L’amour, c’est l’orgueil

Des fois, j’aime à me poser sous le grand cerisier en fleur du jardin pour penser à la vie. Envoûtée par la voûte rosée et le parfum délicat, mon esprit vole loin, loin… En vrai, je suis dans mon appart qui sent le M. Propre avec mon chat qui pioute pour avoir un câlin mais un peu de bucolisme ne nuit pas.

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Donc l’amour. Je sais pas vous mais quand je sors avec quelqu’un, si mon cœur bat plus fort, y en a un autre qui parade fièrement : l’orgueil. Comprenez bien que je ne suis pas du genre à choisir un bellâtre pour me promener en accrochant mon doux éphèbe à mon bras et si j’aime les mecs intelligents, j’évite les pédants prétentieux qui prend les gens de haut parce que tu comprends, ils n’ont aucun avis sur la pensée d’Alain appliquée à la téléréalité (l’article lié n’est lui pas prétentieux et très intéressant pour le coup. Mais finissez mon article avant d’y aller, merci). Surtout si les gens en question sont mes amis… Mon mec doit d’abord me plaire à moi et j’ai tout à fait conscience qu’il n’y a rien de plus subjectif que les goûts et les couleurs. Donc non, je n’exhibe pas mon mec comme un trophée. De la même façon, j’évite de trop étaler mon bonheur en mode « mon mec est trop parfait, hihihi ! ». Essentiellement parce que ça gonfle. Et que plus une personne va me chanter la mélodie de son bonheur plus je vais me demander quelle est la noirceur qu’elle tente de dissimuler. On me la fait pas à moi.

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Mais il y a de l’orgueil en amour. Cet autre que nous avons choisi, nous lui prêtons bien des qualités. Un homme si incroyable qui me choisit comme petite copine, ça fait ronronner l’égo. Mais quand survient la rupture, si le cœur saigne, l’ego fait sacrément la gueule. Parce que comment ose-t-il jeter une fille aussi bien que moi, ce gros nase ? Il pense vraiment trouver mieux ? Oui, la rupture peut transformer un homme tout parfait en gros beauf, voyez… Et puis va falloir assumer aux yeux du monde qu’on a failli et ça, ça fait un peu chier. Même si le monde fait en général un peu preuve d’empathie et évite de vous crucifier d’un « Ben ouais, il t’a larguée, normal, t’es une grosse merde » (sauf les trolls).

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En octobre, quand j’allais chez la naturopathe et que nous parlions de prince-charmant-devenu-crapaud, elle me demanda si je l’aimais. Et je répondis honnêtement : »non ». J’étais attachée à lui, j’étais amoureuse de l’image que j’avais de lui mais je ne l’aimais pas non. Cette histoire me faisait du mal d’une part parce que je ne comprenais pas mais surtout parce qu’il m’avait prise pour une conne. Et parce qu’à chaque rupture subie, on se demande pourquoi . L’autre n’est plus qu’un élément dans le drama narcissique qui se joue en notre for intérieur.

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C’est marrant comme en amour, on a du mal à accepter de perdre la face alors que des fois, ça ne le fait juste pas. Il m’est arrivé de rompre juste parce que ça ne fonctionnait pas entre nous. Le mec n’était pas en cause en tant que tel, c’est juste le lui+moi qui est boiteux. Mais des que la décision ne vient pas de nous, l’autre devient un connard. Non mais regardez le nombre de rupture où le plaqué vient déverser son chagrin sur votre canapé en sortant la phrase ultime « Non mais quel connard ! ». Alors que non, il a juste été honnête. Mais là, ce n’est plus votre cœur qui parle, c’est votre orgueil.

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Finalement, aimer, est-ce choisir un autre miroir qui vous renverra une image de vous que vous aimez ? Vous avez trois heures.

Aimez-vous les uns les autres… Mais juste les hétéros !

Y a des trucs qui m’énervent et me donnent envie de concevoir une vraie machine à baffes. Et j’en ai marre, vraiment marre, du climat nauséabond dans lequel on évolue actuellement. Passons sur la xénophobie et l’islamophobie devenues une sorte de norme pour nos amis les plus droitistes pour en arriver au sujet que je souhaite évoquer : les droits des gays. Oui, j’ai évoqué le mariage homosexuel y a pas si longtemps mais là, j’ai besoin de comprendre cette quasi haine envers eux, ça me dépasse.

