Belfast : entre Irlande et Angleterre

Mi septembre, j’ai décidé d’inaugurer comme il se doit mon nouveau CDI en posant direct mon 2e lundi (le premier, je suis partie en séminaire avec mes petits camarades. Ouais, je commence direct, moi) car j’avais prévu de m’envoler voir mes potes d’Irlande, Isa et Joy. Avec ma fidèle Anaïs sous le bras, nous nosu frottions les mains : après Dublin et le Connemara la dernière fois, nous voici parties pour Belfast.

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Evidemment, pour moi, Belfast restait la capitale sinistrée, impitoyablement déchirée par une lutte fratricide entre les Irlandais anglicans fidèles à la couronne d’Angleterre et les Irlandais catholiques rêvant de rejoindre la mère Patrie l’Eire. Comme j’avais en plus écrit un petit mémoire sur le sujet (j’avais dans ma prime jeunesse, une passion pour les indépendantismes. Aujourd’hui aussi mais j’ai moins de temps à y consacrer (enfin, à la recherche et écriture, je veux dire)). Du coup, ça me faisait un peu frétiller. Sauf qu’en fait, Belfast n’a pas grand chose à voir avec que j’imaginais. Voici donc pour vous, lecteurs, le récit de mon petit périple dans le fief de l’indépendantisme irlandais (ou ce qu’il en reste). Mais globalement, point de traces de lutte si ce n’est les barbelés omniprésents dans la ville et le quartier catholique dont je vous parlerai plus tard dans l’article.

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Belfast, capitale du street art

Si je devais résumer Belfast, je dirais “briques rouges et street art”. Errant de rues en rues, on croise de jolis bâtiments en briques rouges et des fresques. Comme disait Isa, à un moment “en fait, ici, tout est prétexte pour faire de l’art”. Capitale dynamique à la Berlin ? Non, pas du tout mais on note quand même une culture prégnante de la fresque murale. Dans de petits dédales discrets, on découvre de charmants quartiers, cachés des grandes artères. Ca, c’est un peu ce que j’ai particulièrement adoré dans Belfast, ce côté “garde les yeux ouverts, t’es pas à l’abri de découvrir un endroit absolument charmant”. Alors on guettait le moindre passage pour tenter d’y découvrir un passage quasi secret.

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Le jardin botanique, l’université et le marché St George

Si la mairie est un bâtiment assez remarquable pour ce que nous en avons vu (on est tombées en plein Week-end du Téléthon local), j’ai surtout retenu le charmant jardin botanique et l’université de Belfast. A l’instar du notable Trinity College de Dublin, le campus de Belfast offre cette même sensation de charmant campus aux dimensions humaines et à la pelouse impeccable. Une architecture un peu lourde et austère ou tu t’attends presque à voir un fantôme passer aux fenêtres.

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Autre gros point fort de Belfast : le jardin botanique. Entre la serre tropicale pleine de rouille (j’aime prendre la rouille en photo), les allées impeccablement entretenues et les rosiers à foison, ça te fait ta petite bulle d’oxygène. On a cherché des écureuils car Isa nous a dit en avoir vu quand elle était venu mais à part celui qu’on a imaginé pour faire une blague à cette dernière pendant qu’elle était aux toilettes (oui, à Belfast, y a plein de toilettes en préfabriqués aux endroits stratégiques), point de petits rongeurs.

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Autre point de la ville que j’ai bien apprécié : le marché St George où nous sommes passées le dimanche matin. Entre poisson frais, cupcakes, petits bouquins, stand steam punk et brocantes, je ne savais plus où regarder. Et je me suis offert un petit roman : lire en anglais, c’est bon pour ce que j’ai.

