Faut-il draguer à la piscine ?

Pour draguer, mieux vaut affûtter ses armes. S’il est admis que tous les hommes ne se pâment pas devant les femmes aux courbes insensées, ne choisissant pas leur douce moitié en fonction de leur IMC, il est néanmoins important de se sentir à l’aise dans son corps. Et pour se faire, quoi de mieux qu’un peu de sport. Allons à la piscine histoire de perdre un peu de gras et de choper un bel éphèbe à pectoraux.

Imaginez-vous sortir de l’onde, l’eau ruisselant sur votre corps, votre peau scintillant de gouttes d’eau glissant tel un doigt mutin sur votre derme. Votre silhouette tonifiée moulée dans… Ah oui, quel maillot choisir ? D’un côté, le bikini sexy mais cruel avec les ventres mous. Sans parler de ses hauts de maillots malicieux toujours en train de laisser échapper l’un de vos seins. C’est certes une bonne façon d’attirer le mâle mais privilégions la qualité à la quantité…

Le maillot une pièce semble être la tenue ad hoc pour la piscine : il soutient (voire comprime) ce qu’il a à soutenir et souligne votre silhouette de naïade (si, si, en rentrant le ventre et les fesses, on n’est pas loin de Jasmine Bleeth ou Carmen Electra. D’ailleurs, elles, elles avaient un maillot de bain sur mesure, cf Pamela Anderson qui faisait entrer son opulente poitrine dans un maillot taille S voire XS). Et puis surtout, c’est la tenue de la fille qui n’est pas là pour rigoler. Parce qu’il ne faudrait pas prendre par dessus la jambe l’activité sportive de votre future moitié : si vous pensez faire des longueurs en tenue de touriste et vous attirer les faveurs d’un nageur, vous vous trompez mesdemoiselles, permettez moi de vous le dire. Lui, il est là pour se défouler, pour dissoudre dans l’eau bleue l’éventuelle naissance d’une bouée ventrale. Et puis poussez vous du milieu de la ligne avec votre maillot à froufrous, vous allez lui faire perdre le rythme.

Non, nous ne sommes pas à la plage et devons respecter la tenue de rigueur. Ce qui inclut le bonnet et les lunettes. Là de suite, l’image de la naïade scintillante en prend un sacré coup mais si vous voulez glisser un orteil dans l’eau chlorée, vous n’avez pas le choix. Voyons-y un avantage : grâce à vos lunettes, vous pouvez détailler les hommes en présence tranquillement sous l’eau. Mais les lunettes et bonnets donnent une nouvelle difficulté à l’exercice : comment reconnaître un homme version piscine de sa version urbaine ? D’un côté, nous avons un homme quasi nu avec des lunettes lui cachant les yeux et un bonnet dissimulant sa chevelure et de l’autre un homme au visage dévoilé mais au corps caché. Si Clark Kent parvient à dissimuler sa double identité grâce à des lunettes de vue, imaginez le pouvoir anonymisant des lunettes de plongée.

Car où accoster l’homme de piscine ? Pendant la nage, c’est risquer de boire la tasse. Efficace en soi pour se faire sauver et repartir dans les bras du maître nageur (au moins sur quelques mètres) mais assez peu glamour. Pendant la douche ? C’est normalement chacun de son côté. Puis il n’est guère aisé d’entamer une conversation en se savonnant généreusement ou pire, en se shampouinant. Vous avez remarqué la vile taquinerie de cette mousse qui vient toujours couler dans votre œil ? On ne peut décemment pas commencer une histoire d’amour par un « Salut, moi, je m’appelle… Raaaah mon œil, putain, ça pique ! ». Non, on ne peut pas. Ne reste que la zone où l’on remet ses chaussures et celles du sèche cheveux. Celle où le Batman de la ligne 4 est redevenu un Bruce Wayne. Bon courage pour le reconnaitre.

Reste alors les centres nautiques qui, s’ils ont leur bassin de nage pour les acharnés, réservent des espaces de trempage sans bonnet ni lunettes où le bikini n’est plus incongru. Sauf que… Sauf que quels sont les hommes que l’on croise généralement dns ce genre de bassins ludiques ? Les papas, affairés à apprendre à leur progéniture à nager. Et qu’est-ce qui va généralement avec un papa d’un enfant en bas âge ? Une maman qui, au mieux, est alanguie sur une chaise longue au bord de la piscine, au pire tourne autour de ce délicieux papa et du petit tel un requin qui dévorerait quiconque s’approcherait. Surtout si ce quiconque est en bikini.

