Courrier des cœurs, réponse à Agnès

Cette semaine, Agnès nous a posé la question suivante : « Mon chéri a une ex (oui, je sais, comme tout le monde), qui veut
absolument garder contact avec lui. Là, je suis jalouse, mais rien de grave. Ce qui me gonfle, c’est qu’elle veut à tout prix garder une place privilégiée dans sa vie, à part, et qu’il fasse de même. Cela n’est bien sûr pas clairement dit, mais se traduit à travers de nombreuses petites choses : elle refuse de confier ses petits pb perso à ses amis ou son mec, seulement au mien, elle en fait son confident; elle va regarder des photos de moi sur Facebook, et elle l’appelle pour lui dire qu’on ne se ressemble pas du tout; elle lui envoie un mail pour critiquer notre emménagement ensemble, alors qu’il n’a jamais voulu habiter avec elle, elle s’est mise à ne le contacter que sur son mail ou son portable pro « pour ne pas que je sois au courant »; elle lui reparle des chansons qu’ils écoutaient quand ils étaient ensemble; …
Lui, je lui fais confiance, je sais qu’il a bien tourné la page. Par contre, il refuse de croire que ça n’est pas son cas, et considère tout ça comme parfaitement innocent. Pendant tout ça, moi je bous !!!!
Que puis-je faire, soit pour arriver à relativiser tout ça, ou pour lui faire comprendre que non, ça n’est pas si innocent si on met tout bout à bout ??
Please, help…. 
»


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Tatiana : Alors alors, aujourd’hui je vais pas faire de réponse à la con. Si tu lui fais confiance comme tu dis, tu devrais te foutre des tentatives de cette fille pour se remettre avec (si ce sont des tentatives car si ça se trouve c’est juste qu’elle est hyper nostalgique et qu’elle a du mal à tourner la page). Après certaines personnes sont pas très perspicaces (surtout les mecs) et t’as beau des fois mettre des pancartes lumineuses sous leurs yeux, ils voient rien derrière leur vitres teintées qu’ils ont devant les yeux. Donc ton mec est sûrement sincère quand il dit qu’il ne voit rien de mal. Ou alors, il dit ça pour que tu ne t’inquiètes pas trop.
Quoiqu’il arrive toi tu ne peux rien faire. Pire si tu continues à lui insinuer qu’elle veut se remettre avec, ça va peut-être lui donner des idées. Alors reste tranquille et cette fille se lassera sûrement au bout d’un temps. Ou alors elle réussira à saouler ton copain. 

Enzo : « il refuse de croire que ça n’est pas son cas, et considère tout ça comme parfaitement innocent ».Lui as-tu présenté
les choses mises bout à bout comme ceci ?
Si non, fais le ! Car effectivement il y a des éléments vraiment flagrants…
Si oui, alors, même s’il a tourné la page, monsieur doit aimer se sentir désiré par une foule hystérique de femmes en chaleur (bon, pour l’instant juste sa copine et son ex, c’est pas encore une foule mais c’est un début prometteur) !

Lucas : J’adore la réponse de Tatiana. « Mais moi je reste tranquille »… Ca veut dire qu’il va y avoir du sport » ???Y a pas 36 solutions. C’est comme du temps de ma jeunesse à Street Fighter. Tu la prends entre 4 z’yeux. Pas au téléphone, de visu. Tu lui dis clairement : ton attitude est sournoise, insidieuse, non ne me coupe pas laisse moi finir, tes appels sur le portable professionnel, les remarques à la con par e-mail, la comparaisons implicite que tu mets entre nous deux c’est plus possible. Alors soit tu te calmes et tu l’oublies à jamais, soit je te mets un gros Ha Ryu Ken dans la tronche, option défiguration ultime. Capito ? Tout ça avec un grand sourire, bien entendu. La classe, je sais.

Enzo : Mais dans ce cas, l’ex va aller se plaindre au mec et c’est la fille qui va passer pour une psychopathe !

Lucas : Perso j’adorerais avoir une nana comme ça… Ah j’entends Enzo ronchonner et dire « c’est toha le psychopathe… »

Enzo : Non, en tant que stratège, je pensais juste au « pire » des cas !
Mais effectivement, comme il a l’air d’apprécier être désiré, il peut le prendre comme témoignage positif en ce sens.

