One day, one pic

Laissez-moi vous conter une belle histoire. Il était une fois une fille qui rencontrait un gars à une soirée. Ils s’apprécient bien, ils se revoient, ils se découvrent, ils s’embrassent aux petites heures de la nuit, ils se trouvent. Mais voilà, la vie est parfois dure pour les amants insouciants : nous sommes l’été et leurs plannings ne correspondent pas du tout, l’une étant en vacances tandis que l’autre est sur Paris et vice et versa. Du coup, pour créer un lien malgré tout, elle décida de lui envoyer une photo par jour. Au début, elle était en vacances, c’était facile. Le jeu se compliqua lorsqu’elle reprit sa petite vie quotidienne, le rendant de fait plus intéressant. Ainsi, durant tout l’été, la jeune femme traqua des images à envoyer à son doux. Evidemment, la fille, c’est moi (l’autre, c’est Prince-charmant-devenu-crapaud, on va pas s’attarder dessus). Cet été, ayant rencontré l’homme sans statut qui m’a dit que j’avais un talent incroyaaaaaable en matière de photo (et surtout d’angle de prise de vue), je me suis dit… « tiens, travaillons ce talent ».

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Quelle longue intro…

Tout ça pour dire que je me lance dans un nouveau projet, le « one day one pic ». Evidemment, je l’ai pas inventé, y a pleiiiiin de gens qui le font sur instagram, il y avait même une application pour ça à l’époque (365project, je crois que ça s’appelait). Je vais tenter de m’y atteler sérieusement. J’envisage même de balader mon petit Bridge avec moi pour saisir certains clichés que mon iPhone capture certes bien mais à condition de ne pas y regarder de trop près.

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Et puis, ça permettra de réouvrir un peu la porte de chez moi, bien close depuis quelques temps sur ce blog. Même si bon, ma première photo ne raconte rien sur moi, à part qu’avec mes lunettes, j’ai l’oeil…

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Pour ceux (trèèèèèèèèès nombreux) que ça intéresse, je relaierai ça sur Instagram, Twitter et puis, tiens, un Tumblr et mon Pinterest et puis ici le dimanche avec la petite histoire qui va avec (s’il y en a une). Rassurez-vous, dans 15 jours, j’aurai certainement une nouvelle lubie.

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Bisous !

Où la vie est une pute

Elle aime me taquiner un peu méchamment des fois.

6 mars 2013, je crache les dernières volutes de la dernière cigarette de mon dernier paquet. Voilà, tiens, je vais arrêter de fumer pour voir. En béquille, une cigarette électronique. Je vous parlerai d’elle un autre jour, promis. Donc depuis un mois, plus une clope, rien. Alors que je me gargarisais auprès de collègue chouchoute en journée, je ne savais que le drame était en train de s’ourdir, tels des nuages lourds et menaçant s’amoncelant sur un horizon qu’on ne regarde pas. Pourtant, l’orage est proche.

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Mercredi soir. Comme évoqué au détour d’une parenthèse, je me suis rendue à une soirée entre célibataire à base de champagne (oui, l’histoire ne dira pas si c’est le champagne ou le côté célibataires qui m’a attirée vu que la première soirée avait été mi figue mi raisin. Mais j’aime m’entêter). La soirée commence à 19h30, je débarque donc à 20h en panique totale mais j’ai pas réussi à m’extirper du boulot à temps. J’arrive et j’ai à peine mis le pied dans le bar (assez minuscule) que je me retrouve une coupe de champagne à la main. Oui, je…euh…ok. N’étant pas des plus réservées, je commence à entamer la conversation avec deux mecs (sachant qu’une fois de plus, ces messieurs sont visiblement en minorité) dont un brun pas mal. Les mouvements de foule font et défont les groupes, le premier mec, un petit blond, disparaît du groupe (mais étant juste derrière moi, nos fesses furent très intimes. A un moment, j’ai hésité à carrément m’adosser sur lui, vu notre proximité physique) et je me retrouve à parler seule avec le brun pas mal. Anaïs arrive et on parle à trois. Le mec est musicien et fait des percussions. Là, je me sens plus. Des percussions, ma lubie depuis longtemps ! Ahah, merci la vie.

