T’as pris ta bouée ?

Par Audrey

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C’est cliché mais dans mon cas, ce fut vrai : une fois installée en couple, je me suis un peu négligée. Je n’avais pas remarqué jusqu’à ce matin, quand j’ai décidé que la déprime post rupture, ça suffisait et que j’allais mettre mon plus beau slim pour me sentir jolie. Quand j’ai pas réussi à passer la barrière des cuisses, autant dire que l’estime de moi avait pris un sacré coup dans la tronche.

« Si j’ai grossi, c’est la faute de mon ex »

Face à la prise de conscience de cette délicate brioche enrubannant mon ventre et de tout ce moelleux épanoui sur mes hanches, je tire une conclusion indiscutable. Tout ça, c’est la faute de mon ex. Oui, parfaitement ! Lui et son foutu métabolisme rapide qui lui permet de s’avaler des kilos de pizzas, pâtes, fromages, frites… sans prendre un gramme. Inconsciente, je l’ai suivie. Aujourd’hui, je passe à la caisse et je regarde mon slim d’un air navré. Adieu petit bout de tissu, mon cul et toi n’êtes plus compatibles.

Non, je refuse de jeter Rufus. Oui, Rufus devient désormais le symbole de mon corps perdu et que je dois retrouver. Je vais le ranger soigneusement, pas trop caché, histoire de le ré essayer de temps en temps, histoire de mesurer où j’en suis. Oui, je sais que les hommes aiment les rondeurs mais celles-ci ne sont pas à moi, je ne sais qu’en faire. Et puis, à présent que j’ai aménagé mon petit chez moi et que j’ai pris un chat, je manque de projet de vie pour bien laisser mon ex et sa nouvelle copine loin de mes pensées. Un régime, c’est parfait : je vais pouvoir remplacer mon obsession pour mon ex par une obsession pour la nourriture.

A moi salades, tomates, quinoa et huile en spray pour ne pas trop en mettre. De l’eau en litres, du thé vert et des brocolis vapeur. Et du sport, oh oui ! Je suis motivée ! Mais surtout, mon inconscient a trouvé la plus belle excuse pour ne pas réellement se lancer à la conquête d’un nouvel homme : mon corps n’est pas à son top, je dois d’abord gérer ça, tu comprends… Je ne dupe sans doute pas grand monde mais je gagne un peu de temps. Reprendre le jeu de la séduction après une longue relation, ça fait bien plus peur qu’un saut en parachute. On est plus proche d’une Sandra Bullock qui se balance dans l’espace pour tenter d’attraper une navette spatiale…

« Le problème avec les régimes, c’est que la faim remplace vite la motivation »

Résolue à mincir, je l’étais, sincèrement. Mais le problème avec les régimes, c’est que la motivation est vite remplacée par la faim. Et y a frites à la cantine. Bon, Rufus, je crois que toi et moi, on va faire une longue pause, on se retrouve dans 3 mois.

Où trouver l’homme ? Episode 21 : le resto d’après Starbucks

A la recherche du prince charmant

(Cher lecteur de mon cœur, et puis ceux que j’aime pas aussi, et puis les petits nouveaux, coucou, bienvenue, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction parce qu’en vrai, au Starbucks, j’étais pas dans le lot des draguées mais dans le lot de celles qui observaient, admirative. D’ailleurs, on n’a pas eu le fin mot de l’histoire et Tatiana et moi, nous sommes frustrées).

Nous voici donc parties, Tatiana et moi, avec ces deux inconnus pour un restaurant. Sur le papier, la soirée s’annonce sympa puisque nous nous entendons plutôt bien avec les deux jeunes hommes. Seulement voilà, ils sont deux, nous sommes deux donc un bref calcul mental nous permet de déduire que ça fait deux couples. Là où ça se corse, c’est que rien n’indique que nous allons être d’accord sur la répartition. Et dans ce cas là, il est difficile de s’isoler à deux pour partager le butin, si j’ose dire. Surtout qu’en l’espèce, ce sont eux qui
ont entamé la discussion donc le butin, c’est plutôt nous. Quoi que nous savons toutes que l’homme propose, la femme dispose (ou non) [je sens que ça va plaire à la frange la plus misogyne de mon lectorat].