Jane : Je pense également que là, c’est l’actuelle qui passe pour une psychopathe si elle menace l’ex. Si le monsieur ne voit pas
que l’ex en question lui tourne autour, il ne risque pas de comprendre pourquoi l’actuelle lui a cassé les deux jambes…
Sinon, moi j’dirai un petit récap’ des faits à monsieur, on met bout à bout (je sais, c’est très énervant de se rendre compte qu’il y a des échanges dans le dos « pour pas te faire mal », alors vu que ça fait mal, on explique que là, ça picotte et ça gratouille alors ton ex t’es gentil qu’elle se trouve une vie) et on lui annonce gentiment que ça te pourrit la vie d’avoir une charogne qui lui tourne autour en attendant qu’il revienne, sans faire de « c’est elle ou moi », il faut réussir à faire passer l’idée que c’est pas normal, c’est lourd, et limite pathétique quand on y pense.

Keira : Les ex envahissantes c’est chiant, surtout quand elles font tout pour te rabaisser.
Les ex envahissantes qui partent vraiment sur un objectif de « on reste potes et tu vis ta vie » c’est cool. Toi tu n’as pas de bol, l’ex de ton mec est de la première option.
Maintenant si ton mec est clair avec toi et elle, je ne vois pas d’autre choix que d’ignorer la grognasse. Si tu t’imposes pour la virer tu vas passer pour la fille soûlante de service. Et elle gagnera haut la main. Passe outre, ne te soucie pas d’elle, tant que tu as 100% confiance en ton mec tout va bien.

Diane : TU LUI FAIS LA TETE AU CARRE A CETTE PETASSE!! Non mais excusez moi mais là il faut arrêter un peu,hein. Déja les ex,
c’est insupportable, mais si en plus c’est une ignoble pourceaude manipulatrice, y’a pu qu’à lui casser la gueule, j’vois rien d’autre. Et pis je voudrais pas dire, mais si ton mec il est pas capable (ou ne veut pas) de voir que c’est une pétasse, c’est louche. Bref, elle=crac boum dans la gueule. Lui=explication entre quat’ zyeux

Tatiana : Moi je dirais pas que c’est une pétasse. après tout elle était là avant la nana. Elle a le droit d’essayer de le récupérer.

Lucas : Tu es tellement joueuse ma belle…

Diane : Ah nonononon, i don’t agree du tout. Elle a eu son tour, ça a pas marché, point. Si il se retrouve célibataire et qu’elle
veut y retourner, grand bien lui fasse, mais il est en couple, et vouloir lui casser ça, déja c’est faire preuve d’un sacré égoïsme. J’ai pour habitude de pas faire aux autres ce que j’aimerais pas qu’on me fasse, et personnellement j’aimerais moyen. Désolée i’m quite catégorique, mais si vous l’aviez pas déja deviné ça fait partie des attitudes qui m’énerve légèrement… (et non, pourtant, ça ne m’est jamais arrivé personnellement!)

Nina : Ouais non, c’est pas du tout innocent. D’abord, elle lui fait ce que j’appellerais des scènes de jalousie.  Regarder les photos de la nouvelle nana de son ex, à la limite, j’en fais autant mais je commente pas. Enfin, pas au mec, je le dis à mes copines et encore…  Par contre, autant j’ai gardé contact avec certains de mes exs, autant il est hors de question de me mêler de leur vie amoureuse, on ne peut pas être juge et partie, si je puis dire. Je ne suis pas sûre que ton mec perçoive réellement son petit jeu, les hommes sont un peu miros des fois, surtout qu’elle semble avoir un petit ami mais il est clair que là, elle joue contre toi. L’idée de tout présenter bout à bout me paraît une bonne chose, aussi, peut-être qu’en additionnant tous les petits détails, il va comprendre.  Et puis puisqu’elle aime fureter, donne-t-en à cœur joie et étale ton bonheur sur Facebook : des photos de ton mec et toi dans votre nouvel appart, en veux-tu, en voilà.  Si elle ne comprend pas que vous êtes heureux ensemble et qu’elle n’a plus une place privilégiée dans la vie de son ex, c’est à désespérer. Puis à force de montrer ton bonheur, elle va peut-être un peu s’énerver et commettra un faux pas. En tout cas, je pense qu’il ne faut pas aller la voir frontalement, tu vas passer pour la méchante de l’histoire, sinon. Et puis les exs, c’est le mal, bordel !

Voilà, ce fut une discussion très intéressante, c’est cool qu’on ne soit pas d’accord, quand même, en espérant que la lanterne d’Agnès soit éclairée.