Reprenons les choses de façon raisonnée. Quel est le crime des homosexuels ? Ont-ils volé, tué, violé, torturé ? Non, ils aiment, tout simplement. Ils aiment une personne du même sexe, ce n’est pas là un mal, c’est juste un fait. Pourtant, du fait de cet amour pour une personne du même sexe, les homosexuels sont aujourd’hui des sous-citoyens. Comme les criminels qui perdent leur droit de vote, ils n’ont pas les mêmes droits. Ca, c’est un fait. La question est : qui ça dérange deux homos qui se marient ? Un mariage est un contrat entre deux personnes, ni plus ni moins. Ca ne regarde que ces deux personnes et personne d’autre. Ni vous, ni moi. Donc déjà, sur le mariage, je ne comprends même pas qu’on puisse y être opposé. Non parce que si on doit donner son avis sur tous les mariages, moi, y a des mariages hétéros, j’étais pas trop pour. Les homos qui veulent se marier ne le font pas par caprice (ou du moins pas plus que les hétéros). Pourquoi ne peut-on pas concevoir que leur amour est aussi sincère que celui entre un homme et une femme ? J’aimerais que l’on m’explique.


Quant à l’adoption, il me semble avoir déjà expliqué sur ce blog qu’un enfant n’évolue pas en vase clos entre papa et maman. Il a des grands-parents, oncles, des tantes, des instituteurs et institutrices : des hommes et des femmes. Je ne suis déjà pas convaincu qu’un enfant ne peut se construire que grâce à un référent mâle et un référent femelle. Qui sommes-nous pour l’affirmer ? Je veux dire, en France, on a assez peu de couples homos avec enfants (il y en a, hein) alors qui peut se permettre de dire que c’est mal vu qu’on n’en a juste aucune idée. Ou alors on pousse la logique jusqu’au bout : on prend tous les enfants de parents célibataires, des divorcés, des veufs… Ben oui, y a pas le papa ou la maman à domicile, l’enfant sera forcément déséquilibré. Non, c’est pas ça la logique ? J’ai du mal à comprendre, une nouvelle fois. Un parent seul sera-t-il forcément plus compétent pour élever un enfant parce que hétérosexuel que deux homos ? Expliquez-moi, expliquez-moi !


J’en parlais l’autre jour sur Twitter avec un twittos m’expliquant que le problème pour lui ne venait pas du mariage ou de l’adoption mais que les gens contre avaient avant tout peur du changement (lui-même n’est pas contre, hein, il cherchait juste à expliquer, essayer de comprendre). Peur de perdre les valeurs structurantes de la société. Ah oui mes petits lapins mais la société évolue, c’est comme ça. Reprenons l’évolution des sociétés de façon extrêmement grossière : chez les Grecs, un éphèbe qui ne faisait pas sodomiser par un homme plus mature n’était pas un vrai homme. Oui, la virilité passait par une initiation sexuelle par un homme mûr. Au Moyen Age et à la Renaissance, on décapitait, pendait, écartelait à tour de bras. Il n’était pas rare qu’on prononce des sentences hallucinantes :pendaison puis dépècement puis immolation. Bon, là, le mec était archi mort. Vous trouvez qu’on aurait dû en rester là ? Il y a 30 ans, la peine de mort existait encore. Il y a 30 ans, l’homosexualité était officiellement un délit(même si ce n’était plus sanctionné depuis belle lurette). Lors de la 2nde guerre mondiale, les homos devaient arborer un triangle rose et étaient déportés comme les juifs. Vous trouvez ça bien ? Vraiment ? Ou ça vous gêne un peu quand même ?

Si j’avais été lesbienne, est-ce que ça veut dire que j’aurais été incapable d’aimer quelqu’un ? Incapable d’unir ma destinée à une autre femme ? Forcément une mauvaise mère potentielle ? Je ne comprends pas. Et j’ai mal, sincèrement. De voir toute cette homophobie décomplexée, des manifestations où les participants insultent deux filles qui s’embrassent.

Réveillez vous les gens, l’amour n’est pas dans votre camp. Et posez vous la question, une seule : d’où vous vient cette haine ? Ca ne me paraît pas très sain, moi perso…

Ah et tant qu’on y est, y a un Kiss in contre l’homophobie le 15 novembre. Si on y allait tous ? (j’ai 15 jours pour trouver un kisseur)

Faut-il draguer à la salle de sport ?

