Mmmmm Chabal !!

Débuter un article avec un titre aussi naze, je sais, je devrais avoir méga honte mais pas du tout, en fait. Pour les 3 du fond qui n’ont pas suivi, je vais parler rugby mais restez parce que le sujet, c’est pas que ça, en fait. En fait voici l’article que j’avais prévu la semaine dernière mais que j’avais pas écrit parce que je faisais autre chose.

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Semaine dernière, avant le quart de finale contre les All Blacks, je lis mon Elle. Oui, une phrase qui allie Elle et rugby, c’est possible. Là, je découvre une chronique de mon cher ami Eric Zemmour. Lui, je vois son nom, j’ai des envie de meurtre, c’est automatique. Et quand je le lis, c’est pire. Je vous résume sa pensée (si, si, paraît qu’il y en a une) : Chabal, c’est trop trop cool qu’il soit mis en avant parce que ce sont les vraies valeurs viriles du rugby qu’il représente, contrairement aux tapettes joueurs du calendrier et du Stade Français. Regardez, femmes, un homme, c’est barbu, poilu, hirsute, musclé, cradouille, pas gentil… Les autres, c’est que des pédés, il nous sape notre virilité. Et puis vous n’y connaissez rien au rugby, d’abord, c’est votre faute, à vous et aux tafioles homosexuels qui ont imposé cette féminité dans le sport. Au moins.

Forcément, je lis ça, je m’énerve. Bon, déjà, Zemmour, je devrais vraiment pas lire, je le sais que ça va m’énerver. Alors, M. Zemmour, je me permets de vous répondre, malgré mon irrespect et mon mépris pour vous. Alors commençons par le « vous n’y connaissez rien au rugby et vous le féminisez ». Prenons mon cas personnel, au hasard. 25 ans, journaliste rugby (oui, stagiaire mais quand même) qui attend devant les vestiaires pour interviewer les joueurs et qui pose des questions intelligentes parce que je m’intéresse à ce qu’ils ont fait sur le terrain. Même que j’ai suivi le match et même que j’ai compris tout ce qu’il se passait. Oui, je m’intéresse au rugby et pas qu’au cul des joueurs. Moi, quand je regarde le rugby, j’explique à Enzo sur MSN les règles, je m’énerve face à certaines couffes des Français, je peux expliquer à Vicky ce qu’il se passe à la télé… Alors, oui, je suis folle amoureuse d’Elissalde, j’ai fait ma maline
quand Michalak m’a fait la bise, quand je croise Betsen en boîte, je trouve sa virilité torride. Donc je m’intéresse au rugby en dépit du calendrier, du maillot rose du Stade Français, du côté glamour de certains joueurs parce qu’au fond, je ne regarderais pas un sport juste pour mater des mecs. Si on regarde le foot, par exemple, y a des joueurs très craqua miou genre les Italiens, là, mais je vais pas me taper de 90 minutes d’un sport qui m’intéresse pas pour mater épisodiquement un mec. J’ai autre chose à foutre de ma vie.

 Et puis ça veut dire quoi « vous, les femmes, vous vous intéressez qu’à la plastique des joueurs ». Alors voilà, aux hommes le sport, aux femmes les soap et émissions de cuisine. Bah ouais, qu’est-ce qu’on fait chier à regarder et même à aimer le sport ? C’est un truc de mec, nous, on a juste droit à la gym, la danse et à la limite, la natation synchronisée. Ah, et le cheval aussi. Ce qui est « amusant », très entre guillemets, c’est la réaction des mecs lambdas quand on dit qu’on s’intéresse à des sports de « mecs ». Toi, tu t’y connais en rugby? Mouahahahah! Ben ouais, mon gars, je suis allée dans les vestiaires, je les ai interrogés, j’étais la chouchoute de l’équipe d’Aurillac, j’avais qu’à demander quel joueur je voulais interviewer et je l’avais. Et ce n’est pas juste parce que j’ai des gros seins et les yeux bleus, c’est surtout parce que je faisais de bons papiers. D’ailleurs, je n’ai jamais été mal vue par les joueurs. Entre eux et moi, il

