L’avion partira quai n°6

Maintenant qu’on a choisi la destination, faudrait voir comment on y va. Evidemment, si la destination est lointaine, la question ne se pose pas, on part en avion. Mais si on part en France ou dans les pays limitrophes, on choisit quel transport ?

Moi, l’avion, j’aime pas, autant le dire. Je ne trouve pas naturel de me retrouver à de telles altitudes dans une boîte de conserve géante. Si je devais voler, j’aurais des ailes. Mais bon, ça m’est déjà arrivé de le prendre et plusieurs fois même. L’avion, ça a l’avantage d’être rapide : en à peine une heure, nous voici à Amsterdam, par exemple. Par ailleurs, en avion, on est quand même chouchoutés : on nous propose des boissons et du manger, gratuit ou payant selon la compagnie qu’on a choisi, on est dans des fauteuils plus confortables et on peut même choper un journal gratuit avant le décollage. Pour les vols longs, penser à faire quelques exercices pour éviter l’effet engourdissement et jambes lourdes et penser à s’hydrater parce que l’air en boîte, ça assèche

Mais l’avion comporte moults inconvénients. D’abord les aéroports sont rarement en centre ville et même jamais donc on perd quand même pas mal de temps à y aller et  en revenir. D’autant qu’il faut arriver au moins une heure avant le décollage, le temps d’enregistrer les bagages et d’embarquer. Si on rajoute également une bonne demi heure de récupération des bagages  à l’atterrissage, on ne gagne pas tant de temps que ça sur de brèves distances. Puis l’avion, c’est polluant. Mais surtout, à chaque vol, j’ai une frayeur. Pas tant le crash même si j’aime mieux être déjà au sol mais surtout celle de ne pas retrouver mes bagages sur le tapis. Ca, c’est un peu la spécialité de mes parents, perdre les bagages. Je sais pas comment ils se démerdent mais leurs valises ne partent jamais dans le même avion qu’eux, c’est incroyable. Donc pour des vacances pas trop gâchées, au cas où, on prend toujours les appareils photos, camescopes et autres en bagage à main. Ca évite aussi les soucis avec des bagagistes indélicats qui iraient fouiller dans la valise. Ce n’est pas que tous les bagagistes sont malhonnêtes, bien au contraire, mais on sait que certains se sont déjà servis donc on fait attention.

Dernier point pour les avions : les grèves et problèmes techniques. En avion, c’est radical : si on voit un souci technique gênant sur un appareil, on en change, ce qui peut occasionner des retards. Mais à choisir, je préfère arriver quelques heures plus tard que mourir. Le truc, c’est que les plannings des aéroports sont très très serrés. Si tu rates ta fenêtre de décollage, ça va être galère d’en attraper une autre. Et si on tombe en pleine grève des aiguilleurs du ciel, là, on entre dans un univers plein de suspense et de surprise : mais quand va-t-on décoller ? J’ai vécu pour vous la grève des aiguilleurs du ciel en Corse en 99. La famille Bartoldi est assise joyeusement dans la salle d’embarquement et attend. Elle attend toujours. Bon, il fait faim, on va faire une expédition punitive au point relais puisque c’est le seul endroit où y a de la nourriture. On va aussi acheter des magazines du coup parce qu’on a fini ceux qu’on avait. Au bout de deux heures, enfin, on nous parle « les passagers à destination de Toulouse sont priés de se présenter porte… ». Ben après deux heures d’attente sans aucune nouvelle, vous êtes contents de voir que vous existez encore et qu’on n’a pas oublié votre vol. Le seul avantage de tout ceci c’est qu’en cas de gros retard, la compagnie vous prend en général en charge, sauf les low coast. Oui, choisir une compagnie qui coûte cher, c’est capitaliser sur sa possible lose. Moi par exemple, si je veux prendre un low coast, j’ai intérêt à ne pas prendre un vol proche de la nuit ou de planifier un rendez-vous proche de l’heure de l’atterrissage. Enfin, ça, c’est en général d’ailleurs. J’ai eu peu de soucis de retard d’avion dans ma vie, essentiellement parce que je ne le prends jamais,mais je vois pas pourquoi ma poisse ferroviaire épargnerait totalement mes voyages aériens…

Le prix? Aujourd’hui, il y a quand même moyen de voyager en avion pour des tarifs pas si onéreux que ça. Mais pour des destinations exotiques, le low coast dit aussi vol charter, c’est un peu à quitte ou double : ils ne s’écrasent pas tous mais niveau confort, c’est pas ça du tout et 12h avec un siège qui fait mal au cul, je ne le souhaite à personne.

