Faut-il draguer à la piscine ?

Pour draguer, mieux vaut affûtter ses armes. S’il est admis que tous les hommes ne se pâment pas devant les femmes aux courbes insensées, ne choisissant pas leur douce moitié en fonction de leur IMC, il est néanmoins important de se sentir à l’aise dans son corps. Et pour se faire, quoi de mieux qu’un peu de sport. Allons à la piscine histoire de perdre un peu de gras et de choper un bel éphèbe à pectoraux.

Imaginez-vous sortir de l’onde, l’eau ruisselant sur votre corps, votre peau scintillant de gouttes d’eau glissant tel un doigt mutin sur votre derme. Votre silhouette tonifiée moulée dans… Ah oui, quel maillot choisir ? D’un côté, le bikini sexy mais cruel avec les ventres mous. Sans parler de ses hauts de maillots malicieux toujours en train de laisser échapper l’un de vos seins. C’est certes une bonne façon d’attirer le mâle mais privilégions la qualité à la quantité…

Le maillot une pièce semble être la tenue ad hoc pour la piscine : il soutient (voire comprime) ce qu’il a à soutenir et souligne votre silhouette de naïade (si, si, en rentrant le ventre et les fesses, on n’est pas loin de Jasmine Bleeth ou Carmen Electra. D’ailleurs, elles, elles avaient un maillot de bain sur mesure, cf Pamela Anderson qui faisait entrer son opulente poitrine dans un maillot taille S voire XS). Et puis surtout, c’est la tenue de la fille qui n’est pas là pour rigoler. Parce qu’il ne faudrait pas prendre par dessus la jambe l’activité sportive de votre future moitié : si vous pensez faire des longueurs en tenue de touriste et vous attirer les faveurs d’un nageur, vous vous trompez mesdemoiselles, permettez moi de vous le dire. Lui, il est là pour se défouler, pour dissoudre dans l’eau bleue l’éventuelle naissance d’une bouée ventrale. Et puis poussez vous du milieu de la ligne avec votre maillot à froufrous, vous allez lui faire perdre le rythme.

Non, nous ne sommes pas à la plage et devons respecter la tenue de rigueur. Ce qui inclut le bonnet et les lunettes. Là de suite, l’image de la naïade scintillante en prend un sacré coup mais si vous voulez glisser un orteil dans l’eau chlorée, vous n’avez pas le choix. Voyons-y un avantage : grâce à vos lunettes, vous pouvez détailler les hommes en présence tranquillement sous l’eau. Mais les lunettes et bonnets donnent une nouvelle difficulté à l’exercice : comment reconnaître un homme version piscine de sa version urbaine ? D’un côté, nous avons un homme quasi nu avec des lunettes lui cachant les yeux et un bonnet dissimulant sa chevelure et de l’autre un homme au visage dévoilé mais au corps caché. Si Clark Kent parvient à dissimuler sa double identité grâce à des lunettes de vue, imaginez le pouvoir anonymisant des lunettes de plongée.

Car où accoster l’homme de piscine ? Pendant la nage, c’est risquer de boire la tasse. Efficace en soi pour se faire sauver et repartir dans les bras du maître nageur (au moins sur quelques mètres) mais assez peu glamour. Pendant la douche ? C’est normalement chacun de son côté. Puis il n’est guère aisé d’entamer une conversation en se savonnant généreusement ou pire, en se shampouinant. Vous avez remarqué la vile taquinerie de cette mousse qui vient toujours couler dans votre œil ? On ne peut décemment pas commencer une histoire d’amour par un « Salut, moi, je m’appelle… Raaaah mon œil, putain, ça pique ! ». Non, on ne peut pas. Ne reste que la zone où l’on remet ses chaussures et celles du sèche cheveux. Celle où le Batman de la ligne 4 est redevenu un Bruce Wayne. Bon courage pour le reconnaitre.

Reste alors les centres nautiques qui, s’ils ont leur bassin de nage pour les acharnés, réservent des espaces de trempage sans bonnet ni lunettes où le bikini n’est plus incongru. Sauf que… Sauf que quels sont les hommes que l’on croise généralement dns ce genre de bassins ludiques ? Les papas, affairés à apprendre à leur progéniture à nager. Et qu’est-ce qui va généralement avec un papa d’un enfant en bas âge ? Une maman qui, au mieux, est alanguie sur une chaise longue au bord de la piscine, au pire tourne autour de ce délicieux papa et du petit tel un requin qui dévorerait quiconque s’approcherait. Surtout si ce quiconque est en bikini.

Conclusion : mauvais plan. Et je n’ai même pas évoqué la douloureuse question du chlore et du pédiluve dégueulasse où on attrape des verrues.

(la version « où trouver l’homme ? A la piscine« )

Ce garçon que j’ai croisé trois fois

J’ai un travers, une perversion. Un truc sympa et nocif pour personne, peut-être légèrement préoccupant pour ma santé mentale mais on n’est pas à ça près. Bref, j’aime imaginer que ma vie est un roman rocambolesque. Vertu première : ça stimule mon imagination. Vertu deuxième : je crois en une happy end. Souvenez-vous, lors de mon marasme, je m’étais dit « ça ferait un bon début de comédie romantique, ta vie qui s’effondre et hop à la fin, tu trouves l’amour et un boulot ultra wouah et tu embrasse l’homme de ta vie en riant sous la pluie« . En vrai, je me suis cassée la jambe et ma grand-mère est morte le 24 décembre mais passons.