Nous voici donc à table et là, je sens le drame poindre : Tatiana et moi avons verrouillé la même cible. Et là, c’est le drame. Le drame pour le pauvre mec délaissé, c’est quand même super dur à vivre de voir que son pote intéresse deux nanas et lui aucune. Y a bien que dans Hélène et les garçons que les choses se passent de façon harmonieuse : trois filles rencontrent trois garçons et chacun adopte aussitôt sa chacune. Pourquoi la vie n’est-elle pas simple comme une série AB (les viols et le fétichisme des pieds en moins) ?


Alors maintenant, la question est : qu’est-ce qui est le plus important ? Le mec ou l’amitié ? Parce que ce genre de situation peut nous exploser à la figure en moins de deux, ça commence par quelques piques pas trop méchantes sur l’adversaire… Enfin, la copine… Seulement, si on n’y prend pas garde, ça part en bataille rangée assez méchante : « oui, elle dépense des sommes folles en cosmétique, faut la voir le matin au réveil, c’est effrayant », « oui, elle va à la piscine toutes les semaines mais au vu de ses cuisses, on comprend pourquoi, ahahah ! », « t’as pas eu les chlamydiae, toi ? », « ahah, figure-toi que son mec est parti car elle passait sa vie à fouiller
dans son mobile ! », « t’as pas des problèmes de frigidité, toi ? ». Ca tape de plus en plus bas. Curieusement, les messieurs en face ont l’air quelque peu atterré, celui qui n’intéresse personne est perdu dans la contemplation de ses ongles. On voit bien que si son corps est toujours là, son esprit est loin, loin, loin…Son pote, l’objet de notre lutte sans merci, paraît très gêné et il se redresse au fur et à mesure pour ne pas être trop proche de nous, des fois que ça partirait à la baffe. Ah, tiens, il demande l’addition en sautant la case dessert et café. De mon expérience des hommes, cela veut dire deux choses : soit le dessert, c’est moi, soit il veut terminer la soirée au plus vite tellement il en peut plus. En l’occurrence, devinez quelles sont ses intentions de fin de soirée ?

Un quart d’heure plus tard, nous voici sur le trottoir à nous saluer poliment, on se reverra peut-être à l’occasion, des fois qu’on se croiserait… Traduction : « on ne se reverra jamais, adieu ! ». Nous voici donc comme deux ronds de flan sur le trottoir, Tatiana et moi. Un ange passe. Enfin, c’est pas vraiment un ange, je dirais plutôt un démon parce que l’ambiance est électrique. Selon ce qui va être prononcé dans les prochaines minutes, notre amitié sera sauvée ou pulvérisée.

« En fait, il n’est pas si beau que ça ».

Sauvée.

Moralité : Ne plus fréquenter de copines célibataires en public.

NB : En vrai de vrai, on ne se comporterait jamais comme ça avec Tatiana, évidemment.

Mmmmm Chabal !!

Débuter un article avec un titre aussi naze, je sais, je devrais avoir méga honte mais pas du tout, en fait. Pour les 3 du fond qui n’ont pas suivi, je vais parler rugby mais restez parce que le sujet, c’est pas que ça, en fait. En fait voici l’article que j’avais prévu la semaine dernière mais que j’avais pas écrit parce que je faisais autre chose.

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Semaine dernière, avant le quart de finale contre les All Blacks, je lis mon Elle. Oui, une phrase qui allie Elle et rugby, c’est possible. Là, je découvre une chronique de mon cher ami Eric Zemmour. Lui, je vois son nom, j’ai des envie de meurtre, c’est automatique. Et quand je le lis, c’est pire. Je vous résume sa pensée (si, si, paraît qu’il y en a une) : Chabal, c’est trop trop cool qu’il soit mis en avant parce que ce sont les vraies valeurs viriles du rugby qu’il représente, contrairement aux tapettes joueurs du calendrier et du Stade Français. Regardez, femmes, un homme, c’est barbu, poilu, hirsute, musclé, cradouille, pas gentil… Les autres, c’est que des pédés, il nous sape notre virilité. Et puis vous n’y connaissez rien au rugby, d’abord, c’est votre faute, à vous et aux tafioles homosexuels qui ont imposé cette féminité dans le sport. Au moins.

