Oui je suis capable !

Je vais encore vous parler de plongée aujourd’hui car ça m’apporte beaucoup d’un point de vue personnel et parce que ça me fait plaisir. Car depuis que j’ai entamé la plongée, j’ai d’abord redécouvert le plaisir de l’apprentissage (ça me manque, j’ai toujours pas fait le deuil de mes études). Mais  surtout, on découvre qu’avec un peu d’entraînement, on arrive à tout.

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Plusieurs exemples pour illustrer un peu mes dires. D’abord à Marseille. Comme je l’ai dit dans mon article résumant le week-end, j’ai pas mal saigné du nez pour cause de Valsalva trop appuyé. Donc à un moment, me voilà par 10 mètres de fond avec du sang dans le masque, je tente un vidage. La manip qu’on fait tout le temps en piscine mais j’avais une légère crainte à ce niveau là : enlever-remettre un masque dans une piscine qui culmine à 3 mètres de profondeur, c’est facile. Dans la mer, nettement moins. Et forcément, je merde un peu. Réflexe 1 : remonter. Réflexe 2 qui, Dieu merci, fut simultané : se souvenir qu’on est dans la mer à 10 bons mètres de profondeur et qu’on ne remonte pas comme ça. Alors on respire (par la bouche), on se calme et on fait les choses car on peut le faire. Hé oui, mon masque est vidé. Yes I can !

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Idem mardi quand on a bossé le crawl. Il faut savoir que pour une raison que j’ignore, j’ai toujours été nulle en crawl alors que j’assure bien dans les autres nages. Même qu’au primaire, c’était toujours moi que le prof prenait en exemple pour montrer aux autres ce qu’il fallait faire. Petite fierté de la bonne grassouillette que j’étais. Mais le crawl non, j’y arrive pas, je fais tout en apnée. Donc mardi, voilà qu’on bosse notre crawl avec un exercice très drôle à base de « on respire pas toujours du même côté car quand vous serez forts,
vous pourrez respirer des deux côtés, même pas vous vous souviendrez que vous aviez un côté préféré pour respirer ». Moi, je savais déjà pas que j’en avais un vu que je nage le crawl en apnée ou au tuba. Lena, une copine de cours décrète d’emblée que non, elle n’y arrivera pas, moi, je tente. A l’arrivée, j’y suis pas super arrivée (je sors trop la tête de l’eau), j’étais essoufflée, j’ai eu de l’eau dans le nez quand le directeur technique qui passait sous moi en bouteille (pas de sexe ici)a fait la fusée avec son détendeur, ce qui fait des bulles et elles sont allées direct dans mon nez.

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Tout ça pour dire que j’aime bien me rendre compte que si je me concentre deux minutes, j’y arrive. C’est comme ça que depuis deux ans, je me découvre relativement sportive et résistante, moi, la fille la plus flemmasse du monde. Je suis même capable de coordination si je me concentre un peu. C’est en somme assez agréable de se découvrir capable de certaines choses à 30 ans, on a encore une marge de manœuvre non négligeable. Et ça laisse toujours un exemple utile. J’ai toujours tendance à douter un peu de moi face aux montagnes qui se dressent devant moi du genre quand je me penche sur un nouveau sujet ou quand je démarre un nouveau boulot.  Et je me souviens qu’en 2000, j’ai monté toute seule mon site en html alors qu’à la base, j’y connaissais rien (webexpert mon amour) ou je me souviens qu’à chaque fois que j’ai commencé un nouveau job ou stage, j’avais les foies le premier jour et que je trouvais vite mes marques. Et Dieu seul sait que niveau nouveau boulot, je commence un peu à maîtriser l’arrivée dans une nouvelle boîte…


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Et enfin, la plongée a un pouvoir magique : elle me force à faire les choses calmement, aux antipodes de mon caractère qui me pousse, en général, à faire les choses vite en sautant quelques détails. Là, le détail, si tu l’oublies, t’es mal…


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Sinon, un petit teasing sans rapport avec la plongée sur un article à venir :

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Et la plongée à Marseille, c’était bien ?

Donc voilà, comme certains l’auront noté, je suis sous l’eau mais au sens propre du terme, cette fois-ci. Car ce week-end, j’ai pris mes petites affaires pour aller faire de la plongée à Marseille, ma première plongée en mer. Et accessoirement ma première descente à plus de 5 mètres de profondeur. Autant vous dire que la veille, je faisais pas la fière…

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Vendredi, 16h20, après une journée épuisante (je vous raconterai plus tard), me voici sur le quai, mon sac plombé par ma stab (c’est le gilet sur lequel on accroche la bouteille et qu’on gonfle et dégonfle pour se stabiliser dans l’eau. Je fais un peu ma merdeuse qui s’y connaît) et mon détendeur (le truc pour respirer). Le trajet en train est convivial, on fait péter le saucisson et le rhum. Rhum qui, agrémenté d’orange, a terminé sur mon pantalon, le seul que j’avais pour le week-end. Et c’est pas ma faute, c’est Guillaume qui l’a renversé ! Bon, au bout d’un moment, les autres passagers en avaient un peu marre de nous entendre, tu m’étonnes…