À présent que le marasme 2011 est officiellement terminé, je me prends moins pour Jennifer Aniston. Mais quand même, y a un truc qui m’interroge : ce garçon que j’ai croisé trois fois en moins de trois mois. Je croise mes voisins moins souvent que ça !

(source image P45)

Ce garçon, j’en ai déjà parlé, il était au mariage de Lena, le prof de physique qui m’a entendu dire « en cours de physique quand j’écoutais pas, comme d’hab quoi… » (je connaissais pas sa profession à ce moment là de l’histoire ! Je suis pas cruelle) puis le lendemain « non mais en vrai, j’écoutais hein, je suis calée en ohms… Et merde ! ». Les ampères ou les volts ma fille, ça, c’est dénué d’ambiguïté. Donc ce garçon là, avec qui y a rien eu de notable, pas de flirt (c’était vraiment pas fait exprès le coup des ohms), rien. On est tous rentrés sur Paris et fin de l’histoire.


Puis y a eu le 13 juillet. Souvenez-vous, ce jour là, nous allons en famille chercher ma sœur qui a glissé dans ses cheveux des barrettes de couleur pour nous annoncer le sexe de son bébé. Alors que nous repartons gaiement vers nos voitures, je l’apercois. J’en parle quelques temps plus tard à Lena qui semble étonnée qu’il ait pu se retrouver dans cette gare-là. « Mais t’es sûre que c’était lui ? » « Ben, il me semble bien. Il avait un violon… » « Ah bah c’est lui, oui ».


– 31 juillet. Après une expédition ratée au marché St Pierre (j’ai pas trouvé la mercerie que je cherchais), me voici à Anvers pour prendre le métro mais je me fais doubler par un gros troupeau de touriste. Bon fait chier, je vais redescendre jusqu’à St Lazare à pied. Je chemine donc, perdue dans mes pensées (je travaillais le scénario de l’espèce de comédie romantique que j’ambitionne d’écrire) quand je vois une silhouette masculine au loin. Ah ben tiens, on dirait le garçon… Mais merde, c’est lui ! C’est ainsi que je le croise pour la 3ème fois sur un chemin que je n’emprunte jamais…

Les plus romantiques me diront « c’est lui, envoie-lui un mail ! ». Oui sauf que non, ce n’est pas cohérent. Bon d’abord, je ne lui ai parlé qu’au mariage, rien n’indique que lui m’ait vue ou reconnue (à la gare, j’en étais à plus d’une semaine sans maquillage, je perds automatiquement 10 ans). Mais surtout, je suis en pleine romance pathignonne (néologisme, mélange de pathétique et mignon, vous savez, quand l’amour nous rend neuneus concons) avec un autre homme, je suis plus du tout à la recherche d’une histoire. Je comprends pas les scénaristes de ma vie.


Ou alors mon idée de comédie romantique est pourrie et la vie me souffle une autre idée. Ou encore, ça me prouve que j’ai raison de penser que ce garçon est l’amour de la vie d’Anais.

Où trouver l’homme. Episode spécial : les bons plans de la rentrée

A la recherche du prince charmant

(Cher nouvel arrivant, avant de lire cet article, sache que c’est de la fiction, tout ça, c’est pour de rire. Je chercherais un mec avec un tel acharnement, je m’inquièterais moi même au plus haut point).

Me voici revenue sur Paris, surmotivée. Déjà, j’ai des atouts dans ma main : je suis bronzée [on sent bien la fiction, là], reposée, toute confiante en moi vu que j’ai attrapé un beau mec de la plage avec plein de qualités en prime. Ok, ce sont les vacances mais quand même. Mais un homme, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et Dieu Merci, je suis pas sûre qu’il soit encore en état après. Non, pour trouver l’homme, il me faut un plan d’attaque.

Ca tombe bien, la rentrée pointe paresseusement le bout de son nez. Ca se sent, dans le métro, y a plus de monde, les gens ont plus de mallettes que de sacs à dos, ils regardent tous dans le vide ou lisent leur 20 minutes plutôt que de fixer le plan de la ligne avec une attention de chaque seconde histoire de ne pas rater l’arrêt. C’est bien connu, à Paris, on aime changer les lignes pour faire des blagues aux touristes…

Bref, que se passe-t-il à la rentrée ? La vie associative reprend son cours, tout un tas d’activités me tendent les bras. Alors, voyons voir ce que je peux faire. Du sport ? Est-il réellement la peine que j’insiste sur cette voie là, au vu de mes résultats de drague, c’est à dire archi nuls ? Je crois qu’à un moment, il faut reconnaître qu’une voie n’est pas pour nous donc le sport, si j’y vais, ce ne sera que pour me défouler, pas pour draguer. Non, il me faut des activités plus nobles.

Des cours, en voilà une bonne idée. Ca tombe bien, ça fait longtemps que j’ai envie d’apprendre le russe. Les cours de la ville de Paris sont super intéressants mais je ne suis pas domiciliée à Paris [d’ailleurs, je cherche très officiellement une combine parce que, Paris, j’y passe quand même la majorité de mon temps de veille vu que j’y bosse, je ne trouve pas ça très juste de ne pas pouvoir en profiter. Oui, je ne paie pas d’impôts ici mais je consomme énormément sur la capitale, je fais un peu tourner l’économie !]. L’INALCO a l’air de
proposer des cours du soir mais leur site Internet n’est pas à jour pour le moment et je veux être sûre que ce n’est pas trop tôt ou trop loin car il m’est difficile de partir du boulot avant 18h au très grand minimum. Puis l’avantage des cours de langue, c’est qu’ils se pratiquent à plusieurs, sauf à prendre des cours particuliers qui coûtent un bras. C’est toujours mieux que les cours de musique qui se prennent en tête à tête. Notez les filles : prendre des cours de musique pour draguer un mec est très risqué. Si le prof est une femme, c’est mort pour vous.