percussions

Sauf que. Sauf que la vie est une pute avec moi sur le plan sentimental, une enfant cruelle qui me tend une gourmandise pour mieux me la retirer (ou me la donne et attend avec un sourire vicieux que je chope une vilaine carie. Du style prince charmant devenu crapaud). Alors que tout semblait bien parti, le sort s’en mêle. Deux nana se fraient un chemin pour sortir fumer et là, ma proie annonce avec un grand sourire “ah ben je vais fumer, moi aussi”.

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J’ai arrêté de fumer y a un mois. Un mois sans toucher la moindre vrai clope. Un mois à avoir limite la nausée à l’idée de refumer (processus cognitif intéressant au passage). Donc je ne sors pas. Or : une soirée où y a mathématiquement plus de filles que d’hommes et que les hommes pas mal sont en minorité, des filles globalement tabagiques. Ben oui, voilà, ma proie a été capturée par un groupe d’amazones. J’ai tenté, une fois de retour à l’intérieur, d’intégrer leur groupe avec Anaïs mais pas moyen. Là, la vie, elle m’a tendu une friandise… qui dissimulait des fils électriques et je me suis pris une sacrée pichenette !

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En repartant, je joue un drama en 3 actes à Anaïs “non mais meeeeeeeerde, j’ai arrêté de fumer et voilà le résultat, putain, trop vénère sa mère la pute !” (bon, non, j’ai pas parlé comme ça mais laissez moi re redramatiser la situation). Et la petite qui en rajoute une couche : “Ah oui, c’est con parce que c’était le seul mec mignon. Quand je suis arrivée, je me suis dit que t’avais trop géré et tout. Puis en plus, il essayait de revenir nous parler après”. Des regrets, des regrets, des regrets.

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Moralité : ben y en a pas. Ah si : le chemin d’une vie saine est vachement plus pentu que celui d’une vie de débauche…

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Mais bon, j’ai pas dit mon dernier mot non plus, je vais pas laisser mon non tabagisme me faire perdre une proie, je prépare le round 2 (teasing… ou pas parce que s’il le faut, le round 2 n’existera jamais et j’écrirai pas un article pour dire “ah bé voilà, pas eu de round 2, bisous !”)

Un nouvel ordre pour une nouvelle vie

Ou comment recycler un titre d’émission que je n’ai jamais vraiment regardé (je sais plus si c’est dans cette émission qu’il y a la Brésilienne tyrannique et hystérique qui hurle tout le temps).

Dans la liste de mes défauts, apparaît à peu près en tête « désordonnée ». En dit, c’est pas tellement que je sois désordonnée, c’est que l’ordre ne m’intéresse que peu. Pour vous expliquer, moi, je supporte pas trop que les choses traînent par terre donc j’empile tout. Là de suite, ça va mieux. Enfin pour moi et tant que je dois pas trop chercher un truc que j’ai pas utilisé depuis plusieurs mois. Quoi qu’à l’arrivée, je retrouve toujours parce que j’ai une bonne mémoire. Oui, mon bordel est géologique, il fonctionne par strates donc si je date la dernière utilisation, je sais dans quelle strate chercher. Hé ouais.

Sauf que je me dis que quand même, ça cloche. J’ai beau ne pas être un chantre du feng shui, je me dis que ce désordre sur mes hauteurs, ça doit bien traduire un désordre dans ma tête (mais dans les hautes sphères). J’ai un peu questionné google qui m’a renvoyé vers doctissimo, aufeminin et co où des t’as de gens expliquent que c’est la faute de maman qui m’a pas donné un bon rapport au ménage. Non mais sérieux, faites des gosses, tous les problèmes dans leur vie seront forçement de votre faute, super ! Dans les faits, c’est surtout que j’ai la flemme, ranger ne m’intéresse pas. En tout cas bien moins que d’écrire, dormir ou faire des bracelets brésiliens (ma nouvelle lubie).

