Où la vie est une pute

Elle aime me taquiner un peu méchamment des fois.

6 mars 2013, je crache les dernières volutes de la dernière cigarette de mon dernier paquet. Voilà, tiens, je vais arrêter de fumer pour voir. En béquille, une cigarette électronique. Je vous parlerai d’elle un autre jour, promis. Donc depuis un mois, plus une clope, rien. Alors que je me gargarisais auprès de collègue chouchoute en journée, je ne savais que le drame était en train de s’ourdir, tels des nuages lourds et menaçant s’amoncelant sur un horizon qu’on ne regarde pas. Pourtant, l’orage est proche.

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Mercredi soir. Comme évoqué au détour d’une parenthèse, je me suis rendue à une soirée entre célibataire à base de champagne (oui, l’histoire ne dira pas si c’est le champagne ou le côté célibataires qui m’a attirée vu que la première soirée avait été mi figue mi raisin. Mais j’aime m’entêter). La soirée commence à 19h30, je débarque donc à 20h en panique totale mais j’ai pas réussi à m’extirper du boulot à temps. J’arrive et j’ai à peine mis le pied dans le bar (assez minuscule) que je me retrouve une coupe de champagne à la main. Oui, je…euh…ok. N’étant pas des plus réservées, je commence à entamer la conversation avec deux mecs (sachant qu’une fois de plus, ces messieurs sont visiblement en minorité) dont un brun pas mal. Les mouvements de foule font et défont les groupes, le premier mec, un petit blond, disparaît du groupe (mais étant juste derrière moi, nos fesses furent très intimes. A un moment, j’ai hésité à carrément m’adosser sur lui, vu notre proximité physique) et je me retrouve à parler seule avec le brun pas mal. Anaïs arrive et on parle à trois. Le mec est musicien et fait des percussions. Là, je me sens plus. Des percussions, ma lubie depuis longtemps ! Ahah, merci la vie.

percussions

Sauf que. Sauf que la vie est une pute avec moi sur le plan sentimental, une enfant cruelle qui me tend une gourmandise pour mieux me la retirer (ou me la donne et attend avec un sourire vicieux que je chope une vilaine carie. Du style prince charmant devenu crapaud). Alors que tout semblait bien parti, le sort s’en mêle. Deux nana se fraient un chemin pour sortir fumer et là, ma proie annonce avec un grand sourire “ah ben je vais fumer, moi aussi”.

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J’ai arrêté de fumer y a un mois. Un mois sans toucher la moindre vrai clope. Un mois à avoir limite la nausée à l’idée de refumer (processus cognitif intéressant au passage). Donc je ne sors pas. Or : une soirée où y a mathématiquement plus de filles que d’hommes et que les hommes pas mal sont en minorité, des filles globalement tabagiques. Ben oui, voilà, ma proie a été capturée par un groupe d’amazones. J’ai tenté, une fois de retour à l’intérieur, d’intégrer leur groupe avec Anaïs mais pas moyen. Là, la vie, elle m’a tendu une friandise… qui dissimulait des fils électriques et je me suis pris une sacrée pichenette !

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En repartant, je joue un drama en 3 actes à Anaïs “non mais meeeeeeeerde, j’ai arrêté de fumer et voilà le résultat, putain, trop vénère sa mère la pute !” (bon, non, j’ai pas parlé comme ça mais laissez moi re redramatiser la situation). Et la petite qui en rajoute une couche : “Ah oui, c’est con parce que c’était le seul mec mignon. Quand je suis arrivée, je me suis dit que t’avais trop géré et tout. Puis en plus, il essayait de revenir nous parler après”. Des regrets, des regrets, des regrets.

regrets

Moralité : ben y en a pas. Ah si : le chemin d’une vie saine est vachement plus pentu que celui d’une vie de débauche…

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Mais bon, j’ai pas dit mon dernier mot non plus, je vais pas laisser mon non tabagisme me faire perdre une proie, je prépare le round 2 (teasing… ou pas parce que s’il le faut, le round 2 n’existera jamais et j’écrirai pas un article pour dire “ah bé voilà, pas eu de round 2, bisous !”)

Pourquoi j’’aime pas les enfants (babysitting stories)

(Suite à mon premier article sur le sujet, j’en écris un second, en attendant d’écrire celui sur Arnaud.) Pourquoi je n’aime pas les enfants ? La question se pose. Je pense que je n’ai pas à me justifier car, après tout, j’ai le droit de ne pas aimer les enfants comme je n’aime pas les petits chiens. Après tout, pourquoi c’est si scandaleux qu’une femme n’aime pas les mioches ?
 