n’y avait pas de question de sexe, j’étais journaliste asexuée, point. Pareil quand je me mets à parler F1, au début, ça rigole et on se rend vite compte que je sais de quoi je parle. De toute façon, en F1, si on regarde que pour la beauté des pilotes, il ne faut regarder que les 5 minutes du podium, sinon, ils ont un casque, on voit rien ! On voit même pas leur cul. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’une femme ne peut pas aimer le sport sans que ça paraisse suspect.

 Enfin, Chabal. Bon joueur, ok, mais pas toujours. Face à la Nouvelle Zélande, il a été plutôt discret, on dira. Pourquoi c’est la nouvelle coqueluche? Mais parce qu’il détonne. Il y a 5-10 ans, ce qui déteignait, c’était les beaux gosses pas abîmés et « fins » (par rapport aux autres parce que même les plus fins sont hyper baraques). Et ça, on aime les « pas pareil ». Je suis pas sûre que si Chabal avait été anglais ou néo-zélandais, il aurait été une star à ce point vu qu’il serait plus dans le ton. Oui, il est bon, oui, il est impressionnant mais moi, il me fait pas

triper. Sa virilité, ça me fait pas craquer du tout, c’est juste pas mon genre. Quand il fait une belle action, j’applaudis, quand il se vautre, je râle. Il joue tant mieux, il joue pas, tant pis. Mais si on regarde, sur le papier, j’ai l’impression que le meilleur joueur français de ce mondial, c’est Elissalde, le gars fin d’1m72. Forcément, Elissalde et Chabal, ils n’occupent pas le même poste, je rappelle. On n’a pas besoin des mêmes forces pour l’un et l’autre… Ah, ça, M. Zemmour, il a pas fait gaffe. Non parce que si on regarde Betsen, par exemple, qui a toujours été dans le calendrier, avec son visage aux traits saillants, ses cicatrices, ses cuisses larges comme des troncs, sa carrure puissante, il n’a rien du tout à envier à Chabal. Hé oui, les joueurs virils n’a rien de nouveau et même que des fois ils sont dans le calendrier… Je ne sais pas pourquoi Betsen n’a jamais été plus sur le devant de la scène et pourquoi Chabal est devenu la nouvelle coqueluche, peu importe. Mais je le dis haut et fort : oui, les femmes ont le droit de s’intéresser au sport et pas juste pour les petits culs moulés, les (bons) joueurs virils peuvent aussi jouer le jeu du calendrier. La « pédéisation » du Stade Français amenée par Max Guazzini, ça agace ? Et alors ? Ils sont quand même champion de France et c’est pas un hasard. Mais bon, c’est vrai qu’à force de se focaliser sur ce genre de détails, on oublie que les mecs sur le calendrier, ce sont des joueurs des vrais. Ceux qui, une fois rhabillés, s’arrachent sur un terrain. Et c’est ça qui compte. N’est-ce pas, M. Zemmour ?

Arthur et les chevaliers de la table ronde

Ce matin, dans le métro, j’ai terminé l’Enchanteur écrit par Barjavel. Oui, je suis très fan de Barjavel et quand j’ai vu qu’il avait écrit un roman sur Merlin et sur les légendes arthuriennes, autre sujet que j’aime bien, je me suis jetée dessus.

Que dire sur ces fameuses légendes ? Enormément de choses, ma foi, on pourrait en faire une thèse donc voici ma modeste vision des choses. Merci de pas me casser les couilles en commentaires sur quelques inexactitudes car selon les sources, l’histoire n’est foncièrement pas la même donc voilà.