Si toi aussi, derrière ton petit écran 17 pouces, tu as une question à nous poser, n’hésite plus ! Tu as les comms, les mails (nina.bartoldi(aaaa)gmail.com) et tu peux me trouver sur facebook aussi. Voire twitter. L’est pas belle la vie ?

Le triptyque, week-end religieux

(Je me demande ce que ça va nous ramener comme lecteurs, ce titre)
 
Bien, après la version de Gauthier de notre week-end dantesque, voici la mienne. Samedi, donc, nous décidons d’aller chez la camarade russe de cours de notre Gau-Gau national. Pour une fois, je ne suis pas malade et mes soucis de la semaine s’étant réglés, je me sens en forme pour faire la fête.
 
 
Bon, déjà, la soirée commençait bien : Gauthier et moi nous donnons rendez-vous dans une station de métro pleine d’entrées et de sortie : moi à une entrée, lui à l’autre, on ne se trouve pas et nos portables font de la résistance. Je scrute les visages avec mes yeux de myope, pas de Gaugau. Bon, on finit par se retrouver et c’est parti.
 
Arrivés sur place, une petite rouquine nous accueille, suivi par un jeune homme : les hôtes. On rentre dans la pièce principale et là, suis un peu déçue : y a que des filles ! On parle avec notre amie russe et l’autre camarade de promo de Gauthier mais à peine arrivés, notre amie Svetlana nous tend une embûche : boire de la vodka au piment… pure, of course. Je sers les fesses et je bois… Ah ben non, ça n’arrache pas tant la gueule que ça (mais bon, moi, j’ai mangé du wazabi pur alors…). Par contre, le Gauthier, il nous fait un remake de Gérard Jugnot dans les Bronzés font du ski, la scène où ils boivent la liqueur d’échalote… Moi, je suis pétée de rire. Je bois un peu vite ma vodka, je grignote et bois des boissons non alcoolisées et là, deuxième défi : un cocktail dont j’ai oublié le nom : de la Cachaça (orthographe ?), du citron vert et de la glace pilée. Oh la vache !! Gauthier nous refait Jugnot, je sens une étrange chaleur dans mon œsophage. On rajoute un morceau de sucre et comme je trouve ça bien meilleur, j’hérite du verre du GauGau. Bon, voilà après trois COCKTAILS à la vodka, Svetlana me donne un fauteuil poire, erreur fatale. Pour en rajouter, je prends quelques bouffées d’une cigarette qui fait rire et là, je pense dans une autre dimension. Un vodka orange et trois verres de champagne plus tard, mes souvenirs sont un poil confus. Y avait un mec que je trouvais pas mal mais il était venu accompagné d’une greluche même pas belle. La fille, elle était tellement survoltée que pour elle, Carla Bruni, ça doit être de la techno trans. De toute façon, suis pas en état de paraître séduisante (mes yeux se sont éteints tout seuls). Et puis après, je l’ai vu de près, il n’était pas beau du tout. Donc la soirée se passe, Svetlana, Gauthier et moi d’un côté (la copine de promo étant partie), les autres de l’autre, cool. A un moment, on veut prendre des photos de nous trois en faisant la grimace. Gaugau et moi sommes délicieusement déstructurés mais miss Svetlana a du mal avec le concept du tirage de langue donc on refait la photo une bonne dizaine de fois.
 
Bon, après, on s’en va, Gaugau récupère l’adresse mail d’un mec très moche qui a mis deux plombes à l’écrire sur un ticket de métro (suis déçue, moi, je croyais qu’il avait écrit plein d’autres choses le monsieur). Alors, là, deux options s’offrent à moi : soit je suis Gaugau qui a raté son dernier métro en boîte, soit je prends mon dernier train qui, lui, n’est pas encore parti donc je prends la deuxième option. Erreur : je suis saoule et je me retrouve seule, je vais forcément faire une connerie. Donc, sur le quai de la gare, en fumant une clope, j’ai une idée de génie. J’envoie à un gars qui me plaît une sublime déclaration à base de : « je suis saoule et j’ai envie de toi ». Sur le coup, je me trouve très forte : moi qui ne fait jamais le premier pas, là, j’ai carrément pris la voiture en sa direction. Je m’assois dans le train et ma tête bouge toute seule dans tous les sens, j’écoute distraitement la conversation de la nana en face qui explique qu’elle a démissionné de son boulot parce qu’Hassan a été nommé chef de rang, ce qui est dégueulasse (ah ?). Arrivée chez moi, opération décrassage et je décide de faire une grille de sudoku. Mais en fait, non, dès que je suis allongée, mon corps est soudain sujet à une très forte gravité et je m’endors comme une masse (option bave au coin de la bouche). Deux heures plus tard, je me réveille en plein bad trip, un truc énorme : le triptyque.
 