Jeune, je les adorais (très jeune, je précise). A 16 ans, je rêvais souvent que je m’occupais d’une petite sœur que je n’ai jamais eue… Oui, j’ai une sœur, Alice, mais celle-ci était bébé alors que j’étais adolescente. Alice n’a que 2 ans et demi de moins que moi, je m’en suis occupée dignement quand elle était bébé, je lui ai même sauvé la vie, figurez-vous. Quand Alice est arrivée dans notre petite famille, j’étais folle de joie, apparemment (je ne m’en souviens pas vraiment), je voulais toujours la prendre sur mes genoux et j’assistais avec attention à son bain. Or, un jour, ma mère la met dans son bain, téléphone, elle part répondre. Cinq minutes plus tard, j’arrive dans la chambre et je fais : « Maman, y a Alice qui fait la grenouille ! ». Et voilà comment j’ai sauvé ma sœur d’un drame domestique.
 
Donc, voilà, jeune, j’adorais les gosses. Premier accroc dans ma love story avec ces petits bouts : été 1996. J’avais fait un stage au journal de ma ville natale et la secrétaire m’avait proposé de partir 15 jours avec son mari, un couple d’amis et elle à St Jean de Luz pour garder les petits. Je résume : 15 jours au bord de la mer, nourrie, logée, payée… Bon, il faut garder les enfants mais tout va bien… Bien sûr que j’accepte ! Je ne savais pas dans quelle galère je m’étais fourrée. Le jour J, j’arrive chez la secrétaire, je n’avais pas encore vu les enfants. Je rencontre donc sa fille, 4 ans, assez sage, elle regarde la télé et m’explique un peu le dessin animé, elle me pose quelques questions. Bon, elle, ça va, me suis-je dit.
 
Arrive la femme de l’autre couple. Oui, ces familles sont amusantes : les épouses partent en vacances, les maris viennent de temps en temps faire un coucou (véridique). Me voici en présence de deux petits garçons, un de 5, l’autre de deux ans. Le grand part avec la petite fille dans l’autre voiture, je monte dans celle où il reste le plus petit et le voilà parti en pleine crise d’hystérie. Que se passe-t-il donc ? Sa mère arrive et le petit se calme : « il ne supporte pas d’être seul avec quelqu’un qu’il ne connaît pas. » Super, ça commence bien !
 
Le trajet se passe sans encombre, je joue avec le petit pour qu’il s’habitue à moi. On arrive sur place et, là, le cauchemar commence : les deux aînés font les cons, ils décapitent les fleurs, ils hurlent. Je prends cinq minutes pour appeler mes parents, le petit en profite pour se faire la malle mais on le retrouve vite. Bon, j’ai compris : j’ai pas intérêt à le lâcher car sa mère n’a pas l’air super attentive. Je joue un peu avec les aînés. Mon défi, si je l’accepte : les empêcher de jouer avec des bâtons, youpi ! J’avoue que j’ai eu de bons résultats à ce niveau. J’y reviendrai.
 
Premier soir (un samedi), les mères se cassent au casino, me laissant leur marmaille pour une des soirées les pires de ma vie. Le petit hurle à la mort quand sa mère s’en va, il est inconsolable, il pleure tellement qu’il me vomit sur la moquette (oui, sur le carrelage, ça n’aurait pas été drôle). Pendant que je m’occupe de lui, les deux autres se battent comme des chiffonniers, me voici donc avec trois gamins qui chialent, au secours ! Agacée, je fous tout le monde au lit (à 21h, c’est tard pour les enfants, de toute façon), je parviens à calmer le petit, les deux garçons vont se coucher sans trop de problème. Mais j’ai fort à faire avec la petite fille, une épreuve atroce m’attend. La pauvre gamine souffre de mycose mais celles-ci ne sont pas aux pieds, nan, nan. Avant de partir, ma mère m’explique que je dois lui glisser un truc dans le vagin pour la soigner. Je vous jure qu’à 16 ans, c’est assez dur à vivre surtout que ça lui fait mal à la petite et elle pleure, elle ne veut pas. J’ai développé des trésors de diplomatie pour y arriver mais j’ai trouvé ça atroce, la pauvre… A 4 ans, devoir se faire soigner son intimité par une inconnue, y a vraiment pas plus glauque. Je lui raconte une histoire et elle s’endort. Mais ce n’est pas fini : je dois nettoyer le vomi sur la moquette… Sauf que je ne sais pas où sont les produits de nettoyage, je fais ça avec du papier toilette et de l’eau, je manque à plusieurs reprises de rajouter mes propres miasmes au pâté du petit…
 
