D’’amour ou d’’amitié

Quelquefois, dans la vie, certaines circonstances me poussent à me poser des questions. Oui, bon, ok, je m’en pose tout le temps et j’aime ça, en plus. Alors, aujourd’hui, interrogation du jour : comment se fait-ce que certains garçons, je les range dans la catégorie « amants » et d’autres dans la catégorie « amoureux ».

 

Comme tu l’as vaguement compris, j’ai rencontré un charmant jeune homme le mois dernier et on a eu une brève aventure terminée dimanche. Bon, vous ne saurez pas grand-chose de plus puisqu’il n’était pas très chaud pour que je raconte l’histoire ici et je respecte, sache juste qu’il s’appelle… Guillaume, évidemment. Donc dimanche, Guillaume IV m’a expliqué de façon très élégante qu’on allait en rester là d’un point de vue amoureux (mais on reste pote). Et ce fut une rupture très étrange. En gros, on a papoté, discuté de tout et de rien autour d’un thé et puis, donc, il m’annonce sa décision… Et on reprend nos discussions. Alors, ça ne veut pas dire que non-je-n’ai-rien-entendu-na-na-nère ! Mais c’est vrai qu’en y repensant, j’ai trouvé ça étrange, cette reprise de la conversation. En fait, on n’était sans doute pas un couple en tant que tel. Après tout, on n’avait jamais parlé d’un « nous ». Avant notre première soirée, on n’avait même pas parlé de ce qu’il pourrait se passer. Faut dire que ça nous est tombé un peu sur le coin du nez sans qu’aucun de nous deux s’y attende. Mais moi, j’avais décidé que c’était mon namoureux, de façon ferme et unilatérale, Pourquoi ? Bonne question.

 

Dans ma vie, j’ai connu quelques hommes. Des que j’ai considéré comme mes mecs, d’autre juste des plans cul. Des fois, des le départ, c’était tacite, d’autre, c’était juste une décision de ma part. Là, en l’occurrence, rien n’avait été décidé. Mais bon, pour ma part, j’avais décidé que je voulais une vraie relation et pas juste un plan cul donc j’avais décidé que Guillaume était mon nouveau mec. Ce qui ne voulait pas dire que je l’ai appelé tous les soirs pendant mes vacances ou autre. Non, c’était juste une pensée rassurante mais il est vrai que je n’ai pas vraiment eu le temps de penser « couple ». J’ai eu d’autres soucis et préoccupations, c’était juste un état de fait mais je n’ai pas cherché à analyser notre relation. Bref, finalement, sur le papier, cette relation ressemblait plus à une aventure qu’à une relation amoureuse telle qu’on peut la définir. Alors pourquoi j’ai décidé que, celui-là, je lui « devais » fidélité ? (ouais ok, en une quinzaine de jours, chez mes parents, les tentations ont été plus que limitées). Ben, en fait, je suis pas sûre. J’avoue que je me sens (oui, au présent, on est pas fâchés avec Guillaume) très à l’aise avec le jeune homme, plus qu’avec un amant, j’avais des gestes de complicité que j’ai pas forcément avec un plan cul. Bon et puis je le trouve brillant et marrant et puis il est mignon, en plus, mais j’ai eu des plans culs comme ça aussi. Bref, peut-être que comme je suis dans un contexte de recherche de stabilité et que le jeune homme me plaisait bien, je me suis pas posée de questions plus que ça. Ou alors que je me sentais à l’aise, avec lui, suffisamment pour avoir la sensation d’une vraie intimité.