Et si on changeait de stratégie

Aujourd’hui, c’est grève. Comme la semaine dernière. Comme depuis trois week-end sur le réseau nord ouest du transilien. En fait, ça fait près de 10 mois qu’on se prend régulièrement des grèves et j’avoue que je suis à un tel niveau de blasement que j’en suis tombée dans l’indifférence. Pas de train ? Pas grave, je prends le bus, y en a un qui m’arrange pas si mal. Y a qu’à minuit, quand je suis chargée, que ça m’amuse moins. Mais au bout de 10 mois, force est de constater qu’on ne peut plus continuer comme ça. Le week-end dernier a eu lieu la nuit des écoles : en gros les instits de primaires veulent protester et invitent donc parents et élèves à camper dans les établissement en réalisant diverses activités comme lecture, dictée, maths, dans une ambiance bon enfant. Alors là, j’ai tendance à dire oui ! C’est ce que j’appelle la contestation intelligente car les instits prennent le temps d’expliquer le pourquoi du comment de leur mécontentement, de montrer un peu leur quotidien, même si c’est dans une atmosphère festive. Alors que si je prends les grèves RATP et SNCF, puisque ce sont deus services que j’utilise, je ne sais rien. Si je veux m’informer, je suis priée d’aller lire le journal. Aucun tract distribué, rien. Du coup, ça devient de plus en plus nébuleux. Par exemple, ça fait donc 3 week-ends d’affilée qu’il y a une grève sur le réseau nord ouest, un train par heure voire heure et demie. Alors ok, mais pourquoi ? J’avais d’abord pensé à une agression mais ce n’est pas ça. Selon Simon, c’est une histoire d’heures en plus qui sont qualifiées de complémentaires et les cheminots voudraient qu’elles soient qualifiées de supplémentaires puisque les deuxièmes sont plus avantageuses que les premières. Mais mon père a vu un reportage où il aurait été question d’une cafète déplacée. Sur le coup, il m’a dit ça, j’ai explosé de rire. Mais si c’est vraiment pour ça, là, j’ai juste envie de dynamiter le siège de SUD vu que c’est lui qui fout le bordel. Alors voilà où nous en sommes : 10 mois de grèves plus ou moins régulières, des revendications rapportées dans les journaux, un gouvernement totalement indifférent, des usagers usés… Y a que moi qui me dis qu’il faudrait vraiment trouver une nouvelle voie de contestation ? Alors, ok, les transports gratuits ces jours là, c’est interdit, ça, maintenant, je le sais. Mais pourquoi opposer systématiquement usagers et grévistes ? Pourquoi les grévistes ne vont pas à la rencontre de ces usagers pour expliquer leur cause ? A la limite, tant qu’à y être, organisons des animations dans les trains, métros, postes… pour expliquer le métier. Ok, on est là mais on va t’expliquer pourquoi on n’est pas content. Et pourquoi pas un grand barbecue en guise de manifestation après le boulot ? Mine de rien, ça va en faire de la foule et les grévistes gagnent en sympathie. Alors j’entends déjà les « non mais attends, les revendications n’aboutiront jamais comme ça ! ». C’est sûr que les grève old school, dix mois plus tard, on voit bien leur efficacité : aucune. Je crois vraiment qu’on est à la fin du syndicalisme à la papa. D’ailleurs, quand on voit que la moyenne d’âge des syndiqués est de 57 ans, y a clairement une cassure entre les anciens et les jeunes travailleurs. Certains fins esprits à la capacité d’analyse étonnante vont encore me dire leur fétiche « pfff, et t’oses te dire de gauche » mais hiiiiiiin ! c’est pas le sujet. Je pense juste qu’après 10 mois après les premières grèves de la fonction publique, les gens qui ne sont pas concernés s’en foutent au mieux, sont vraiment remontés à cause des inconvénients qu’ils subissent depuis tout ce temps au pire. D’autant que les routiers s’y mettent aussi et là, de suite, ça parle à tous les gens qui font le plein : l’essence, c’est trop cher, faut faire quelque chose. Comme d’habitude dans ces cas là, le gouvernement  a joué le pourrissement et a gagné. Alors, on change la donne ou on garde les œillères ? En attendant, moi, j’aime bien aller bosser en bus, je crois que je vais faire ça tout l’été !

La liste de la fille qui fait pas pipi debout

– Il paraît que la semaine prochaine, c’est la grève SNCF-RATP mais je suis pas sûre de voir la différence tant c’est devenu n’importe quoi le trafic par chez moi. Jeudi dernier, j’arrive sur le quai pour prendre le train de 48 qui arrive en général à 50 voire 53. Sauf les jours où je suis à la bourre et que je dois lui courir après. Donc j’arrive sur le quai et vérifie l’heure d’arrivée « train retardé ». Oh la vache, ça sent mauvais. Au bout de 10 minutes, on nous annonce que le train est annulé, ce qui est un peu évident vu qu’en temps normal, le
train suivant est à 03. A 10, toujours pas de train, ça circule plus de l’autre côté non plus et je commence à m’énerver. A 15, je vais voir le panneau : prochain train à 18, son horaire
normale. A 20, il est marqué  qu’il arrivera à 21. A 22, il est toujours annoncé à 21. Bon, là, je suis de super mauvaise humeur, je vais y aller à pied. Au cas où, je passe par l’arrêt de
bus « prochain bus : indisponible ». Bordel. Je regarde sur le wap : le trafic sur ma ligne RER est perturbé. C’est une blague ou quoi ? Bref, j’ai mis 1h30 à aller au travail au lieu de 20 minutes. Heureusement que j’avais appelé Simon pour prévenir. Lundi, j’arrive sur quai à 48. Le train a été annulé sans qu’on nous prévienne mais après tout, j’aurais pu m’en douter toute seule que le train était annulé, ça se voit un train qui n’est pas là. Dans ces moments là, j’ai une très furieuse envie de déménager, allez savoir pourquoi.
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– Dimanche, petite réunion de famille avec Yohann et sa copine, Anthony, Alice et moi, donc. Au menu : galette et champagne. Ah, Yohann et sa chérie, Blanche, ont amené du vin
blanc, on va boire ça plutôt. Ah, à 4, on a fini la bouteille, Alice ayant passé son tour (parce qu’elle s’est pris une méga cuite vendredi). Là, je me sens un peu partie. Bon, allez, y a le
champ au frais, j’ai offert de coupes à champagne à ma sœur pour Noël, faut pas gâcher. Forcément, la conversation part un peu dans tous les sens, y compris sur le pipi, sujet assez universel, en fin de compte. Et là, Anthony a eu une formule que j’adopte : « pipi debout, t’en fous partout ! ». Ah, quand même ! Enfin un mec qui le dit mais apparemment, c’est assez rare, Gabriel m’expliquant plus tard qu’un mec, ça ne fait jamais pipi assis, c’est une question de virilité. Tiens, j’avais pas remarqué ce côté macho… En tout cas, quand Anthony a voulu me servir un martini rosé limite de force, j’ai résisté en sortant mon arme secrète : « Aliiiiiiiiiiice, ton mec, il veut me faire boire !! – Ben dis lui non. – Oui mais il veut quand mêêêêêême ». Du coup, j’ai évité le martini. Rapporter, c’est mal, ne faites pas comme moi, les enfants.

