que « non, ça a changé, il faut regarder le tableau! » sauf que personne ne comprenait dans quel sens ça marchait (enfin, si, c’était simple mais encore faut-il savoir lire un tableau et c’est pas donné à tout le monde, apparemment).

 

Le train, y a des trucs que j’aime bien et essentiellement deux : quand je regarde par la fenêtre, je vois autre chose que des nuages et j’arrive direct en centre ville donc je ne perds pas trop de temps. Et puis dans le train, même si y a des fois des mecs qui passent pour nous vendre à boire et à manger, ils ne nous réveillent pas pour ça alors que dans l’avion, si. Ceci étant dit, dans le train, on est réveillé par les contrôleurs vérifiant nos billets, c’est pas forcément mieux, c’est vrai. En plus, si le train berce bien plus que l’avion, on s’arrête aussi plus souvent, ce qui casse un peu le rythme du sommeil.

Mais surtout, ce qui est problématique en train, ce sont les bagages. Il n’y a pas d’espace pour les ranger, du moins pas assez. Dès que je pars avec ma grosse valise, c’est la prise de tête. Impossible de la mettre dans les porte bagages au dessus de la tête : elle est déjà trop lourde puis en plus trop large : elle va forcément tomber et ça peut faire très mal. Quant aux espaces bagages à l’entrée du wagon, ils sont saturés sauf l’étage du haut mais on en revient au problème premier : trop lourd pour moi. Une fois sur deux, je suis obligée de
l’abandonner dans un espace libre et là, c’est parti pour la parano : et si on me piquait ma valise pendant un arrêt ? Parce que si tant est que ça arrive, je suis mal : la SNCF a clairement spéculé sur mon billet qu’elle n’est pas responsable de ma valise. Donc si une personne décide de descendre avec MA valise, je n’aurai plus que mes yeux pour pleurer. C’est vraiment le problème majeur du train : on a quand même moins de place individuellement que l’avion, on est encombrés par les bagages, je n’aime pas du tout ce côté là.

Autre joie du train : les retards. Bon, il y en a aussi dans les avions mais la magie du train, c’est que même si tout ne fonctionne pas forcément, on lance le convoi, des fois que ça tienne. Du coup, on peut tomber en panne en pleine voie. Alors on en meurt pas mais dépanner un train, c’est long. Très long. De plus, pour une raison qui m’échappe totalement, la clim se bloque automatiquement dès qu’on dépasse les 35° à l’extérieur. Donc s’il fait très chaud dehors, vous serez cuits à la vapeur dedans, si c’est pas sympa ça quand même ! Hammam gratuit pour tout le monde.

Enfin, le train est un transport plus familial que l’avion même s’il n’est pas forcément moins cher in fine, surtout s’ils suppriment la carte famille nombreuse comme annoncé. Du coup, partir en train durant les vacances, c’est souvent prendre le risque d’avoir de charmants bambins qui assurent l’animation… Et c’est pas forcément sympa, surtout si l’animation en question se trouve sur le siège derrière et vous file un paquet de coups de pieds.

Bref, en fait, le train, c’est juste bien parce qu’on reste au sol, c’est moins polluant (mais des fois, ça fait des feux de broussailles) et on va de centre ville à centre ville. Mais allez savoir pourquoi, c’est toujours un peu plus la galère que l’avion.