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Belfast la britannique

Ayant eu une petite expérience de la vie à Dublin lors de mon dernier passage, je suis assez étonnée par le changement de style : Belfast est carrément britannique. Même si on croise peu l’Union Jack, c’est plus dans l’attitude et la tenue des gens que ça se ressent : passé 18h, la moyenne d’âge des badauds baisse drastiquement, on croise des jeunes aux styles très différents, gothiques ou petites pouffes habillées mini riquiqui (mon moi enserré dans ma veste en cuir, mon écharpe et mon gros pull ne peuvent s’empêcher d’être fascinée par ce super pouvoir : se balader à moitié dévêtue quand on passe sous la barre des 20°). Les cheveux ont des couleurs pour le moins étrange, des tie and dye pour le moins hasardeux. Mais apparemment, tout le monde s’en fout et ça, c’est LE truc british qu’on devrait récupérer en urgence à Paris. T’as une jupe qui s’arrête sous ta culotte et des cheveux fuchsia et violets. So whatever ? (non, à Paris, on la regarde avec condescendance et mépris). Quoi qu’il en soit, même si Belfast et Dublin n’offrent pas du tout la même ambiance, on s’y sent bien accueillis. Le soir, on s’arrête dans une petite cafétéria pour dîner. Léger pour Isa et moi qui avons eu quelques difficultés à digérer notre fish and chips du midi (il était très bon mais, pour une raison obscure, je ne digère plus trop le trop gras… Non, c’est pas une question d’âge, oh !). Mais avec une petite bouteille achetée à la supérette en face. En Irlande (les 2), tu n’as pas de droit de bouchon donc si le pub ne sert pas de vin, tu peux débarquer avec ta bouteille, tranquille.

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Le difficile quartier catholique

Fin de séjour, nous voici donc dans le quartier catholique, celui des murs et là, comment dire… l’ambiance prend de suite quelques tonnes, on perd le côté gai de la ville. Rien qu’en traversant le périph, on se prend en pleine poire une certaine misère sociale à laquelle on ne s’attendait pas. Sur les murs se déroulent des messages politiques, des appels à la libération de prisonniers de guerre, des drapeaux Palestiniens un peu partout : il y a une forte assimilation entre le drame de Gaza et l’appartenance du peuple irlandais catholique à la couronne Britannique. Je ne suis pas super à l’aise avec l’analogie mais bon, vu que je ne vois pas les auteurs des fresques dans les parages, je me contenterai de garder mes réflexions pour moi. On se balade, on trouve une voiture plantée dans un poteau, les flics autour, un espèce de véhicule tanké de la police passe à côté… Mmmm, petite balade dans les environs : certains coins sont inaccessibles, d’autres transpirent la misère.

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On atterrit dans un cimetière, Anaïs et Isa sont devant, je suis au milieu à tout mitrailler (je suis toujours un peu fascinée par les tombes oubliées, j’en parlerai peut-être un jour), Joy traîne un peu derrière. A un moment, on voit passer une poignée d’ados, une bouteille d’alcool vide à la main. Goût bizarre dans la bouche. Isa nous explique qu’ici, les jeunes sortent des cours tôt et n’ont rien à faire derrière, y a pas la culture des activités extrascolaires, même pour les plus aisés. On reste quand même un peu sonnées : si t’es déjà alcoolique à 12 ans et que tu passes ton dimanche soir à zoner dans les cimetières pour te la mettre à l’envers avec tes potes, c’est quoi ton avenir ?

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Bref, malgré cette note désagréable, Belfast me laisse un joli souvenir. Et j’aime toujours autant la culture anglo-irlandaise, je m’y sens bien. Et je vais désormais militer pour qu’on trouve du cidre pression dans les bars : ça me permettrait enfin d’avaler ma pinte sans grimacer de dégoût. Même si certains bâtiments, et pas des moindres, sont un peu abandonnés, il n’en reste pas moins qu’on sent une bonne dynamique dans la ville.

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Demain, je vous parlerai des deux musées que nous avons faits durant le week-end : le musée Titanic et le musée Guinness (à Dublin celui-ci). Bisous !

Mais où trouver l’homme pour de vrai ?

 En cette morne matinée, j’aurais pu vous parler du fait que mon train avait encore eu du retard hier (40 mn car un train en sens inverse a dégommé un sanglier. Con de sanglier), du fait que j’ai repris le travail et que je crois que je vais être toute seule au bureau aujourd’hui. Mais non, j’ai pas très envie de chouiner donc on va parler de rencontres amoureuses, ouééééé !


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Y a plus d’un an, j’ai débuté où trouver l’homme, une série qui m’a amusée mais que j’ai fini par laisser filer. Du coup, aujourd’hui, j’ai des milliards d’idées sur la question mais j’ai un peu perdu la flamme. Puis je me suis trop éloignée de mon objectif de départ, je crois. Bref, faudrait tout reprendre de zéro mais ici, ce ne serait plus tellement le lieu. Peut-être créer un blog dédié ou un livre en auto édition ? J’en sais rien, faudrait déjà que j’ai le temps. On verra.