Il y a aussi foultitudes d’ateliers en tout genre : photo, architecture… Haaaaaan, je sens que mes week-ends vont être vite tous pris. Puis même si je trouve pas l’homme, j’aurai au moins appris des choses.

Autre plan : les associations à but caritatif. Là, double combo : d’un côté, j’aide des gens dans le besoin, de l’autre, je peux choper du beau bénévole. Ok, dis comme ça, ça fait sans coeur mais si mon égoïsme amoureux m’encourage à donner quelques heures de mon temps à des gens qui en ont besoin, je me dis que je rééquilibre un peu mon karma. Maintenant, faut quand même que je trouve une cause qui m’intéresse parce que par exemple, sonner aux portes pour apporter la bonne parole des témoins de Jéhovah, non, c’est pas mon trip. Même s’il y a de très beaux témoins de Jéhovah, je ne m’appelle pas Katie Holmes, je ne vais pas vendre mon âme à une obscure église pour me choper un mec. Même si c’est Tom Cruise mais je le trouve méga beauf maintenant. Un peu comme George Clooney, je trouve qu’il glisse subrepticement vers le vieux beau, j’espère qu’il va se rattraper. Bref. Rien en rapport avec la religion. Le sida ? J’ai été refroidie par ma mauvaise expérience avec Aides donc du coup, je suis pas très motivée. Je sais : ma marotte à moi, ça a toujours été l’éducation des enfants dans les pays défavorisés. Oui, ok, de savoir lire, ça leur filera pas de la nourriture mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’occuper aussi de ce problème. Ok, je me lance, ma BA légèrement égoïste, ce sera ça.

La semaine prochaine, je vais donc m’inscrire à plein de choses.

Comment bien vivre la grève

Bien que je ne sois pas Birmane réprimée, je me permets de reparler de grève mais de façon un peu ludique car après tout, on va arrêter de se la jouer sérieux, rigolons un peu. Donc me voici dans la tourmente, au cœur du cyclone. Ce n’était pas la première grève que je subissais mais celle la était bien terrible, je devais m’organiser.

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Bon puisque c’est la galère, ce n’est pas la peine de partir à l’aube. Déjà, je me démerde pour venir bosser, c’est pas si mal. Et puis si j’arrive vraiment tard, je mettrai ça sur le dos des grèves. Donc je pars tranquille de chez moi. Bizarrement, il fait beau. Non parce que je dois marcher 15 mn pour rejoindre un métro donc 5 à 10 dehors… Arrivée à la station, je m’arrête acheter Elle. Ben oui, les attentes seront longues alors bon…Mais j’ai de la chance, je peux prendre des lignes qui marchent encore (ou à peu près) et au départ, en plus. Première rame part 5 minutes après que j’ai posé mes fesses dedans, j’attends pas trop à la correspondance non plus. Arrivée à la correspondance suivante, par contre, la ligne que je dois prendre ne marche pas donc je finis à pied. Un petit quart d’heure mais il fait beau.

Le soir, j’ai la bonne idée de partir tôt mais en fait, c’était pas une bonne idée. Je refais le même trajet. Après mon quart d’heure de marche, j’arrive à la station « la prochaine rame passe dans 25 mn ». Putaiiiiiiiiiiiiiiin. L’autre ligne refonctionne mais c’est pire donc je reviens sur la première et patiente. Elle est mon amie. En face, la rame passe, si y en a un qui pète, la rame explose. Une vieille à côté de moi qui a très envie de parler commence à commenter « ohlala, tout le monde n’a pas pu monter ».J’essaie de la rassurer, lui rappelant qu’il y a une grosse station juste avant la nôtre, les gens seront descendus. Voilà notre rame. Bondée. Pas grave, on monte. Dans le métro, quasi que des touristes, ça parle dans toutes les langues. J’envoie un peu chier une dame qui s’appuie lourdement sur la barre centrale, m’empêchant de m’y accrocher. Mais si ce premier bout de trajet se passe bien, la suite par contre… Arrivée sur le quai de l’autre ligne, c’est la cohue. Que 10 minutes d’attente, ça gère. La rame arrive, c’est bondé, les gens montent et je me retrouve sur le quai face à une foule compacte.


Prochaine rame ? 25 mn. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Alors on va y aller en finesse, on pousse dans le tas, c’est le Chabal powaaaaaaaaaaaaaaaa. Bon, je rentre mon pied, c’est bon, ça passe. Sauf que les portes se referment et j’ai le bras tendu vers le haut, y a pas de place pour le redescendre. A chaque station, ça fait un peu piscine à vague humaine, on est poussé dans tous les sens. Le premier qui a le mal de mer, je le décalque !  On ne me vomit pas dessus. Mes 15 mn de marche, quelques courses. J’ai mis 2h pour rentrer contre 40 minutes en temps normal.

Le lendemain, je la joue autrement. Partie (très) tardivement, c’est surtout au retour que je vais décaler mon départ : puisque de toute façon, faut attendre, autant ne pas le faire aux heures de pointes. Donc me voici à 19h30 sur le quai et là, j’attends à peine quelques minutes. Idem à la correspondance. Du coup, je me voici rentrée plus vite. En me décalant, j’ai croisé du monde, bien sûr, mais moins globalement. Toujours pas mal de touristes… Ben ouais, quand tu viens passer tes vacances dans une capitale, c’est pas une grève qui va t’empêcher de
visiter. Parce que les touristes descendent rarement en lointaine banlieue.

