La nécessaire éducation sexuelle

Parfois, je suis effarée quand j’entends les jeunes de 16, 17 ans parler de leur sexualité. Le préservatif ? C’est quoi ce machin ? C’est moche, ça pue, c’est visqueux, beurk ! Le coïtus interruptus, c’est tout aussi bien !

Jeunes gens, d’une part, vous n’avez rien inventé, le coïtus interruptus, ça existe depuis la nuit des temps et ce n’est pas fiable. Ensuite, le préservatif n’est pas un engin de torture, ça sert à vous protéger non seulement des grossesses indésirées mais aussi de tout une batterie d’IST (infections sexuellement transmissibles). Mais le problème ne vient pas, à mon avis, d’une insouciance soudaine de la nouvelle génération mais d’un manque total d’éducation sexuelle. Cet article est militant : je me prononce pour l’éducation sexuelle au lycée ! En effet, nous, durant notre adolescence, nous avons eu beaucoup de discours sur le SIDA (nous sommes la « génération sacrifiée »), souvenons-nous des émissions de doc et difool, des préservatifs à un franc ou de la capote géante glissée sur l’obélisque de la Concorde. Souvenons-nous de Clémentine Célarié qui roule une pelle à un séropositif. Aujourd’hui, le ruban rouge est rentré dans les mœurs, le symbole est beaucoup moins fort.

Le préservatif dès la première fois

Retour en arrière. 1994, je finis mon année de quatrième. Comme je suis en collège privé on a des séance de « catéchisme » qui sont plutôt des forums de discussion. On a le choix entre plusieurs ateliers et je m’inscris à un sur le SIDA. Deux personnes de ma paroisse (oui, j’ai une paroisse, je n’y vais jamais mais j’en ai une quand même) viennent nous parler SIDA et prévention et, à la fin de la séance, ils nous donnent à chacun un préservatif. Voilà qui est courageux ! Au lycée, nous avons également un cours sur la contraception très
intéressant. Bon, sur le coup, Cécile et moi sommes un peu traumatisées : pilule ou capote, sinon rien ! Le stérilet, c’est vraiment trop… Alors, certes, c’est super efficace mais ça a une tête d’engin de torture. Enfin, toujours est-il que la gentille dame nous explique que sans protection, aucune contraception n’est fiable. Oublions de suite la fameuse méthode Ogino qui a permis à de nombreux êtres de voir le jour. Grâce à ma super prof de biologie de première, j’ai complété mes connaissances sur la question. Oui, comme j’étais en littéraire, la classe était très majoritairement féminine, ce qui permettait de parler facilement sexualité avec elle.

 

Alors, mesdemoiselles et messieurs, voici quelques petits cours d’éducation sexuelle. Si j’empêche au moins un avortement grâce à cet article (en empêchant une jeune fille de tomber enceinte, je ne suis pas anti-IVG), ça n’aura pas été vain. Alors, imaginons. Sarah et Paul sont jeunes, ils ont quinze ans, mettons, et les hormones qui commencent à bouillonner. Ils sont vierges tous les deux et veulent franchir le pas MAIS première épreuve : acheter des capotes. A cet âge-là, ce n’est pas forcément évident, on a un peu honte d’aller au distributeur dans la rue ou dans la pharmacie. Après tout, Mme Crochon connaît bien la maman de Sarah, elle pourrait cafter. Aveuglés par leur désir et leur envie de copuler, Sarah et Paul décident de s’en passer. Après tout, ils sont vierges tous les deux donc aucun risque d’attraper le SIDA et on ne peut pas tomber enceinte la première fois…

Et bien c’est faux ! La première fois est justement un acte hautement risqué au niveau de la fécondité. En effet, l’ovulation est un mécanisme curieux : normalement, la plupart des filles sont bien réglées et ont leurs règles tous les 28 jours. Sauf que c’est très lié au psychique : un stress peut enclencher l’ovulation et on trouve difficilement plus stressant qu’une perte de virginité. D’ailleurs, c’est pour ça que dans les siècles passées, les femmes tombaient souvent enceintes dès la nuit de noce.

Donc notre ami Sarah compte : normalement, y a pas de risque, elle a eu ses règles il y a peu. Donc Sarah et Paul se découvrent, font l’amour, Paul a promis de se retirer « à temps ». Sauf qu’à temps, c’est souvent trop tard et les premières gouttes de spermes sont aussi les plus concentrées. Donc les plus fertiles. Donc entre les trois gouttes de Paul et l’ovulation soudaine de Sarah, la catastrophe n’est pas loin. Par ailleurs, qu’est-ce qui prouve à Sarah que Paul est vraiment puceau ? Et vice versa, d’ailleurs… Donc la capote est vraiment utile. Pour éviter ce genre de mésaventure, un distributeur de capotes dans les toilettes des lycées ne serait vraiment pas du luxe mais c’est encore un autre débat.
 