Allongée sur mon lit, voilà que mon cerveau se divise en trois : trois images, pensée en triple. En gros, vous imaginez trois miroirs dans laquelle se reflète la même image et là, ma pensée passe par les trois panneaux. Ca donne : « bouh, ça va pas », « bouh ça va pas », « bouh ça va pas ». « Tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi », « tu es malade, lève-toi ». « Non, ça va passer », « non ça va passer », « non, ça va passer ». « Non, ça passe pas », « non, ça passe pas », « non, ça passe pas ». Donc mes deux autres moi et moi nous transposons dans la salle de bain pour vomir un peu. Et me voilà à 4h du matin affalée sur mon tapis de bain, sous le regard curieux de mon chat. Retour au lit et je m’endors jusqu’à ce que mon réveil me tire de mon sommeil sans rêve. Ceci étant, vu le badtrip que je me suis fait, heureusement que j’ai pas rêvé. Et là, tout me revient : oh putain, le texto ! Là, j’ai été la reine des connes, bravo ! S’il ne se barre pas en courant après ça, j’aurai de la chance. Oh putain le triptyque ! Je suis le premier cas de triple personnalité… Mais trois fois la même !
 
Le dimanche, je suis en compagnie de Gauthier et Emma, thème de la journée : « Djiseus Kraïst (Jésus Christ) et triptyque ». Comme on est fatigués, ça donne VRAIMENT du n’importe quoi. On monte à Montmartre (deuxième fois en une semaine pour moi et deuxième fois que je me prends de la neige, en haut) et c’est parti pour le délire total. Déjà, Emma veut à tout prix entrer dans le Sacré Cœur sur le front duquel il y a écrit « Jesus blablas blablas » (c’est du latin, j’ai retenu que Jésus) donc forcément grosse crise de rire. Ben, figurez-vous que Gauthier a pu entrer à l’intérieur sans être foudroyés sur le perron. On rigole. On voit la Tour Montparnasse et on hurle de rire : « hé, c’est la noiwe queue ! » (avec l’accent, please). On fait le tour de la Place du Tertre. Curieusement, personne ne veut nous dessiner (faut dire qu’il y a tellement de touristes), ce qui n’est pas plus mal. Si y a bien un truc que je déteste à Montmartre, c’est de ne pouvoir faire un pas sans qu’un type veuille me dessiner ! En plus, j’ai une gueule internationale. Mardi, un dessinateur m’a demandée si j’étais grecque, dimanche, j’étais espagnole ou italienne pour un monsieur qui voulait me faire un bracelet brésilien. Et bé non, je suis Française. Et puis avec ma gueule d’aryenne, je ressemble plus à une Anglaise ou une mini Scandinave qu’à une latina !
 
Bon, revenons place du Tertre, on décide de s’installer dans un café à 5 euros le coca (aïe !!) avec des serveurs extrêmement beaux, chaleureux, aimables, courtois… Non, je déconne, bien sûr. Déjà, on arrive à une table dans un coin, le serveur nous enlève tous les cendriers et s’engueule avec celui qui vient de nous placer : « non, c’est pas en fumeur, ici ! ». Ben, si, na ! Et là, c’est reparti pour du n’importe quoi, on dit « Djiseus Kraïst » toutes les trente secondes, je me prends un « toi et ton tryptique, ta gueule », tout aussi régulièrement. On parle sexe… Non, pardon, on hurle sexe, fellation, fist fucking avec gestes à l’appui mais comme on était les seuls Français dans la pièce, on s’en foutait un peu. En plus, il était bizarre ce café : dans les toilettes, la porte, c’est un miroir ! Donc je m’assois et je me retrouve face à moi-même. Et bien j’ai beau être totalement égocentrique, ça me gêne de me voir dans ces moments-là.
 
Retour chez Gauthier qui réalise soudain qu’il peut voir la « noire queue » de sa rue… Ca fait que 6 mois qu’il y vit, tout va bien. Là, je suis totalement survoltée et je me dis que d’ici peu, je dois voir Guillaume IIe du nom et sa copine, que l’on peut considérer comme ma « suivante » (dans le sens, la fille qui sort avec un mec après moi). Et là, j’ai peur de l’effrayer car je suis totalement hystéro. Vous le savez, moi, les exs, je me méfie d’elles mais ça me permet de voir quel genre de nanas aime mon mec (en dehors de moi). Donc, là, je me dis que si la demoiselle réagit comme moi, elle va avoir peur, très peur : « mais comment mon mec a pu sortir avec une hystérique droguée et alcoolique pareille ?? ». En plus, j’ai un peu la gueule à l’envers.
 