– Des fois dans la vie, on s’engueule avec des gens. Puis ces gens reviennent et on se rend compte qu’on n’a plus aucune rancœur et qu’on n’a plus aucune raison de faire la gueule.
Du coup, vous passez la soirée avec cette personne et vous vous rendez compte que c’est comme si vous vous étiez quittées hier.

– Mardi, Joy m’annonce toute contente que je vais recevoir ENFIN mes tiroirs dans la semaine, ainsi qu’une nouvelle chaise (que je n’ai jamais réclamé). Jeudi matin, j’arrive et
oh, une nouvelle chaise ! Mais… mais, ils sont où mes tiroirs ? A midi, je vais demander à Joy qui m’explique qu’elle était pas là quand les colis sont arrivés et qu’il faut demander à
Vanessa, la secrétaire, c’est elle qui les a réceptionnés. Okayyyyyyy… Donc je vais la voir (docile la fille) « ah mais non, le caisson, il est parti chez Florence ». Bon, je commence à
râler, faisant remarquer que ça fait 3 mois que je le réclame (et qu’il était commandé pour moi, ce foutu caisson de mes fesses). Mais Vanessa est une fille pleine de ressources :
« mais y en a un qui traîne dans le bureau des développeurs, t’as qu’à le prendre ». Et voilà, j’ai une nouvelle chaise, des tiroirs et je suis également intégrée dans les mails communs
à la boîte. Bon, la semaine prochaine, je réclame d’avoir les droits administrateurs sur mon pc, avoir accès au serveur graphiste (qui sert à tout le monde) et que mon pc soit relié à
l’imprimante…

– Mercredi, réunion d’éditing pour TMF, sans rapport avec la conférence de rédaction qui était jeudi (c’est pas du tout la même équipe). On s’installe, on rigole puis Louise,
l’éditrice du site, m’annonce que LA grande journaliste que j’aide pour les blogs « m’adore ». Pop ! Mes chevilles ont explosé !
Toujours pendant cette réunion, la plus longue de mon histoire chez TGGP, je commence à sérieusement piquer du nez, je louche, mes paupières tombent, je m’agite dans tous les sens pour pas que ça se voit trop. Heureusement, Gabriel, le directeur artistique du site, qui est assis à côté de moi en fait autant et du coup, tout le monde le taquine lui. Note pour moi-même : me mettre toujours à côté de Gabriel.
 

– La vie ne m’apprend décidément rien, comme dit la chanson. Jeudi, grosse journée, je dois aller au siège de TGGP : conférence de rédaction avec TMF.com puis galette des rois
d’un journal people dont je vais devoir animer le site. Conférence nickel, je profite de l’heure de battement pour aller chercher mes colis à la Poste (le siège de TGGP n’est pas loin de chez moi). Retour pour la galette, je monte dans l’ascenseur avec deux personnes dont une qui me sourit ostensiblement. Il me veut quoi lui ? Oh, mais… Mais c’est Lénaïc ! Il va falloir que j’arrête de pas le reconnaître le pauvre, surtout que lui m’appelle par mon prénom alors qu’il gère tout le personnel de chez nous, soit une bonne centaine de personnes.

– Jeudi, donc, je vais à la galette du journal people, je dois être rejointe par mes collègues mais j’arrive, je suis la première. Me voici donc au milieu de gens que je ne connais
absolument pas avec mon verre de champagne et ma galette, à me sentir trèèèèèèèèès à l’aise.
 

La semaine prochaine, c’est la folie, j’ai une formation blog à assurer lundi, deux réunions pour le mag people dans la semaine, la traditionnelle réunion Editing de TMF…Donc si un
des vingtenaires a envie d’écrire, je dirais que c’est le moment. Parce que je crois pas tenir le rythme.En attendant, j’ai répondu à tous les comms. ENFIN !!

Fermer le journal et éteindre la télé

Je suis ce qu’on appelle une hyper connectée (mais pas comme Clément le no life, faut pas déconner non plus). Je vis dans un bain d’actualité : le matin, j’ai le gratuit qui me rappelle ce qu’il se passe. En journée, sur mon netvibes, j’ai les dernières nouvelles du Monde. Quelqu’un meurt, je le sais dès que la dépêche AFP tombe. Enfin, si j’ai le nez sur mon netvibes car quand une bombe explose pas loin de mon taf, je le sais même pas de suite (mais on l’a pas entendue). J’ai viré le JT de 20h de ma consommation d’info vu que c’est à l’heure que je
rentre et que je veux me détendre. Mais voilà, je suis au courant limite malgré moi de ce qu’il se passe dans le monde.

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Cette semaine, je suis littéralement tombée sur le cul en suivant l’actualité : Khadafi à Paris, youpi, youpi, vendons lui des avions et même du nucléaire et du matériel militaire, le tout dans une indifférence générale ou une indignation molle. Là, ça dépasse tout simplement mon entendement. Aurais-je vécu un coma ? Aurais-je raté des épisodes ? Comme me disait Tatiana d’hier, ce doit être le prix de la libération des infirmières bulgares. Oui, c’est de la real politik mais quand même, ça gratte et c’est pas du tout agréable, franchement.
Seulement, voilà, je suis Nina Bartoldi, jeune citoyenne de 27 ans qui n’a aucun rapport avec la politique alors autant dire que mon avis, on s’en contrefout. Je pourrais hurler mon indignation, ça n’aurait finalement aucune espèce d’importance.