Donc si vous ne voulez pas tomber enceinte, oubliez de suite le coïtus interruptus et l’étude appuyée de votre calendrier menstruel, ces méthodes sont généralement peu efficaces. Et l’avortement n’est en aucun cas un moyen de contraception. Pas plus que la pilule du lendemain, d’ailleurs. D’une part, ça coûte cher et d’autre part, c’est très violent pour l’organisme. En effet, une pilule du lendemain est douze fois plus forte qu’une pilule normale et peut provoquer des vomissements. Si tel est le cas, vous pouvez faire une croix sur les vertus contraceptives de cette pilule.

Bien sûr, il y a l’avortement, au cas où… Mais franchement, ce n’est pas facile à vivre, ni physiquement ni moralement. Aujourd’hui, il y a des pilules avortives mais d’après ce que j’en sais, ça rend malade et provoque des règles très abondantes et douloureuses. Donc si on peut éviter, on évite.

Non, IST n’est pas un jeu vidéo

Le préservatif protège aussi des IST, c’est quand même bien pratique. Prenons le cas du SIDA. Non, il n’existe pas de vaccin, on ne guérit pas du SIDA. La trithérapie ? Alors d’une part, ça n’élimine pas le virus d’autant qu’une fois qu’on est séropositif, on l’est à vie. En effet, la séropositivité veut dire que le corps a été en contact avec le virus et a crée des anticorps pour se protéger. Par exemple, si vous attrapez la grippe, vous fabriquez des anticorps de la même façon et vous êtes séropositif au virus de la grippe. Ainsi, il est totalement
impossible de redevenir séronégatif. Ensuite, on ne meurt pas du SIDA. Non, on meurt des complications liées à l’affaiblissement du corps. Le système immunitaire faiblit et on est la proie de toutes les infections, des plus bénignes au plus graves. Donc à partir du moment où on se découvre séropositif, nous voilà avec une merveilleuse épée de Damoclès au dessus de la tête et la
trithérapie, si elle allonge l’espérance de vie, elle le fait de façon très violente : on est malade en permanence. Là encore, si on peut éviter… Et encore, je ne parle pas de la syphilis en recrudescence (Maupassant en est mort), les herpès génitaux ou la célèbre chaude-pisse. Je vous invite à aller jeter un œil sur google, je pense que ça va calmer vos ardeurs.

Evidemment, la théorie est simple, parfois, en pratique… Quand j’ai débuté ma vie sexuelle avec Pierre le pervers, ses treize ans de plus que moi m’ont rapidement convaincue de pas mettre de préservatifs. Enfin, convaincue, non, mais j’ai pas osé protester, il avait trop d’ascendant sur moi. Résultat : un gros retard de règles le mois suivant et le flip de ma vie : Seigneur, me voilà enceinte ! Bon, ce ne fut pas le cas mais 40 jours sans règles, c’est quand même long. Sans parler de l’angoisse quelques temps plus tard quand j’ai passé le
test du SIDA car mon nouveau petit copain (c’était Guillaume) et moi voulions nous passer de capotes. D’ailleurs, anecdote amusante : on a décidé de se passer de capotes le jour où sa mère
nous a donné une boîtes de préservatifs « avec applicateur » (oui, ça existe). Chaque préservatif était enserré dans une bague en plastique qui se distendait et s’enlevait une fois la capote mise, pour éviter de se mettre de la vaseline partout. Bon, je rigole beaucoup en la mettant, beaucoup moins pendant le coït : le préservatif était ultra épais, on ne sentait rien du tout. Ceci étant le préservatif est parti APRES le test (négatif) et parce que je prenais la pilule.

Par la suite, je n’ai pas eu une conduite irréprochable donc je ne me permettrai pas de juger les gens. Certes, chacun prend les risques qu’il veut mais prendre un risque par manque d’information, c’est tout de même idiot. Et prendre un risque, d’accord, mais pensons aussi au partenaire : si j’ai eu un rapport à risque avec X, dois-je en faire autant avec Y ? Je pense que jouer avec sa propre vie nous regarde, menacer celle de l’autre est bien plus blâmable.

