Un nouvel ordre pour une nouvelle vie

Ou comment recycler un titre d’émission que je n’ai jamais vraiment regardé (je sais plus si c’est dans cette émission qu’il y a la Brésilienne tyrannique et hystérique qui hurle tout le temps).

Dans la liste de mes défauts, apparaît à peu près en tête « désordonnée ». En dit, c’est pas tellement que je sois désordonnée, c’est que l’ordre ne m’intéresse que peu. Pour vous expliquer, moi, je supporte pas trop que les choses traînent par terre donc j’empile tout. Là de suite, ça va mieux. Enfin pour moi et tant que je dois pas trop chercher un truc que j’ai pas utilisé depuis plusieurs mois. Quoi qu’à l’arrivée, je retrouve toujours parce que j’ai une bonne mémoire. Oui, mon bordel est géologique, il fonctionne par strates donc si je date la dernière utilisation, je sais dans quelle strate chercher. Hé ouais.

Sauf que je me dis que quand même, ça cloche. J’ai beau ne pas être un chantre du feng shui, je me dis que ce désordre sur mes hauteurs, ça doit bien traduire un désordre dans ma tête (mais dans les hautes sphères). J’ai un peu questionné google qui m’a renvoyé vers doctissimo, aufeminin et co où des t’as de gens expliquent que c’est la faute de maman qui m’a pas donné un bon rapport au ménage. Non mais sérieux, faites des gosses, tous les problèmes dans leur vie seront forçement de votre faute, super ! Dans les faits, c’est surtout que j’ai la flemme, ranger ne m’intéresse pas. En tout cas bien moins que d’écrire, dormir ou faire des bracelets brésiliens (ma nouvelle lubie).

Pourtant, y a un moment où j’aime aller contre ça qui paraît être une nature, pour voir. N’oublions pas, 2012, année du voyage intérieur. Donc découvrons si je peux devenir ordonnée en prenant de bonnes habitudes. Après tout, avant 2007, je ne faisais jamais de sport, j’en fais en moyenne 6h/semaine actuellement. Enfin pas vraiment actuellement mais pendant l’annee scolaire parce que là, je perds mes 2h de plongée hebdo. En fait, je veux tester mon auto discipline parce qu’elle est un peu défaillante. C’est elle qui me donne plus envie de glander sur le Pc, écrire des articles pour mon blog, tricoter que prendre mon courage à deux mains et de ranger. Parce que le pire, c’est qu’une fois que je suis partie, je performe bien. Genre l’autre jour, j’ai rangé tout sous mon lit, hop !

Je me souviens, petite, mon père me grondait en me disant : « range tes jouets quand tu as fini, ça te prend 5 minutes alors que là, ranger ta chambre va te prendre une heure. » Je sais bien mon papounou mais ces 5 minutes là, je préfère les passer à autre chose. Puis ranger de temps en temps, ça permet aussi de redécouvrir des trucs oubliés, un peu comme un trésor caché.

Sauf que la Nina 2.012 inclut un nouveau truc, un truc essentiel : maintenant, je jette. L’autre jour, sous mon lit, j’ai retrouvé des trucs là depuis trois ou quatre ans. Ça suffit la déconnade ! S’ils ont pas bougé depuis tout ce temps, c’est que j’en ai pas besoin, c’est tout. Laisse tomber le « oui mais on sait jamais ». Tu jettes et basta. Et ben mine de rien, il y a de la jouissance dans le fait de jeter, comme un poids dont on se débarrasse. Alors continuons.

Certains diront que ce vide que je fais, c’est surtout pour faire de la place à ce garçon qui me rend pathignonne… Et certains ont raison. Non pas parce qu’il va venir vivre chez moi mais parce que je veux juste qu’il ait sa place auprès de moi. Sur mon canapé ou dans ma vie, même combat, quoi. Alors, je trie et je jette. Histoire de ne pas alourdir bêtement la montgolfière de l’amour…

Je crois que je viens de signer là ma pire métaphore et j’en suis assez fière en fait.

Ce garçon que j’ai croisé trois fois

J’ai un travers, une perversion. Un truc sympa et nocif pour personne, peut-être légèrement préoccupant pour ma santé mentale mais on n’est pas à ça près. Bref, j’aime imaginer que ma vie est un roman rocambolesque. Vertu première : ça stimule mon imagination. Vertu deuxième : je crois en une happy end. Souvenez-vous, lors de mon marasme, je m’étais dit « ça ferait un bon début de comédie romantique, ta vie qui s’effondre et hop à la fin, tu trouves l’amour et un boulot ultra wouah et tu embrasse l’homme de ta vie en riant sous la pluie« . En vrai, je me suis cassée la jambe et ma grand-mère est morte le 24 décembre mais passons.


À présent que le marasme 2011 est officiellement terminé, je me prends moins pour Jennifer Aniston. Mais quand même, y a un truc qui m’interroge : ce garçon que j’ai croisé trois fois en moins de trois mois. Je croise mes voisins moins souvent que ça !

(source image P45)

Ce garçon, j’en ai déjà parlé, il était au mariage de Lena, le prof de physique qui m’a entendu dire « en cours de physique quand j’écoutais pas, comme d’hab quoi… » (je connaissais pas sa profession à ce moment là de l’histoire ! Je suis pas cruelle) puis le lendemain « non mais en vrai, j’écoutais hein, je suis calée en ohms… Et merde ! ». Les ampères ou les volts ma fille, ça, c’est dénué d’ambiguïté. Donc ce garçon là, avec qui y a rien eu de notable, pas de flirt (c’était vraiment pas fait exprès le coup des ohms), rien. On est tous rentrés sur Paris et fin de l’histoire.


Puis y a eu le 13 juillet. Souvenez-vous, ce jour là, nous allons en famille chercher ma sœur qui a glissé dans ses cheveux des barrettes de couleur pour nous annoncer le sexe de son bébé. Alors que nous repartons gaiement vers nos voitures, je l’apercois. J’en parle quelques temps plus tard à Lena qui semble étonnée qu’il ait pu se retrouver dans cette gare-là. « Mais t’es sûre que c’était lui ? » « Ben, il me semble bien. Il avait un violon… » « Ah bah c’est lui, oui ».


– 31 juillet. Après une expédition ratée au marché St Pierre (j’ai pas trouvé la mercerie que je cherchais), me voici à Anvers pour prendre le métro mais je me fais doubler par un gros troupeau de touriste. Bon fait chier, je vais redescendre jusqu’à St Lazare à pied. Je chemine donc, perdue dans mes pensées (je travaillais le scénario de l’espèce de comédie romantique que j’ambitionne d’écrire) quand je vois une silhouette masculine au loin. Ah ben tiens, on dirait le garçon… Mais merde, c’est lui ! C’est ainsi que je le croise pour la 3ème fois sur un chemin que je n’emprunte jamais…

Les plus romantiques me diront « c’est lui, envoie-lui un mail ! ». Oui sauf que non, ce n’est pas cohérent. Bon d’abord, je ne lui ai parlé qu’au mariage, rien n’indique que lui m’ait vue ou reconnue (à la gare, j’en étais à plus d’une semaine sans maquillage, je perds automatiquement 10 ans). Mais surtout, je suis en pleine romance pathignonne (néologisme, mélange de pathétique et mignon, vous savez, quand l’amour nous rend neuneus concons) avec un autre homme, je suis plus du tout à la recherche d’une histoire. Je comprends pas les scénaristes de ma vie.


Ou alors mon idée de comédie romantique est pourrie et la vie me souffle une autre idée. Ou encore, ça me prouve que j’ai raison de penser que ce garçon est l’amour de la vie d’Anais.