 Bref, les choses reprennent leur cours normal, j’ai craint un instant qu’on revive le remake de cet hiver (3 semaines de grève donc) parce que ça va deux jours, je fais contre mauvaise fortune bon cœur mais faut pas pousser mémé dans les orties. Moi, j’ai pu aller travailler sans (trop) de soucis, ce ne fut pas le cas de beaucoup de gens. Bon, j’en ai honteusement profité pour faire des mini grasses mat, je pourrais pousser la mauvaise foi à dire que c’est en solidarité avec les cheminots mais honnêtement, jeudi et vendredi matin, la seule chose avec

laquelle j’étais solidaire, c’était mon lit. Et c’était trop bon !

Week-end dans le sud

Bon, pour les 3 du fond qui n’ont pas suivi, ce week-end, j’ai fait une petite pause sud-ouestesque en compagnie de ma chérichounette adorée, aka Vicky. L’idée de départ était de faire un article à 4 mains mais on n’a pas eu le temps ce week-end (ou on ne l’a pas pris) donc l’idée d’arrivée est : on raconte chacune notre week-end pour voir.

 
Jeudi

Départ qui n’arrive pas. D’abord, Vicky rame sur le périph et a du mal à trouver une place, moi, j’ai du mal à commander une pizza (si, si). Bref, après quelques péripéties, nous voici parties toutes les 3, la 3e étant Kenya. 7h de route, 1 dark dog et demi chacune, Kenya se vidant par tous les trous et beuglant à la mort, des grandes conversations, des arrêts pipi, du brouillard… Enfin, à 6h15, Charlotte (la voiture de Vicky pour ceux qui savent pas, c’est mal) est posée devant chez mes parents. 6h30. On dort.

Vendredi

Au menu prévisionnel : lever 11h, visite de ma ville dans l’après-midi, dîner le soir avec Anne et Best Friend de Vicky en centre. Bon, finalement, lever midi, déjeuner avec mes parents. Ma mère est en forme et raconte plein de conneries sur mon père : « Alors quand on a gagné contre les All Blacks, on était dans un pub à Venise et ton père s’est mis debout sur la table pour chanter la Marseillaise ! », « et alors, tu vois, cette connasse, elle était habillée Burberry des pieds à la tête… Même que ton père m’a demandé si elle avait pas le tampon burberry, aussi ! ». Là, mon père est cramoisi, sous la table, Vicky et moi mortes de rire. Mon papa, je l’adoooooooooore. Bon, pour l’après-midi, on doit visiter la
ville mais finalement, on traînasse, on traînasse. Vers 16h, on se couche dans mon lit, je lui lis vaguement Voici, on commente la vie de Brit-Brit puis on roupille jusqu’à 18h. Là, on se fait belles, on part en voiture pour Toulouse pour rejoindre nos meilleures amies respectives. On va dans un resto assez sympa mais déco à refaire, le serveur est très chaleureux « 4 belles brunes, c’te chance ! ». Bon, il met un peu 2h à nous servir l’apéro mais très aimable puisqu’il termine toutes ses phrases par « à votre service », jusqu’à ce qu’il remarque
qu’on se fout un peu de lui. Fin du repas, on balade un peu Vicky dans Toulouse by night. On abandonne les filles et retour maison. Je fais faire à mon invitée un tour en voiture de ma ville natale by night et lui montre même l’appart où j’ai grandi. J’ai même conduit dans le parking juste devant, je l’avais jamais fait. Faut savoir que 14 ans après, j’ai toujours une grosse nostalgie de cet appart, j’en rêve encore la nuit. Ca m’a paru tout petit, plus que dans mes souvenirs. Papotage jusqu’à 3h.

 
Samedi

Lever très tardive puisque ma maman m’a réveillée, on déjeune, on traînasse un peu puis retour sur Toulouse. Au menu, Best Friend again et Guillaume 1er. Sauf que le jeune homme nous fait sa migraine habituelle donc je le verrai une prochaine fois (mais quand ?). Du coup, on boit un café chez Best Friend et retour en centre ville par le métro, s’il vous plait. Pour ceux qui ne connaissent pas le métro toulousain, c’est un métro sans conducteur donc avec Vicky, on se met tout devant. On fait touriste, et alors ? Un peu de shopping (mais on
n’a rien acheté), un délicieux café latte un peu spécial (il y a des étages, il faut aspirer chaque étage mais j’ai foiré, moi). Retour à ville natale pour un dîner en famille et initiation de (la pauvre) Vicky au rugby made in famille Bartoldi. Genre ma mère qui est surexcitée, qui bondit du canapé à chaque action, qui gueule (pauvre Damien Traille, les oreilles qui sifflaient, on sait d’où ça vient), qui explique à Vicky les règles en demandant l’approbation de mon papa « alors, là, tu vois, y a ça parce que ça… je dis des conneries minou ? – Non,
non ! ». Oui, ma mère appelle toujours mon père minou et après, on s’étonne que je sois une handicapée sentimentale du style « bouh, moi, je pourrai jamais avoir un couple aussi parfait que mes parents ». Ensuite, on popstarise jusqu’à tard parce que Fox life diffuse plus Sunset Beach (bouhouhou). Coucher 3h, again.