Forcément, je lis ça, je m’énerve. Bon, déjà, Zemmour, je devrais vraiment pas lire, je le sais que ça va m’énerver. Alors, M. Zemmour, je me permets de vous répondre, malgré mon irrespect et mon mépris pour vous. Alors commençons par le « vous n’y connaissez rien au rugby et vous le féminisez ». Prenons mon cas personnel, au hasard. 25 ans, journaliste rugby (oui, stagiaire mais quand même) qui attend devant les vestiaires pour interviewer les joueurs et qui pose des questions intelligentes parce que je m’intéresse à ce qu’ils ont fait sur le terrain. Même que j’ai suivi le match et même que j’ai compris tout ce qu’il se passait. Oui, je m’intéresse au rugby et pas qu’au cul des joueurs. Moi, quand je regarde le rugby, j’explique à Enzo sur MSN les règles, je m’énerve face à certaines couffes des Français, je peux expliquer à Vicky ce qu’il se passe à la télé… Alors, oui, je suis folle amoureuse d’Elissalde, j’ai fait ma maline
quand Michalak m’a fait la bise, quand je croise Betsen en boîte, je trouve sa virilité torride. Donc je m’intéresse au rugby en dépit du calendrier, du maillot rose du Stade Français, du côté glamour de certains joueurs parce qu’au fond, je ne regarderais pas un sport juste pour mater des mecs. Si on regarde le foot, par exemple, y a des joueurs très craqua miou genre les Italiens, là, mais je vais pas me taper de 90 minutes d’un sport qui m’intéresse pas pour mater épisodiquement un mec. J’ai autre chose à foutre de ma vie.

 Et puis ça veut dire quoi « vous, les femmes, vous vous intéressez qu’à la plastique des joueurs ». Alors voilà, aux hommes le sport, aux femmes les soap et émissions de cuisine. Bah ouais, qu’est-ce qu’on fait chier à regarder et même à aimer le sport ? C’est un truc de mec, nous, on a juste droit à la gym, la danse et à la limite, la natation synchronisée. Ah, et le cheval aussi. Ce qui est « amusant », très entre guillemets, c’est la réaction des mecs lambdas quand on dit qu’on s’intéresse à des sports de « mecs ». Toi, tu t’y connais en rugby? Mouahahahah! Ben ouais, mon gars, je suis allée dans les vestiaires, je les ai interrogés, j’étais la chouchoute de l’équipe d’Aurillac, j’avais qu’à demander quel joueur je voulais interviewer et je l’avais. Et ce n’est pas juste parce que j’ai des gros seins et les yeux bleus, c’est surtout parce que je faisais de bons papiers. D’ailleurs, je n’ai jamais été mal vue par les joueurs. Entre eux et moi, il

n’y avait pas de question de sexe, j’étais journaliste asexuée, point. Pareil quand je me mets à parler F1, au début, ça rigole et on se rend vite compte que je sais de quoi je parle. De toute façon, en F1, si on regarde que pour la beauté des pilotes, il ne faut regarder que les 5 minutes du podium, sinon, ils ont un casque, on voit rien ! On voit même pas leur cul. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’une femme ne peut pas aimer le sport sans que ça paraisse suspect.

 Enfin, Chabal. Bon joueur, ok, mais pas toujours. Face à la Nouvelle Zélande, il a été plutôt discret, on dira. Pourquoi c’est la nouvelle coqueluche? Mais parce qu’il détonne. Il y a 5-10 ans, ce qui déteignait, c’était les beaux gosses pas abîmés et « fins » (par rapport aux autres parce que même les plus fins sont hyper baraques). Et ça, on aime les « pas pareil ». Je suis pas sûre que si Chabal avait été anglais ou néo-zélandais, il aurait été une star à ce point vu qu’il serait plus dans le ton. Oui, il est bon, oui, il est impressionnant mais moi, il me fait pas