Pourtant, y a un moment où j’aime aller contre ça qui paraît être une nature, pour voir. N’oublions pas, 2012, année du voyage intérieur. Donc découvrons si je peux devenir ordonnée en prenant de bonnes habitudes. Après tout, avant 2007, je ne faisais jamais de sport, j’en fais en moyenne 6h/semaine actuellement. Enfin pas vraiment actuellement mais pendant l’annee scolaire parce que là, je perds mes 2h de plongée hebdo. En fait, je veux tester mon auto discipline parce qu’elle est un peu défaillante. C’est elle qui me donne plus envie de glander sur le Pc, écrire des articles pour mon blog, tricoter que prendre mon courage à deux mains et de ranger. Parce que le pire, c’est qu’une fois que je suis partie, je performe bien. Genre l’autre jour, j’ai rangé tout sous mon lit, hop !

Je me souviens, petite, mon père me grondait en me disant : « range tes jouets quand tu as fini, ça te prend 5 minutes alors que là, ranger ta chambre va te prendre une heure. » Je sais bien mon papounou mais ces 5 minutes là, je préfère les passer à autre chose. Puis ranger de temps en temps, ça permet aussi de redécouvrir des trucs oubliés, un peu comme un trésor caché.

Sauf que la Nina 2.012 inclut un nouveau truc, un truc essentiel : maintenant, je jette. L’autre jour, sous mon lit, j’ai retrouvé des trucs là depuis trois ou quatre ans. Ça suffit la déconnade ! S’ils ont pas bougé depuis tout ce temps, c’est que j’en ai pas besoin, c’est tout. Laisse tomber le « oui mais on sait jamais ». Tu jettes et basta. Et ben mine de rien, il y a de la jouissance dans le fait de jeter, comme un poids dont on se débarrasse. Alors continuons.

Certains diront que ce vide que je fais, c’est surtout pour faire de la place à ce garçon qui me rend pathignonne… Et certains ont raison. Non pas parce qu’il va venir vivre chez moi mais parce que je veux juste qu’il ait sa place auprès de moi. Sur mon canapé ou dans ma vie, même combat, quoi. Alors, je trie et je jette. Histoire de ne pas alourdir bêtement la montgolfière de l’amour…

Je crois que je viens de signer là ma pire métaphore et j’en suis assez fière en fait.

Je ne sais pas

Je me demande souvent ce qu’est la maturité. Je pense qu’il n’y a pas de réponse type, je l’imagine plus comme une sorte de puzzle, de mosaïque constituée de petites choses, de petits pas en avant. Mais la définition même des pièces du puzzle, leur forme et leur couleur évolue selon l’âge. Je crois que la maturité s’éloigne ou plutôt reste distante de nous car à chaque pas en avant, un autre pas nous attend. Un peu comme un escalier dont on découvrirait à chaque marche qu’il y en a encore une autre.

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Quand j’étais ado, la maturité, c’était payer ses impôts. Aujourd’hui que je les paie, ça ne compte plus et quand je les paie, je me dis que ça me console pas de me dire que ça veut dire que je suis indépendante. Mais depuis un an, à peu près, j’ai trouvé une nouvelle pièce, une nouvelle touche dans ma mosaïque de maturité : savoir dire qu’on ne sait pas. Ca peut paraître anodin mais pendant des années, j’ai eu du mal, affirmant que oui, je savais dès qu’on me posait la question, y compris quand je ne savais rien. Ce qui provoquait quelques situations inconfortables où l’on vous pose une question sur ce que vous êtes censée savoir puisque vous avez dit que “si, si, je sais”. Là, on bégaie un “heu…j’ai un trou, merde…”. Bon, hélas, ma maturité étant arrivée un peu avant mon smartphone, j’ai jamais pu répondre : “heu…j’ai un trou… attends, on va regarder sur wikipedia”. 