 
Dimanche

Lever tard, encore et toujours. Déjeuner délicieusement gargantuesque puis squattage du jardin pour me colorer les cheveux. Oui, il fait beau, autant le faire au soleil, me revoici parfaitement brunette sans racines, sauf ma foutue mèche blonde du devant qui résiste encore et toujours. J’ai pas envie de rentrer… Après une micro sieste pour charger les batteries, il va être temps de partir. Valises ok, faisons les sandwich pour la route. On charge la voiture et là, il faut mettre Kenya dans sa cage. Mais où est elle ? On tourne on vire, on trouve le chat de ma
sœur et enfin, on repère Kenya. Chez le voisin. On l’appelle, on secoue les croquettes, on essaie de l’appâter avec du thon mais parle à mon cul, ma tête est malade. Avoir un chat anorexique n’est pas toujours facile… En désespoir de cause, on appelle le voisin qui remue un bâton pour l’attirer, ça marche super bien, il a 4 chats qui viennent le voir : Carambar (celui de ma sœur), Clio (celle de ma mère), Balloon le sien et enfin Kenya qui m’est restituée. C’est partiiiiiiiiiii ! Le trajet se déroule bien, Kenya chouine mais bout à bout, elle n’a dû que pleurer 3h sur les 6, youhou ! A chaque odeur suspecte, on râle « ah, elle a vomi…. Ah, elle a fait caca… ». Glamourous. Vers 21h, on s’arrête pour dîner, des sandwichs au foie gras faits maison. Oui, nous, on a la classe, on mange des sandwichs au foie gras sur une aire d’autoroute, na. Je repère à chaque fois les prochaines grandes villes pour nous donner du courage « ouais, on vient de passer Limoges ! Ouais, c’est Bourges ! Orléans, on approche ! ». Un peu avant la fin, on s’arrête dans une aire pour une dernière vidange, on tombe sur des toilettes concept où faut appuyer sur plein de boutons. Du coup, je fais pipi dans le noir, même pas peur.

 Enfin, Paris, retour maison. En sortant Kenya de sa cage, bonne surprise, elle n’a finalement rien expulsé de sa minuscule personne, youhou ! Elle est propre quand elle veut.
 Bilan : un super week-end qui m’a fait un bien fou. Ma chérichounette, merci pour le week-end, merci de m’avoir supportée, moi et aussi mon chat. I’m kiffin you !!

 

Jeune fille célibataire mate couple

(Article commencé en décembre)

Ohlala, le vilain titre racoleur mais honte à moi ! En fait, je poursuis ici ma série « Nina mate les gens, l’air de rien ». Aujourd’hui, je fais pas la voyeuse sur le net mais dans la vraie vie. Oui parce que j’ai pas l’air mais des fois, je sors de chez moi. Il y a quelques temps, sur ce blog, je ne sais plus qui avait parlé en commentaire des célibataires qui matent les couples. Bon du coup, au lieu de me planquer derrière mon livre, j’ai observé.

 

Samedi, début décembre, journée de dingue : réunion à Bastille à 10h, déjeuner à Montparnasse à 13h et interview à 15h Place d’Italie. Donc, comme je n’ai d’autres moyens de transports que la RATP, j’ai bien rentabilisé ma carte orange ! En cheminant, je commence à regarder distraitement les gens et là, je tombe sur un tableau touchant. Sur une banquette : un couple. Ils ne se roulent pas des galoches indécentes, ils sont juste assis l’un à côté de l’autre, le garçon a la tête posée sur l’épaule de la fille qui repose sa propre tête sur celle de son compagnon (vous avez compris). Ils ferment les yeux. On sent qu’ils sont heureux, tout simplement, seuls dans leur bulle. C’est tellement beau que y a même pas de quoi être jalouse. Dans un trajet suivant, j’en vois deux qui discutent gentiment, se tripotant les doigts sur la barre centrale (quel duo de cochons !).

J’aime observer ces couples, qu’ils soient déjà ensemble ou en phase d’approche, comme mon amie pas douée. Des couples, y en a partout (mais des célibataires aussi, faut pas complexer !) et y a vraiment de tout. En général, plus les couples sont exhibitionnistes (genre on prend un cours de roulage de pelle en direct option tripotage lingual des amygdales), plus j’ai des doutes sur leurs sentiments profonds. C’est comme les gens qui à force de vous hurler que tout va bien, on finit par les soupçonner de dépression (enfin, moi, je fais ça en tout cas). Donc les couples qui ont tendance à se grimper dessus en public sont :

– soit au tout début

– soit il n’y a que le cul entre eux et meublent le fait qu’ils n’ont rien à dire par des pirouettes linguistiques

– soit ils sont en fin mais n’osent pas l’avouer et veulent surtout pas que ça se sache.

A moins qu’ils ne se vengent des mois de frustration à subir les couples en roulage de pelles dans le métro et en font autant à leur tour. J’avoue dans ma grande honte avoir embrassé Alex à perdre haleine dans le métro à l’époque (mais je roule pas de pelles en public, moi). Mais c’est hallucinant comme chaque couple peut offrir une situation différente.

Le mieux, c’est quand on sent la situation tendue (oui, je suis garce, là). Genre les couples adultérins en pleine crise. Une fois, comme ça, j’étais debout, à côté d’un couple quinqua voire sexagénaire assis sur les strapontins à côté de moi. Alors que je lisais, une phrase accroche mon oreille (la coquine) : « oui mais à notre âge, il faut vivre sans se poser de questions » (en gros). Hou que ça sent le couple adultérin, ça, monsieur cèdera-t-il ? Bon, ils sont descendus avant moi alors j’ai pas su. Mais je me souviens d’une fois où, avec
Gauthier, on était allés au Flore (ohé, ça va, c’était en 2000, nous étions officiellement touristes) et les deux couples à côté de nous nous offraient un festival : un se séparait, l’autre (quinqua aussi) était clairement adultérin et ils commençaient à se grimper dessus, sympaaaaaaaaaaa. J’aime bien les couples qui s’engueulent de façon mesurée genre on est en public donc on évite les éclats mais les réponses sèches fusent telles des missiles. C’est pas tant le côté dispute qui me plaît mais cette sensation de pénétrer l’intimité du couple, d’être un peu la mouche dans le salon.