triper. Sa virilité, ça me fait pas craquer du tout, c’est juste pas mon genre. Quand il fait une belle action, j’applaudis, quand il se vautre, je râle. Il joue tant mieux, il joue pas, tant pis. Mais si on regarde, sur le papier, j’ai l’impression que le meilleur joueur français de ce mondial, c’est Elissalde, le gars fin d’1m72. Forcément, Elissalde et Chabal, ils n’occupent pas le même poste, je rappelle. On n’a pas besoin des mêmes forces pour l’un et l’autre… Ah, ça, M. Zemmour, il a pas fait gaffe. Non parce que si on regarde Betsen, par exemple, qui a toujours été dans le calendrier, avec son visage aux traits saillants, ses cicatrices, ses cuisses larges comme des troncs, sa carrure puissante, il n’a rien du tout à envier à Chabal. Hé oui, les joueurs virils n’a rien de nouveau et même que des fois ils sont dans le calendrier… Je ne sais pas pourquoi Betsen n’a jamais été plus sur le devant de la scène et pourquoi Chabal est devenu la nouvelle coqueluche, peu importe. Mais je le dis haut et fort : oui, les femmes ont le droit de s’intéresser au sport et pas juste pour les petits culs moulés, les (bons) joueurs virils peuvent aussi jouer le jeu du calendrier. La « pédéisation » du Stade Français amenée par Max Guazzini, ça agace ? Et alors ? Ils sont quand même champion de France et c’est pas un hasard. Mais bon, c’est vrai qu’à force de se focaliser sur ce genre de détails, on oublie que les mecs sur le calendrier, ce sont des joueurs des vrais. Ceux qui, une fois rhabillés, s’arrachent sur un terrain. Et c’est ça qui compte. N’est-ce pas, M. Zemmour ?

Tous parfaits ?

Je me regarde dans la glace et je fais la moue : quel est donc ce vilain ventre qui n’est pas plat ? Et mes cuisses qui osent se toucher ? Bon, mes fesses, je vais pas les regarder, hein ! Et mon nez ? Et mes yeux ? Et ma bouche ? Ahlala, y a tout à refaire. Bon, je fais comme le Château de Versailles, je me mets en chantier. Direction la première clinique de chirurgie esthétique que je corrige tout ça.
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Je te rassure, lecteur, ce petit chapeau ne retranscrit pas la réalité. Je ne me trouve pas parfaite, loin de là, mais ce n’est pas pour autant que je vais passer par la case « bistouri magique ». Pourtant, la société nous pousse à ne plus accepter la moindre imperfection : retirez le gras d’un côté, injectez de la silicone de l’autre ! Vous voulez ressembler à Claudia Schiffer ? On va vous aider. Et bien, moi, je dis stop.

Je suis née il y a de cela 27 ans du mélange magique des gênes de mon papa et de ma maman. En très gros, j’ai tout hérité de mon papa sauf les yeux et les seins (et mon sexe, évidemment !). Ah ça, je peux pas être la fille du facteur, moi. J’ai des atouts mais aussi des trucs que je n’aime pas chez moi comme mes pieds qui ne ressemblent à rien, mes doigts boudinés et tordus mais, globalement, je n’ai pas hérité de tares visibles, pas de panique. Alors pourquoi j’irais massacrer ce que m’ont donné mes parents pour obéir à un diktat que m’imposent les magazines ? Oui mes lèvres sont minces et on voit pas mes abdos (sans doute parce que ça fait à peu près 27 ans que j’omets d’en faire), la peau au coin de mes yeux est un peu abîmée à cause de la suractivité de mes glandes lacrymales. Oui, tous les soirs, quand je lis, mes yeux pleurent : c’est pas que je sois triste, c’est comme ça, je ne sais pas trop pourquoi, ils doivent fatiguer. Oui, mes épaules sont larges et je suis petite. Mais ce n’est pas pour autant que je suis le clone de Quasimodo.

L’autre soir, avant le début d’une émission, il y avait une pub pour l’émission de télé réalité « relooking extrême », un truc américain qui passe sur le câble. Distraite, je jette un œil et je me demande pourquoi tous ces gens ont des pansements sur la tronche. Et soudain, je percute : le relooking ne touche pas que les tenues vestimentaires et la coiffure. Hé oui, maintenant, la télé nous refait la gueule, non mais quelle horreur ! Ne croyez pas que je sois une farouche adversaire de la chirurgie esthétique, il y a de nombreux cas où elle est salvatrice mais quand elle est pour gommer un défaut minime, là, je hurle. Nonobstant les tarifs prohibitifs de ce genre d’opération, comment les gens arrivent à se haïr à ce point pour arriver à se charcuter et essayer de ressembler à tous ces stéréotypes dont on nous gave à longueur de journée. J’ai des kilos en trop ? Ben, j’ai qu’à faire un régime. Mes seins trop petits ? Mais il y a des
hommes qui adorent ça. De toute façon, si un mec ne s’intéresse pas à une nana parce qu’elle ne remplit pas un bonnet C, il peut être zappé directement, à mon avis.