Le monde tourne sans nous. C’est pas une découverte, hein, je le savais avant. Mais la question que je me pose parfois, c’est pourquoi je continue à suivre l’actualité, vu que ça ne sert qu’à me déprimer/énerver. Après tout, pourquoi ne pas me contenter de l’actualité de mon domaine professionnel ? C’est pas parce qu’on lit pas les journaux que les choses ne se passent pas. Bien sûr, se tenir informée tient parfois du réflexe. Il y a des sujets qui m’intéressent, surtout géopolitiques, des pays dont j’aime suivre l’actu et parfois, ça me titille
d’écrire des articles dessus pour un blog journalistique que je créerais. Evidemment, ça demande du temps et je n’en ai pas forcément beaucoup. Même si je m’organise, arrive un moment où j’ai aussi envie de vivre, pas juste écrire. Et puis peut-on réellement se couper de la politique intérieure ? Même si s’informer ne fera pas changer les choses, être informée du pourquoi les
grèves, pourquoi mon pain ou mon lait coûtent plus chers, ce qu’il se passe, ce qui est prévu.

Et pourtant, avouez comme c’est bon quand, pendant les vacances, on se déconnecte. On ne regarde pas la télé, on n’achète que des journaux légers comme des plumes. Quand on est à l’étranger, on n’achète carrément rien, on se contente des romans qu’on a achetés. Et c’est bon, franchement. Evidemment, quand on revient à la civilisation (enfin, à sa vie de tous les jours, quoi), on se reconnecte aussi vite. Je me souviens quand j’étais partie en Irlande en avril 97, première chose que je demande à mes parents une fois de retour « alors, il se passe quoi en France ? – Bah rien ! ». Oui, j’ai juste après quelques heures plus tard en regardant les infos que Chirac avait dissous l’Assemblée, rien de grave, quoi. Mais à l’époque, j’étais mineure alors au fond, que je sache ou pas, qu’est-ce que ça aurait changé ? Rien, si ce n’est me sentir conne quand on m’en parle. Ah oui, là, je touche du doigt un truc. Je sais pas vous mais je déteste être prise en flagrant délit de « je suis pas au courant de l’actu ». Enfin, je parle pas de l’actu d’il y a dix minutes, genre quelqu’un vient de mourir.  Non, je parle de celles d’il y a quelques jours genre un tsunami, par exemple. Ben oui, je reste quelqu’un d’orgueilleux quoi qu’il en soit. Puis c’est vrai que même si on fuit les journaux, télés, radios, l’actu est partout : sur tous les kiosques, dans la conversation des gens, sur les blogs des uns et des autres. La seule façon d’être totalement déconnectée, c’est de vivre dans une grotte. Mais je n’aime pas les grottes, il fait froid, humide, ça sent le moisi et y a des bêtes dedans. Pour la spéléo, ok, mais y vivre, non.

Alors puisque je suis un peu obligée de vivre dans une soupe d’actu, je l’accepte ok. Mais je vous préviens, ici, je ne parlerai plus d’actu. Parce que mon analyse, on s’en fout, parce que ça ne changera rien. Parce que je ne parle que de ce qui m’énerve et ça donne pas envie de se détendre ici. Alors voilà, maintenant, ici, je jouerai les bisounours égocentrés. C’est pas que je sais pas ce qu’il se passe, c’est juste que je ne veux plus en parler. Y a des trucs plus gais dans la vie, goûtons-les.

La liste de la grande brûlée (aïe)

Accessoirement, ce week-end, je suis en Bretagne chez Vicky, nananananère !

– Je l’ai déjà dit, je suis maladroite, genre j’ai deux mains gauches. Alors vu que j’en ai deux, j’en ai cramé une. Samedi soir, après une partie endiablée de FF X (j’adore les
passages où faut bastonner comme des débiles pour faire monter l’expérience…), il est temps d’aller au lit. Nettoyage en règle, pyjamage et là, c’est l’heure de la bouillote. Je fais bouillir l’eau et pendant que je verse l’eau dans la bouillote… Un gros jet par sur ma main gauche qui tient la bouillote. Je crie, je peste, je passe de suite l’eau sous l’eau froide.
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah, ça soulage. Bon, je me couche, je lis, ma main pique mais ça va passer. J’éteins. Aïe, j’ai effleuré les draps, ça piiiiiiiiiique. Ah l’air, ça pique aussiiiiiiiii !!
Bref je me lève pour passer la main sous l’eau. Je mouille une serviette pour l’entourer autour de la main mais ça me pique vite. Je mets des glaçons dans un petit sac plastique et sur la plaie mais ça fond. A 8h du mat, épuisée, j’ai fini par remplir mon bol d’eau glacée et le poser au pied du lit, la main dedans. Ben, là, j’ai dormi malgré la Kenya qui venait boire de temps en temps. Et pour ceux qui croient toutes les légendes urbaines, non, dormir la main dans un bol ne fait pas faire pipi.


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– Dans la semaine, je décide de torturer d’autres parties de mon corps, pour voir. Les élus : mes pieds. Comme mes chaussures d’été étaient devenues trop légère et mes
chaussures d’hiver de l’an dernier trop mortes (genre la semelle se décollait et je prenais l’eau), je suis allée m’acheter de nouvelles chaussures « trop jolies ». Sauf que les
chaussures « trop jolies » sont aussi celles qui font mal au pied. Rendue optimiste par l’arrêt de la grève, je les mets donc. Le soir, je rentre chez moi avec un tel mal de pied qu’en
fait, je les sens presque plus. Une main et deux pieds martyrisés dans la semaine, heureusement que ma main droite va bien.