Moi, ce que j’aime le plus, ce sont les couples sereins comme les deux qui se dormaient dessus, j’aurais eu mon appareil (commandé sur ebay, ça y est, j’ai franchi le pas), je les aurais pris en photo. Parce qu’ils étaient aussi beaux que les amoureux de Doisneau (qui étaient de vrais amoureux mais prenaient effectivement la pause). C’est beau l’amour comme c’est simple, comme ça. On imagine le couple installé qui a tout de même passé une nuit torride… Splendide ! Et puis ils n’ont pas besoin de prouver leur amour à qui que ce soit, à marquer leur territoire de façon ostensible. De toute façon, dans cette rame, ce matin-là, ils n’étaient que deux.

Would you marrie me ? Yes…

Par Gauthier
 

J’ai dû commettre des crimes affreux dans une vie antérieure, parce qu’à ce jour je trouve le prix à payer très élevé… Je suis chanceux sur bien des points, je n’ai pas à me plaindre, excepté quand on parle d’amour. Là c’est plus des casseroles, mais une batterie de cuisine d’un restaurant 3 étoiles que je me traîne en permanence !

Que je vous raconte mon week-end. Vendredi, je suis fatigué, je décide donc de rien faire chez moi, je regarde la télé, je me couche pas trop tard, bref soirée « on recharge les batteries ». Samedi, je passe mon après-midi à faire le ménage, je dois également repasser et faire mes courses pour la semaine (je suis un parfait petit homme d’intérieur !). Problème, monsieur poppers (celui du week-end passé), me propose de remettre ça. Je suis attendu à 20h à l’autre bout de Paris pour un dîner, je n’ai pas fait mon repassage, ni mes courses, je refuse. Et pis j’en ai pas envie.

Je suis un oiseau de nuit moi, mes envies sexuelles ne se font sentir que passé 22h, pas avant. Mais devant l’insistance dudit monsieur poppers, et la promesse d’un orgasme bien mérité (depuis le petit dijonnais je n’ai rien fait, donc ça fait déjà 5 jours…), je capitule. Les courses et le repassage c’est pas primordial, enfoncer ma bite dans un anus consentant, oui !

Donc on baise, mais je suis pressé, et j’ai pas vraiment vraiment envie, donc j’expédie ça en 25 min (ouais des fois j’ai honte). Et je me rend à mon dîner (hôtesse : 7h48 under Xanax effect !). Je rencontre des gens que je ne connaissais qu’à travers les blogs, je revois des gens que je connaissais déjà, très bonne soirée. Un peu arrosée, mais 7h48 sait recevoir, c’est indéniable ! ! ! Merci encore pour ce délicieux repas mon cœur.

Il est tard, je devais rejoindre une amie en boite, elle me fait faux bond. Cham se propose de me déposer chez moi, je lui demande de me déposer plutôt en boite. Une fois installé à mon comptoir, je me noies dans une vodka sunrise. Le barman et le patron s’inquiètent de ma vitalité, proche de celle du bulot cuit. Je leur précise que je suis mort de fatigue, et sous l’emprise somnolente de plusieurs bouteilles de vin (de tous les coins de France, ce pays est fantastique par moment…).

Alors que je n’attends rien du tout de cette soirée, un jeune homme (que j’avais repéré 20 min auparavant) s’avance et me pose la question qui tue à 4h du mat’ (avec, en plus, 4g dans chaque bras) :

– Do you speak english ?
– My english is dead tonight…
– It’s not a problem,…
I just want to say you look very « french » !

C’est quoi cette nouvelle insulte ? Je suis « vraiment » français et ça se voit ? Mais pour qui il se prend lui… Alors moi pas peur, moi 4g, moi engage conversation. Et il s’en suit un échange hautement intéressant. Il s’avère que je suis vraiment le français type tel qu’il se le représentait, du coup je suis « cute, gorgeous, kind, lovely… ». Il est brésilien, en transit par Paris pendant 4 jours, il part vivre à Londres (il était prof d’anglais au Brésil).

On reste là à papoter jusqu’à la fermeture de la boite. Je lui propose de venir dormir chez moi. Il accepte. S’en suit une mémorable partie de jambes en l’air (j’adore le sexe avec les étrangers, c’est tellement… exotique !). Il me dit des mots doux en portugais et ça me fait vraiment plaisir (en même temps il aurait pu me dire « je pisse sur le cadavre encore fumant de ta pute de mère ! » que j’aurais trouvé ça trop mignon étant donné mon niveau en portugais…). Et comme on est dans le délire, il me demande en mariage, et moi j’accepte.

Alors j’aimerais juste poser une question. Ce petit homme, tout mignon, tout gentil, tout caliente (arf l’amérique du sud sait comment produire des bons amants !), s’en va de façon définitive vivre à Londres mardi soir. Et moi, il me restera mes yeux pour pleurer, et mon découvert pour m’empêcher de prendre l’Eurostar avant un petit moment. Ok c’est pas la mer à boire Paris-Londres, mais c’est quand même plus loin que Paris-Courbevoie ! Alors pourquoi quand je tombe toujours sur des garçons fantastiques, ils ne sont pas français ou résident en dehors de la France ? ? ? ? POURQUOI ? ? ? ?