Plutôt que d’aller chez le chirurgien esthétique, ces gens ne devraient-ils pas d’abord consulter un psy ? Parce que ce petit défaut qui leur empoisonne la vie, n’est-ce pas d’abord et surtout un truc psychologique ? Par exemple, moi, je ne suis pas fan de mon nez. C’est pas pour autant que je vais en changer, j’ai appris à vivre avec et, à la longue, il ne me paraît pas si déplaisant que ça. Par ailleurs, la chirurgie esthétique a souvent un effet de dépendance qu’on ne soupçonne pas. Un coup de bistouri magique et nous voilà plus belles. Et nous voilà à nous refaire le corps à coup de liposuccion et de collagène. Ben, je suis désolée mais petit à petit, on se transforme en monstre.

Quand je feuillette des magazines où les nanas ont toutes la même gueule, je ne peux que m’interroger : le XXI siècle sera-t-il celui où on devra tous se ressembler ? Devra-t-on avoir le nez fin, les pommettes rebondis, les yeux étirés et cet espèce de visage figé qui ne nous fait plus ressembler à rien ? N’aurons-nous plus le droit d’être enrobés, vieux, avec des valises sous les yeux et des petits seins ? N’y a-t-il que moi qui trouve ces poupées plastifiées ridicules ? Non parce que franchement, certaines, elles se sont fait greffer des ballons de rugby à la place des seins et c’est tout simplement immonde. Je me souviens d’une émission sur le sujet (oui, c’est un sujet très porteur), une nana toute fière qui montrait ses nouveaux nibards à tout le monde. Mais comment on peut être fier d’un tel truc ? Ca me dépasse complètement.

La chirurgie esthétique est très répandue chez les stars, elles sont font toutes greffer un canard WC ou se retendre la tronche au point qu’elles ne ressemblent plus à rien. Prenons, au hasard, Catherine Deneuve, femme très belle dans sa prime jeunesse. Ben quand je la vois maintenant, j’ai toujours un doute : c’est elle ou sa marionnette des Guignols ? Cette femme est devenue la caricature d’elle-même, la demi-sœur d’Armande Altaï et de Cher. Dans les journaux, on aime exalter la différence, le multiculturalisme (supposé) de la France mais finalement, on tend tous plus en plus à avoir la même gueule. Est-ce vraiment ce que le progrès est censé nous apporter.

Je réfléchis : évidemment, à 27 ans, je n’ai pas vraiment de problèmes de rides, j’ai un visage très peu marqué, ce qui fait qu’on me rajeunit toujours un peu. Je me tartine tous les soirs joyeusement, je dépense pas mal d’argent en crèmes de toute sortes. Mais bon, dans ma famille, on n’est pas très ridés donc je suis plutôt confiante pour la suite des événements. Si je peux avoir les mêmes rides que mon papa ou ma maman à 50 ans, ça ne me gênera pas. Ceci étant, puis-je affirmer aujourd’hui alors que je n’ai même pas trente ans et que j’ai pas eu d’enfants que je ne ferai jamais de chirurgie esthétique ? Même pas sûr. Préfèrerai-je ressembler à Catherine Deneuve ou à Brigitte Bardot dans mes vieux jours ? Je n’en sais rien.

Toujours est-il qu’à 27 ans, je refuse qu’on touche à mon corps, qu’on le remodèle pour que je ressemble à ces filles dans les magazines. Je ne suis pas parfaite et je n’ai jamais prétendu le devenir un jour mais au fond, en suis-je malheureuse ? Non. Ca me fait frémir ces gamines de 16 ans qui veulent à tout prix se faire siliconer la poitrine alors qu’elles n’ont même pas fini leur croissance. Vivement que le naturel revienne à la mode…

Je l’’aime bien, mais…

(Article garanti 100% sans message caché)
 

L’autre soir, j’appelle ma mère pour lui dire que rien de neuf n’est arrivé dans ma vie, ni le poste de rédac chef, ni le beau mec ultime fou amoureux de moi qui veut même
m’épouser. Mais bon, qui dit rien dit aussi « pas de jambe cassée », c’est pas si mal. Donc je lui raconte mon rien pendant 30 minutes. Mardi soir, elle me parle de ma sœur et d’une
amie à elle, Sandrine. L’amie typique du « je l’aime bien, mais… ».