– Pourquoi c’est toujours quand on a un rendez-vous que le train est en retard ? Oui, j’ai renoué avec mes amours sénécéfiques. Donc vendredi, j’ai rendez vous à 9h30 à mon
bureau avec Joëlle, la rédactrice en chef de TMF.com. Je me lève, me prépare, boucle ma valise (puisque départ direct du taf ce soir), je fais le lit, donne plein à manger pour Kenya, des fois qu’elle décide de devenir boulimique pile le week-end où je suis pas là, de l’eau, un câlinou pour la route (non mais je l’abandonne deux jours, je culpabilise mais elle, elle veut pas un câlinou, elle veut jouer alors tu me lâches, merci), les chaussures et me voilà dehors. A 9h03, je suis sur le quai pour choper le train de 9h03 mais apparemment, il a décidé d’arriver plus tôt. Plus tôt de combien, je sais pas, j’habite à deux minutes à pieds maxi de la gare et je l’ai pas entendu. Bon bé je vais partir de l’autre côté, avec de la chance, si je cours, je choperai le train de 9h03 qui est en retard, donc. Ah ben oui, de 10 mn. 9h25, je suis sur le quai du métro, la probabilité que je sois dans mon bureau dans 5 mn est d’aucune. Et là, je me rends compte que non seulement j’ai pas pris de tampon (devinez qui a ses règles cette semaine) mais j’ai oublié d’en mettre un ce matin ! Donc là, sur moi, j’ai un shorty gris clair et un pantalon…ah bah gris clair aussi, tiens. Ohlala, je me sens toute poisseuse, je ferme vite mon manteau (gris) pour cacher les dégâts. La rame est bondée, j’ai mon sac de voyage. Et ben tant pis, je tasse, m’en veuillez pas. Arrivée à destination, toute essoufflée et transpirante avec pile 10 mn de retard (les mêmes que le train) et là, mon rendez-vous n’est pas encore là, ouf. Je jette mes affaires et cours dans les toilettes pour essayer de me débrouiller. Je me désape et… shorty nickel chrome, pantalon idem. Hu ? Ah ben, si, en fait, dans mon demi sommeil, j’ai mis un tampon. Du coup, le midi, je m’a trompé, j’en ai acheté des parfumés avec applicateur rose (pour le temps que je m’en sers…). J’ai peur de sentir le airwick maintenant…

– A propos de train en retard, il faut que la SNCF arrête de dire que le train de 19h41 est à cette heure là car il passe toujours à 45 et donc le train de 45 qui m’intéresse car
il dessert Plumes est à 50. Vivement les horaires d’hiver réactualisées.

– Ma brûlure pèle, c’est méga laid et en plus, ça gratte.
 

– Ok, j’ai dit qu’il fallait s’aimer les uns les autres, tout ça, mais certains cherchent les embrouilles quand même. Lundi, je fais la queue au monoprix pour payer ma pomme et ma
salade de fruits. Alors que je suis à peu près à la moitié de la queue, une femme arrive, les bras plein de courses « pardon, pardon, je veux déposer ça ». Sauf qu’elle n’avait pas
précisé qu’elle allait le poser sur le tapis de caisse et griller quasi tout le monde, sans que personne ne dise rien. Et comme personne n’a rien dit et que j’en ai marre de passer pour l’aigrie de service, j’ai fermé ma gueule. Mais j’avoue que tant de culot me laisse sans voix.

– « Nina, tu veux signer la carte pour Vanessa ? ». Vanessa, une grande brune du bureau qui s’en va. Elle a l’air très sympa mais en un mois, je ne lui ai jamais adressé la parole, je pense qu’elle ne sait même pas comment je m’appelle (mais parce qu’en fait, elle est là juste un jour ou deux par semaine et sa remplaçante qui est là depuis 15 jours commence officiellement lundi. J’ai rien compris). Du coup, j’avoue que j’ai cédé ma place sur la carte parce qu’à part « navrée de ne pas t’avoir connue, bonne continuation, Nina », je vois vraiment pas ce que j’aurais pu écrire…

– Pas de clip cette semaine vu que j’ai pas accès à youtube du boulot et que je mets tout en ligne en avance car ce week-end, je suis pas là !

En colère !

(article garanti 0% coup de gueule ou récriminations d’aucune sorte)

Lundi, jour de parution du Elle, je m’empresse donc d’entamer ma lecture. 40ème page, je tombe sur un article qui m’interpelle. Non, pas celui sur « recasons
Patrick Bruel », on s’en fout. Celui sur la colère, là. Résumé : la colère, c’est hype, tout le monde est en colère et même un psy nous explique que la psychanalyse a tout faux de penser que c’est le sexe qui nous guide alors que c’est la colère. Si tu veux, je suis pas psy, je vais pas approuver ou contester. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette « mode », très entre guillemet, de la colère.

Faut dire ce qui est : en ce moment, l’ambiance est pourrie. Non, ce n’est pas lié à la grève parce que mine de rien, sorti de l’Ile de France et ceux qui prennent le train, ça n’a pas touché tout le monde. Et puis, surtout, ça date d’avant. Sarkozy ? Mais il a encore une majorité d’opinion positive (55% le 17 novembre selon Le Monde) donc normalement, si vous demandez aux gens comment ça va, vous avez un petit peu plus de chance de tomber sur quelqu’un qui va bien que quelqu’un qui va pas. Et puis y a pas qu’en France que ça va pas, j’ai l’impression que la grogne est partout. En Allemagne, c’est la grève aussi, en Belgique, y a même plus de gouvernement et on se demande vers quoi on va. C’est même pas l’hiver puisque la crise belge ne date pas d’hier. Sur facebook, y a plein de groupes à base de ras le bol : marre des gens qui restent à gauche sur l’escalator (j’en suis), marre des gens qui marchent lentement dans la rue (j’en
suis), marre des abrutis congénitaux qui écoutent toutes leurs sonneries de portable en public (j’en suis), je crois avoir vu un marre de ceux qui écoutent la musique en public sans écouteurs (j’en suis pas mais j’en pense pas moins). Je suis même dans le groupe « marre des gens qui râlent contre les gens qui râlent ». Bref « moi » (moi, moi mais moi, toi, moi, lui, le moi, quoi) et les autres, on s’aime plus. Tous des cons sauf moi, je l’ai déjà dit.