Bon, comme il faut choisir un angle et que ce blog s’adresse surtout aux femmes, parlons des demoiselles qui rôdent autour d’Arthur. Des femmes, techniquement, y en a beaucoup, surtout depuis que le thème a été repris par les auteurs du XIIe avec la grande mode de l’amour courtois. Dès lors, nos amis chevaliers n’ont de cesse de sauver les dames en péril et de visiter leur couche juste après. Faut dire qu’un mec qui tue un dragon, ça aurait tendance à m’exciter, aussi. Donc passons sur ces braves dames très reconnaissantes pour nous intéresser aux trois grands noms féminins de la légende : Viviane, Guenièvre et Morgane, la reine et les deux fées. Bon, ces demoiselles ont au moins un point en commun : elles ne vieillissent pas. Elles passent de jeunes à un peu moins jeunes mais vieilles, non, ça n’existe pas. D’ailleurs, aucune des trois ne meurt officiellement, bien qu’il y ait une tombe je sais plus où qui est censée être celle de Guenièvre.

Guenièvre, commençons par elle puisque c’est la Reine. Bon alors, cassons de suite l’image que vous avez de notre amie grâce à la merde hollywoodienne « Lancelot » qui n’a pour but que de mettre en valeur Richard Gere parce que pour le reste, hum. Déjà, il faut savoir que Guenièvre a sensiblement le même âge qu’Arthur, elle n’est pas la jeune épouse d’un vieux croûton, non ! Quelles que soient les versions que j’ai lu, nos deux époux se sont rencontrés dans leur prime jeunesse. Mais voilà la Reine n’aime pas Arthur et dépérit à ses côtés. A peu près au moment du mariage de notre couple royal naît Galaad, dit Lancelot du Lac car élevé par la Dame du Lac, Viviane . Donc quand Lancelot arrive à la Cour du Roi Arthur pour la première fois, du haut de ses 20 ans, la Reine frôle la quarantaine. Et oui, mesdemoiselles, cette histoire d’amour qui vous fait vibrer depuis que vous avez lu Chrétien de Troyes au collège n’est pas l’histoire de deux jeunes âmes qui se rencontrent. Non, la Reine se tape un petit jeune, ni plus ni moins ! Donc la Reine aime Lancelot qui le lui rend bien et c’est ce qui va entraîner la chute d’Arthur et du Royaume de Camelot à la fin. Car l’amour rend nos deux amants un peu imprudent, quand même, surtout Lancelot qui perd la tête plus d’une fois pour la belle. D’ailleurs lorsqu’il se retrouvera prisonnier du Château de Morgane, il peindra les murs de tableaux de sa belle et lui, retraçant trop fidèlement l’histoire. Et qui va tomber dessus ? Arthur. S’ensuivra une guerre qui conduira à la mort d’Arthur et à la chute de Camelot.

Guenièvre, moi, je l’aime pas trop, on lui donne un côté trop romantico-concon à mon goût. Vient ensuite Viviane, la fée, muse puis maîtresse de Merlin. D’ailleurs, j’ai lu une version où elle enferme son enchanteur dans une tour d’air pour le garder toujours auprès d’elle. Viviane, c’est l’amour à l’état pur. Amour de femme pour Merlin, amour de mère pour Lancelot. Quelque part, elle est assez mystérieuse, on ne sait que peu de choses sur elle, elle apparaît toujours reliée à Merlin, son seul et unique amour qui lui offrit un royaume sous le lac, donc. Il lui confia Lancelot bébé et la demoiselle l’éleva comme son propre fils, lui donnant tout l’amour qu’elle pouvait. D’ailleurs, peut-être lui en a-t-elle trop donné. Merlin le lui avait confié pour qu’il devienne celui qui remplirait la quête du graal mais ayant fauté avec Guenièvre entre temps, il ne pourra pas l’accomplir. Ce sera donc son fils, né d’un sortilège (Lancelot a forniqué avec la fille du Roi pêcheur, celui qui garde le Graal, pensant qu’elle était Guenièvre). Bref, Viviane est de toute les femmes la plus pure, je pense. Ce doit être pour ça qu’on la voit pas trop, d’ailleurs.