Alors engageons-nous ! N’hésitons pas à parler de sexe avec les adolescents de notre entourage, militons pour les cours d’éducation sexuelle à l’école et aux distributeurs de préservatifs dans les lycées. Après tout, ce n’est pas parce qu’on parle sexe à des jeunes ou qu’on met des préservatifs à portée de main qu’ils vont copuler comme des bêtes. Au contraire, leur parler de sexe permettra de les responsabiliser et d’éviter qu’ils se lancent dans l’aventure dans l’ignorance.

Vie de débauche quand tu nous tiens…

Par Gauthier

Bon on ne peut pas dire que mon été soit de tout repos. Pour ceux qui ne connaissent pas encore toute ma vie par cœur je vais tenter un bref résumé de ce que c’est comme animal exactement le « Gauthier ».
Donc j’approche le quart de siècle de façon sereine, avec un lourd passif de conneries en tout genre. Je me suis barré de chez moi à 19 ans bien décidé à croquer la vie et tout ce qu’elle avait à m’offrir. Tout en poursuivant des études j’ai bossé, et tout en bossant je suis sorti plus que de raison. Arrivé à l’age (avancé !) de 24 ans, je me suis remis en question. J’avais le choix :

1/ Finir alcoolique, drogué, bac -2, trav, prostitué, anorexique, au choix ou tout en même temps.
2/ Me ressaisir et finir mes études tout en menant une vie un peu plus rangée

Le suspense est intenable, je sais… Mais je vous fais languir encore quelques mots, allez je vous le dis : j’ai choisi l’option 2.

Ceci fait, je suis retourné chez mes parents, j’ai fini mon année, j’ai obtenu mon diplôme, et je me suis mis en tête de trouver du travail tout en achevant ma formation. Sage décision n’est-ce pas ? Mais, parce qu’il y a toujours un mais, passer de quatre sorties hebdomadaire alcoolisées et tazées avec sexe à profusion, à metro-boulot-dodo, c’est pas si simple.

Au début j’ai pris sur moi, j’ai pensé que le sacrifice en valait la peine, en plus j’avais besoin de me sortir de certaines amitiés « parasites ». Une fois l’année finie et le début des vacances approchant, j’ai comblé ce que je nommais mon « retard ». J’ai tout d’abord commencé par me racheter une vie alcoolique, puis une vie sexuelle le mois suivant. Et en ce mois d’août 2005 je peux le dire : je suis à fond !

Et là c’est le drame ! Voilà que j’ai une conscience qui se met à me parler « mais voyons Gauthier comment veux-tu te remettre à travailler sérieusement en septembre ? Comment ose-tu traiter les hommes avec qui tu couche avec autant de mépris ? Comment ose-tu imaginer que tu peux dépenser autant d’argent dans les fringues, les sorties alors que tu dois déménager à la rentrée ? » .Aïe ça fait mal quand elle se réveille celle là…

Alors j’ai pris une décision (encore une !) je vais en profiter à fond jusqu’à la rentrée et après je me rachète une vie monastique. Comme ça j’aurais encore des cochonneries à vous raconter quelque temps ! ça vous plaît ?

Parlant de ça, je m’en vais vous raconter joyeusement ma dernière dépravation en date : le week-end du 15 août ! Oh douce joie que d’avoir trois jours de repos consécutifs !!!!! En fait deux et demi puisque je bossais le samedi matin, mais bon bref, c’était bon quand même ! Donc le samedi, il se passe pas grand-chose dans la journée. Le soir Nina m’honore de sa présence pour le dîner. On ne s’était pas vu depuis des lustres. Donc ça papote ça papote et ça papote, on dit du mal, du bien des gens qu’on connaît. Vers minuit, une très bonne copine à moi nous rejoint avec de l’orange. Pour fêter ça j’ouvre immédiatement une bouteille de vodka !!! oui le jus d’orange il fat le désinfecter avant de le boire, et la vodka ça désinfecte c’est tout, on est pas alcoolique pfff… Après un demi-litre de vodka à trois nous nous dirigeâmes vers une boite de nuit rempli d’hétérosexuels pour rejoindre un ami qui mixait (bon il est pas encore tout à fait DJ, il apprend et comme il a beaucoup d’amis qui le sont, ils lui prêtent de temps en temps les platines pour qu’il s’exerce devant un public). A chaque fois qu’on sort en milieu gay, les filles me disent « mais ici on peut pas draguer, c’est pas sympa tu penses jamais à nous, pauvre filles hétéro sans vie sexuelle ! », donc là je leur fait remarquer qu’elles peuvent faire leur marché. Mais même avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’alcool, ce défi ne pouvait être relevé par un humain normalement constituer : trop de moches ! Une avalanche de thons de compèt’, une catastrophe ! Donc les filles ont fini par se poser sur une chaise en attendant la délivrance : que je les emmène dans une boîte gay (difficile de vous dire à quel point je jubilais lol). La soirée se termine softement, à 6h du mat’, je couche Nina, un peu pompette mais surtout très fatiguée, tout comme moi.