Conclusion : mauvais plan. Et je n’ai même pas évoqué la douloureuse question du chlore et du pédiluve dégueulasse où on attrape des verrues.

(la version « où trouver l’homme ? A la piscine« )

Où trouver l’homme ? Episode 29 : au supermarché

(Petit lecteur, cet article est une fiction. Donc tout ce qui va suivre n’est pas vraiiiiiiiii donc tu peux rigoler ou dire que c’est pas super crédible mais pas critiquer mon comportement fictif… Merci bien)

A la recherche du prince charmant

Après la disparition de Fabien, me voici dans le cycle infernal de la rupture, alternant entre « tous des connards, je ne ferai plus jamais confiance en aucun homme » et « je suis une sombre merde qui n’arrive pas à retenir un mec ». Or quand je suis dans la phase down de la sombre merde, j’ai tendance à noyer mon désespoir dans des cochonneries alimentaires du genre glaces hypra caloriques, fromage, chocolat et tutti quanti. Comportement totalement paradoxal puisque normalement, quand on se sent moche, on devrait faire des efforts pour s’arranger et non l’inverse. Parce que toutes ces cochonneries, en plus d’épaissir les parties charnues de la bête, ça donne une vilaine peau. Tout pour séduire, en somme.



Un soir, je m’arrête à la supérette du coin pour faire des courses. Le problème, c’est que je les fais en sortant du travail, le soir, et que je crève la dalle et j’ai donc tendance à mourir de faim et craquer facilement pour des cochonneries. Tiens, du riz au lait, ça fait une éternité que j’en ai pas mangé, bonne idée. Un petit caprice des Dieux, c’est pour le calcium. Comme c’est l’hiver, je zappe l’étape glace mais par contre, la double tablette de chocolat fourrée au lait de Milka, là, je dis oui.


Au détour d’un rayon, je l’aperçois : le beau gosse. Seul. Alerte rouge ! Résumons mon panier : du chocolat, du fromage ultra gras, des desserts qui le sont tout autant, des croquettes pour chat mais pas la queue d’un fruit ou d’un légume. Ni même d’un produit épilatoire. Ma fille, ton panier hurle « Attention, desperate single ». Va falloir corriger tout ça. Observant le trajet du beau gosse pour ne pas le croiser avec mes courses déprimantes, je replace chocolat et produits gras pour les remplacer par des fruits, des légumes et une bonne crème dépilatoire. Et des bas, tiens aussi, des vrais, pas les mi bas qui cassent la jambe. Par contre, je me dois de garder les croquettes car même si mon chat est anorexique, elle a quand même le droit de manger ses trois croquettes quotidiennes.


Beau gosse va à la caisse, je me colle pile derrière lui avec mon panier de single bien dans sa vie, bien dans sa peau, bien sans ses poils. Je jette un œil à ses achats : plats prêts, deux canettes de bière, une brique de lait, des bananes et une boîte de Chocapic. Ok, je suis déjà sûre qu’il vit seul. Maintenant que la proie est verrouillée, il faut l’attraper. Opération je me tiens droite, je rentre le ventre, je prends mon air vague et mystérieux en bougeant les cheveux sans raison. Bon, maintenant, ce serait sympa de sa part qu’il me regarde. Ah voilà qu’il pose la séparation d’article entre deux clients sur le tapis en m’adressant un sourire, c’est ma chance. Je souris également. Bon, heu… Je vais vider mon panier en mettant de la grâce (avec un c, j’insiste), de l’œillade torride et du mouvement de cheveux. Bide.

 

Le voilà à ranger ses courses dans des sacs, je suis dans sa ligne de mire. Air de princesse mystérieuse ou grand sourire ? Œillade timide ou torride ? Au secours, tout va se jouer dans les prochaines secondes, que faire ? Il paie, il paie, vite ! Pose alanguie et œillade complice des fois que… Ah, la caissière me parle, « bonjour, bonjour ! ».  Noooooon, le temps de saluer la caissière, je perds l’eye contact et le jeune homme part sans m’attendre. Le retenir ? Mais je peux pas, je ne peux pas tout laisser en plan…

Et voilà, parti le beau gosse. Moralité ? Si tu veux draguer à la caisse, tu te places AVANT ta proie dans la queue. Comme ça, il t’a sous le nez tout le temps et tu peux même l’attendre, des fois que. Ceci étant, rien n’est mort : avec de la chance, je le recroiserai.

Complexée, moi ? Ben oui !