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Passons sur le voyage, on s’en fout un peu, tout le monde est arrivé entier au gîte malgré la conduite très sportive du taxi-monospace qui nous a amenés jusque là (en fait, c’est super grand Marseille). Soirée sympa et tout mais passons à l’essentiel de cet article : la plongée. Comme je n’ai pas encore validé mon niveau 1, j’ai donc droit à mon accompagnant à moi toute seule, c’est quand même bien la classe. Ca me rassure un chouia surtout que bon, si je fais mon gros boulet, je ne gâcherai pas la sortie du reste de la palanquée (c’est
le groupe de plongeurs. Comme je me la pète, c’est insupportable). Etape 1 : la combi. Je déteste officiellement le néoprène, ça irrite le bout des doigts, ça colle à la peau… Du coup, j’ai pris une combinaison un poil trop grande. C’est important pour la suite. Je prends mes petites affaires et direction le zodiac. Heu mais ça tangue un peu cette affaire, là quand même…  Ah non, une fois que ça navigue, ça se passe bien.

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Arrivée sur le site, je m’équipe et mon accompagnant rien qu’à moi me dit « bon, alors, tu vas faire la bascule dans l’eau ». Ouais, moi, je veux bien mais je sais pas faire… En fait, c’est super facile : on s’assoit sur le boudin la bouteille au dessus de l’eau, on tient le masque et le détendeur avec la main (histoire d’éviter de tout perdre en route), on fait attention à ne rien embarquer avec ses palmes et on se laisse tomber. Un, deux, trois… RAH PUTAIIIIIN ! Mais elle est super froide l’eau, j’en ai plein ma combi, au secours ! Ah, on me dit que c’est normal, okayyyyy… Bon, faut descendre. Le fond de l’eau est à 20 m, je rappelle que je suis jamais descendue en dessous de 5 (je crois). Et forcément, j’y arrive pas, je me sens pas assez lestée, mes jambes pédalent dans le vide. Je veux plein de kilos en plus. Bon, finalement, j’arrive à descendre, c’est un peu laborieux, je remonte par accident, j’ai mal aux oreilles mais ouf, voilà le fond. Et là, ouah quand même, c’est beau. Je vois des sardines, des rascasses, des caenilabres paon, des spirographes, des anémones… A un moment, mon accompagnateur rien qu’à moi toute seule me montre un drôle de rocher où coule un espèce de serpent chelou. En fait, c’était pas un serpent mais une tentacule et c’était pas un rocher mais le corps du poulpe ! Ouais, voilà, j’ai vu un poulpe (et même deux dans la plongée suivante). A un moment, j’arrive sur la réserve et on remonte et là, panique à bord : j’ai du sang dans mon masque. Oh merde ! Je fais signe à mon accompagnateur qui me fait signe que tout va bien. J’insiste en lui montrant le sang dans mon masque mais il persiste : tout va bien. Bon ok, je vais le croire alors. Et ça a été comme ça tout le week-end, mon moniteur préféré m’a expliqué mardi que j’avais les capillaires fragiles et que je faisais le valsalva trop fort (la manip pour équilibrer les oreilles). D’ailleurs, ça tombe bien, depuis dimanche, je suis sourde, je dois même aller chez l’ORL, youpi…

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Mais hors histoire d’oreilles et de saignements, je dirais que ce fut un week-end fantastique. Même quand y a eu la houle et que je me suis souvenue pourquoi je détestais le bateau pirate à Walibi, ça me file la gerbe. Mais je suis très fière d’annoncer que j’ai pas vomi !

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Je finirai ce long article (ouais, j’écris moins souvent mais quand je le fais, je fais pas semblant) par une anecdote qui prouve que j’ai pas toujours trop la lose. Dans le gîte, je partageais la chambre avec 5 autres filles dans 3 lits superposés. Cohabitation nickel. Le dimanche, on part à 8h (pouf !) pour le centre de plongée, on prend le zodiac, on se prend un joli grain, j’ai pas vomi.  De retour au centre, on retrouve l’épouse d’un plongeur qui est restée au gîte : « Ohlala, on a été réveillés à 9h du matin par l’alarme, y a eu un dégât des eaux dans une des chambres, tout à été complètement inondé. Une poche d’eau s’était formé au plafond, sous le plâtre et là, elle a lâché. Qui était dans la chambre 5 ? ». Ben c’était nous ! Donc à quelques heures près, on aurait été réveillées en pleine nuit par un dégât des eaux, nos affaires ruinées… Sympa ! Comme quoi, POUR UNE FOIS, la vie a décidé de pas me faire de blagounette. Merci à elle