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Non, je ne sais pas tout. DIEU MERCI. N’ayant que 31 ans, je me ferais chier durant le reste de ma vie. J’aime apprendre, j’aime qu’on m’initie à de nouvelles choses, qu’on me fasse découvrir de nouvelles données, que ce soit une “révélation” ou juste un détail, une anecdote, un petit quelque chose. Quand j’étais avec l’Amoureux (qui devient désormais l’Ex, il est temps d’écrire officiellement cet état de fait et puis si je continue à l’appeler l’Amoureux, on va plus comprendre si je suis avec quelqu’un ou non), nous avions des univers assez différents. Vous savez, le couple le scientifique et la littéraire. On avait des points communs mais des passions aussi différentes, ce qui nous permettait de partager et j’aimais bien. Je me
souviens d’un épisode précis où il m’expliquait la réaction de Maillard et ça m’a mise en joie parce que j’apprenais un truc. Il y a quelques temps (temps que je ne mesure pas), j’aurais dit que, oui, je savais ce qu’était la réaction de Maillard, “bien sûr!”. Parce que ne pas savoir fut pour moi une honte pendant longtemps, une faille dans le système, un accroc dans mon image de fille intelligente et cultivée. Ce qui créait le sentiment paradoxal d’une imposture. J’ai toujours eu un certain complexe par rapport à ma culture, j’ai toujours eu l’impression de ne rien savoir mais de donner l’illusion de.


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Aujourd’hui, je suis bien plus mesurée. J’ai une culture. Je vais me passionner sur un sujet et me renseigner le plus possible dessus. Je vais avoir mes marottes, des Chevaliers de la table ronde à l’univers AB en passant par Moravia et Barjavel, les histoires de terrorisme et d’indépendantisme, une fascination pour les passionarias et les romans d’anticipation… A côté de ça, je n’y connais strictement rien à la culture et à l’histoire espagnole, je n’ai découvert que récemment la loi de Boyle-Mariotte alors qu’elle est essentielle en plongée (j’en connaissais cependant le mécanisme), je suis une merde totale en peinture contemporaine, je ne suis pas sûre de comprendre les règles du golf (mais ça, j’avoue que ça m’intéresse pas trop), je suis une bille totale en botanique et je ne connais que quelques races de chien. Et je ne sais pas reconnaître la plupart des marques de voiture. Et encore, je ne parle que ce qui me vient à l’esprit, imaginez tout ce que je ne sais pas, tout ce dont je ne soupçonne même pas l’existence. 

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Alors quand on me parle de quelque chose que je ne connais pas, je ne prends plus mon air entendu de “celle qui sait”, j’exprime clairement ma méconnaissance, je pose des questions et, stade ultime de l’achèvement de la pièce du “je ne sais pas”, je suis désormais capable de dire que je ne comprends pas. 

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Tiens, faudrait d’ailleurs que je me trouve une nouvelle lubie.

Le complexe de la sous-culture

Ceux qui me lisent depuis la naissance de ce blog auront peut-être noté une légère évolution sur un point. Non la disparition de mes récits sexuels, je parle de culture. Voyez pas ? Simple : je suis officiellement décomplexée de la sous-culture. En somme je n’ai aucune honte à dire que j’écoute de la musique hypra formatée, à lire du Guillaume Musso dans la rue, même si je trouve ça très mauvais, et
je suis très fière de voir les vingtenaires cités sur le blog des sitcomologues, je savais que mes nuits blanches devant AB ne seraient pas vaines. Je ne ressens aucune honte, non. Parce que, tout simplement, je n’ai rien à prouver à personne.

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Pendant longtemps, je n’ai mis en avant que ma haute culture, cachant le fait que j’étais une fan absolue de Sunset Beach par exemple. Alors qu’aujourd’hui, je revendique haut et fort le droit de mater des soaps, alors même que je ne peux plus en voir aucun pour cause de vie professionnelle. Même si on peut voir la plupart sur TF1 et France 2 replay. Mais j’ai pas trop le temps et surtout, je ne sais plus bien qui est qui et où on en est. Non c’est vrai quoi, par exemple, dans Amour, gloire et beauté, en ce moment, Taylor, elle est morte ou pas ? Oui, elle passe son temps à mourir pour de faux, c’est épuisant. Mais là n’est pas la question, je m’égare.