Finalement :
– la demoiselle m’a juste trouvée très bavarde (mais euh !)
– le gars du texto m’a pas envoyée chier comme une malpropre, il a même été plus qu’adorable pour le coup, ce qui me fait sentir deux fois plus conne…
– j’espère ne plus jamais avoir de triptyque de ma vie parce que ça fait perdre du temps de penser en triple.

La beauté féminine

Les femmes sont généralement jalouses. Une femme plus belle qu’elles, mais quelle hérésie ! Pourrissons l’impie, faisons lui payer sa beauté ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi je détesterais une fille plus belle que moi (sauf si elle me pique mon mec), tant mieux pour elle, tant pis pour moi.
Il y a deux types de « femmes plus belles que moi ». D’abord, les célèbres, celles qu’on ne voit que sur papier classé. Là, on peut reconnaître leur beauté sans complexes : elle ne rentreront jamais dans notre sphère, elles ne seront jamais nos rivales. Notre mec peuvent fantasmer sur elles, on s’en fout, nous, on fantasme bien sur Brad. Et on va voir « Mr et Mrs Smith » au ciné et tout le monde est content. Je suis en général la première à m’extasier sur la beauté de Monica Bellucci ou Adrianna Karembeu : je ne peux pas avoir la mauvaise foi de dire qu’elles sont laides. Par contre, quand je dis que des femmes sont moches, c’est que je le pense. Mais je n’en ferai pas la liste ici car ça n’a aucun intérêt. Mais certaines filles ont déjà du mal avec ces lointaines rivales : « non mais t’as vu la cellulite qu’elle a Monica ? Franchement, Sophie Marceau, en vrai, elle est énorme ! ». Oui ben honnêtement, moi, la cellulite de Monica ou les cuisses de Paris Hilton, je m’en tamponne le cocotier et même, je suis contente de voir que ces véritables beautés (enfin, pas Paris Hilton, elle, elle me plaît pas) ont des défauts.
 
Mais là où la jalousie féminine prend toute son ampleur, c’est avec les femmes que l’on côtoie et donc que notre chéri peut voir. Alors, elles, c’est une autre paire de manches ! L’autre soir, je parlais à un copain qui me montrait des photos, je m’extasiais sur la beauté d’une de ses amies et il me dit ! « machine ne l’aime pas. » Mais pourquoi donc ? « Parce que quand elle est là, y a pas moyen de choper, tous les mecs n’ont d’yeux que pour elle ». Ah, c’est une vraie raison de détester quelqu’un, ça, en effet. Surtout que les deux demoiselles n’ont pas grand chose à voir physiquement donc, dès le départ, un mec qui aurait dragué l’une n’aurait sans doute pas dragué l’autre…
Bref. J’avoue que je suis rarement jalouse de mes congénères féminines et je suis assez sensible à la beauté féminine. J’apprécie de voir une belle femme qui sait se mettre en valeur, en plus. Je
suis irrémédiablement attirée par les belles femmes mais pas sexuellement parlant (ah, je sens que je n’aurais pas dû le préciser, ça, je viens de perdre au moins trente lecteurs) mais j’ai envie de sympathiser avec elles. Ben oui, je trouve ça agréable d’être amie avec des gens que je trouve beau, peut-être est-ce par esthétisme, peut-être par narcissisme (les gens beaux avec les gens beaux), je ne sais pas. Toujours est-il que la première impression est très importante pour moi, surtout que je me trompe rarement. Quelqu’un dont la gueule me revient pas, que j’aurai du mal à regarder en face parce que sa tête me dérange (ben oui, ça arrive), je vais avoir du mal à m’en faire mon amie. Je me souviens, en première année, j’avais en cours de géo, où j’allais une fois par mois les bons mois, une fille dont le visage m’insupportait, une vraie tête à claque. Déjà, son visage paraissait vieux et son style vestimentaire n’arrangeait pas cette sensation. En plus, c’était une sale fayote : « monsieur, c’est quand qu’on corrige le devoir que vous nous avez donné la semaine dernière ? » Ta gueule, connasse, je l’ai pas fait ! Et
voilà-t-il pas qu’en 2e année, elle sympathise avec Gauthier et Silvia, notre amie andorrane. Bon, j’ai pris sur moi et la dernière fois que je lui ai adressée la parole, je lui ai dit : « ce n’est plus la peine de me parler, tu n’existes plus pour moi. » Oui, elle faisait partie de la bande de frustrées qui nous avaient pris pris pour cible, Guillaume et
moi.
 