Nina m’a dit hier soir « tu les trouves fantastiques parce que tu sais que ça ne peut pas durer, avec ton américain c’était pareil ! Si ce type vivait à Paris tu l’aurais baisé au mieux et basta ! ». Ok il se peut que je sois adepte du masochisme en amour (cf connard d’ex). Mais bon il se trouve que j’aimerais bien comprendre pourquoi ça tombe toujours sur moi. Surtout que je ne les cherche pas. Je ne traîne pas dans des endroits fréquentés par des touristes, je ne leur adresse pas la parole, ils me tombent dessus comme la misère sur le pauvre monde.

Alors ok pendant 1 jour, 1 semaine, 1 mois (suivant la durée de leur séjour) j’en profite à fond. Mais après ? Ben après je me sens seul, je me sens con, et je retombe dans une spirale « j’ai besoin d’amour, je vais pardonner à connard d’ex ! »

AH NON, SURTOUT PAS, JE ME LE SUIS PROMIS ! ! ! ! ! Connard d’ex, plus jamais (ben voyons…)

Bref, je vais donc profiter de mon brazilian boy jusqu’à demain soir (on ne se quitte plus, et si j’avais pas eu cette fucking réunion à préparer pour demain 15h, ils m’auraient pas vu au ministère pendant 2 jours, ben oui ça sert à quoi les conjonctivites ?). Ensuite je passe la fin de semaine sous ma couette à déprimer, ce week-end je bois, et j’espère que je vais en trouver un autre tout aussi intéressant (et beau, et gentil, et prévenant, et parfait ! ! ! !). Promis, bientôt je me fais soigner et je me cherche un mec pour de bon…

Gauthier Brazil addict

Le triptyque, week-end religieux

(Je me demande ce que ça va nous ramener comme lecteurs, ce titre)
 
Bien, après la version de Gauthier de notre week-end dantesque, voici la mienne. Samedi, donc, nous décidons d’aller chez la camarade russe de cours de notre Gau-Gau national. Pour une fois, je ne suis pas malade et mes soucis de la semaine s’étant réglés, je me sens en forme pour faire la fête.
 
 
Bon, déjà, la soirée commençait bien : Gauthier et moi nous donnons rendez-vous dans une station de métro pleine d’entrées et de sortie : moi à une entrée, lui à l’autre, on ne se trouve pas et nos portables font de la résistance. Je scrute les visages avec mes yeux de myope, pas de Gaugau. Bon, on finit par se retrouver et c’est parti.
 
Arrivés sur place, une petite rouquine nous accueille, suivi par un jeune homme : les hôtes. On rentre dans la pièce principale et là, suis un peu déçue : y a que des filles ! On parle avec notre amie russe et l’autre camarade de promo de Gauthier mais à peine arrivés, notre amie Svetlana nous tend une embûche : boire de la vodka au piment… pure, of course. Je sers les fesses et je bois… Ah ben non, ça n’arrache pas tant la gueule que ça (mais bon, moi, j’ai mangé du wazabi pur alors…). Par contre, le Gauthier, il nous fait un remake de Gérard Jugnot dans les Bronzés font du ski, la scène où ils boivent la liqueur d’échalote… Moi, je suis pétée de rire. Je bois un peu vite ma vodka, je grignote et bois des boissons non alcoolisées et là, deuxième défi : un cocktail dont j’ai oublié le nom : de la Cachaça (orthographe ?), du citron vert et de la glace pilée. Oh la vache !! Gauthier nous refait Jugnot, je sens une étrange chaleur dans mon œsophage. On rajoute un morceau de sucre et comme je trouve ça bien meilleur, j’hérite du verre du GauGau. Bon, voilà après trois COCKTAILS à la vodka, Svetlana me donne un fauteuil poire, erreur fatale. Pour en rajouter, je prends quelques bouffées d’une cigarette qui fait rire et là, je pense dans une autre dimension. Un vodka orange et trois verres de champagne plus tard, mes souvenirs sont un poil confus. Y avait un mec que je trouvais pas mal mais il était venu accompagné d’une greluche même pas belle. La fille, elle était tellement survoltée que pour elle, Carla Bruni, ça doit être de la techno trans. De toute façon, suis pas en état de paraître séduisante (mes yeux se sont éteints tout seuls). Et puis après, je l’ai vu de près, il n’était pas beau du tout. Donc la soirée se passe, Svetlana, Gauthier et moi d’un côté (la copine de promo étant partie), les autres de l’autre, cool. A un moment, on veut prendre des photos de nous trois en faisant la grimace. Gaugau et moi sommes délicieusement déstructurés mais miss Svetlana a du mal avec le concept du tirage de langue donc on refait la photo une bonne dizaine de fois.
 
Bon, après, on s’en va, Gaugau récupère l’adresse mail d’un mec très moche qui a mis deux plombes à l’écrire sur un ticket de métro (suis déçue, moi, je croyais qu’il avait écrit plein d’autres choses le monsieur). Alors, là, deux options s’offrent à moi : soit je suis Gaugau qui a raté son dernier métro en boîte, soit je prends mon dernier train qui, lui, n’est pas encore parti donc je prends la deuxième option. Erreur : je suis saoule et je me retrouve seule, je vais forcément faire une connerie. Donc, sur le quai de la gare, en fumant une clope, j’ai une idée de génie. J’envoie à un gars qui me plaît une sublime déclaration à base de : « je suis saoule et j’ai envie de toi ». Sur le coup, je me trouve très forte : moi qui ne fait jamais le premier pas, là, j’ai carrément pris la voiture en sa direction. Je m’assois dans le train et ma tête bouge toute seule dans tous les sens, j’écoute distraitement la conversation de la nana en face qui explique qu’elle a démissionné de son boulot parce qu’Hassan a été nommé chef de rang, ce qui est dégueulasse (ah ?). Arrivée chez moi, opération décrassage et je décide de faire une grille de sudoku. Mais en fait, non, dès que je suis allongée, mon corps est soudain sujet à une très forte gravité et je m’endors comme une masse (option bave au coin de la bouche). Deux heures plus tard, je me réveille en plein bad trip, un truc énorme : le triptyque.
 