 

Evidemment, il y a aussi un mariage de caractères qui se fait ou pas. Je me connais, quand même et y a certaines personnes avec qui je sais que ça ne collera pas, dès le départ. On peut tenter malgré tout mais bon, en général, ça ne marche pas. J’en parlais l’autre jour avec un pote sur MSN, je pense que ça mériterait un article à part entière mais on n’est pas tous faits pour tout le monde et tout le monde n’est pas fait pour nous. Ca peut paraître méprisant mais certaines personnes ne me conviennent pas. Si j’aime les garçons ouverts d’esprit et cultivés, c’est pas pour rien non plus, c’est parce que j’ai besoin de ça pour aimer la personne. Je suis sortie avec un mec qui ne s’intéressait qu’aux motos, dans le temps (mais vraiment qu’à ça) et forcément, on n’avait pas grand-chose à se dire. Alors au début d’une relation, on a souvent autre chose à faire qu’à parler mais ça va pas tenir 107 ans comme ça… D’ailleurs, curieusement, ça n’a pas duré un mois…

 

Bref, c’est amusant de voir que je ne conçois pas toutes mes relations de la même façon, sans pour autant qu’il y ait eu de « discussions » sur le sujet. Simple question de ressenti plutôt que d’une analyse de la situation. Car je n’ai pas cherché à analyser, je me suis laissée guider par les événements sans chercher à avoir de prise sur eux. Bien sûr qu’un couple, ça nécessite aussi du travail et tout ça mais on ne peut pas construire dès les premiers jours non plus. Je suis une instinctive. Pourquoi celui-là était considéré comme un petit ami officiel et pas un autre qui a eu droit à une relation similaire. Ben, parce que je l’ai ressenti comme ça et ça s’explique pas.

La guerre des sexes

Par Gauthier

Nina nous a pondu hier un très bel article sur les méandres de la psychologie masculine. C’est de bonne guerre. Elle conclut par ceci « parce que, finalement, ce que l’on prend pour une incompatibilité entre les sexes n’est ni plus ni moins que deux personnalités différentes qui se rencontrent ». Et bien moi je dis non ! Pourquoi ? Mais je m’en vais vous l’expliquer. Avant de commencer, je rappelle que je n’ai aucun diplôme de psychologie et que tout ceci est uniquement la conséquence de mon vécu et de mon ressenti.


Passons outre le fait que naturellement deux personnes qui se rencontrent ont du mal à se comprendre. Il faut passer par un long travail d’apprentissage de l’autre, je suis entièrement d’accord avec cette affirmation. Bien entendu ça ne vient pas uniquement de la différence de sexe, j’ai du mal à comprendre les hommes, alors que je suis pénissalement équipé (oh il me plait ce néologisme !!!!). Mais revenons à nos moutons.

L’homme a changé, pour plusieurs raisons, mais surtout parce que la femme a changé avant lui. Je suis un féministe convaincu, par moment je suis plus féministe que les femmes. Certaines de mes amies me hérissent le poil quand elles me disent « c’est une salope, elle couche avec tout le monde », moi aussi je couche avec tout le monde, « mais toi c’est pas pareil t’es un mec ! ». ET ALORS ???? Oui bon je me bats à mon niveau pour faire avancer les choses, même si je suis d’accord avec vous, ça semble plutôt futile…

Aujourd’hui les femmes travaillent, sans l’accord de leur mari (et seulement depuis 1967 ou 1969, là j’ai un trou, j’avoue), elles peuvent avorter, elles élèvent seules des enfants, elle sont carriéristes, elles peuvent même se présenter à l’élection présidentielle en étant crédible (n’est ce pas Madame Royal ?). Bref que de chemin parcouru en un demi-siècle d’émancipation du « sexe faible » ! Oui « sexe faible », c’est bien là que réside le problème. Parce que si tout le monde se réjouit de l’évolution de nos sociétés occidentales, les préjugés et les stéréotypes sont coriaces. Je ne vous referais pas ici le cours de communication sur les préjugés et les stéréotypes que j’ai eu le bonheur de suivre cette année. Tout ce que je vais vous dire c’est que l’image que nous avons des femmes (tout sexe confondu) dans la société actuelle ne représente plus la réalité. Pourquoi doit-on s’extasier devant une cadre sup’ qui allie parfaitement une vie de famille (trois enfants) et un salaire annuel supérieur à 50 K€ ? « Quelle femme « ! ». Je ne vois pas où il est impossible pour une femme de réussir ça ! Je ne vois pas pourquoi je devrais être admiratif, elle a travaillé, elle a réussi. Point barre ! Ah mais oui bien sûr c’est une femme, le « sexe faible »…