Les autres soirées ont été plus calmes mais ces gamins étaient des monstres pourris gâtés. Les parent sortaient tout le temps et achetait l’affection de leurs gamins à coup de cadeau. Le couple avec les deux garçons ne s’entendait pas, ils s’engueulaient tout le temps et le père finissait toujours ses phrases : « j’ai pas raison, Nina ? » Je suis obligée de prendre parti ? Je me souviens notamment de ce drame : les enfants ont attrapé des poux pendant les vacances. Dialogue.
Femme : Elle est dégueulasse, la plage de St-Jean-de-Luz, y a des serviettes hygiéniques qui traînent !
Mari : T’es conne ou quoi ? Les poux, ça s’attrape pas par les serviettes hygiéniques (certes, mais c’était un exemple de saleté).
– Dès qu’on rentre, on désinfecte tout, on amène tous les draps à la laverie.
– Non, mais ça va, ils ont trois poux, un shampoing et c’est bon ! Hein, Nina?
Nina : Euh…
Voilà, on s’éclate ! Côté conneries, les gamins étaient infernaux. Leur grand jeu, à la plage, c’est de courir dans tous les sens et de jeter du sable sur les gens. Le problème, c’est qu’ils étaient deux et j’étais seule, donc ils ne partaient jamais dans le même sens, je ne pouvais en courser qu’un à la fois. Le pire, ce fut le jour où j’ai grondé le grand garçon je ne sais plus pourquoi. « Puisque c’est ça, je te fais pipi dessus ! » Et là, il me sort son tuyau et met sa menace à exécution ! J’évite le jet mais, furieuse, je lui en colle une. Or le papa n’était pas loin. Il faut savoir qu’une des premières choses que ce monsieur m’a dit fut : « t’hésite pas à leur en coller une s’ils déconnent ». Sauf que moi, la violence, je supporte pas, c’est plus fort que moi. Là, il me voit faire et comprend que son gosse a dépassé les bornes, il me demande ce qu’il vient de se passer et met une trempe pas possible au gamin. Moi, du coup, je plaignais un peu le gosse, j’ai indiqué qu’il en avait déjà pris une et ce n’était pas la peine d’en rajouter. Maintenant, lecteur, je me demande si je dois compter cet incident comme une « golden shower », ce qui ferait augmenter mon score (pas franchement glorieux) au test de pureté… Hum ! Sinon, chaque matin, même rituel : les mères me jettent leurs gamins à huit heures et demi pour que je m’en occupe pendant qu’elles terminent leur nuit, je dois les tenir jusqu’à midi dans le salon sans qu’ils hurlent, sachant qu’il a plu à peu près tout le temps… Ô joie ! Franchement, Tom Cruise, il me fait marrer dans Mission Impossible, c’était rien, à côté, surtout qu’il y en avait toujours un qui tentait de m’échapper pour aller voir papa et maman…
 
Le soir, ils ne faisaient pas trop d’histoire pour aller au lit, sauf le petit qui passait son temps à me demander : « où il est papa ? Où elle est maman ? » parce que je lui répondais et il savait que je m’occupais de lui. Un soir, il commence enfin à s’endormir et son frère, qui dormait au dessus (lits superposés) me fait : « dis, je peux te chanter une chanson ? » Je l’y autorise, trouvant ça mignon, et le voilà qui se met à hurler : « C’EST L’HISTOIRE DE LA VIE !!! » (version très personnelle, je précise). Du coup, l’autre : « et il est où, papa ? » Et merde !
 
Bon après, il y a eu quelques bons moments. La première fois que je vois le papa des petits garçons, je bave comme une folle (qu’il était beau, Seigneur !), il arrive dans le salon où j’étais avec le petit et il me dit : « Alors, c’est toi, Alexandra ? » « Non, pas du tout, je suis Nina. » Quelques jours après, j’ai compris d’où venait la méprise. Le petit garçon arrive et me fait : « tu connais Sandra ? C’est la fille qui a les mêmes yeux que toi ! ». Là, j’avoue que j’ai trouvé ça trop mignon. Sinon, j’ai appris à la petite fille à faire des bracelets brésiliens mais bon, ce n’est pas très facile pour son âge donc je lui en fais un qu’elle donne à sa maman en disant que c’est elle qui l’a fait, elle était super fière. Mais mon préféré restait le petit qui a fini par s’habituer à moi. Il y avait une pente juste derrière l’immeuble en herbe, il la dévalait en courant et je devais le rattraper, c’était marrant.
 
Quelque part, je plains ses gosses qui ne savent pas ce qu’était l’autorité parentale. En quelques jours, j’avais plus d’autorité sur eux que leurs propres parents. Un jour, on regardait la télé dans le salon, les deux grands jouaient dehors et le garçon arrive en courant dans le salon avec un bâton dans la main et, là, il me voit et lâche de suite son jouet, sachant très bien qu’avec moi, ça ne passait pas… Alors que ses parents, il s’en foutait. Pour la petite histoire, l’année suivante, ils ont pris une autre baby sitter (curieusement, ils en changeaient chaque année) et ce fut proprement catastrophique : la mère des garçons s’était trouvé un amant au casino donc elles sortaient encore plus. Au dernières nouvelles, l’aîné est très perturbé et a eu du mal à apprendre à lire. Tu m’étonnes !
 