 

Laissez-moi vous parler de Sandrine. De toute façon, vous avez pas le choix. Sandrine, 24 ou 25 ans, fille de docteur, a un super taf, un super appart, un super mec, une
silhouette de rêve et même une voiture de fonction. Et Sandrine se la pète qu’elle en peut plus. Elle étale sa supériorité en permanence, se vante de tout ce qu’elle fait parce qu’elle le fait mieux que les autres. Et Alice, ma sœur, ça la fout en l’air à chaque fois. Non parce qu’Alice, à 24 ans, elle est fille de docteur, a un taf qui lui plaît depuis qu’elle en a changé, j’aimerais bien son appart dans lequel elle vit avec son namoureux, pas de voiture de fonction mais pourquoi faire et si elle rentre pas dans du 36, elle est loin d’être obèse. En somme, quand ma mère me dit que ma sœur complexe rapport à Sandrine, je comprends pas trop. Parce que moi, Sandrine, la dernière fois que je l’ai vue, elle fréquentait un mec que j’ai trouvé bof physiquement (je lui cherchais du poil au menton pour être sûre qu’il soit majeur. Alors que son pote…) et un fessier plutôt Jennifer Lopezien. Mais bon, depuis, elle a découvert Power Plate et voilà. Mais bon, peu importe.  Au fond, Sandrine, je ne l’envie pas car je pense que cette fille sera toujours malheureuse car si elle fait tout ça, c’est pour atteindre une espèce de perfection que lui réclament ses parents. Son père est un collègue de son père et c’est un mec très m’as-tu-vu à base de « je suis le plus fort, le meilleur » donc sa fille est pareille. Mais ma sœur, ça la mine car elle se sent un peu merdique après.

 

Mais alors pourquoi s’entête-t-elle à fréquenter Sandrine ? Ben, parce qu’au fond, elle l’aime bien. Et là, je comprends. Parce qu’on a tous un(e) ami(e) qu’on aime bien mais
à dose homéopathique. Genre la personne, vous allez passer une super soirée SAUF SI elle vous parle de ça ou ça, ce qui va vous vriller le moral. Perso, je sais qu’il y a des gens comme ça, qui me gonflent de façon ponctuelle, on se voit pour une soirée… Et là, la soirée se passe hyper bien et je culpabilise d’avoir pensé du mal d’elle. Mais bon, si elle m’a gavée avec des trucs dont j’avais pas envie d’entendre parler, je vais commencer à espacer nos rendez-vous. Oui parce que je suis désolée mais des fois, faut savoir être égoïste. Alors attention, je dis pas qu’il faut fuir quand nos amis ont des soucis et besoin de soutien, tut tut tut. Moi, quand mes amis m’appellent parce que ça va pas, je suis là, y a pas de soucis. Non, je parle de ce truc récurrent qui vous mine. Genre votre amie Charlotte qui vous parle de son ex Etienne alors que ça fait un peu un an qu’ils ne sont plus ensemble et, non, Charlotte, je ne pense pas qu’il reviendra. Et oui, sa nouvelle meuf, elle a de grosses cuisses. Ah, je sais pas si c’était le meilleur amant que tu aies eu, je n’ai couché ni avec lui, ni avec les autres. Ou alors celle qui est au chômage, comme vous et qui se lamente : « Non mais tu comprends, ça fait trois mois que je suis au chômage ! ». Tu crois vraiment que je vais te plaindre ?? On chouine ensemble si tu veux mais commence pas à me faire le « moi plus que toi » en la matière, ça va m’énerver. Par contre, si avec Charlotte, on délire sur le beau mec derrière ou sur autre chose ou si miss chômage trouve amusant qu’on compare nos recherches d’emploi avec humour, là, je serai contente de les voir.

