La femme est elle un trophée ?

Par Laurent

Je me suis toujours considéré comme Gentleman et en tant que tel je ne voulais juger une femme que sur ses qualités morales et son élégance.

Mais entre cette théorie et la pratique, force est de constater que depuis quelques années j’ai tendance à me fier à des critères beaucoup moins nobles, et me pose souvent cette question : serais-je fier d’être avec cette femme ?

Pour la clarté du sujet, je tiens à préciser que je me pose cette question pour la fille avec qui j’aimerais faire mon nid, je ne cherche pas nécessairement autre chose étant déjà dans une R.A.S. (Relation Affectivo-Sexuelle, je ferai peut être un post dessus).

oeil-sauron.jpg

Apres avoir fait le débat sur le sujet hier avec des potes, je me suis rendu compte qu’une grande partie d’entre eux avaient également ce mode de raisonnement, et qu’on pouvait certainement en déduire une généralisation.

Tout d’abord, commençons par l’origine de tout ça, qu’est ce qui fait qu’un mec voudra un truc qui brille à exposer fièrement à tout le monde, je lâche le mot : un trophée.

Nous entrons ici dans l’égo masculin (oui je sais ça peut faire peur), mais le raisonnement est assez primitif à vrai dire.

La première de ces raisons est qu’un mec est en compétition perpétuelle avec ses pairs (théorie du mâle dominant, tout ça tout ça), et le fait de parader avec une mignonette rajoute au moins 2 points sur 10 sur l’échelle sociale du mâle !

Petite anecdote pour étayer mes dires : dans un pub, des anglais complètements inconnus sont venu me déposer une pinte en me disant « well done bro’ » par rapport à la petite suédoise avec qui j’étais à ce moment la, comme si j’avais marqué un but en final de coupe du monde ou un truc du genre… 


france-championne-monde.jpg

Une autre raison non négligeable, c’est qu’un mec adorera rendre jalouse ses ex en lui prouvant qu’elle n’était qu’un brouillon avant le chef d’œuvre. Car on peut tout acheter, mais pourrir la vie de ses ex, ca n’a pas de prix !

Après viennent des raisons plus profondes, prouver à ses parents qu’on n’est pas le raté qu’ils prétendaient, s’engager sans se dire qu’il était possible de trouver mieux.

Je vous rassure mesdemoiselles, si vous n’êtes pas une grosse bombasse vous avez quand même toutes vos chances, quand un mec cherche à se caser, il n’y a pas que le physique qui compte.

Et comme vous m’avez fait l’honneur de me lire jusque là, je vais laisser filtrer un peu l’info. De plus j’ai l’impression en lisant les anciens posts que quelques conseils matrimoniaux seraient loin d’être superflus…. Alors je vais vous faire un petit compte-rendu de mon récent débat sur le sujet, et vous énoncer qu’est-ce que votre futur mec va prendre en
compte pour déterminer s’il pourra, ou non,  se vanter auprès de la terre entière d’avoir trouvé la perle rare :


mensurations.jpg

Le physique : j’ai dit qu’il n’y avait pas que ça mais ca reste le premier truc qu’on regarde ! 

Déjà il faut comprendre qu’il n’y a rien de plus vexant pour un mec que d’entendre : ta meuf est grosse ou ta meuf est moche. Si vous faites parties de cette catégorie, je ne peux que vous conseiller 2 choses : le footing,  et le maquillage, (le voile ne constituant pas une solution viable), mais il faut savoir que ce premier test sera éliminatoire. Cependant le fait qu’une femme soit superbe ou juste un peu mignonne n’importera au final peu, comme si on savait que le temps ferait resserrer les écarts…

picsou.jpg

 

L’argent : l’idée reçue qui dit qu’un homme se sentirait vexé de sortir avec une femme gagnant plus que lui ne s’est pas vérifiée avec les gens avec qui j’en ai parlé. Je dirais même qu’un homme mettra en avant le fait que sa femme gagne beaucoup, comme pour dire qu’il a trouvé un autre bon plan pour améliorer son train de vie.


