Mais lâchez-nous, pour voir !

Je suis un paria de la société, un monstre que l’on montre du doigt, un être vil que l’on tente de combattre encore et toujours, qu’on rejette. Oui, je suis une fumeuse. Hou bouh ! Jetez moi vos détritus, allons y gaiement.


Quand je dis que je suis fumeuse, replaçons les choses dans leur contexte : actuellement, je fume entre 0 et 2 cigarettes par jour (sauf en soirées et encore) donc je ne suis plus vraiment une fumeuse. Mais ça m’énerve quand même cette chasse aux sorcière dont on est perpétuellement victime. Test : prenez une cigarette et portez la à votre bouche en indiquant que vous allez fumer. Est-ce qu’un seul d’entre vous a échappé à un « c’est pas bien » ? Est-ce que ça ne vous est jamais arrivé qu’un non-fumeur subtilise la cigarette (non allumée) que vous venez de sortir pour vous empêcher de la fumer ? Ou qu’un autre, zélé, vous retarde dans votre pause clope jusqu’à ce que vous n’en ayez plus envie ? A ces extrémistes du non tabagisme, je dirais : mais mêle-toi de tes fesses !


Comprenons nous bien : je ne parle pas de non fumeurs qui ne veulent pas qu’on fume chez eux, ça, je respecte complètement. Je ne suis pas du genre à imposer ma clope, à cracher ma fumée dans la figure des autres, je fais attention dans la mesure du possible. Mais franchement, si j’ai envie de me lever, d’aller me les geler 5-10 mn sur un trottoir pour un petit plaisir (oui parce que vu mon taux de clope, on peut pas dire que ce soir une dépendance), qu’est-ce que ça peut bien faire ? Qui ça dérange ? Oui, c’est mauvais pour la santé mais le burger ou la bière que t’es en train de t’enfiler, tu crois que c’est mieux ? Je travaille en plein centre de Paris, tu crois vraiment que mes poumons respireraient la joie de vivre même si je fumais pas ? Ca m’agace ces bons samaritains de la santé qui sont incapables de s’occuper de leurs propres affaires. T’es pas ma mère, t’es pas mon mec, lâ-che moi.


On nous a interdit de fumer à l’intérieur des lieux publics ce qui, soyons honnêtes, s’avère être une bonne chose. C’est quand même plus agréable pour tout le monde, soyons honnêtes, même s’il paraît qu’on a tué une exception culturelle française. Mais voilà que les élus verts de Paris aimeraient que les terrasses deviennent non fumeurs parce que l’air est pollué par la clope. Dois-je rappeler qu’on fume sur des terrasses parisiennes, à 3 millimètres de la route et des scooters qui se garent là (et qui polluent encore plus que les voitures) ? Non mais faut arrêter de déconner. Déjà que ça gueule parce que les riverains, ça leur fait du bruit… Ah parce que tous les bars ont ouverts le 01 janvier 2007 ? Ils n’existaient pas avant ? Mais alors puisqu’il faut pas déranger les gens, j’exige que toutes les rues soient piétonnes parce que dans mon ancien appart, j’avais des motos qui partaient tôt du garage d’en face et ça faisait un bruit monstre. Et aussi, j’aurais aimé que le pilage du verre n’ait pas lieu pile devant ma fenêtre tous les vendredi à 8h30 quand j’étais au chômage (parce que curieusement, depuis que je bosse, le pilage a eu lieu à 9h30 puis encore plus tard après mais j’étais partie donc je ne sais pas à quelle heure exactement). Et puis on devrait interdire aux gens de prendre le métro en même temps que moi et imposer aussi aux gens de se laver et parfumer avant de monter dans la rame. Et d’ailleurs, on devrait distribuer des chewing gums sur le quai, ce serait une très bonne idée. Et tant qu’à faire, imposons à tous de manger la bouche fermée, c’est dégueulasse, sinon.


Bref, cette chasse aux sorcières permanente me fatigue. Oui, je fume et alors ? Je respecte ton non tabagisme, respecte mon vice ! Est-ce que je fais chier tous les alcooliques du monde (et Dieu sait qu’il y en a et certains, ça ne se voit pas) ? Est-ce que je fais la morale à ceux qui ne font pas de sport parce que c’est mauvais pour eux, à ceux qui mangent au McDo au moins une fois par semaine, à ceux qui regardent trop la télé, regardent leur écran trop près… Chacun fait ce qu’il veut. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres comme on dit mais je vois pas pourquoi c’est toujours celle des fumeurs, surtout les fumeurs qui ne font pas chier le monde, qui est toujours menacée. Je fais l’effort de toujours sortir sur le trottoir, de cracher la fumée dans la direction opposée aux non fumeurs, de ne même pas demander si je peux fumer quand je suis chez quelqu’un qui ne fume pas. Alors, merde, ma clope sur le trottoir, laissez la moi.