 

Je pense qu’on est peut-être plus exigeant en amitié qu’en amour. Déjà, moi, quand un copain ou une copine me saoule, je vais couper les ponts quelques jours, histoire de relancer le truc. Des petites pauses, ça fait du bien. Puis en amitié, je fonctionne par période : à des moments, je vais fréquenter plus une personne puis après, ce sera une autre. Sans que je sois fâchée avec la première, hein ! Bon, en général, c’est plus une question de planning. Par exemple, en ce moment, je suis au chômage donc je suis dispo en permanence donc je suis plus susceptible de fréquenter des gens dans la même situation que moi ou à peu près. Mais je suis aussi contente de déjeuner ou boire un verre avec mes amis actifs, faut pas croire ! Mais c’est vrai que des fois, y a des personnes qu’on a un peu moins envie de voir. On les aime bien, mais…

La beauté féminine

Les femmes sont généralement jalouses. Une femme plus belle qu’elles, mais quelle hérésie ! Pourrissons l’impie, faisons lui payer sa beauté ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi je détesterais une fille plus belle que moi (sauf si elle me pique mon mec), tant mieux pour elle, tant pis pour moi.
Il y a deux types de « femmes plus belles que moi ». D’abord, les célèbres, celles qu’on ne voit que sur papier classé. Là, on peut reconnaître leur beauté sans complexes : elle ne rentreront jamais dans notre sphère, elles ne seront jamais nos rivales. Notre mec peuvent fantasmer sur elles, on s’en fout, nous, on fantasme bien sur Brad. Et on va voir « Mr et Mrs Smith » au ciné et tout le monde est content. Je suis en général la première à m’extasier sur la beauté de Monica Bellucci ou Adrianna Karembeu : je ne peux pas avoir la mauvaise foi de dire qu’elles sont laides. Par contre, quand je dis que des femmes sont moches, c’est que je le pense. Mais je n’en ferai pas la liste ici car ça n’a aucun intérêt. Mais certaines filles ont déjà du mal avec ces lointaines rivales : « non mais t’as vu la cellulite qu’elle a Monica ? Franchement, Sophie Marceau, en vrai, elle est énorme ! ». Oui ben honnêtement, moi, la cellulite de Monica ou les cuisses de Paris Hilton, je m’en tamponne le cocotier et même, je suis contente de voir que ces véritables beautés (enfin, pas Paris Hilton, elle, elle me plaît pas) ont des défauts.
 
Mais là où la jalousie féminine prend toute son ampleur, c’est avec les femmes que l’on côtoie et donc que notre chéri peut voir. Alors, elles, c’est une autre paire de manches ! L’autre soir, je parlais à un copain qui me montrait des photos, je m’extasiais sur la beauté d’une de ses amies et il me dit ! « machine ne l’aime pas. » Mais pourquoi donc ? « Parce que quand elle est là, y a pas moyen de choper, tous les mecs n’ont d’yeux que pour elle ». Ah, c’est une vraie raison de détester quelqu’un, ça, en effet. Surtout que les deux demoiselles n’ont pas grand chose à voir physiquement donc, dès le départ, un mec qui aurait dragué l’une n’aurait sans doute pas dragué l’autre…
Bref. J’avoue que je suis rarement jalouse de mes congénères féminines et je suis assez sensible à la beauté féminine. J’apprécie de voir une belle femme qui sait se mettre en valeur, en plus. Je
suis irrémédiablement attirée par les belles femmes mais pas sexuellement parlant (ah, je sens que je n’aurais pas dû le préciser, ça, je viens de perdre au moins trente lecteurs) mais j’ai envie de sympathiser avec elles. Ben oui, je trouve ça agréable d’être amie avec des gens que je trouve beau, peut-être est-ce par esthétisme, peut-être par narcissisme (les gens beaux avec les gens beaux), je ne sais pas. Toujours est-il que la première impression est très importante pour moi, surtout que je me trompe rarement. Quelqu’un dont la gueule me revient pas, que j’aurai du mal à regarder en face parce que sa tête me dérange (ben oui, ça arrive), je vais avoir du mal à m’en faire mon amie. Je me souviens, en première année, j’avais en cours de géo, où j’allais une fois par mois les bons mois, une fille dont le visage m’insupportait, une vraie tête à claque. Déjà, son visage paraissait vieux et son style vestimentaire n’arrangeait pas cette sensation. En plus, c’était une sale fayote : « monsieur, c’est quand qu’on corrige le devoir que vous nous avez donné la semaine dernière ? » Ta gueule, connasse, je l’ai pas fait ! Et
voilà-t-il pas qu’en 2e année, elle sympathise avec Gauthier et Silvia, notre amie andorrane. Bon, j’ai pris sur moi et la dernière fois que je lui ai adressée la parole, je lui ai dit : « ce n’est plus la peine de me parler, tu n’existes plus pour moi. » Oui, elle faisait partie de la bande de frustrées qui nous avaient pris pris pour cible, Guillaume et
moi.
 