numero-attente.jpg

L’exclusivité : Nous parlons ici du nombre de partenaire qu’aura eu la belle, et ça le male y est particulièrement sensible. L’égo de l’homme a besoin de se sentir privilégié, d’avoir des faveurs que les autres n’ont pas eu, et ce qui est rare est précieux! A l’extrême un homme ne voudra jamais faire la femme de sa vie une femme qu’il considérerait comme un
« jouet usagé », qu’il jugerait aussi vexant que manger à la soupe populaire. 


sandra-bullock.jpg

Le niveau social : il ne s’agit pas nécessairement du degré d’étude ou du travail, mais peut aller aux résultats sportifs, aux responsabilités associatives… Un homme aimera démontrer à qui en douterait que sa jolie femme n’est pas qu’une coquille vide, et il s’agit ici d’un moyen simple et efficace pour le faire. Pour mettre une touche d’avis personnel
c’est le critère que je privilégie pour me faire une opinion sur une femme (et sur les gens en général), il me parait plus sain de juger les gens sur ce qu’ils ont accompli plutôt que sur ce qu’ils sont, chose à laquelle ils n’y sont pour rien.

Vous l’aurez compris, c’est surtout l’égo du mâle qui prend le dessus quand il s’agit de trouver une fille pour se caser, mais ce phénomène est au final assez simple à comprendre.

Autant pour mettre dans son lit un mec se tournera vers une fille libérée, aguicheuse, pas des plus maline et d’un niveau social inférieur  car il joue la facilité pour arriver rapidement à ses fins.

Autant pour faire son nid c’est une autre histoire, car cela l’implique personnellement qu’une femme puisse potentiellement un jour porter son nom et élever ses enfants.

Un homme aura donc besoin d’être fier de la gazelle qu’il aura su attraper dans cette jungle qu’on appelle la vie.


biche.jpg

Après toutes ces réflexions, une question se présente désormais à moi : l’homme est-il également un trophée ?

Je n’ai pas la réponse, mais libre à vous mesdemoiselles d’écrire un article pour y répondre…

Complexée, moi ? Ben oui !

Aujourd’hui, au lieu de sonder nos âmes, sondons nos corps. Samedi, déjeuner familial entre mes parents et moi, on en vient à parler de ma sœur qui se drogue de sport en ce moment pour son super régime. Sauf qu’elle est tombée sur une diététicienne qui essaie de régler son problème psychologique : ma sœur hait son corps. Ainsi, quand la diététicienne l’a forcée à se regarder dans un miroir, elle a pleuré. Du coup, moi, ça m’interpelle.

 Couv_corps_bataille

Comme la plupart des femmes, j’ai un rapport particulier avec mon corps. Des jours, je l’aime à peu près, des jours, je le déteste. Il y a des trucs contre lesquels je peux à peu
près lutter (cellulite, vilain bidou) et d’autres non (ossature forte, tendance génétique au ballonnement). Bon, m  a petite taille n’a jamais été source de complexe particulier : être une fille d’1m57, c’est plus mignon qu’effrayant, soyons honnêtes. Ma grosse poitrine, par contre, ça dépend. De suite, sur les photos, gros seins = grosse fille, si on a
qu’une photo de la tête et de la poitrine. Prenez par exemple Pamela Anderson, selon comment vous cadrez la photo, elle prend ou perd 10 kilos. Et puis j’en ai marre de jamais trouver de chemises qui ne baillent pas. Mais je m’égare, je vais pas vous faire la revue de ma personne, on s’en fout. Donc mon corps, je vis avec, pas le choix. Globalement, quand je le regarde (sans ma tête, elle, je la trouve très chouette à deux ou trois détails près mais l’ensemble me plaît, à la poubelle la modestie), c’est clair qu’il y a mieux mais c’est aussi clair qu’il y a pire. En général, les jours de mauvaise humeur, je l’aime pas, les jours de très mauvaise humeur, je le déteste (mais pas que lui, je déteste la terre entière), des jours, je me sens mal dans ma peau. Mais d’autres, ça va. Je passe beaucoup de temps à me regarder dans la glace, de face de profil, je rentre le ventre, j’adopte des positions. Jamais en public (quoi que les regards à peine discrets dans les vitrines qui renvoient mon image, je suis sûre que je suis pas la seule) mais en privé, c’est mon plaisir égoïste. Même que des soirs, je m’amuse à vider mon placard et à essayer plein de fringues, pour m’amuser.