Le sport nous offre des possibilités de dragues infinies… Sur le papier. Vous avez fait chou blanc à la piscine ou en lieu et place du bel éphèbe au maillot étriqué, vous barbotiez entre deux pipelettes « nageant » côte à côte pour commenter les derniers potins ou un monsieur d’âge mur faisant du surplace en maillot si lâche qu’il vous dévoilait plus que vous ne vouliez en voir ? Remisez votre maillot et sortez le leggings ! On va à la salle de sport.

Imaginez un beau biceps bandant débandant couvert d’une sueur torride. Ça donne envie non ? Un esprit sain dans un corps sain, tout à fait ce qu’il vous faut ! Cheveux noués pour libérer la nuque, débardeur laissant entrevoir une brassière qui vous fait un pushing up de folie. Au bout de 2 mn de vélo elliptique, vous vous sentez plus mince, plus tonique, tellement irrésistible.

Sauf que la salle de sport, c’est tout sauf glamour, à moins d’accepter de payer un smic par mois l’abonnement . Ne parlons même pas de l’esthétique des machines qui, parfois, effraie. Si, les grosses machines de musculation dont je ne comprends même pas le fonctionnement ont un look à nous promettre claquages et déchirures musculaires. Ne parlons pas non plus de l’éclairage qui n’a rien de tamisé, du béton brut et des gros tuyaux parcourant les murs.

D’abord, la salle de sport, c’est une odeur de sueur. Et même si certaines salles te bombardent ça à coup d’huiles essentielles, tu peux pas rentrer dans une salle de sport sans plisser le nez. Oh, certes, on finit par s’habituer mais la sueur est perverse, elle ne se contentent pas de puer. Parfois, tu es tranquille sur ton vélo, celui avec un vrai siège, quand tu reçois des gouttes. Auraient-ils installés un Brumisateur ? Hé non, c’est le mec qui transpire comme un fou sur la machine derrière toi qui t’asperge de ses sécrétions. Vous continuez à vous sentir sexy ?

Ensuite, la salle de sport est emplie de gens qui n’ont pas envie de parler. Écouteurs vissés dans les oreilles, œil rivé sur les données de la machine (distance, temps restant, pulsations cardiaques…), ils sont certes là pour leur cœur mais eux ne cherchent pas à se le faire prendre, ils veulent juste le muscler. Parler nuit à leur respiration parfaitement calibrée, fait perdre le rythme et si j’avais envie de parler, j’aurais pas pris mes écouteurs.

Mais surtout le pire en salle de sport, c’est le bruit. On n’entend même pas la musique diffusée, on entend les poids des machines de muscu qui s’entrechoquent, les haltères posées lourdement sur le sol, le sauteur à la corde qui mêle bruit de saut et fouet de ladite corde et le plus tonitruant de tous : les mecs qui courent comme des tarés sur leur tapis de course. Ils se laissent tomber si lourdement entre chaque foulée qu’ils semblent être victime d’une attraction particulière leur faisant atteindre les 4 tonnes. Si à tout hasard, vous parvenez à nouer un dialogue avec un mec qui a oublié ses écouteurs, ça donnerait ceci :
« Salut, tu t’appelles comment ?
[TAPTAPTAPTAPTAPTAPTAP]
– Hein ?
[TAPTAP]
– Moi c’est Nina !
[TAPTAPTAPTAP]
– Bruno
[TAPTAP]
– Pourquoi tu parles d’abdos?
[TAPTAPTAPTAPTAPTAPTAP]
Pour peu que vous soyiez installés sur les vélos assis et que le taptapeur vous arrose de ses fluides…

Conclusion ? Ne prenez pas un abonnement à la salle de sport juste pour draguer, ça va vous coûter bien des sous pour rien. Alors amis, faisons du sport mais ciblons mieux.

La version où trouver l’homme ?

Faut-il draguer à la piscine ?

Pour draguer, mieux vaut affûtter ses armes. S’il est admis que tous les hommes ne se pâment pas devant les femmes aux courbes insensées, ne choisissant pas leur douce moitié en fonction de leur IMC, il est néanmoins important de se sentir à l’aise dans son corps. Et pour se faire, quoi de mieux qu’un peu de sport. Allons à la piscine histoire de perdre un peu de gras et de choper un bel éphèbe à pectoraux.