Je ne suis pas particulièrement difficile en beauté féminine, ce qui compte, c’est essentiellement le visage. Moi, j’aime les femmes souriantes et pleines de vie. Non mais osez me dire qu’une femme gaie est laide ! Lors de mon premier stage, il y avait une femme magnifique, un visage sublime à peine réhaussé par du maquillage, le genre de femme dont on peut être facilement jalouse malgré ses quelques (très jolies) rondeurs, surtout que son physique lui a apporté quelques avantages salariaux (hé oui). Mais cette fille, c’était la joie de vivre réincarnée, toujours une connerie à dire. Avec moi, elle était adorable. Je me souviens, un jour, elle vient me voir et me dit : « si tu veux, tu pourras venir me voir, on fera des trucs ensemble ! » Je la regarde, les yeux ronds : c’est qui ? Oui parce que le premier jour, on m’a présenté une vingtaine de personnes et sur le coup, j’ai pas compris. Donc je me suis penchée vers Zoé pour avoir des infos : c’est la chargée de comm ! Ah, logique qu’elle me propose une collaboration (et pas des brouettes, bande de pervers !).
 
Personnellement, je trouve que fréquenter de belles femmes, c’est quand même agréable et, curieusement, être avec une belle femme me fait sentir plus belle. Oui, normalement, ça devrait être l’inverse, je devrais me sentir l’immonde boudin qui sert de faire-valoir mais non. J’aime bien être avec de jolies femmes qui prennent soin d’elles parce que du coup, je me sens un peu comme elles. Marcher dans la rue avec une jolie femme, c’est se sentir puissante, sentir qu’on fait un beau duo (ou plus si on est plusieurs), sentir qu’on peut draguer si on en a envie. Je ne me sens pas menacée par une jolie femme car à moins de me balader avec mon sosie, on est forcément différentes donc on n’attirera pas les mêmes mecs (a priori).
 
Les seuls moments où je suis jalouse d’une belle femme, c’est quand il s’agit d’une ex de mon mec. Oui, ça les exs, je les aime pas trop mais j’en parlerai dans un autre article. Mais globalement, je ne me sens pas jalouse. Oui, cette fille est belle, tant mieux pour elle. Non, je ne veux pas lui ressembler car elle est elle et je suis moi, chacune ses atouts. J’en parlais l’autre soir avec un charmant garçon et il me disait que mon attitude n’était pas commune, ce qui m’a un peu étonnée. Si je commence à être jalouse des jolies filles, je peux rayer les trois quarts des femmes de mon répertoire. Anne est belle, Lucie aussi, mais je peux pas être jalouse d’elles, d’abord parce que ce sont mes amies, ensuite parce que nous ne nous ressemblons pas. Et puis, il faut l’avouer : Lucie, je l’ai aimée de suite parce qu’elle a vraiment une bonne bouille. Pour Anne, c’est un peu différent, on s’est rencontrées à la maternelle, je pense que je n’avais absolument pas conscience de la beauté à cette époque-là. Lucie, c’est une fille toute mignonne qui a un super nez. Oui, c’est tout moi, ça, la première chose que j’ai remarqué chez elle, c’est son nez et il m’a plu. Lucie n’aurait pas été mon amie si son visage ne m’avait pas plu ? Impossible à affirmer mais je pense que c’est probable.
 
Qu’en est-il des hommes ? Réagissent-ils de la même façon ? J’ai l’impression, mais je me trompe peut-être, qu’il y a beaucoup moins de rivalités entre deux hommes et qu’il n’y a donc pas cette espèce de gué-guerres mecs beaux contre les autres. Et moi, je trouve ça sain ! Parce que, techniquement, on trouvera toujours plus beau que nous (surtout quand on a tendance à se déprécier) et à jalouser tous ceux qui ont plus de succès auprès du sexe opposé ou du même sexe, on finit par devenir totalement asocial et malheureux.
 
Alors, les filles, arrêtez de jalouser les belles demoiselles. Vous aussi, vous êtes belles, ne rougissez pas devant elles !