Mais globalement, en France, on a un rapport plutôt conflictuel avec notre corps et j’ai pas l’impression que ça soit le cas à l’étranger. Y a quelques temps, je discutais avec Vicky, elle me parlait de son voyage en Angleterre, le pays où le micro short est limite l’uniforme de la rue. Elle m’expliquait qu’en gros, les Anglaises n’avaient aucun complexe à exposer leur cellulite et que, du coup, là-bas, tu te prends à porter des fringues méga mini que t’oseras jamais ressortir en France. De la même façon, quand je regarde certaines émissions américaines avec des obèses à moitié à poil ou les Californiens toujours en maillot prenant soin de leur corps en permanence ou encore les Allemands qui n’ont pas du tout de pudeur et semblent très à l’aise avec leur corps, je me pose très sincèrement la question : pourquoi, nous, on complexe ? Non parce que la plupart des gens complexent sans avoir de réelles raisons. On est trop gros ou trop maigres, voire trop grands ou trop petits mais jamais parfaits. On pourrait penser à une fausse modestie genre « mais non, voyons, mon corps n’est pas parfait, hihihi ! ». Mais non, pour les gens que je connais, les complexes sont réels. Rarement, ils nous empêchent de vivre mais ils sont là.

A côté de ça, je connais quelques personnes terriblement à l’aise avec leur corps et je les envie. C’est pas forcément des gens super bien foutus, en plus, mais ils sont tellement
bien dans leur corps qu’on ne fait même pas attention à leurs imperfections. Je les envie ces gens là, vraiment. J’aimerais être capable de me trouver parfaite comme je suis, de pas loucher sur mon vilain bidou (oui, en ce moment, c’est lui qui me fait chier mais ça peut être rotatif les complexes), de me sentir so irresistible. Oh, ça arrive, ces jours de grâce que j’adore où je suis de tellement bonne humeur que je me sens même plus mignonne mais carrément belle. Que je marche dans la rue comme si j’étais dans un clip vidéo dont je suis la star. Ces jours où, forcément, les hommes me regardent et me sourient.

Bref, des fois, je me dis qu’on devrait nous apprendre à l’école à aimer notre corps et à en prendre soin. Je lisais y a pas très longtemps dans le magazine Psychologies (pas trop

ma tasse de thé, le magazine) que les femmes ont souvent du mal à accepter la futilité des soins du corps, qu’elles ne se sentent pas dignes d’être parfaites ou à peu près, d’où le très bon slogan L’Oréal « Parce que tu le vaux bien ». Moi aussi, je le vaux bien, après tout. Oui, c’est futile de se tartiner la figure avec une bouillie verte pour avoir bonne mine, de se
vernir les ongles, de faire du sport pour avoir le corps qui nous plaît, de s’épiler les orteils parce que c’est la seule partie de mon corps vraiment poilue et ça fait chier. Mais j’ai aussi le droit de pas avoir de muscle si ça me plaît pas, de pas aimer courir, de vouloir être jolie et bien dans ma peau sans forcément manger 3 radis par jour maximum. Bref, je crois qu’il y a toute une éducation d’acceptation de son corps à faire. Tant que la santé n’est pas en danger, pourquoi ne pas nous accepter tels que nous sommes ? Après tout, si on arrive pas à mincir ou à grossir (selon les cas), c’est peut-être aussi qu’on est à notre poids de forme et qu’on est génétiquement pas faits pour être plus gros ou plus minces ?