La télé des vacances

La télé des vacances, c’est bonheur… ou pas. D’ailleurs pas tant que ça, c’est sans doute pourquoi je la regarde beaucoup moins qu’en temps normal. Il faut dire que l’été n’est guère propice au matage télévisuel : vu qu’il fait toujours jour tard et qu’il fait chaud (normalement),on préfère traîner ses guêtres à l’extérieur.   Sans parler des vacances sans télé. Du coup, les chaines vont pas investir non plus et gardent leurs programmes stars pour la rentrée.

Grand classique de l’été : les émissions de jeu ou de téléréalité. En effet, ce genre d’émissions ne coûte carrément rien par rapport à une fiction et ça assure pas mal de revenus, notamment grâce au vote SMS. Donc cet année, on retrouve le vidissimal Secret Story qui semble encore plus racoleur que l’an dernier, le vulgaire Ile de la tentation dont le seul intérêt, outre la plastique des tentateurs, est le niveau intellectuel incroyablement bas des candidats. A tel point que je ne peux pas m’empêcher de me demander s’ils sont sérieux ou pas. Rassurez-moi, ils jouent un rôle, on peut pas être si con en vrai ! On a aussi les aventuriers du bout de monde Koh Lanta soit un Lost réalisé avec 3 bouts de ficelles, sans mystère ni crash d’avion. Sans parler de l’indétrônable Fort Boyard ou des stars de 3e zone
s’agitent dans les araignées et serpents pour gagner des sous pour des assos. D’ailleurs, si vous aimez les people has been, ne ratez pas la nouvelle version d’Intervilles sur France 3… Non seulement y a du ringard mais en plus, c’est pas toutes les semaines les mêmes.

Autre rendez-vous normalement incontournable : la saga de l’été. Mais cette année, TF1 et M6 ont fait l’impasse, se contentant de mini séries diffusées en juin. Hé oui, c’est comme le tube de l’été que chaque chaîne nous matraquait jusqu’à écoeurement, tout se perd ma bonne dame. Seul France 2 continue le jeu  mais bon, on ne peut pas dire que la chaîne publique soit au top des tendances.

Et puis surtout l’été, y a du sport. Bon, cette année, pas de coupe de monde de foot (vu nos performances à l’Euro de toute façon, mouarf) mais il nous reste le sport favori des siesteurs de l’après-midi : le tour de France. J’avoue que je n’ai jamais compris la passion des gens pour ce spectacle : c’est d’un chiant ! D’abord, je ne connais pas le quart des coureurs, je capte rien à leur stratégie de course, les commentateurs sont un vrai cauchemar tant ils sont poussifs. Pire qu’en F1 mais en F1, un grand prix ne peut pas durer plus de deux heures alors qu’une étape de Tour de France, ça n’en finit jamais. Et tous ces gens qui courent autour des coureurs, menaçant de les faire tomber, c’est quoi ce délire, franchement ?

Heureusement, cette année, on a les JO. En plein creux politique pour cause de vacances (mais où ira Sarko et Carla cet été ? C’est pas que ça nous intéresse mais les journaux, si), ces JO de tous les scandales tombe bien. En plus, Sarkozy a prévu d’y aller ! Entre ça et les commentaires sur les prestations de nos champions (qui parie que Manaudou perd son titre ?), ça va nous occuper un été. En plus, ce qu’il y a de bien avec les JO, même ceux de Chine, c’est que ça nous permet de regarder des sports qu’on ne voit jamais à la télé et auxquels on s’intéresse une fois tous les 4 ans. A nous le volley, hand, basket (non NBA), beach volley, gym, natation, natation synchro, escrime…  Quel programme. Bon, comme d’hab, je ne verrai pas grand-chose surtout vu le décalage horaire mais si j’avais été en vacances à ce moment là, j’aurais pu voir quelques épreuves.

Finalement, l’avantage, l’été, c’est qu’on a plus de temps pour lire ou pour sortir. Parce que la télé, faut oublier. A moins de ne pas avoir peur de se retaper la 158e rediffusion du gendarme à St Tropez.

Mmmmm Chabal !!

Débuter un article avec un titre aussi naze, je sais, je devrais avoir méga honte mais pas du tout, en fait. Pour les 3 du fond qui n’ont pas suivi, je vais parler rugby mais restez parce que le sujet, c’est pas que ça, en fait. En fait voici l’article que j’avais prévu la semaine dernière mais que j’avais pas écrit parce que je faisais autre chose.

 abs.jpg

Semaine dernière, avant le quart de finale contre les All Blacks, je lis mon Elle. Oui, une phrase qui allie Elle et rugby, c’est possible. Là, je découvre une chronique de mon cher ami Eric Zemmour. Lui, je vois son nom, j’ai des envie de meurtre, c’est automatique. Et quand je le lis, c’est pire. Je vous résume sa pensée (si, si, paraît qu’il y en a une) : Chabal, c’est trop trop cool qu’il soit mis en avant parce que ce sont les vraies valeurs viriles du rugby qu’il représente, contrairement aux tapettes joueurs du calendrier et du Stade Français. Regardez, femmes, un homme, c’est barbu, poilu, hirsute, musclé, cradouille, pas gentil… Les autres, c’est que des pédés, il nous sape notre virilité. Et puis vous n’y connaissez rien au rugby, d’abord, c’est votre faute, à vous et aux tafioles homosexuels qui ont imposé cette féminité dans le sport. Au moins.