Aujourd’hui, au lieu de sonder nos âmes, sondons nos corps. Samedi, déjeuner familial entre mes parents et moi, on en vient à parler de ma sœur qui se drogue de sport en ce moment pour son super régime. Sauf qu’elle est tombée sur une diététicienne qui essaie de régler son problème psychologique : ma sœur hait son corps. Ainsi, quand la diététicienne l’a forcée à se regarder dans un miroir, elle a pleuré. Du coup, moi, ça m’interpelle.

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Comme la plupart des femmes, j’ai un rapport particulier avec mon corps. Des jours, je l’aime à peu près, des jours, je le déteste. Il y a des trucs contre lesquels je peux à peu
près lutter (cellulite, vilain bidou) et d’autres non (ossature forte, tendance génétique au ballonnement). Bon, m  a petite taille n’a jamais été source de complexe particulier : être une fille d’1m57, c’est plus mignon qu’effrayant, soyons honnêtes. Ma grosse poitrine, par contre, ça dépend. De suite, sur les photos, gros seins = grosse fille, si on a
qu’une photo de la tête et de la poitrine. Prenez par exemple Pamela Anderson, selon comment vous cadrez la photo, elle prend ou perd 10 kilos. Et puis j’en ai marre de jamais trouver de chemises qui ne baillent pas. Mais je m’égare, je vais pas vous faire la revue de ma personne, on s’en fout. Donc mon corps, je vis avec, pas le choix. Globalement, quand je le regarde (sans ma tête, elle, je la trouve très chouette à deux ou trois détails près mais l’ensemble me plaît, à la poubelle la modestie), c’est clair qu’il y a mieux mais c’est aussi clair qu’il y a pire. En général, les jours de mauvaise humeur, je l’aime pas, les jours de très mauvaise humeur, je le déteste (mais pas que lui, je déteste la terre entière), des jours, je me sens mal dans ma peau. Mais d’autres, ça va. Je passe beaucoup de temps à me regarder dans la glace, de face de profil, je rentre le ventre, j’adopte des positions. Jamais en public (quoi que les regards à peine discrets dans les vitrines qui renvoient mon image, je suis sûre que je suis pas la seule) mais en privé, c’est mon plaisir égoïste. Même que des soirs, je m’amuse à vider mon placard et à essayer plein de fringues, pour m’amuser.

Mais globalement, en France, on a un rapport plutôt conflictuel avec notre corps et j’ai pas l’impression que ça soit le cas à l’étranger. Y a quelques temps, je discutais avec Vicky, elle me parlait de son voyage en Angleterre, le pays où le micro short est limite l’uniforme de la rue. Elle m’expliquait qu’en gros, les Anglaises n’avaient aucun complexe à exposer leur cellulite et que, du coup, là-bas, tu te prends à porter des fringues méga mini que t’oseras jamais ressortir en France. De la même façon, quand je regarde certaines émissions américaines avec des obèses à moitié à poil ou les Californiens toujours en maillot prenant soin de leur corps en permanence ou encore les Allemands qui n’ont pas du tout de pudeur et semblent très à l’aise avec leur corps, je me pose très sincèrement la question : pourquoi, nous, on complexe ? Non parce que la plupart des gens complexent sans avoir de réelles raisons. On est trop gros ou trop maigres, voire trop grands ou trop petits mais jamais parfaits. On pourrait penser à une fausse modestie genre « mais non, voyons, mon corps n’est pas parfait, hihihi ! ». Mais non, pour les gens que je connais, les complexes sont réels. Rarement, ils nous empêchent de vivre mais ils sont là.

A côté de ça, je connais quelques personnes terriblement à l’aise avec leur corps et je les envie. C’est pas forcément des gens super bien foutus, en plus, mais ils sont tellement
bien dans leur corps qu’on ne fait même pas attention à leurs imperfections. Je les envie ces gens là, vraiment. J’aimerais être capable de me trouver parfaite comme je suis, de pas loucher sur mon vilain bidou (oui, en ce moment, c’est lui qui me fait chier mais ça peut être rotatif les complexes), de me sentir so irresistible. Oh, ça arrive, ces jours de grâce que j’adore où je suis de tellement bonne humeur que je me sens même plus mignonne mais carrément belle. Que je marche dans la rue comme si j’étais dans un clip vidéo dont je suis la star. Ces jours où, forcément, les hommes me regardent et me sourient.