Allongée sur mon lit, voilà que mon cerveau se divise en trois : trois images, pensée en triple. En gros, vous imaginez trois miroirs dans laquelle se reflète la même image et là, ma pensée passe par les trois panneaux. Ca donne : « bouh, ça va pas », « bouh ça va pas », « bouh ça va pas ». « Tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi ». « Non, ça va passer », « non ça va passer », « non, ça va passer ». « Non, ça passe pas », « non, ça passe pas », « non, ça passe pas ». Donc mes deux autres moi et moi nous transposons dans la salle de bain pour vomir un peu. Et me voilà à 4h du matin affalée sur mon tapis de bain, sous le regard curieux de mon chat. Retour au lit et je m’endors jusqu’à ce que mon réveil me tire de mon sommeil sans rêve. Ceci étant, vu le badtrip que je me suis fait, heureusement que j’ai pas rêvé. Et là, tout me revient : oh putain, le texto ! Là, j’ai été la reine des connes, bravo ! S’il ne se barre pas en courant après ça, j’aurai de la chance. Oh putain le triptyque ! Je suis le premier cas de triple personnalité… Mais trois fois la même !
 
Le dimanche, je suis en compagnie de Gauthier et Emma, thème de la journée : « Djiseus Kraïst (Jésus Christ) et triptyque ». Comme on est fatigués, ça donne VRAIMENT du n’importe quoi. On monte à Montmartre (deuxième fois en une semaine pour moi et deuxième fois que je me prends de la neige, en haut) et c’est parti pour le délire total. Déjà, Emma veut à tout prix entrer dans le Sacré Cœur sur le front duquel il y a écrit « Jesus blablas blablas » (c’est du latin, j’ai retenu que Jésus) donc forcément grosse crise de rire. Ben, figurez-vous que Gauthier a pu entrer à l’intérieur sans être foudroyés sur le perron. On rigole. On voit la Tour Montparnasse et on hurle de rire : « hé, c’est la noiwe queue ! » (avec l’accent, please). On fait le tour de la Place du Tertre. Curieusement, personne ne veut nous dessiner (faut dire qu’il y a tellement de touristes), ce qui n’est pas plus mal. Si y a bien un truc que je déteste à Montmartre, c’est de ne pouvoir faire un pas sans qu’un type veuille me dessiner ! En plus, j’ai une gueule internationale. Mardi, un dessinateur m’a demandée si j’étais grecque, dimanche, j’étais espagnole ou italienne pour un monsieur qui voulait me faire un bracelet brésilien. Et bé non, je suis Française. Et puis avec ma gueule d’aryenne, je ressemble plus à une Anglaise ou une mini Scandinave qu’à une latina !
 
Bon, revenons place du Tertre, on décide de s’installer dans un café à 5 euros le coca (aïe !!) avec des serveurs extrêmement beaux, chaleureux, aimables, courtois… Non, je déconne, bien sûr. Déjà, on arrive à une table dans un coin, le serveur nous enlève tous les cendriers et s’engueule avec celui qui vient de nous placer : « non, c’est pas en fumeur, ici ! ». Ben, si, na ! Et là, c’est reparti pour du n’importe quoi, on dit « Djiseus Kraïst » toutes les trente secondes, je me prends un « toi et ton tryptique, ta gueule », tout aussi régulièrement. On parle sexe… Non, pardon, on hurle sexe, fellation, fist fucking avec gestes à l’appui mais comme on était les seuls Français dans la pièce, on s’en foutait un peu. En plus, il était bizarre ce café : dans les toilettes, la porte, c’est un miroir ! Donc je m’assois et je me retrouve face à moi-même. Et bien j’ai beau être totalement égocentrique, ça me gêne de me voir dans ces moments-là.
 
Retour chez Gauthier qui réalise soudain qu’il peut voir la « noire queue » de sa rue… Ca fait que 6 mois qu’il y vit, tout va bien. Là, je suis totalement survoltée et je me dis que d’ici peu, je dois voir Guillaume IIe du nom et sa copine, que l’on peut considérer comme ma « suivante » (dans le sens, la fille qui sort avec un mec après moi). Et là, j’ai peur de l’effrayer car je suis totalement hystéro. Vous le savez, moi, les exs, je me méfie d’elles mais ça me permet de voir quel genre de nanas aime mon mec (en dehors de moi). Donc, là, je me dis que si la demoiselle réagit comme moi, elle va avoir peur, très peur : « mais comment mon mec a pu sortir avec une hystérique droguée et alcoolique pareille ?? ». En plus, j’ai un peu la gueule à l’envers.
 
Finalement :
– la demoiselle m’a juste trouvée très bavarde (mais euh !)
– le gars du texto m’a pas envoyée chier comme une malpropre, il a même été plus qu’adorable pour le coup, ce qui me fait sentir deux fois plus conne…
– j’espère ne plus jamais avoir de triptyque de ma vie parce que ça fait perdre du temps de penser en triple.