Sans rapport, une petite BD (4e case) qui peut aller avec la dimension « mêle toi de tes fesses » (même si c’est pas sur la clope). Je ne comprends pas d’où les gens se permettent critiquer le mode de vie de parfaits inconnus.

NB : Si tu as le temps, lis les commentaires de l’article du Figaro. Ce que j’adore les commentaires sur les articles de journaux !

Si la femme a toujours raison, l’homme a toujours tort

Par Enzo

Vive la parité, vive les féministes. Je me lasse de vivre dans un monde ultra-sexiste. Pourtant en étudiant dans un domaine ultra-féminin, je pensais être au bon endroit. Mais non, des fois je me dis que les femmes sont les pires machos. L’endoctrinement marche très bien. J’ai parfois l’impression d’être plus féministe que mes camarades. Enfin je dis camarades mais c’est partout autour de moi. C’est fatigant d’un certain coté.

Un exemple parmi tant d’autres. Le désir masculin.
Il doit être toujours prêt, toujours au garde à vous. Tout autre état est pris pour de la faiblesse, pour de la traîtrise. Une baisse de « tension » pendant l’acte amoureux lors d’une concentration sur les caresses manuelles (qui est ce qui milite pour les préliminaires ?) ? Réaction choquée « Mais ?! » puis blessante « Tu ne m’aimes plus… ». Bien sûr, j’aime avec ma bite. Les hommes sont comme cela il parait. S’ils ne bandent pas continuellement, ils ne désirent pas, ils n’aiment pas. Par contre quand une femme ne mouille pas, c’est simplement l’homme qui n’est pas doué ou ne fait pas ce qu’il faut. Logique. J’oublie toujours mes leçons sexistes que je n’arrive(rais ?) jamais à intégrer. Les femmes aiment les chaussures, les hommes les voitures. Enfin un truc comme cela je crois.

Je n’ai pas envie ? C’est ma faute. Je dois être coupable, je ne la désire plus, je ne l’aime plus.
Elle n’a pas envie ? C’est ma faute. Je ne dois pas l’exciter assez, je dois pas être assez doué.
Je viens trop vite ? C’est ma faute. Je ne me contrôle pas assez, je ne dois pas être un bon coup.
Je ne viens pas assez vite ? C’est ma faute. Je ne suis plus assez excité, je dois être lassé d’elle, je suis un monstre.

J’écris cela ? C’est ma faute. Je n’ai aucune pudeur, je ne pense pas aux sentiments des autres.

Tous parfaits ?

Je me regarde dans la glace et je fais la moue : quel est donc ce vilain ventre qui n’est pas plat ? Et mes cuisses qui osent se toucher ? Bon, mes fesses, je vais pas les regarder, hein ! Et mon nez ? Et mes yeux ? Et ma bouche ? Ahlala, y a tout à refaire. Bon, je fais comme le Château de Versailles, je me mets en chantier. Direction la première clinique de chirurgie esthétique que je corrige tout ça.
madonna-chirurgie

Je te rassure, lecteur, ce petit chapeau ne retranscrit pas la réalité. Je ne me trouve pas parfaite, loin de là, mais ce n’est pas pour autant que je vais passer par la case « bistouri magique ». Pourtant, la société nous pousse à ne plus accepter la moindre imperfection : retirez le gras d’un côté, injectez de la silicone de l’autre ! Vous voulez ressembler à Claudia Schiffer ? On va vous aider. Et bien, moi, je dis stop.

Je suis née il y a de cela 27 ans du mélange magique des gênes de mon papa et de ma maman. En très gros, j’ai tout hérité de mon papa sauf les yeux et les seins (et mon sexe, évidemment !). Ah ça, je peux pas être la fille du facteur, moi. J’ai des atouts mais aussi des trucs que je n’aime pas chez moi comme mes pieds qui ne ressemblent à rien, mes doigts boudinés et tordus mais, globalement, je n’ai pas hérité de tares visibles, pas de panique. Alors pourquoi j’irais massacrer ce que m’ont donné mes parents pour obéir à un diktat que m’imposent les magazines ? Oui mes lèvres sont minces et on voit pas mes abdos (sans doute parce que ça fait à peu près 27 ans que j’omets d’en faire), la peau au coin de mes yeux est un peu abîmée à cause de la suractivité de mes glandes lacrymales. Oui, tous les soirs, quand je lis, mes yeux pleurent : c’est pas que je sois triste, c’est comme ça, je ne sais pas trop pourquoi, ils doivent fatiguer. Oui, mes épaules sont larges et je suis petite. Mais ce n’est pas pour autant que je suis le clone de Quasimodo.