Je ne suis pas particulièrement difficile en beauté féminine, ce qui compte, c’est essentiellement le visage. Moi, j’aime les femmes souriantes et pleines de vie. Non mais osez me dire qu’une femme gaie est laide ! Lors de mon premier stage, il y avait une femme magnifique, un visage sublime à peine réhaussé par du maquillage, le genre de femme dont on peut être facilement jalouse malgré ses quelques (très jolies) rondeurs, surtout que son physique lui a apporté quelques avantages salariaux (hé oui). Mais cette fille, c’était la joie de vivre réincarnée, toujours une connerie à dire. Avec moi, elle était adorable. Je me souviens, un jour, elle vient me voir et me dit : « si tu veux, tu pourras venir me voir, on fera des trucs ensemble ! » Je la regarde, les yeux ronds : c’est qui ? Oui parce que le premier jour, on m’a présenté une vingtaine de personnes et sur le coup, j’ai pas compris. Donc je me suis penchée vers Zoé pour avoir des infos : c’est la chargée de comm ! Ah, logique qu’elle me propose une collaboration (et pas des brouettes, bande de pervers !).
 
Personnellement, je trouve que fréquenter de belles femmes, c’est quand même agréable et, curieusement, être avec une belle femme me fait sentir plus belle. Oui, normalement, ça devrait être l’inverse, je devrais me sentir l’immonde boudin qui sert de faire-valoir mais non. J’aime bien être avec de jolies femmes qui prennent soin d’elles parce que du coup, je me sens un peu comme elles. Marcher dans la rue avec une jolie femme, c’est se sentir puissante, sentir qu’on fait un beau duo (ou plus si on est plusieurs), sentir qu’on peut draguer si on en a envie. Je ne me sens pas menacée par une jolie femme car à moins de me balader avec mon sosie, on est forcément différentes donc on n’attirera pas les mêmes mecs (a priori).
 
Les seuls moments où je suis jalouse d’une belle femme, c’est quand il s’agit d’une ex de mon mec. Oui, ça les exs, je les aime pas trop mais j’en parlerai dans un autre article. Mais globalement, je ne me sens pas jalouse. Oui, cette fille est belle, tant mieux pour elle. Non, je ne veux pas lui ressembler car elle est elle et je suis moi, chacune ses atouts. J’en parlais l’autre soir avec un charmant garçon et il me disait que mon attitude n’était pas commune, ce qui m’a un peu étonnée. Si je commence à être jalouse des jolies filles, je peux rayer les trois quarts des femmes de mon répertoire. Anne est belle, Lucie aussi, mais je peux pas être jalouse d’elles, d’abord parce que ce sont mes amies, ensuite parce que nous ne nous ressemblons pas. Et puis, il faut l’avouer : Lucie, je l’ai aimée de suite parce qu’elle a vraiment une bonne bouille. Pour Anne, c’est un peu différent, on s’est rencontrées à la maternelle, je pense que je n’avais absolument pas conscience de la beauté à cette époque-là. Lucie, c’est une fille toute mignonne qui a un super nez. Oui, c’est tout moi, ça, la première chose que j’ai remarqué chez elle, c’est son nez et il m’a plu. Lucie n’aurait pas été mon amie si son visage ne m’avait pas plu ? Impossible à affirmer mais je pense que c’est probable.
 
Qu’en est-il des hommes ? Réagissent-ils de la même façon ? J’ai l’impression, mais je me trompe peut-être, qu’il y a beaucoup moins de rivalités entre deux hommes et qu’il n’y a donc pas cette espèce de gué-guerres mecs beaux contre les autres. Et moi, je trouve ça sain ! Parce que, techniquement, on trouvera toujours plus beau que nous (surtout quand on a tendance à se déprécier) et à jalouser tous ceux qui ont plus de succès auprès du sexe opposé ou du même sexe, on finit par devenir totalement asocial et malheureux.
 
Alors, les filles, arrêtez de jalouser les belles demoiselles. Vous aussi, vous êtes belles, ne rougissez pas devant elles !