Alors que se passe-t-il concrètement chez les mâles ? Et bien ils changent aussi. Combien de magazines de société ont consacré des unes à ces « hommes nouveaux », à « l’homme beau », ou au « métrosexuel » ? L’homme assume son corps, assume ses faiblesses, et surtout il assume sa « féminité ». Aujourd’hui quoi de plus naturel qu’un homme de 30 ans qui passe deux fois par semaine dans un club de gym, qui met des crèmes de jour, et qui assume pleinement d’avoir un jour recours à la chirurgie esthétique. Et je ne parle pas que des stars de cinéma ou des hommes politiques, non, toutes les csp sont concernées. Mais surtout ce qui change c’est son rapport à la femme, à l’autre sexe, à cet ex « sexe faible » que l’on ne comprend plus.

Mes parents sont nés dans les années 50, bien qu’ils soient de la génération post-soixante-huitarde, ils sont relativement conventionnels. Par exemple ma mère s’est mariée, elle a eu deux enfants, elle a arrêté de travailler, et elle a consacré sa jeunesse à nous élever, mon frère et moi. Par la suite elle a repris un travail « quand nous sommes devenus assez grand », comme elle nous dit. Et il y a 4 ans lors d’un déjeuner, elle m’avoue ceci :
– Tu sais je ne suis pas heureuse avec ton père !
– Tu veux divorcer ?
– Non… (gros blanc) Je me suis mariée jeune, je vous ai eu jeune, je suis très heureuse de vous avoir tous les deux, mais avec ton père ça ne se passe pas bien.
– Je ne comprends pas pourquoi tu restes alors !
– Je ne suis pas heureuse, mais je ne suis pas malheureuse, ton père est gentil, il subvient à nos besoins, si j’étais malheureuse je partirais, si je tombe amoureuse de quelqu’un d’autre je partirais.
– Tu n’es plus amoureuse ?
– Je ne le suis plus depuis que j’ai 17 ans…
Pour l’histoire ma mère a rencontré mon père à 16 ans, elle s’est mariée à 18, et à l’heure actuelle ils sont toujours ensemble.

J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi elle restait, à présent je suis assez grand pour supporter le divorce de mes parents, mon frère aussi, alors pourquoi ? Parce que ma mère estime que sa place est auprès de mon père, de même que mon père ne pourrait pas vivre sans sa femme. C’est un compromis, une sorte d’accord qu’ils ont passé tacitement, tant que ça tient, ça tient. Qui à l’heure actuelle se verrait dans ce genre de situation ? Quelle fille de mon entourage verrais-je faire ça ? Franchement personne !

Les femmes ont changé, et les hommes aussi. Maintenant le fond du problème est le suivant : messieurs, ces dames n’ont plus besoin de vous. Une femme aujourd’hui a envie d’un mari, elle a envie d’avoir des enfants, elle a envie de réussir sa vie professionnelle. Mais elle n’a plus besoin d’un mari pour exister, elle n’a plus besoin d’être mère pour être reconnue. Là réside le fond du problème, les relations ne peuvent plus être les mêmes quand on remplace le besoin par l’envie. Alors on cherche des solutions pour se comprendre, pour pouvoir s’aimer comme se sont aimées des générations avant nous. Mais l’amour n’est qu’une illusion, on ne peut plus reproduire ce que faisaient nos aïeux, pourtant on s’y accroche.

Outre les changements dans les mentalités des deux sexes, ce sont les changements dans leurs rapports qui vont encore faire couler beaucoup d’encre. Surtout en France où nous sommes si cartésiens, et où tout semble décorticable et compréhensible pour peu qu’on veuille vraiment comprendre. À mon sens, le vrai défi de ce siècle naissant n’est pas de percer les mystères de la psychologie, mais de savoir comment nous allons interagir. De là découle une nouvelle conception du couple, de l’amour, et, bien entendu, de la famille.