Le lendemain, Nina émerge tôt et attend sagement que je me lève, on passe l’aprèm à papoter encore et toujours, on se pose au soleil sur ma terrasse, on mange, on se repose. Vers 18h30 elle m’informe qu’elle doit rentrer chez elle. Et on s’aperçoit qu’elle porte sa robe à l’envers depuis qu’elle s’est réveillée (le décolleté dans le dos, et vous savez tous que Nina ne fait pas du 75 A ! ça aurait du nous choquer !) on ris de notre fatigue plus que visible, elle se rhabille convenablement et rentre chez elle.

Moins d’une heure après un de mes plans cul de la quinzaine précédente me contacte sur le net « salut tu veux pas que je te suce maintenant ? ça me ferais plaisir… » Poésie quand tu nous tiens… J’accepte volontiers en lui précisant que je suis une épave et que je dois sortir après. Moralité on baise comme des castors (sic Basic Instinct). Et je le mets dehors avec perte et fracas parce que je suis en retard pour sortir. Ce dimanche soir, je dois voir l’ancienne colocataire d’Océane, vous avez dû lire leurs aventures. Elles ne se parlent plus, mais j’ai gardé de bons rapports avec cette fille que j’ai longtemps considéré comme une amie proche (le temps à fait son œuvre et nous sommes beaucoup moins proche) mais bon ça me fait plaisir de passer un bon moment avec elle en évoquant le passé. Je lui précise que je suis mort de fatigue et que donc je veux ben boire un verre et me coucher vers 1/2h du mat’, pas plus. Elle me précise qu’elle aimerait bien sortir. Le combat s’engage. Je n’ai aucune volonté, je cède et de toute façon j’ai envie de sortir, puisque je me suis bourré la gueule ! nous voilà donc dans le dernier endroit branchouille hétéro avec bar à champagne, piscine intérieure, musique house pouet-pouet, et poufiasses habillées en Versace Dior, et JPG. Sur le chemin j’embarque une petit jeune à peine majeur qui me dragouille sur le net depuis quelques jours et qui avait envie de sortir pour me rencontrer. À 4h l’établissement classieux où nous nous trouvons décide de fermer ces portes, et comme à chaque fois j’échoue dans une boîte pleine de taffioles en train de boire de l’alcool que je ne paye pas. Oui parce que le petit jeune là, il m’a arrosé, mais alors à un point, j’ai arrêté de compter à 6 verres offerts, et je suis encore resté avec lui 2h après ça donc je vous laisse imaginer ! arrivé à 8h30 je me rends compte que mon envie de me coucher tôt viens de voler définitivement en éclats. Mais je reste soft, il est mignon le petit, mais j’ai déjà fait crac-crac ce soir alors je peux aller me coucher tranquillement. Mais apparemment lui non : je me suis fait violer contre un poteau par un gamin !!! Un gamin qui m’a offert à boire !!!! Mais c’est le monde à l’envers !!!!!!! comme dit plus haut : je n’ai aucune volonté. Je me fait ramener chez lui (encore un truc pas normal !) et on baise comme je peux. Parce que là je rappelle que je voulais me coucher à 1h, que déjà à 22h je m’endormais, j’ai bu un litre d’alcool à moi tout seul, il est 9h15 du matin quand nous passons au lit, et moi il faut encore que je bande ????? ça va pas non ? Ah ben merde si je bande, ça alors !!! de toute façon je suis incapable de jouir, il va se décourager et me laisser rentrer chez moi, ben on, il en voulait le petit, et j’ai joui à …. quelque chose comme 10h15 du matin. Par moments je me dis que je devrais tourner dans des pornos, je suis une bête quand même ! J’ai donc eu le droit de rejoindre Morphée à 11h, je l’ai pas quitté jusqu’à 18h.

Là dessus j’entame une nouvelle semaine de boulot chiant à ma banque, avec toujours mon épée de Damoclès (mais si le vieux qui est venu me relancer au guichet) et avec surtout une seule envie : dormir, dormir et encore dormir !

Si c’est pas du week-end de dépravé ça ? Je sais pas ce que c’est alors… Pour info le prochain s’annonce pire encore 😉