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Donc la sous-culture. Les gens qui se sentent toujours obligés de ne s’adonner qu’à la Culture avec un grand C et en parlant avec le nez froncé (alors même qu’ils ne se sentent plus péter, c’est curieux), ça me gonfle. Attention, je ne dis pas qu’on n’a pas le droit de ne pas aimer la sous-culture, je comprends aisément qu’on ne soit pas sensible à la musique d’une Lady Gaga ou d’une Rihanna, qu’on crève d’envie de jeter le bouquin de Musso par la fenêtre du TGV (ça, c’est moi), qu’on refuse l’idée d’aller voir un blockbuster au cinéma. La
question n’est pas là. Ce qui me gonfle, c’est qu’on refuse même de s’y pencher 5 mn. Non mais j’ai lu un Musso pour me faire une idée, merde (tu le sens mon gros traumatisme !). Ce n’est pas de la culture, c’est de la curiosité, c’est sain.

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Au dela de ça, je me demande toujours si cette posture d’hyper culture, en opposition à la sous-culture, n’est pas un réflexe pour cacher un complexe. Voyons un peu ça de près. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dire « je ne sais pas » tant l’idée d’admettre de ne pas tout savoir me mettait mal  à l’aise. Elle ne sait pas, brûlez l’impie ! Aujourd’hui, je le dis sans complexe car je sais que je ne peux pas tout savoir et Dieu merci, je risquerais de me faire un peu chier le demi-siècle de vie qu’il me reste (selon l’espérance de vie moyenne, je
ne connais pas la date de ma mort). Je picore la culture selon mes lubies du moment. Par exemple, cette année, je prends des cours de bio marine au club de plongée, discipline à laquelle je ne connais rien à la base puisque la bio n’a jamais été ma tasse de thé. Mais même dans les disciplines qui me sont plus favorables, je ne peux pas avoir tout vu/tout lu. Et même si je deviens centenaire, ce sera toujours le cas. Ca frustre un peu d’y penser mais quand on envisage les millions et millions de livres écrits, impossible d’un jour tous les lire. C’est comme ça. Même les classiques, d’autant qu’il faudrait s’entendre déjà sur la définition de classique. Alors il est vrai qu’au vu du peu de temps qu’on a à consacrer à la Culture, je devrais un peu avoir honte de le consacrer à des merdes. Sauf que de un, j’aime bien les merdes (surtout si c’est un téléfilm avec un avion qui va pas bien) et de 2, mon cerveau est un muscle et parfois, il aime un peu se
reposer, lui aussi. Et y a des contextes qui se prêtent peu à la Culture comme lire « l’existentialisme est un humanisme » sur la plage, on comprend pas, on n’est pas concentrées. Bon et quand j’ai fait ça, j’avais 17 ans aussi et aucun cours de philo à mon actif.