Forcément, je lis ça, je m’énerve. Bon, déjà, Zemmour, je devrais vraiment pas lire, je le sais que ça va m’énerver. Alors, M. Zemmour, je me permets de vous répondre, malgré mon irrespect et mon mépris pour vous. Alors commençons par le « vous n’y connaissez rien au rugby et vous le féminisez ». Prenons mon cas personnel, au hasard. 25 ans, journaliste rugby (oui, stagiaire mais quand même) qui attend devant les vestiaires pour interviewer les joueurs et qui pose des questions intelligentes parce que je m’intéresse à ce qu’ils ont fait sur le terrain. Même que j’ai suivi le match et même que j’ai compris tout ce qu’il se passait. Oui, je m’intéresse au rugby et pas qu’au cul des joueurs. Moi, quand je regarde le rugby, j’explique à Enzo sur MSN les règles, je m’énerve face à certaines couffes des Français, je peux expliquer à Vicky ce qu’il se passe à la télé… Alors, oui, je suis folle amoureuse d’Elissalde, j’ai fait ma maline
quand Michalak m’a fait la bise, quand je croise Betsen en boîte, je trouve sa virilité torride. Donc je m’intéresse au rugby en dépit du calendrier, du maillot rose du Stade Français, du côté glamour de certains joueurs parce qu’au fond, je ne regarderais pas un sport juste pour mater des mecs. Si on regarde le foot, par exemple, y a des joueurs très craqua miou genre les Italiens, là, mais je vais pas me taper de 90 minutes d’un sport qui m’intéresse pas pour mater épisodiquement un mec. J’ai autre chose à foutre de ma vie.

 Et puis ça veut dire quoi « vous, les femmes, vous vous intéressez qu’à la plastique des joueurs ». Alors voilà, aux hommes le sport, aux femmes les soap et émissions de cuisine. Bah ouais, qu’est-ce qu’on fait chier à regarder et même à aimer le sport ? C’est un truc de mec, nous, on a juste droit à la gym, la danse et à la limite, la natation synchronisée. Ah, et le cheval aussi. Ce qui est « amusant », très entre guillemets, c’est la réaction des mecs lambdas quand on dit qu’on s’intéresse à des sports de « mecs ». Toi, tu t’y connais en rugby? Mouahahahah! Ben ouais, mon gars, je suis allée dans les vestiaires, je les ai interrogés, j’étais la chouchoute de l’équipe d’Aurillac, j’avais qu’à demander quel joueur je voulais interviewer et je l’avais. Et ce n’est pas juste parce que j’ai des gros seins et les yeux bleus, c’est surtout parce que je faisais de bons papiers. D’ailleurs, je n’ai jamais été mal vue par les joueurs. Entre eux et moi, il

n’y avait pas de question de sexe, j’étais journaliste asexuée, point. Pareil quand je me mets à parler F1, au début, ça rigole et on se rend vite compte que je sais de quoi je parle. De toute façon, en F1, si on regarde que pour la beauté des pilotes, il ne faut regarder que les 5 minutes du podium, sinon, ils ont un casque, on voit rien ! On voit même pas leur cul. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’une femme ne peut pas aimer le sport sans que ça paraisse suspect.

 Enfin, Chabal. Bon joueur, ok, mais pas toujours. Face à la Nouvelle Zélande, il a été plutôt discret, on dira. Pourquoi c’est la nouvelle coqueluche? Mais parce qu’il détonne. Il y a 5-10 ans, ce qui déteignait, c’était les beaux gosses pas abîmés et « fins » (par rapport aux autres parce que même les plus fins sont hyper baraques). Et ça, on aime les « pas pareil ». Je suis pas sûre que si Chabal avait été anglais ou néo-zélandais, il aurait été une star à ce point vu qu’il serait plus dans le ton. Oui, il est bon, oui, il est impressionnant mais moi, il me fait pas

triper. Sa virilité, ça me fait pas craquer du tout, c’est juste pas mon genre. Quand il fait une belle action, j’applaudis, quand il se vautre, je râle. Il joue tant mieux, il joue pas, tant pis. Mais si on regarde, sur le papier, j’ai l’impression que le meilleur joueur français de ce mondial, c’est Elissalde, le gars fin d’1m72. Forcément, Elissalde et Chabal, ils n’occupent pas le même poste, je rappelle. On n’a pas besoin des mêmes forces pour l’un et l’autre… Ah, ça, M. Zemmour, il a pas fait gaffe. Non parce que si on regarde Betsen, par exemple, qui a toujours été dans le calendrier, avec son visage aux traits saillants, ses cicatrices, ses cuisses larges comme des troncs, sa carrure puissante, il n’a rien du tout à envier à Chabal. Hé oui, les joueurs virils n’a rien de nouveau et même que des fois ils sont dans le calendrier… Je ne sais pas pourquoi Betsen n’a jamais été plus sur le devant de la scène et pourquoi Chabal est devenu la nouvelle coqueluche, peu importe. Mais je le dis haut et fort : oui, les femmes ont le droit de s’intéresser au sport et pas juste pour les petits culs moulés, les (bons) joueurs virils peuvent aussi jouer le jeu du calendrier. La « pédéisation » du Stade Français amenée par Max Guazzini, ça agace ? Et alors ? Ils sont quand même champion de France et c’est pas un hasard. Mais bon, c’est vrai qu’à force de se focaliser sur ce genre de détails, on oublie que les mecs sur le calendrier, ce sont des joueurs des vrais. Ceux qui, une fois rhabillés, s’arrachent sur un terrain. Et c’est ça qui compte. N’est-ce pas, M. Zemmour ?