Professeur Nina Bartoldi

J’en rêvais. A 33 ans, je pénétrais enfin dans l’arène, clé USB en main, le discours rodé. Le 17 octobre 2013, sur le tableau blanc d’une école de comm était inscrit « 13-14h / cours de social media management / professeur : N. Bartoldi ». Ça, c’est moi. J’ai failli prendre le tableau en photo. Voilà, le 17 octobre, professeur Nina Bartoldi était dans la place et c’était trop cool.

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Je ne cesse de vanter l’importance du réseau. Son absence a plombé ma première année et demie de « jeune diplômée » (ma période chômage donc), son existence m’ouvre toujours des portes. Par exemple en avril ou mai, par là, je recevais un mail de Jeanne, l’ex rédactrice en chef de TMF avec qui j’ai donc travaillé de 2007 à 2009, à peu près. Elle donne des cours dans une école de comm et cherche quelqu’un dans le community management pour évangéliser son chères têtes blondes (en vrai, ce sont des 5e année, j’ai à peine 10 ans de plus qu’eux). C’est naturellement qu’elle a pensé à moi même si, je dois l’avouer, j’étais bien moins bonne à l’époque que maintenant. Je parle sur le plan professionnel, bien entendu ! J’ai évolué, j’ai appris, j’ai grandi, j’ai pris du recul. Et justement, préparer un petit cours sur son métier permet de réfléchir un peu sur ce que l’on fait au quotidien. Pourquoi je vais quotidiennement sur Facebook parler au nom d’une marque, répondre à des gens qui viennent pour râler (ce qui me saoule puissance mille, ça, surtout quand on nage en pleine mauvaise foi). Pourquoi je fais de même sur Twitter, Youtube, Tumblr, Pinterest, Instagram, Google+, LinkedIn… C’est quoi mon métier et pourquoi c’est chouette des fois. Souvent.

professeur Nina Bartoldi

Je prépare donc mon petit Powerpoint histoire de pas débarquer les mains vides, j’attends Jeanne dans le couloir, en relisant trois ou quatre fois le fameux tableau. Des jeunes passent, d’autres sont installés dans un coin avec un laptop. Jeanne me récupère et m’amène dans les tréfonds de l’école, tout en haut, dans une petite pièce sous les toits où végètent trois élèves et demi. Bon, ayant été dans une promo de 12 lors de mon master de journalisme, je m’attendais pas à un amphi bourré à craquer mais bon… Il faut savoir commencer petit. Je doute que Rihanna ait débuté de suite dans un stade immense, par exemple. La comparaison avec Rihanna est audacieuse, là, non ? Bon breeeef ! Comme tous les élèves ne sont pas présents, on redescend au rez de chaussée chercher un café puis on remonte (3 étages, ça fait les fesses et les cuisses). Bon, il est temps de commencer. Mon petit coeur tape un peu mais ça va aller, respire par le nez, fillette, tout ira bien.

respirer-nez

Après quelques instants avec le souffle court, je prends mes aises. Je déroule ma prés, je réponds à une ou deux questions, tout va bien. Je repère un élève particulièrement intéressé par les réseaux sociaux, il me bombarde de questions en fin de présentation sur de nombreux réseaux sociaux comme Google+ ou Path, ce qui démontre une connaissance du sujet, un autre veut bien récupérer mon powerpoint que je trouve pourtant très trèèèèèèèèès basique. Trop même mais pour une présentation d’une heure, ça fait le job. Je reste debout tout le temps, je montre des choses sur mon powerpoint même si la projection est floue, j’occupe un peu l’espace, je me sens bien. En fait, je l’avoue : je kiffe. Une heure, ça passe bien trop vite…

Maintenant, j’ai envie de remettre ça pour devenir de plus en plus bonne professeure. Enseigner, ça me plaît bien parce que d’une part, ça permet de réfléchir trente secondes à ce que l’on fait au quotidien (j’ai pas super le temps de jouer les contemplatives en ce moment) mais surtout, ça fera peut-être naître quelques vocations. Non parce que le community management/social media management reste toujours le parent pauvre de la comm, le « oh ben tu vas pas étudier pour écrire des statuts Facebook quand même… ». Ben si. Même si les cours sont à réécrire au quotidien vu que nos chers réseaux sociaux changent les règles tous les deux jours et que la seule façon d’apprendre est finalement de tester et de valider ou non nos choix. Genre le hashtag sur Facebook, en fin de compte, c’était pas une si bonne idée que ça, ça ne sert qu’à baisser mon reach. Mais demain, qui sait… ? Et Google+, on n’est pas à l’abri que ça finisse par décoller un jour. Guettons.