Imaginez-vous sortir de l’onde, l’eau ruisselant sur votre corps, votre peau scintillant de gouttes d’eau glissant tel un doigt mutin sur votre derme. Votre silhouette tonifiée moulée dans… Ah oui, quel maillot choisir ? D’un côté, le bikini sexy mais cruel avec les ventres mous. Sans parler de ses hauts de maillots malicieux toujours en train de laisser échapper l’un de vos seins. C’est certes une bonne façon d’attirer le mâle mais privilégions la qualité à la quantité…

Le maillot une pièce semble être la tenue ad hoc pour la piscine : il soutient (voire comprime) ce qu’il a à soutenir et souligne votre silhouette de naïade (si, si, en rentrant le ventre et les fesses, on n’est pas loin de Jasmine Bleeth ou Carmen Electra. D’ailleurs, elles, elles avaient un maillot de bain sur mesure, cf Pamela Anderson qui faisait entrer son opulente poitrine dans un maillot taille S voire XS). Et puis surtout, c’est la tenue de la fille qui n’est pas là pour rigoler. Parce qu’il ne faudrait pas prendre par dessus la jambe l’activité sportive de votre future moitié : si vous pensez faire des longueurs en tenue de touriste et vous attirer les faveurs d’un nageur, vous vous trompez mesdemoiselles, permettez moi de vous le dire. Lui, il est là pour se défouler, pour dissoudre dans l’eau bleue l’éventuelle naissance d’une bouée ventrale. Et puis poussez vous du milieu de la ligne avec votre maillot à froufrous, vous allez lui faire perdre le rythme.

Non, nous ne sommes pas à la plage et devons respecter la tenue de rigueur. Ce qui inclut le bonnet et les lunettes. Là de suite, l’image de la naïade scintillante en prend un sacré coup mais si vous voulez glisser un orteil dans l’eau chlorée, vous n’avez pas le choix. Voyons-y un avantage : grâce à vos lunettes, vous pouvez détailler les hommes en présence tranquillement sous l’eau. Mais les lunettes et bonnets donnent une nouvelle difficulté à l’exercice : comment reconnaître un homme version piscine de sa version urbaine ? D’un côté, nous avons un homme quasi nu avec des lunettes lui cachant les yeux et un bonnet dissimulant sa chevelure et de l’autre un homme au visage dévoilé mais au corps caché. Si Clark Kent parvient à dissimuler sa double identité grâce à des lunettes de vue, imaginez le pouvoir anonymisant des lunettes de plongée.

Car où accoster l’homme de piscine ? Pendant la nage, c’est risquer de boire la tasse. Efficace en soi pour se faire sauver et repartir dans les bras du maître nageur (au moins sur quelques mètres) mais assez peu glamour. Pendant la douche ? C’est normalement chacun de son côté. Puis il n’est guère aisé d’entamer une conversation en se savonnant généreusement ou pire, en se shampouinant. Vous avez remarqué la vile taquinerie de cette mousse qui vient toujours couler dans votre œil ? On ne peut décemment pas commencer une histoire d’amour par un « Salut, moi, je m’appelle… Raaaah mon œil, putain, ça pique ! ». Non, on ne peut pas. Ne reste que la zone où l’on remet ses chaussures et celles du sèche cheveux. Celle où le Batman de la ligne 4 est redevenu un Bruce Wayne. Bon courage pour le reconnaitre.

Reste alors les centres nautiques qui, s’ils ont leur bassin de nage pour les acharnés, réservent des espaces de trempage sans bonnet ni lunettes où le bikini n’est plus incongru. Sauf que… Sauf que quels sont les hommes que l’on croise généralement dns ce genre de bassins ludiques ? Les papas, affairés à apprendre à leur progéniture à nager. Et qu’est-ce qui va généralement avec un papa d’un enfant en bas âge ? Une maman qui, au mieux, est alanguie sur une chaise longue au bord de la piscine, au pire tourne autour de ce délicieux papa et du petit tel un requin qui dévorerait quiconque s’approcherait. Surtout si ce quiconque est en bikini.

Conclusion : mauvais plan. Et je n’ai même pas évoqué la douloureuse question du chlore et du pédiluve dégueulasse où on attrape des verrues.

(la version « où trouver l’homme ? A la piscine« )

Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini

Par Bobby

Depuis le temps que ça me titillait. J’ai même commencé à suivre un cours à la fac sur Pasolini au 2nd semestre dans l’espoir qu’on nous le projette en cours et qu’on l’étudie, sans succès. Mais là, ça y est. Je l’ai vu. Un film édifiant, qui reste gravé dans l’histoire du cinéma. Et qui a valu la mort de son auteur, assassiné après sa sortie.