Dieu merci, je ne suis pas restée sur cette expérience. Quelques temps plus tard, j’ai gardé un bébé de trois mois trop mignon, il s’est endormi dans mes bras. Ses frères et sœurs avaient le droit de regarder le premier reportage de Thalassa et après, dodo ! Je les laisse regarder la télé me disant : « tu regarderas la télé à telle heure pour vérifier qu’ils ne grugent pas ». Pas la peine, ils sont allés au lit d’eux-mêmes ! Une autre fois, j’ai gardé des petits franco-américains tout aussi adorables. A 21h30, je fais : au lit ! Et bien, ils ont obéi sans discuter !
 
Dernier baby-sitting en date, il y a deux ans, les enfants de l’associé de mon père. Je les déteste, ceux-là, de vrais petits monstres. Normalement, c’est Alice qui les gardait mais ce soir-là, elle ne pouvait pas. Elle m’avait prévenu mais je ne m’attendais pas à ça. On ne peut pas dire que ces enfants sont mal élevés, ils ne sont pas élevés du tout mais il ne faut pas les contredire, les petits chéris ! Ma sœur n’a pas été rappelée après avoir donné une fessée bien méritée.
 
A 20 ans, je rêvais d’avoir un enfant, sentir cette vie grandir en moi. Aujourd’hui, plus du tout. Bien sûr, les enfants dans la rue me gonflent mais je crois que ce dégoût vient plus de mon entourage. En effet, je connais des filles qui se sont retrouvées mères alors qu’elles n’avaient pas la maturité pour et je crois que je crains tellement pour l’avenir des enfants que ça m’a dégoûtée d’en avoir. Je ne parle pas d’Océane, je parle plus précisément de ma cousine (trois enfants en deux ans, aucun jumeaux) ou une copine de lycée qui a appelé sa fille Samantha en hommage à Madame est servie (ça vous situe le niveau). A 20 ans, j’étais choquée quand l’une de mes amies, très grande et très costaud, se sentaient mal dès qu’elle était en présence d’enfants. Au début, je ne comprenais pas mais maintenant, je sais : un enfant, c’est cruel, ça peut dire du mal et être méchant. Personnellement, je n’ai pas de soucis à ce niveau-là, les enfants m’aiment bien. Le neveu d’Anne est fou de moi, un autre m’a consciencieusement draguée dans le train l’autre jour à coup de sourires enjôleurs (avant de se tourner vers la Black en face de moi, salaud, va !). A 19 ans, je me suis crue enceinte, je pensais à ce petit être qui existait peut-être en moi et j’étais terrassée à l’idée d’avorter. Dieu Merci, ce ne fut qu’une fausse alerte.
 
Mais je n’aime pas les enfants et ça m’énerve qu’on veuille m’imposer ce sentiment d’amour que je suis censée avoir pour ces êtres, comme si mes ovaires prenaient la place de mon cerveau dès qu’un bébé entre dans la pièce. Ça m’énerve que ma cousine me colle ses bébés dans les bras en rigolant alors que je ne sais pas quoi en faire (il dort, le bébé, ou il végète, super intéressant), qu’elle me demande de lui donner le biberon alors que je m’en fiche, moi, de le nourrir. Pourtant, j’adore son fils aîné, j’ai des dizaines et des dizaines de photos de lui, je le trouve très beau et très éveillé, même si je pressens le futur gamin insupportable. En effet, sa mère lui a inventé une mystérieuse maladie, elle n’en a que pour lui, tant pis pour son frère et sa sœur. Pareil pour mon cousin, que j’adore aujourd’hui : j’ai commencé à l’adorer le jour où il a eu 16 ans, qu’on a échangé nos adresses MSN et qu’on a longuement parlé de son homosexualité. Il faut dire que mon cousin était particulièrement insupportable, petit : ma tante ne parvenait pas à l’engueuler, fils unique. De plus, il est arrivé dans la famille juste après le décès d’un de mes oncles dont tout le monde s’est un peu consolé en reportant son affection sur lui. Ce fut pareil pour le fils de ma cousine : on a appris que ma cousine était enceinte le jour du décès de sa mère.
 
Aujourd’hui, je pense que la seule chose qui peut me faire à nouveau aimer les enfants sont mes futurs neveux et nièces. Eux, je serai ravie qu’on me les colle dans les bras.