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Quoi qu’il en soit, je rêvais de donner des cours depuis des années, c’est enfin fait et j’en fus fort satisfaite. Je vais envoyer un mail à mon ancien IEP pour voir s’ils voudraient pas que je vienne donner quelques cours…

Est-il gênant de faire un rêve érotique quand on ne dort pas seul ?

Depuis un mois, je partage donc ma couche. Avec Vicky. Avec qui je ne sexe pas. D’ailleurs, va falloir au passage que je vous explique pourquoi, NON, on ne couche pas ensemble, même dans le cadre d’un plan à trois avec un homme. Donc nous partageons nos nuits et voilà que le pourtant évitable se produit : je fais un rêve érotique.

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Tout s’est joué dans la nuit de mercredi à jeudi, alors que nous retrouvions enfin après deux nuits de découcherie (une chacune). Alors que précisément, j’avais eu mon compte de sexe et que je n’avais donc aucune raison d’avoir des pensées impures (même si le fait de repenser à certains épisodes de cette fameuse nuit ruine instantanément ma culotte…), je m’endors donc mercredi nuit, toujours un peu claquée par ce foutu rhume. Non mais sans rire, en une semaine, j’ai détruit un hectare de forêt amazonienne à moi toute seule en me mouchant. Bref donc je m’endors et au détour d’un rêve, voilà que je me mets à tripoter un homme. A travers son jean ceeeeeertes mais j’avais alors en main une baguette impressionnante (je ne m’attendais pas à une telle prestance).

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Réveil. Hmmmmm, j’aime pas ne pas aller au bout de mes rêves érotiques surtout que là, j’étais à peine à la mise en main ! Face à mon mur, je me retourne et me retrouve nez à nez (enfin, façon de parler) avec Vicky. Et là je me dis que merde, j’ai tripoté oniriquement un pénis à côté de ma meilleure amie. Meilleure amie qui est quand même en train de dormir en gémissant doucement, une main glissant sur son ventre. On a mangé quoi déjà ? Bon, quand je lui ai demandé plus tard si elle avait fait un rêve érotique, elle m’a dit que non, on
va lui laisser le bénéfice du doute.

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Quoi qu’il en soit, si on ne peut pas contrôler réellement ses rêves (voire même pas du tout parce que moi, j’essaie des fois avant de m’endormir de penser à des trucs cools pour faire des rêves dans ce sens et finalement… Ben c’est rarement ça qui ressort), il n’en reste pas moins qu’on se sent un peu bizarre. Et encore, ça va, ce ne fut pas un rêve avec orgasme à la clé. Ce  n’est pas que je ne les aime pas, au contraire, je les adore, c’est un peu le principe de l’orgasme gratuit, je jouis et je dors, si c’est pas merveilleux… Même si des
fois, ça fait un peu peur de se réveiller en plein orgasme après avoir rêvé qu’une fille que vous ne connaissez pas mais supra bien foutue avait décidé de vous faire un petit plaisir, comme ça. Et que cette fille supra bien foutue, après rapide analyse, est une version totalement fantasmée de moi (c’était à l’époque où j’avais les cheveux oranges et c’était un peu la caractéristique première de la demoiselle, aussi), ce qui doit peut-être vouloir dire que je m’aime et me désire, je sais pas trop. Mais pour en revenir à nos moutons, j’ai un peu de mal à visualiser la scène. Enfin, si visualisons pour situer tout le gênant de la situation :

Scène : rêve, sexe, oh oui, ah ah, oui, ah ah, oui, oui, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Orgasme

Et me voici dans mon lit, ruisselante de plaisir, le souffle court, mon intimité en émoi et… Vicky à côté qui pourrait être réveillée par ma brutale sortie de sommeil.

Vicky : T’as fait un cauchemar ?

Moi : Euh…

Vicky : Bah alors ?

Moi : Non, je viens d’avoir un orgasme.

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Je sais pas si notre amitié s’en relèverait… (même si on fait pipi la porte ouverte maintenant)