 

Mais j’en pète de toute cette colère. De cette haine de l’autre. Je ne parlerai pas des débats sur la grève, Marine a déjà démontré les accès ultimes de la connerie haineuse, on va pas y revenir dessus. J’ai un autre exemple. Grâce à LilVirgo, j’ai découvert une perle de connerie et de haine de l’autre, sur le site du Figaro. Au départ, un article (si on peut appeler ça comme ça) dont je vous fais le résumé : il y a un projet de déménagement de l’EHESS à Aubervilliers, dans le mythique 9-3 pour désamiantage de leurs locaux actuels mais les chercheurs ne
veulent pas quitter Paris pour un no man’s land (on les mettrait en pleine friche industrielle). La journaliste se gausse : « huhuhu, ils étudient la banlieue et ne veulent pas y aller, bel exemple ». Et là, c’est parti pour le défoulement en règle anti-« sociologue de gauche » puisque c’est bien connu que pour être sociologue, c’est carrément impossible si t’es pas de gauche. Heureusement, quelques commentateurs plus intelligents que la moyenne ont élevé le débat en faisant remarquer que : a) A l’EHESS, il n’y a pas que des sociologues et que tous
les sociologues ne bossent pas sur la banlieue, b) si c’étaient au sociologues de régler tous les problèmes de société, à quoi servent donc les politiques ? c) Aubervilliers, c’est pas le problème, c’est la déconnexion entre élite intellectuelle parisienne et l’EHESS. Et puis se taper une heure de transport pour aller à la bibliothèque de son bureau, ça fait chier. Sans oublier que les chercheurs sont en général profs et que donner des cours à Aubervilliers où il n’y a pas de campus et de fac, ça sert à rien. Mais de déluge de fiel sur les « chercheurs gauchos qui veulent même pas aller en banlieue alors que depuis le temps qu’on les paye, ils auraient pu trouver la solution » a été la goutte d’eau. J’ai arrêté de parler politique sur le net, c’est impossible de pas se faire agresser dès que t’as pas la même avis que l’autre. Ce qui est compliqué sur un forum où il y a plusieurs personnes. Evidemment, je dirais que le problème du net est
qu’on ne voit pas physiquement la personne, on a même parfois tendance à oublier qu’il y a une personne en chair et en os derrière l’écran qui n’est pas obligée d’apprécier les insultes. Mais l’agressivité est partout, cette colère contre l’autre.

 

Et plus j’y pense, moins je comprends. Angoisse pour l’avenir ? Possible. Il est vrai que si je regarde ma situation perso, salaire sympa sans exploser les scores et que je m’inquiète de mon pouvoir d’achat avec les hausses annoncées des produits laitiers et céréaliers, je n’ose imaginer dans quel état de nerfs sont les gens qui gagnent moins que moi et vivent en région parisienne. Parce qu’à salaire égal, en province, j’aurais un T2 peinarde. Sans parler des guerres, de la pollution et tout ça… Le matin, on se lève, on se prend une avalanche de mauvaises nouvelles. Mais c’est pas nouveau, ça. Alors pourquoi j’ai la sensation qu’aujourd’hui, en particulier, on est à deux doigts de se taper dessus pour des conneries ? D’où ça sort ? J’arrive pas à situer. Mais j’aimerais bien que ça se calme un peu parce que ça en devient invivable.

La liste de la fille qui a eu une semaine pépère

Mais qu’est-ce que je vais vous raconter ?

– Je n’ai toujours pas d’adresse mail pro. Apparemment, je paie le fait d’avoir eu un ordi et mon bureau de suite. Mais bon, ça devient quand même super handicapant.

– Les responsables de communautés (ou community manager, comme dit Simon pour qu’on comprenne encore moins notre taf) sont de gros malades. Bon, je peux pas vous expliquer exactement pourquoi parce qu’il y a des choses qui ne s’écrivent pas sur un blog concernant le taf. Mais en très gros, on a pris un sacré délire qui nous a fait marrer tout jeudi après-midi (et un peu vendredi). Mais je pense qu’en fait, nous sommes tous déséquilibrés, ce qui fait de nous de merveilleux community managers

– Vendredi, petit déj au boulot. C’est normal que je ne reconnaisse pas la moitié des gens ? Y en a plein que j’avais jamais vu… On a fait une embauche massive ou quoi ? Mais bon, il paraît qu’on est 150, j’ai jamais vu plus de 30 personnes au bureau… Mais faut dire que cette semaine, j’ai découvert le bureau des développeurs, je savais même pas qu’il y en avait un (de bureau, hein, pas de développeur)

– Y a des moments, je suis désespérée par ma boulettitude étourderie qui fleure la pathologie, là. Par exemple, ça fait deux mois que mon code pour entrer dans mon appart a changé, 2 mois que je persiste à taper l’ancien. A mon nouveau taf, pour aller à l’espace détente, faut descendre au sous-sol, à l’open space graphiste. Pour y aller, il faut passer devant l’accueil, remonter un couloir et au bout aller à gauche. Moi, je persiste à aller à droite, dans le bureau des éditeurs qui me regardent toujours bizarre. Mais euh…

– S’exclamer bruyamment qu’on va créer le syndicat de la boîte sur facebook (mes revendications sont une adresse mail et des tiroirs) alors que le big boss de la boîte entre dans le bureau en même temps, c’est peut-être pas l’idée du siècle (mais ça va, hein, j’ai pas eu de reproches).

– Vendredi, j’ai repris le RER, presque 15 jours que ça m’était pas arrivée, j’étais toute émue. Surtout que je suis arrivée au boulot vachement plus vite !