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J’arrive à un âge où je me fous un peu de l’image qu’on peut avoir de moi, vu qu’elle fluctue d’une personne à l’autre selon ce que je dis ou fais. On peut me prendre pour la dernière des dindes car je suis hyper calée en sitcoms, je m’en fous. Surtout que sociologiquement parlant, les sitcoms, y a de quoi dire ! Mais peu importe. Ceux qui me connaissent savent que je suis une incurable curieuse qui va lire tout et n’importe quoi pour assouvir précisément cette curiosité, une pique assiette de la connaissance qui peut étudier un sujet
à fond car c’est sa nouvelle lubie et d’autres où elle restera en surface mais ne demandera qu’à en savoir plus si elle croise quelqu’un qui lui expliquera. Je ne truffe pas mes phrases de mots de plus de trois syllabes de façon systématique pour faire ma cultivée car ça alourdit le propos et la forme ne prime pas sur le fond, sauf sur chez les impressionnables. J’ai tendance à croire qu’il est plus simple de communiquer en ne décorant pas ses propos de termes pompeux et superfétatoires (oui mais celui là, je l’aime bien), allons à l’essentiel. J’ai du vocabulaire, merci de vous en préoccuper mais les mots rares et précieux, c’est comme une paire d’escarpin à 600 euros, tu vas pas les mettre tous les jours. Heu… Bon, ok, j’ai foiré ma métaphore. Surtout que ce n’est en rien un signe de grande culture, suffit de faire un tour sur vocsoutenu.net, on chope deux ou trois mots et hop, on passe pour du cultivé. Quand je vous dis que ça ne marche que sur les esprits impressionnables. Un peu comme ceux qui capturent la conversation pour l’amener sur les deux sujets qu’ils maîtrisent, passant pour de grands cultivés alors qu’ils flippent que la conversation glisse sur un terrain plus inconnu. Un peu comme dans cette scène de Friends où Joey, qui a acheté une encyclopédie, veut parler du Vietnam mais ses amis partent sur l’Indochine et il est largué.

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J’ai des références, moi, monsieur.

Photooooo !

Dans la longue liste de mes lubies parfois lourdingues se trouve en très bonne place la photo. Là en Corse, je m’en donne à cœur joie, tout ce que je trouve digne d’intérêt est capturé par mon appareil. Je mettrai tout sur mon flickr à mon retour, comme si je vous conviais tous à une soirée diapo, les chips en moins. Là, un youhou! serait de rigueur.

Hier soir, j’ai téléchargé les photos de mes derniers voyages ainsi que les premières de Corse pour avoir une carte mémoire toute vide et du coup, je me suis fait un petit diaporama. En zieutant le résultat, je me suis interrogée sur mon talent photographique. Non que je veuille réellement tout plaquer pour devenir photographe (je vais essayer d’être stable maintenant)(même si j’adorerais faire de la photo hypra kitschouille des magazines avec deux mannequins qui miment des situations de couple par exemple, ça me ferait de chouettes illus pour le blog !) mais j’aimerais bien avoir un peu de talent là dedans vu que le dessin, je m’y mets pas. Peut-être avec mon nouveau boulot ceci dit, il semble que je parte dans un pays merveilleux où tu finis ta journée à 19h. Je vais me faire chier moi le soir, tout ce temps libre tout à coup… Mais je digresse revenons à la photo.

Je ne sais donc pas si j’ai un quelconque talent ou si mes sujets choisis sont inratables. Déjà, je prends peu de gens en photo donc je choisis la facilité. Je pensais donc à ça hier soir quand j’ai réalisé que je prenais la question à l’envers. Puisque mon talent photographique, existant ou imaginaire, ne me servira pas à grand chose dans ma carrière, oublions la qualité des photos qui ont déjà le mérite d’être claires et de me plaire. Prenons les pour ce qu’elles sont : la capture d’une vue qui me plaît. Un souvenir, une image qui pourra éventuellement exciter mon imagination. Mais cette envie de photo a un atout caché, un truc qui fait que le résultat n’est pas le plus important. Ce que j’aime dans les prises de vue, ce sont les petites choses, les petits détails. Et donc cette envie de photo me pousse à aller voir derrière les portes, à fouiner, à bien tout regarder pour ne rien rater, sortir des sentiers battus… J’ai tout à fait conscience que je peux être chiante à m’arrêter tout le temps, à attendre qu’il n’y ait plus personne sur la photo (ce qui est parfois impossible, les gens ne sont pas coopératifs). Mais au fond, ça me plait autant que de chantonner (même s’il fut un temps où on me disait que je chantais bien) et peu importe si je n’ai pas tant de talent que ça. Du coup, je devrais me dire autant du dessin. Hehe…

Le témoin amoureux


Depuis le temps que F nous en parlait, Vicky et moi avons donc décidé de poursuivre notre marathon du nanard par Le témoin amoureux. Oui, je suis une meilleure amie de rêve, je vous impose mes lubies, adoptez moi comme copine.  Bref, lancez le Témoin amoureux, c’est parti !