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Il n’empêche que la question se pose avec de plus en plus d’acuité. Parce que ce n’est pas si simple, surtout si on bosse. Prenons ma vie type : je me lève, je me prépare, je pars au boulot, j’y passe 9-10h, je repars, je vais ou non au sport, maison, dodo. Parfois, je sors avec mes amis soit dans des bars de type lounge soit chez eux. Alors ok, il paraît que la salle de gym est un super lieu de drague (ou la piscine) mais je l’ai déjà dit dans les où trouver l’homme justement, je n’y crois guère. D’abord parce que je suis là pour faire du
sport et j’ai tendance à faire mon autiste dans ces cas là. Je ne parle pas en nageant ou en ramant ou en torturant mon corps dans des cours d’abdos fessiers, hautement féminins au passage. Tout n’est question que de contexte et en salle de sport, je ne suis pas dans le contexte.

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En fait, c’est le cœur du problème, je ne suis jamais en conditions idéales. Par exemple, la drague au boulot. Non mais vous croyez que c’est le lieu. Bon, déjà, dans ma boîte actuelle, on n’est que 11 et tous dans la même pièce donc mise en situation : imaginons que je chope le seul célibataire de l’open space, je vais l’avoir sous le nez toute la journée. Bon ben pardon mais c’est juste impossible. Je ne suis pas une fusionnelle, j’ai besoin de mon espace et vivre avec un mec que j’ai sous le nez toute la journée, non, je ne peux pas. Non mais c’est vrai, comment se créer une intimité dans de telles conditions ? Je ne vois pas. Et dans le métro ? Non, je ne suis pas dans le trip surtout que le mec peut être tout à fait charmant à l’œil mais profondément crétin, comment savoir ? Accepter un verre avec un mec avec qui on n’a rien en commun, y a des expériences plus sympa. Quant au bar, si j’y vais avec mes amis, c’est pour passer la soirée avec eux. Point.

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Alors reste la drague sur le net, idéale pour les travailleurs et travailleuses. Oui, quand on est étudiant, on se dit que c’est un truc de désespérés puis on se rend compte que quand on est la tête dans le guidon de 9h30 à 20h, ça laisse de suite vachement moins d’opportunités de rencontre. Sauf que perso, j’en ai ras le bol des sites de rencontre, véritables nids à connards qui ont trouvé moyen de baiser gratos. Et arrive un moment où avoir la sensation d’être juste une pute gratuite n’est pas super flatteur. Chercher du fun sur les meetic, adopteunmec et autres conneries, ok mais pour du sérieux, passez votre chemin. Et le passer où, justement ? Telle est la question. Puis c’est pareil, le contexte n’est pas le bon, j’y vais par ennui et désoeuvrement plus que par réelle volonté de rencontrer quelqu’un.

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Avant, j’étais étudiante, j’avais rencontré Guillaume 1er sans le faire exprès, au détour d’une cafétéria. Et maintenant ? Bah, il est vrai que ça ne me préoccupe pas trop car j’ai  pas mal de trucs sur le feu en ce moment mais quand je vais vouloir une présence pour me réchauffer les pieds en hiver autre que mon chat, va falloir agir. Parce que le « gna gna gna, ça vient quand tu t’y attends pas », c’est bien gentil mais y a que dans les mags féminins que l’amour frappe à la porte sous les traits d’un nouveau voisin craquant. Mais dans la vraie vie, les voisins sont soient vieux soit mariés. Des fois, je me dis qu’il serait tellement plus simple de vivre dans un magazine !

The Heathers


Ce qui est pratique avec Twitter, c’est qu’on peut tout demander dessus. Donc quand je bats le rappel pour avoir un titre de navet, c’est Lil Virgo qui me répond : « mate les Heathers ! ». Ok, un petit coup de baguette magique et le voilà sur le disque dur externe de Vicky (parce qu’on l’a regardé ensemble). Je précise que nous l’avons vu en anglais non sous titré, on n’est pas sûre de toute la compréhension de l’histoire mais je crois qu’on s’en est pas si mal sorties.