Venons-en à la dernière des trois, la plus vicieuse et la plus garce donc ma préférée, Morgane. Elle est la demi-sœur d’Arthur dans la plupart des versions. Plutôt bonne au départ, elle a une grande consommation des hommes. Mais voilà, Guenièvre arrive, belle comme le jour et vertueuse comme une nonne et Morgane devient jalouse. Dans certaines versions, la demoiselle tombe follement amoureuse de Lancelot et tente par tous les moyens de le conquérir, y compris s’allier avec le Diable. Mais ses sortilèges échouent les uns après les autres. A un moment, elle parvient à enfermer Lancelot dans son château et tente désespérément de le séduire mais il ne pense qu’à Guenièvre et peint leur amour sur tous les murs de sa chambre. Folle de rage, elle parvient à entraîner Arthur dans son château et lui montrer la chapelle Sixtine de Lancelot. Le roi, furieux, décide de faire brûler Guenièvre et c’est de là que part la guerre évoquée plus haut. Arthur est tué par Mordret, son bâtard incestueux : ben, oui, Arthur, pendant longtemps, il n’a pas su qui était son vrai père donc il a couché avec sa demi-sœur sans savoir qui elle était et de là est né Mordret. Plusieurs légendes racontent que Morgane vient chercher la dépouille d’Arthur et l’emmène sur l’Ile d’Avalon. Morgane, c’est l’image même de l’amour vicieux, de l’amour malheureux : plutôt faire du mal à celui qu’elle aime (Arthur d’un amour fraternel puis Lancelot) plutôt que d’y renoncer.

Ce que j’aime dans ses légendes, c’est que déjà, y a tellement de versions qu’on peut en faire ce qu’on veut. Par exemple, Barjavel part dans des trips très curieux, genre : Merlin ouvre un supermarché dans un village ou Morgane a des ascenseurs dans son château, une vieille a le gaz dans sa maison et mange du cassoulet en conserve. Soit. On peut délirer dessus comme sur la série Kaamelot. N’empêche que même dans le délire, on sent qu’il y a une recherche documentaire, derrière, et certains épisodes montrent la rivalité entre Lancelot et le roi, y a pas mal de trucs bien vus. Nous bénéficions aujourd’hui surtout des légendes arthuriennes revisitées par l’amour courtois mais il n’empêche : que de sexe ! Ca fornique dans tous les coins, toutes les dames en détresse se montrent très généreuses de leur corps et à aucun moment, elles ne passent pour des demoiselles de peu de vertu. L’une des héroïnes positive de l’histoire est tout de même une femme adultérine (qui se tape un petit jeune, en plus). Apparemment, pour le sexe, à l’époque, on se posait moins de questions : « tu me sauves, tu me sautes », point barre. Y a que Morgane qui semble avoir une sexualité condamnable, sans doute parce qu’elle s’offre à ceux qui ne l’ont pas sauvée et utilise des subterfuges pour tenter d’avoir ceux qui osent lui résister. Le meilleur pour la fin : Galaad, le seul à avoir le cœur assez pur pour terminer l’aventure du Graal est tout de même né d’une fille mère !

S’il est vrai que l’amour courtois montre bien l’infériorité physique des femmes sur les hommes (elles ne peuvent se défendre seules, elles ont besoin d’un preux chevalier), je trouve qu’il y avait
à l’époque un vrai respect de la femme qu’il serait bon de retrouver parfois. Les chevaliers ne les sauvaient pas juste pour la brouette, nan, ils le font parce que c’est leur devoir et si la
demoiselle n’écarte pas les cuisses pour les remercier, ils ne la traitent pas de tous les noms. Elles offrent, ils disposent et pas l’inverse.

Finalement, c’était le bon temps !