Je m’en foot plus du tout

Dans la vie, on change, on évolue. Par exemple, depuis que j’ai 30 ans, je prends des couleurs dès que je fais coucou au soleil, révolution. Mais surtout, depuis que j’ai 30 ans… Je regarde le foot. Un peu. Mais quand même, quelle évolution depuis le dernier Mondial.

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Bon, ok, mon soudain intérêt pour le foot est malsain, un besoin glauque de mater l’agonie en direct, celle de pas mal de bouffons surpayés et de leurs compagnons d’infortune. Celle d’un entraîneur qui préfère répondre aux questions sur les mauvaises performances de son équipe par un « ah, vous aimez le sang, vous, les journalistes ! » Ce en quoi il n’a pas tort, Aimé Jacquet est passé de paria à héros national en un Mondial. Domenech restera le sourcilleux qui demande sa fiancée en épousailles pour ne pas parler de la mauvaise performance des Bleus à l’Euro et qui ne serre pas la main de son adversaire parce qu’il a dit du mal de son équipe. Comme tout le monde…

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Alors on s’agite, on titre et surtitre sur les insultes d’Anelka, la taupe, Evra qui s’engueule avec un préparateur physique, la grève des joueurs, le jeu individuel de ce qu’on ne peut plus appeler une équipe. On saupoudre ça de propos limite racistes sur les clans de couleur, on déifie le petit Gourcuff qui est mignon, poli mais esseulé (et blanc). Bref, la France black blanc beur, on a bien zappé. Tout comme la réforme des retraites…

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Et pourtant, j’ai zieuté France Afrique du sud et de mon plein gré en plus. Et là, je me suis éclatée. Non à cause de la débâcle française mais grâce aux commentateurs. J’avais mon amour inconditionnel de ces professionnels de l’emphase, de la dramatisation, du parisianisme mais surtout, surtout, du retournage de veste. Parce que mardi, Larqué aurait mérité la médaille d’or olympique de la discipline. Quand il a vu les performances de son équipe, il a commencé à saluer les performances du goal Joseph et des joueurs dont Tshabalala (oui, j’ai retenu son nom parce que je le trouve magique), Pinard (pourquoi il joue pas en France, lui ?), Kiabi et je sais plus qui. A la fin, son léchage de cul pro-Bafana Bafana en devient limite gênant surtout qu’il fayote auprès d’Arsène Wenger qui aurait acheté un joueur Sud-Africain genre « mais quel bel achat Arsène, huhuhu ». En même temps, il tire à boulets rouges sur l’équipe de France qui est indigne de nous représenter et je ne sais plus quoi. Des fois, je me dis que je devrais enregistrer les commentateurs sportifs pour en faire une analyse de texte. Car Larqué a réagi en la matière comme le Français lambda, déçu de son équipe. Ce qui est à la limite légitime, on a vraiment été ridicule (mais faudrait pas oublier qu’il y a bien plus dramatique dans la vie…) mais quand même, il me semble qu’en temps que professionnel, le commentateur sportif se doit d’être objectif. Je sais, ahahah.

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Bref, je pourrais me désoler de la débâcle, mais en fait, je m’en fous. Il y a des défaites qui font du bien, je pense que si on pouvait dégonfler quelques chevilles (pas pratique pour courir) et quelques salaires, on ne s’en porterait que mieux mais au fond, peu importe. Je ne commenterai pas le racisme latent de toute cette histoire et le plaisir manifeste qu’ont certains à souligner que l’équipe est trop noire et que Gourcuff, il est mis de côté car il est blanc. Notons au passage que le principal anti-Gourcuff serait Ribéry, un mec très noir, donc. Bref, je préfère ne pas aborder ce chapitre là, hautement casse-gueule même si ça ne me laisse pas indifférente. Non moi, je ne garde que ce qui m’intéresse : les commentateurs sportifs. Rien que pour ça, j’ai envie de continuer à regarder, à noter toutes les preuves manifestes de subjectivité, les retournements de veste en triple lutz piqué, la mauvaise foi, tout
ça…

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(c) Guillaume de Trimtab, un gars qu’il est bien

Dans une prochaine vie, faudra que je sois commentateur sportif

Pour rigoler, une vidéo qui m’a bien fait rire.

Football Story (Parodie) – Les Missionnaires TV
envoyé par ltvprod. – Regardez plus de vidéos comiques.

Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

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Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.