Bref, des fois, je me dis qu’on devrait nous apprendre à l’école à aimer notre corps et à en prendre soin. Je lisais y a pas très longtemps dans le magazine Psychologies (pas trop

ma tasse de thé, le magazine) que les femmes ont souvent du mal à accepter la futilité des soins du corps, qu’elles ne se sentent pas dignes d’être parfaites ou à peu près, d’où le très bon slogan L’Oréal « Parce que tu le vaux bien ». Moi aussi, je le vaux bien, après tout. Oui, c’est futile de se tartiner la figure avec une bouillie verte pour avoir bonne mine, de se
vernir les ongles, de faire du sport pour avoir le corps qui nous plaît, de s’épiler les orteils parce que c’est la seule partie de mon corps vraiment poilue et ça fait chier. Mais j’ai aussi le droit de pas avoir de muscle si ça me plaît pas, de pas aimer courir, de vouloir être jolie et bien dans ma peau sans forcément manger 3 radis par jour maximum. Bref, je crois qu’il y a toute une éducation d’acceptation de son corps à faire. Tant que la santé n’est pas en danger, pourquoi ne pas nous accepter tels que nous sommes ? Après tout, si on arrive pas à mincir ou à grossir (selon les cas), c’est peut-être aussi qu’on est à notre poids de forme et qu’on est génétiquement pas faits pour être plus gros ou plus minces ?

J’me sens pas belle

Dimanche dernier, alors que j’étais censée me coucher et que je ne le faisais pas, je tombe sur un épisode de Sex and the City sur Teva (en VO). Je regarde d’un air distrait, je me souviens pas de cet épisode (en fait, je crois que je n’en avais jamais vu le début). Miranda était invitée à un repas chez des amis de son nouvel ami. A un moment, elle part à la cuisine avec les femmes qui lui expliquent que son ami s’est enfin décidé à ne plus sortir avec des tops models, certes très belles mais totalement crétines. Et voilà que notre amie partage son désarroi avec ses copines : elle ne peut pas faire le poids face à des tops models (ou plutôt, elle fait trop le poids…).
dans-le-miroir
 
Quand j’avais écrit mon article sur un pénis dans le journal, Erich m’avait filé des liens sur une polémique qui avait eu lieu quand une pub avait mis en scène un homme nu. Une féministe avait crié au scandale car maintenant, les hommes devaient aussi subir le diktat de la beauté, tout comme les femmes. Pour ma part, je pense qu’il n’y a pas de raison que seules les femmes subissent l’obligation d’être parfaites mais là n’est pas le sujet. Comme Carrie, je jette un œil dans les magazines et je désespère : je n’arriverai jamais à la cheville de ses créatures à la beauté parfaite. Enfin, selon les canons de beauté en vigueur aujourd’hui.
 
Depuis quelques années, plusieurs associations essaient de les casser, en s’en prenant notamment à la poupée Barbie. Si Barbie était une vraie femme, elle tomberait, entraînée par le poids de sa poitrine démesurée par rapport au reste de son corps. Ils ont d’ailleurs inventé une poupée Barbie qui reprend les mensurations de l’Européenne type, à savoir une taille 42. Le problème est que les normes sont biaisées : les mannequins des magasins ne pourraient pas avoir d’enfants si elles étaient de vraies femmes, tant leurs hanches sont fines. Quant aux photos de stars ou mannequins, elles sont très souvent retouchées. Exemple ? Prenez Britney Spears ou Mariah Carey (entre autres). Ces demoiselles perdent mystérieusement une dizaine de kilos entre les photos et leurs passages en plateau ou en concert. Mariah Carey est très amusante pour ça, on sent la fille complexée par ses kilos en trop. Sur les plateaux télés, elle rentre le ventre comme une malade et croise les jambes pour cacher ses cuisses. Du coup, elle se déplace pas, elle peut pas ! Essayez de marcher avec les jambes croisées, c’est vraiment pas évident !
 
Pourtant, il paraît que les rondelettes sont à la mode. Exemple : une pub pour un savon (je sais plus lequel, Palmolive, je crois) où une femme plantureuse à la peau laiteuse sort à moitié de l’eau. Elle, au moins, elle saute pas de repas ! L’an dernier, Emmanuelle Béart exposait ses rondeurs sur la couverture de Elle pour le festival de Cannes, on peut évoquer Jennifer Lopez, Beyoncé ou je ne sais plus qui. Même Monica Belluci, on dit pudiquement qu’elle a « des formes ». Franchement, j’aimerais avoir les mêmes qu’elle ! Cependant, dès qu’une star filiforme prend 3 grammes, les magazines people nous la montre en photo : « oh, qu’elle est grosse ! ». A côté de ça, on voit
des nanas anorexiques nous expliquer qu’elles mangent des yaourts 0% car elles sont au régime… Qu’elles se fassent amputer d’un os, c’est la seule façon pour elles de perdre du poids ! Des nanas zéro bourrelets se déchaînent dans les clips et dans les magazines de vente par correspondance, les vêtements grandes tailles sont portées par… des mannequins qui arrivent à caser leur cul dans un jean en 34. Le mot régime est omniprésent dans les magazines : régime post-fête, régime pré-été, régime de la rentrée, régime pré-fête…Bon, les grosses sont à la mode mais faut pas l’être ! Dernier « rebondissement » en date : la gamine qui a gagné la Star Ac. Bon, cette pauvre gosse a un réel problème de poids mais ça l’empêche pas de gagner la Star Ac…sauf que tout le monde doute de sa capacité à faire carrière. Honnêtement, je sais pas comment elle chante et ses prédécesseurs n’ont pas faits des ventes record mais elle, de suite, on doute.
Pourquoi ? Parce qu’elle est grosse… Jusqu’à preuve du contraire, on chante avec sa voix, pas avec son ventre plat…
 