– J’ai des conversations passionnantes sur MSN, des fois. Best of « les mister freeze bleus étaient la framboise, c’est pas logique, ça doit être pour les différencier de celui à la fraise… Ah non, j’ai cherché sur le net, il est à la passion ! ». « J’aime pas trop Gibbs de NCIS. De toute façon, le mec, ça fait 4 ans qu’il ponce son bateau, c’est louche. Il est accro à la sciure de bois où il ponce juste quand y a une nana parce que la menuiserie, c’est sexy et poncer, ça fait saillir les muscles ! ».

– Lundi matin, me voici dans la station de métro, à attendre la rame (c’est fou, non ?), le walkman sur les oreilles. Sur un banc, une vieille fait la manche et interpelle les gens en criant « s’il vous plaît, s’il vous plaît, S’IL VOUS PLAIT ! ». Je lui fais un signe pour lui indiquer que j’ai rien et là, je commence à me faire engueuler mais d’une force. Comme je supporte pas ça, je commence à crier moi aussi « NON MAIS CA VA PAS ???? ». Là, une dame passe à côté de moi et me dit, gentiment « non mais faut pas s’inquiéter, elle est tout le temps comme ça. » Ok mais curieusement, se faire agresser dès le matin, je suis pas fan. Enfin, deux minutes après, une personne a subi pareil.

– Dans la série, la grève et la contestation m’inspire, après ma grève (fictive) pour avoir mon adresse mail, opération « je proteste contre la nouvelle pub des produits laitiers ». La musique est tout simplement insupportable, sans parler de la gueule de la pub, les petits personnages sont hideux et la pub interminable en plus. Je préférais vraiment la pub avec le lait qui perlait sur le ventre de la fille ou la nana qui s’essuie le lait au coin de la bouche, figurant le sperme donneur de vie (ou pas).

– Alors, cette semaine, je vous laisse choisir entre la Nina garce et la Nina gentille, je vous mets le clip des produits laitiers(la pub ignoble, là) et un clip plus mieux pour me faire pardonner de n’avoir rien vécu d’exaltant cette semaine. Mais c’est la faute à la grève et à l’hiver.

Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

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Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.

Cécilia et Nicolas Sarkozy divorcent !

Jeudi, une nouvelle tout à fait croyable est tombée : notre Président divorce de la première dame de France, celle qui a libéré les infirmières bulgares. J’avoue que je trouve cette nouvelle fascinante. Pas parce que c’est Cécilia et Nicolas, ça, je dois avouer que je m’en fous. Non, ce qui me fascine, c’est tout ce que ça représente derrière : oh my, on va avoir un homme divorcé comme Président et même que ses copines vont se retrouver premières dames de France. Tiens, j’ai rêvé que je faisais des cochonneries avec lui (véridique, c’te honte mais ça en
restait à des bisous dans le cou), je vais postuler du coup. Si je me démerde bien, j’aurai mon mot à dire dans la politique internationale du pays et le choix des collaborateurs, la classe !

Bon, allez, je redeviens sérieuse, je veux pas me taper Nicolas Sarkozy en vrai, je le trouve pas sex. Surtout qu’il a quasi l’âge de ma mère. Bon, bref, revenons à nos (futurs) divorcés. Déjà, un divorce 4 mois à peine après l’élection, je sais pas vous mais moi, ça me paraît un peu gros. Genre ils se sont réconciliés pour la campagne parce qu’un candidat célibataire, ça le fait pas. Ségolène a fait pareil de l’autre côté. Hé ouais on a beau se la jouer libéral « la vie privée des candidats ne nous regarde pas », si les 2 plus gros candidats ont masqué leurs problèmes de couple, ce n’est quand même pas un hasard. D’ailleurs, si on y regarde de plus près, ça fait quelques campagnes que les candidats nous offrent de belles photos avec femme et enfants, tout le monde sourit, tout le monde est heureux. J’avais d’ailleurs lu une chronique sur le sujet dans Métro quand on avait appris que François Hollande et Ségolène Royal s’étaient séparés : un candidat célibataire, ça le fait pas. Parce que, oui, vous m’objecterez très justement que Sarkozy a déjà divorcé, Cécilia étant sa deuxième femme, mais il était officiellement en couple lors de la campagne.

Maintenant, nous voici avec un Président célibataire. Même pas veuf, séparé. Bon, je ne m’étendrai pas sur la question du divorce car le Président ne peut avoir à faire à la justice. Je suppose que le conseil constitutionnel va arranger ça et encore, uniquement s’il n’y a pas divorce à l’amiable et je vois pas Sarkozy refuser le divorce maintenant. Mais là, c’est quand même une révolution sociale. Bon, vu qu’il est déjà élu, il est tranquille pour les 4 années et demies prochaines. Mais justement, que va-t-il se passer pendant ces 4 années et
quelques ? Même si un Président est très occupé (surtout Sarko, à Marseille le midi, Lille l’après-midi et le soir à Moscou ou Londres, en passant à Paris pour faire un bisou au petit Louis), j’ai du mal à croire qu’il va mener une vie monacale le père Sarko. Il paraît qu’il est assez séducteur, comme la plupart de nos Présidents mais dans les faits, j’en sais rien. Je le connais pas personnellement, c’est pas parce qu’il furète dans mon cou dans un de mes rêves que c’est forcément un chaud lapin. Mais bon, il n’en reste pas moins que lors de la dernière séparation entre Cécilia et lui, il n’a pas traîné pour lui trouver une remplaçante. Avec toutes les femmes dans ses sphères, entre les journalistes, conseillères, collaboratrices, femmes de ménage, tout ça, tout ça, ça nous en fait des compagnes potentielles. Or quand on voit l’influence qu’a eu Cécilia sur le choix des collaborateurs, si la prochaine madame a la même influence, ben, ça va valser à l’Elysée.