Alors en fait, ce film, je l’avais dans le collimateur depuis sa sortie, j’avais vu la bande-annonce et je m’étais dit « oh mon Dieu, un mélange du mariage de mon meilleur ami et de Mon beau-père et moi qui est le film le plus lamentable qu’il m’ait été donné de regarder ». Tellement que j’hésite sérieusement à le revoir parce que ça ferait certes un article sympa pour cette rubrique mais c’est une torture pour tout esprit clair. Ou relativement éloigné du coma éthylique ou médicamenteux. Parce que dans la bande-annonce du témoin amoureux, on voyait Patrick Dempsey qui me fait à peu près aucun effet être supra lourd parce que comme tous les boulets cinématographiques, il se rend compte qu’il est amoureux d’une femme quand celle-ci lui annonce qu’elle en aime un autre. Ceci étant, y en a des comme ça dans la vie aussi.


Bon, je vous résume : Patrick est amoureux d’Anna mais en fait, il met 10 ans à s’en rendre compte (boulet, donc) et justement, quand il veut lui dire, cette nigaude rencontre un Ecossais et décide de se marier avec lui au bout de 2 mois. Oui, ils avaient pas le budget pour une trilogie. Donc Patrick il fait « oh non, bouh ! Il faut que je lui dise ». Sauf que Anna, comme elle l’aime fort son Patounet, elle le prend comme témoin avec trois autres nanas dont une blonde ex de Patounet qui est joué par toujours la même nana vue dans Urgences ou Dawson. Vous savez, celle qui s’habille en 34 alors qu’elle fait du 38 et à chaque fois que je la vois, je m’arrête automatiquement de respirer tellement j’ai l’impression que toutes ses fringues vont exploser. Bref, voilà donc Pat’ qui doit organiser le mariage de sa chère Anna tout en la dégoûtant de son futur mari de façon un minimum subtile et de supporter la blonde qui va péter son chemisier. Les deux autres demoiselles d’honneur ne servent à rien à part la grosse qui prétend pouvoir rentrer dans du 36 le jour du mariage en ne se nourrissant que de milk shakes diététiques. Ceci étant, ayant travaillé sur des forums féminins, je peux vous garantir que chaque mariage engendre son lot de « je fais du 44, il faut que je perde 3 tailles en 15 jours pour le mariage pour être sublime sur les photos ».


Donc au vu de ce pitch, je m’attendais à de la merde en barre d’autant que le film reposait sur le charme de Patrick Dempsey qui, pour moi, n’en n’a pas une once. Même dans « Il était une fois » que j’ai trop adoré, je le trouvais moche. Donc, voilà, je n’aime pas les comédies romantiques et le prince de service ne me plaît pas, me voilà mal barrée.


Et j’ai été déçue. Je m’attendais à dégainer ma plume la plus acide et acérée et en fait, je vous le confesse : j’ai relativement bien aimé. Evidemment que le scénario est convenu, les rebondissements visibles 15 mn avant facile mais y a quelque chose de sympa dans le film, finalement. Un petit côté qui fait dire que l’équipe ne s’est pas trop prise au sérieux, que le but est de divertir, pas de faire vendre des kleenex aux nanas hypra romantiques. Donc même si ça ne restera pas mon film préféré de la vie et que j’en ai déjà oublié pas mal de passages, finalement, si une de vos amies vous harcèle pour une soirée comédie romantique, choisissez ce film là. Vous vous en tirerez drôlement mieux qu’avec n’importe quelle comédie romantique avec Meg Ryan dedans.

Comment paraître brillant en société

Un dîner, quelque part dans Paris. Parmi les convives, vous. Le but : paraître brillant et en mettre plein la vue à vos compagnons. Comment faire ? C’est très simple, pour qu’on soit un peu habile et qu’on sache prendre le contrôle de la conversation.