Inspiré de l’oeuvre de Sade, Salo ou les 120 journées de Sodome relate l’histoire de quatre bourgeois qui, au temps de l’Italie fasciste, emportent avec eux dans une villa retirée 9 jeunes garçons et 9 jeunes filles, pour les esclavagiser. Le vice et la perversité font loi. Dès le début, on leur explique
qu’ils ne sont plus humains, qu’ils sont destinés au plaisir de leurs maîtres. Commencent alors trois cycles, semblables aux cercles infernaux de Dante, après un prologue qui nous présente les protagonistes et se nomme Antiferno (soit le « vestibule de l’enfer »)

Cercle des Passions

Les éphèbes et les nymphes sont tour à tour violés, maltraités sexuellement, humiliés. Hétérosexualité et homosexualité confondues. Considérés comme des chiens, de la viande.

Cercle de la Merde

Là, déjà, ça se gâte. A mes yeux, ce fut la partie du film la plus insoutenable. Les esclaves sont contraints d’ingérer les excréments des bourgeois, de se baigner dans des tonneaux remplis de merde, etc. Une horreur.

Cercle du Sang

Et pour finir, je vous gâche le suspense mais ce n’est pas l’intérêt du film, les jeunes gens sont torturés, atrocement suppliciés, avant d’être exécutés. Les spectateurs ayant survécu à la vision du Cercle précédent regarderont celui-ci sans broncher, apathiques, alors que c’est peut-être celui dont les images vont le plus facilement s’imprimer dans le cerveau. Régulièrement, il me revient des flashs de ce garçon qui hurle à la mort tandis qu’on lui brûle les organes génitaux.

Alors, me direz-vous, quel est l’intérêt de voir un tel film, une telle abomination ? D’une part, je me dis toujours que « il fallait bien que quelqu’un le fasse ». Besoin de concrétiser, de mettre en image, comme Sade l’avait fait avant Pasolini, des fantasmes monstrueux (domination totale, humiliation, viol, scatophilie, torture, mise à  mort). D’autre part, il y a, plus que dans d’autres films que j’ai pu voir de Pasolini, une certaine esthétique. L’auteur nous entraîne, grâce au décor, grâce aux personnages dominateurs et à leur cohorte, dans un véritable enfer. Il y a aussi le texte, les personnages parlent beaucoup, comme ceux de Sade. Pasolini crache sur la société, les moeurs, la religion. Contre une Italie
rigidifiée et sclérosée. En témoigne les fausses cérémonies organisées par les maîtres, sources de grotesque et d’humiliation. On ne sait plus si on doit rire ou trembler devant ces images.

Et puis, en fond sonore, les bombardements. La ville de Salo*. L’écho de la guerre, du fascisme, de la négation de l’être humain. Ce n’est pas un acte de violence gratuite. Il y a derrière ça une volonté ouverte de destruction des âmes. Comme le dit l’un des maîtres à une jeune fille implorant d’être exécutée « nous allons te détruire avant de te tuer », puis à un garçon « ne comprends tu pas que nous voudrions te tuer mille fois ? ».

Bon, vous allez peut-être trouver mon rapprochement douteux, mais parfois je vais sur des sites gays, et ce que j’y vois n’est pas si éloigné que ce que l’on trouve dans ce film. Toutes ces photos, ces slogans aguicheurs, cet étal de viande fraîche ou avariée, que l’on consomme sans le moindre respect, ça ressemble franchement à l’univers de Salo ou les 120 journées de Sodome.

Je ne suis pas en train de prôner un réactionnisme vis à vis de la sexualité (et je ne parle pas uniquement des gays hein, j’utilisais cet exemple parce qu’il m’est plus familier, mais je pense que tout le monde est dans le même sac : homos, hétéros, hommes, femmes), je ne pense pas non plus qu’il faille diaboliser les fantasmes. Un fantasme, ça peut être chouette de le concrétiser, aussi saugrenu soit-il. Mais bon sang, le sexe, c’est quand même un jeu, non ? C’est dommage que l’ambiance de ces univers là ne soit pas plus amicale, plus fraternelle (évidemment, j’ai conscience que c’est un peu utopique, les fantasmes présentés dans le film étant voués à se satisfaire de la souffrance non désirée de l’autre ; pour le coup, ces
fantasmes là… on peut sans doute les laisser au rang de fantasmes…).

*ville où Mussolini s’est réfugié après le débarquement en Sicile

Les Hommes Préfèrent les Chieuses

Par Lucas

Cet article se lit mieux avec la chanson ci-dessous

free music

Voilà, c’est mon dernier coup de folaille sur Facebook : j’ai adhéré à un groupe masochiste : les Hommes préfèrent les Chieuses. Le
développement qui est fait à la suite est limpide et cet article en reprend les grandes idées. Idées que j’avais brossées il y a 2 ans juste avt mon accident/coma mais qui ont le mérite d’être clairement dites sur ladite page : je ne vais faire que développer certains points. Bouh pas bien le plagiat.