L’autre soir, avant le début d’une émission, il y avait une pub pour l’émission de télé réalité « relooking extrême », un truc américain qui passe sur le câble. Distraite, je jette un œil et je me demande pourquoi tous ces gens ont des pansements sur la tronche. Et soudain, je percute : le relooking ne touche pas que les tenues vestimentaires et la coiffure. Hé oui, maintenant, la télé nous refait la gueule, non mais quelle horreur ! Ne croyez pas que je sois une farouche adversaire de la chirurgie esthétique, il y a de nombreux cas où elle est salvatrice mais quand elle est pour gommer un défaut minime, là, je hurle. Nonobstant les tarifs prohibitifs de ce genre d’opération, comment les gens arrivent à se haïr à ce point pour arriver à se charcuter et essayer de ressembler à tous ces stéréotypes dont on nous gave à longueur de journée. J’ai des kilos en trop ? Ben, j’ai qu’à faire un régime. Mes seins trop petits ? Mais il y a des
hommes qui adorent ça. De toute façon, si un mec ne s’intéresse pas à une nana parce qu’elle ne remplit pas un bonnet C, il peut être zappé directement, à mon avis.

Plutôt que d’aller chez le chirurgien esthétique, ces gens ne devraient-ils pas d’abord consulter un psy ? Parce que ce petit défaut qui leur empoisonne la vie, n’est-ce pas d’abord et surtout un truc psychologique ? Par exemple, moi, je ne suis pas fan de mon nez. C’est pas pour autant que je vais en changer, j’ai appris à vivre avec et, à la longue, il ne me paraît pas si déplaisant que ça. Par ailleurs, la chirurgie esthétique a souvent un effet de dépendance qu’on ne soupçonne pas. Un coup de bistouri magique et nous voilà plus belles. Et nous voilà à nous refaire le corps à coup de liposuccion et de collagène. Ben, je suis désolée mais petit à petit, on se transforme en monstre.

Quand je feuillette des magazines où les nanas ont toutes la même gueule, je ne peux que m’interroger : le XXI siècle sera-t-il celui où on devra tous se ressembler ? Devra-t-on avoir le nez fin, les pommettes rebondis, les yeux étirés et cet espèce de visage figé qui ne nous fait plus ressembler à rien ? N’aurons-nous plus le droit d’être enrobés, vieux, avec des valises sous les yeux et des petits seins ? N’y a-t-il que moi qui trouve ces poupées plastifiées ridicules ? Non parce que franchement, certaines, elles se sont fait greffer des ballons de rugby à la place des seins et c’est tout simplement immonde. Je me souviens d’une émission sur le sujet (oui, c’est un sujet très porteur), une nana toute fière qui montrait ses nouveaux nibards à tout le monde. Mais comment on peut être fier d’un tel truc ? Ca me dépasse complètement.

La chirurgie esthétique est très répandue chez les stars, elles sont font toutes greffer un canard WC ou se retendre la tronche au point qu’elles ne ressemblent plus à rien. Prenons, au hasard, Catherine Deneuve, femme très belle dans sa prime jeunesse. Ben quand je la vois maintenant, j’ai toujours un doute : c’est elle ou sa marionnette des Guignols ? Cette femme est devenue la caricature d’elle-même, la demi-sœur d’Armande Altaï et de Cher. Dans les journaux, on aime exalter la différence, le multiculturalisme (supposé) de la France mais finalement, on tend tous plus en plus à avoir la même gueule. Est-ce vraiment ce que le progrès est censé nous apporter.

Je réfléchis : évidemment, à 27 ans, je n’ai pas vraiment de problèmes de rides, j’ai un visage très peu marqué, ce qui fait qu’on me rajeunit toujours un peu. Je me tartine tous les soirs joyeusement, je dépense pas mal d’argent en crèmes de toute sortes. Mais bon, dans ma famille, on n’est pas très ridés donc je suis plutôt confiante pour la suite des événements. Si je peux avoir les mêmes rides que mon papa ou ma maman à 50 ans, ça ne me gênera pas. Ceci étant, puis-je affirmer aujourd’hui alors que je n’ai même pas trente ans et que j’ai pas eu d’enfants que je ne ferai jamais de chirurgie esthétique ? Même pas sûr. Préfèrerai-je ressembler à Catherine Deneuve ou à Brigitte Bardot dans mes vieux jours ? Je n’en sais rien.

Toujours est-il qu’à 27 ans, je refuse qu’on touche à mon corps, qu’on le remodèle pour que je ressemble à ces filles dans les magazines. Je ne suis pas parfaite et je n’ai jamais prétendu le devenir un jour mais au fond, en suis-je malheureuse ? Non. Ca me fait frémir ces gamines de 16 ans qui veulent à tout prix se faire siliconer la poitrine alors qu’elles n’ont même pas fini leur croissance. Vivement que le naturel revienne à la mode…