Paraître brillant, ça ne s’improvise pas, ça se prépare. Choisissez trois sujets de prédilection et travaillez les à fond. Ca peut être la peinture de la Renaissance (pour les plus feignants, prenez un seul peintre, genre Michel Ange, Raphaël… Evitez Léonard de Vinci, trop populo depuis le Da Vinci Code), la mythologie nordique… Quoi qu’il en soit, idéalement, prenez un sujet artistique, un sujet sociologique et un sujet géopolitique, le meilleur équilibre selon moi. Une fois vos trois sujets choisis, lisez tout ce qui vous tombe sous la main et qui en parle. N’hésitez pas d’ailleurs à tenir au courant votre entourage de vos passions, ils pourront vous offrir des livres sur le sujet ou vous découper des articles, ça peut toujours servir.

 

Maintenant, revenons au repas. Vous êtes à peu près au point sur vos sujets de prédilection mais vous espérez que les gens à qui vous parlez n’y connaissent pas grand-chose et vous écouteront, admiratifs. Cependant, le souci est de réussir à amener la conversation sur votre domaine de connaissance, il faut être très réactif. Une fois que vous avez attrapé le mot qui vous permet d’embrayer sur votre passion, ne lâchez plus. Monopolisez la conversation, étalez votre savoir et apprécier l’éclat admiratif qui illumine le regard des convives. Evidemment, évitez de choisir des sujets trop populaires car si vous êtes deux spécialistes à la même table, vous perdez votre aura.

Il y a aussi une autre technique qui permet d’être plus généraliste. Lisez les éditos. Tous les éditos que vous trouvez, lisez les. Comme ça, vous aurez un avis sur tous les sujets, un avis argumenté. Vous avez des faits, vous pouvez même avoir une citation classique, vous pouvez dire « René Aron avait une vision des relations internationales qui correspond tout à fait à ce que nous vivons aujourd’hui ». Evidemment, il faut bannir les phrases « je lisais l’autre jour l’édito de machin qui disait… ». Ok, lire les journaux, c’est bien, mais faire croire qu’on a eu ces pensées tout seul comme un grand, c’est quand même mieux. Il s’agit de briller par notre intelligence, pas par notre capacité à lire et retenir. Même si ce n’est pas donné à tout le monde.

Seulement voilà. Méfiez-vous des convives. Il y en aura toujours un pour faire du mauvais esprit du genre « la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ». En l’occurrence, il a raison mais ça casse quand même notre belle image d’intellectuel qui sait tout sur tout. Pour peu que l’invité soit sadique, il va vous pousser dans vos derniers retranchement jusqu’à dévoiler votre inculture et là, l’éclat d’admiration disparaîtra au profit d’une moue de mépris.

Evidemment, certains diront que ce genre de stratagème n’a aucun intérêt et ne procure aucun plaisir si ce n’est que susciter de l’admiration chez des gens qui ne nous connaissent que de loin. C’est vrai. En fait, tout est question de choix entre l’être et le paraître. Personnellement, j’ai tendance à picorer les informations, à apprendre des choses de ci de là donc n’être spécialiste sur pas grand-chose. Même mes sujets de mémoire, depuis, il s’en est passé des choses. Parfois, il me vient une lubie et je me mets à lire tout ce que je trouve surnun sujet mais l’ambition n’est pas de l’étaler en soirée, c’est juste pour moi. D’ailleurs, ma lubie de la Table Ronde, j’ai jamais pu trop m’en servir, à part pour critiquer le mauvais film Lancelot avec Richard Gere. Mais ça, y a pas besoin de vraiment s’y connaitre. Je sais qu’on ne peut pas tout savoir sur tout et Dieu merci, on s’ennuierait ferme, sinon. Mais il est toujours bon de savoir des choses… Histoire de pouvoir contrer celui qui paraît brillant mais qui perd pied dès que la conversation s’évade vers des domaines qu’il ne maîtrise pas.