 

Alors, oui, on kiffe les chieuses parce qu’elles disent clairement leur point de vue et qu’elles ont un sacré tempérament. Plus que tout, dans un couple, je trouve que la nana doit avoir du répondant. Or, je suis sur que si on parle de chieuse, le terme vient pallier une absence de définition précise, celle d’une femme qui s’estime vraiment l’égale de son mec et qui lui fait comprendre clairement. Je dérive 3s pour dire que si un jour je trouve une nana pour un bout de chemin ensemble, je ne vois pas pourquoi c’est elle qui
devrait se taper des RTT post accouchement pour s’occuper du chiard. Un couple équilibré c’est ça aussi. Fin de la dérive.

Donc quess qu’on cherche chez la chieuse ?

Peut-être à évincer une monotonie post coup de foudre, quand le stade amoureux devient de l’amour. Ouhai soit. Il y a quand même plein de couples où la femme a cette énergie sans être une emmerdeuse pour autant. Peut-être aime t-on chez la chieuse cette propension à n’être jamais satisfaite, à vouloir toujours aller plus wohaut où l’on oublie ses souvenirs, aller plus ohhhhhhh, se rapprocher de l’avenir… Voire même à dire clairement ce qui ne va pas dans le couple au lieu de laisser une situation stérile perdurer…
Ce qui est génial dans la chieuse c’est qu’elle fait voler en mille morceaux l’image du pater familias antédiluvienne et que pour le coup la femme est vraiment l’égale de l’homme.

Je sens que cette phrase va me valoir plein de comm de nanas offusquéees par mon propos et me rappellant qu’il n’y a pas b’soin d’être une chieuse pour être à égalité avec son mec. Mais p’tete justement que nous les mecs de manière implicite on définit la chieuse comme telle parce que, quelque part, elle dispute l’hégémonie archaique du male dans le couple. Bon, OK, déjà chez moi entre
mes parents c’est le cas : ya pas une semaine sans engueulades !

Je crois que la chieuse est tellement éprise d’excellence qu’elle déguise parfois un manque de confiance en elle derrière une façade de
winneuse. Réussir à débusquer en elle cette fragilité, savoir être présent pour elle, anticiper une crainte, une angoisse qu’elle pourrait manifester par une agression verbale, c’est ça aussi la gestion de la chieuse. C’est un challenge de tous les jours, subtil et autrement plus intéressant que la nana qui papillonne autour de toi avec des yeux béats d’admiration et la bave aux lèvres…
Je caricature ? Si peu…

Au delà de ces portes ouvertes que je défonce avec allégresse, je crois que la chieuse est une humaniste en puissance qui veut sublimer sa vie et rendre son quotidien plus joli. Je crois que la chieuse c’est un peu comme la mère qui légitime ses emmerdements en disant « C’est pour ton bien ».

Adopter une chieuse est donc une procédure réfléchie ! C’est un effort de tous les jours pour comprendre les circonvolutions de son caractère (une chieuse a toujours un caractère affirmé, c’est une pléonasme mais surtout elle est d’une richesse et d’un relief qui nous offrent des surprises tous les jours aux détours du chemin. La vie avec une chieuse n’est pas une promenade, c’est une randonnée.)

Si une nana est aussi volontaire, c’est la preuve qu’elle ne compte pas sur le fait que son couple s’endorme. D’ailleurs, se faire plaquer par une chieuse est un signal d’alarme. Ca montre qu’on a peut-être perdu son caractère humain, cette propension à s’étonner, cette capacité à changer son regard sur les choses, à anticiper ou comprendre ce que l’autre ressent ou ce dont elle a besoin. La chieuse nous transforme en SAMU, prêt à répondre à tout moment. Voire même à l’envoyer balader le cas échéant : hors de question que la chieuse devienne dominatrice.

N’oublions pas un dernier trait de la chieuse, bien utile..
Sortir avec une chieuse empêche les boudins de trop coller l’éphèbe que je suis et de chercher à tout prix à me séduire. La chieuse est un repoussoir de qualité. Incisive, directe, sans détours.
Elle a cette qualité immense de dire clairement les choses sans chercher à biaiser. On ne sera jamais assez reconnaissant aux chieuses pour ça !