Bref, je trouve cette histoire de divorce sociologiquement très intéressante. Sarkozy a fait ce que ses prédécesseurs n’ont pas osé (enfin, apparemment, c’est Cécilia, peu importe). Quand on sait à quoi ressemblait le couple Mitterrand ou Chirac à la fin de leurs mandats, on peut se demander pourquoi ils sont restés ensemble. Par habitude ? Autre temps, autres mœurs, Sakorzy n’est pas de la même génération, ceci explique sans doute cela. Mais que notre Président subisse également les affres du divorce comme un couple français sur 3, ça montre à quel point ce comportement est devenu aujourd’hui courant. Bien sûr, je pense que dans certaines franges très traditionnalistes de son électorat, ça va faire grincer pas mal de dents. Déjà, un divorce, bof, mais deux, ouhlala ! Mais à la limite, je préfère ça à un couple qui sourit par devant et qui ne se fréquente même pas par derrière (non, il n’y a aucun sous-entendu dans
cette phrase, nan mais !). Bon certains vont être tentés de me la jouer « ouais mais comme par hasard, ils annoncent ça le jour de la grève pour noyer le poisson, tu trouves pas ça un peu gros ? ». Je dirais que je m’en fous. C’est juste pas le sujet. Moi, je m’attache juste à cette évolution de la société, me demandant si, à l’arrivée, ça changera quelque chose ou pas.

Comment bien vivre la grève

Bien que je ne sois pas Birmane réprimée, je me permets de reparler de grève mais de façon un peu ludique car après tout, on va arrêter de se la jouer sérieux, rigolons un peu. Donc me voici dans la tourmente, au cœur du cyclone. Ce n’était pas la première grève que je subissais mais celle la était bien terrible, je devais m’organiser.

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Bon puisque c’est la galère, ce n’est pas la peine de partir à l’aube. Déjà, je me démerde pour venir bosser, c’est pas si mal. Et puis si j’arrive vraiment tard, je mettrai ça sur le dos des grèves. Donc je pars tranquille de chez moi. Bizarrement, il fait beau. Non parce que je dois marcher 15 mn pour rejoindre un métro donc 5 à 10 dehors… Arrivée à la station, je m’arrête acheter Elle. Ben oui, les attentes seront longues alors bon…Mais j’ai de la chance, je peux prendre des lignes qui marchent encore (ou à peu près) et au départ, en plus. Première rame part 5 minutes après que j’ai posé mes fesses dedans, j’attends pas trop à la correspondance non plus. Arrivée à la correspondance suivante, par contre, la ligne que je dois prendre ne marche pas donc je finis à pied. Un petit quart d’heure mais il fait beau.

Le soir, j’ai la bonne idée de partir tôt mais en fait, c’était pas une bonne idée. Je refais le même trajet. Après mon quart d’heure de marche, j’arrive à la station « la prochaine rame passe dans 25 mn ». Putaiiiiiiiiiiiiiiin. L’autre ligne refonctionne mais c’est pire donc je reviens sur la première et patiente. Elle est mon amie. En face, la rame passe, si y en a un qui pète, la rame explose. Une vieille à côté de moi qui a très envie de parler commence à commenter « ohlala, tout le monde n’a pas pu monter ».J’essaie de la rassurer, lui rappelant qu’il y a une grosse station juste avant la nôtre, les gens seront descendus. Voilà notre rame. Bondée. Pas grave, on monte. Dans le métro, quasi que des touristes, ça parle dans toutes les langues. J’envoie un peu chier une dame qui s’appuie lourdement sur la barre centrale, m’empêchant de m’y accrocher. Mais si ce premier bout de trajet se passe bien, la suite par contre… Arrivée sur le quai de l’autre ligne, c’est la cohue. Que 10 minutes d’attente, ça gère. La rame arrive, c’est bondé, les gens montent et je me retrouve sur le quai face à une foule compacte.


Prochaine rame ? 25 mn. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Alors on va y aller en finesse, on pousse dans le tas, c’est le Chabal powaaaaaaaaaaaaaaaa. Bon, je rentre mon pied, c’est bon, ça passe. Sauf que les portes se referment et j’ai le bras tendu vers le haut, y a pas de place pour le redescendre. A chaque station, ça fait un peu piscine à vague humaine, on est poussé dans tous les sens. Le premier qui a le mal de mer, je le décalque !  On ne me vomit pas dessus. Mes 15 mn de marche, quelques courses. J’ai mis 2h pour rentrer contre 40 minutes en temps normal.

Le lendemain, je la joue autrement. Partie (très) tardivement, c’est surtout au retour que je vais décaler mon départ : puisque de toute façon, faut attendre, autant ne pas le faire aux heures de pointes. Donc me voici à 19h30 sur le quai et là, j’attends à peine quelques minutes. Idem à la correspondance. Du coup, je me voici rentrée plus vite. En me décalant, j’ai croisé du monde, bien sûr, mais moins globalement. Toujours pas mal de touristes… Ben ouais, quand tu viens passer tes vacances dans une capitale, c’est pas une grève qui va t’empêcher de
visiter. Parce que les touristes descendent rarement en lointaine banlieue.

 Bref, les choses reprennent leur cours normal, j’ai craint un instant qu’on revive le remake de cet hiver (3 semaines de grève donc) parce que ça va deux jours, je fais contre mauvaise fortune bon cœur mais faut pas pousser mémé dans les orties. Moi, j’ai pu aller travailler sans (trop) de soucis, ce ne fut pas le cas de beaucoup de gens. Bon, j’en ai honteusement profité pour faire des mini grasses mat, je pourrais pousser la mauvaise foi à dire que c’est en solidarité avec les cheminots mais honnêtement, jeudi et vendredi matin, la seule chose avec

laquelle j’étais solidaire, c’était mon lit. Et c’était trop bon !