Donc me voilà devant ma glace en sortant de la douche et je me lamente : je suis pas foutue comme Gwen Stefani… mais bon, je suis pas non plus foutue comme Laurence Boccolini, rien de dramatique, mes pantalons taille 38 me contiennent sans me torturer. Pourtant, comme la plupart de mes copines, je suis perpétuellement au régime… vous savez, le régime qu’on commence le lundi matin et qu’on arrête le lundi soir. Celui-là même ! Mais à force de m focaliser sur mon ventre, mes fesses et mes cuisses, j’oublie le reste, qui est plutôt pas mal. D’ailleurs, Gauthier m’a parlé un jour du régime que j’avais fait en 2e année de fac. Ça, pour maigrir, je maigrissais : allez encore un kilo, encore un autre ! J’avais une technique imparable : je fumais au lieu de manger. Technique débile, on est d’accord. Mais comme il m’a dit : « ok, t’as minci mais tu as aussi perdu ta
joie de vivre et moi, je t’aimais moins ! ».
Oui, forcément, quand le seul élément qui se frotte à notre palais, c’est de la fumée… C’est très mal, que personne ne m’imite. Le pire, c’est que je ne me rendais même pas compte que je mangeais pas, c’est quand je m’endormais en cours que soudain, je réalisais : « mince, j’ai pas mangé à midi ! ».
 
La minceur est une obsession imposée à chaque femme. Non mais imaginez un peu le harcèlement dont nous sommes victimes : dans tous les magazines féminins, TOUT AU LONG DE L’ANNEE, on nous explique comment perdre quelques kilos. Du coup, on culpabilise, on se dit que, c’est vrai, ces deux kilos, là, on vivrait très bien sans. Et quand je vois toutes les conneries qu’on nous fait faire pour ça, je me dis que certains magazines pourraient être traînés devant les tribunaux par des filles qui souffrent de troubles de l’alimentation à cause d’eux. Par exemple, ma chère sœur fait actuellement un régime hyperprotéiné (non, pas Slim Fast) où elle mange que des yaourts, des légumes et de la viande, en gros, pas de sucre et pas de fruits ( ??)… Ah, ça, elle a minci mais elle risque de tout reprendre une fois le régime arrêté.
 
A ce sujet, toujours, j’ai vu mardi le terrible Requiem for a dream qui, il faut l’avouer, m’a fait pleurer, je pense en faire un article,d’ailleurs. Donc, dans ce merveilleux film, le personnage de Sarah veut maigrir pour passer à la télé et commence un régime à base de pamplemousse et d’œufs mais c’est dur donc elle prend des pilules qui s’avèreront être des amphétamines. Cette femme va perdre la santé et la raison pour pouvoir entrer « dans sa robe rouge »… Tout ça pour ça…
 
Je ne m’oppose pas aux régimes pour raison de santé : ils sont parfois nécessaires pour le bien de la personne. Mais être obsédé par son poids alors qu’on a que quelques kilos en trop, ça m’énerve. Certes, je ne suis pas foutue comme Kate Moss, est-ce pour autant que je suis repoussante ? Non. Après tout, si je regarde les hommes que j’ai aimés, aucun n’était foutu comme un rugbyman du calendrier. Est-ce pour autant qu’il ne me séduisait pas ? Non. Et bien, l’inverse est vrai : j’ai pas d’abdos mais j’ai d’autres atouts et ça, faut que j’y pense la prochaine fois que je commencerai un régime. Et puis si nous avions tous les mensurations idéales, comment ferions-nous pour sortir du lot ? De toute façon, ce qui nous rend belles, ce n’est pas les régimes que nous faisons mais l’estime que nous avons pour nous. Plus nous nous aimons, plus nous sommes belles… Avec ou sans côtes apparentes.