Alors au début, je m’attendais à un espèce de Gossip Girls des années 80, un truc qui se passe dans un lycée avec le classique clan des populaires et des autres. Dans ce film, nous avons le groupe des Heathers, trois nanas populaires très BCBG, on a Heather la rouge, la chef un peu, Heather la jaune et Heather la verte (Shannen Doherty pour celle là) et elles intègrent dans leur trio Veronica (Winona Ryder) qui est un peu différente vu que déjà, elle s’appelle Veronica, elle sera la bleue de service. Donc elles s’habillent selon leur couleur et joue au crocket tout en discutant.


Un soir, Veronica sort avec Heather la rouge à une soirée étudiante où Heather est très gentille avec un étudiant alors que Veronica non et elles s’engueulent. De retour chez elle, Veronica est très énervée et là, qui arrive par la fenêtre, façon Dawson ? Jessie, le rebelle de service (Christian Slater) qui a été renvoyé quelques jours de l’école pour avoir tiré à blanc sur deux footballers à la cantine (oui, il est très bien dans sa tête dès le départ). Après une partie de strip crocket, ils décident de tuer Heather la rouge pour venger Veronica. Ils vont chez elle, lui font boire du lait avec du produit bleu genre nettoyant et couic la Heather ! Veronica écrit une fausse lettre de suicide vu qu’elle sait imiter les écritures et c’est le cercle vicieux. Ils commettent un autre double meurtre puis Jessie pète les plombs et veut faire péter l’école en faisant passer ça pour un suicide collectif.

Ce film est juste totalement… surréaliste. Quand j’ai vu le teaser, je m’attendais à un film plutôt drôle, ce qu’il n’est pas du tout puisque ça démarre façon série télé américaine à la Beverly Hills ou autre au lycée (en fait, ça fait furieusement penser à 21 Jumpstreet mais c’est l’effet années 80), il y a toute une scène dans la cafétéria avec les « groupes de pouvoir » : les footballeurs machos et crétins, les geeks, la grosse (oui, elle est toute seule), les fils/filles à papa, les filles à  lunettes impopulaires, les rebelles (dont Jessie) et les Heathers donc. Pour bien qu’on situe tout ce petit monde, on a droit à une scène longuette dans la cafétéria où les Heathers demandent à tout le monde « que ferais-tu avec 5 millions de dollars ».


Puis tout à coup, il y a un premier meurtre et l’enchaînement, avec une prof très baba cool au milieu qui veut parler de suicide à tous les élèves pour pas qu’ils se jettent par la fenêtre, les parents qui sont ridiculement  largués et ne s’occupent pas de leurs gosses… Bref, quelques ressorts comiques émaillent ce film pourtant assez dramatique et on ne sait pas bien s’il faut en rire, en pleurer, à quel degré le regarder si tant est que son auteur en ait prévu plusieurs, de degrés.


Bref, la bande annonce est assez funky, le film beaucoup moins. Mais peut-être n’ai-je pas tout compris… J’ai bien saisi qu’il s’agissait d’une comédie noire mais je crois qu’il manque une pointe de cynisme et d’autodérision pour être un réel monument de comédie noire. Du coup, pof le nanard ! Par contre, je susi impressionnée par la constance du jeu d’acteur de Winona : toujours le regard hagard, toujours la bouche ouvert et l’air perdu. Quoi qu’elle joue… Chapeau.

Et si on changeait de stratégie

Aujourd’hui, c’est grève. Comme la semaine dernière. Comme depuis trois week-end sur le réseau nord ouest du transilien. En fait, ça fait près de 10 mois qu’on se prend régulièrement des grèves et j’avoue que je suis à un tel niveau de blasement que j’en suis tombée dans l’indifférence. Pas de train ? Pas grave, je prends le bus, y en a un qui m’arrange pas si mal. Y a qu’à minuit, quand je suis chargée, que ça m’amuse moins. Mais au bout de 10 mois, force est de constater qu’on ne peut plus continuer comme ça. Le week-end dernier a eu lieu la nuit des écoles : en gros les instits de primaires veulent protester et invitent donc parents et élèves à camper dans les établissement en réalisant diverses activités comme lecture, dictée, maths, dans une ambiance bon enfant. Alors là, j’ai tendance à dire oui ! C’est ce que j’appelle la contestation intelligente car les instits prennent le temps d’expliquer le pourquoi du comment de leur mécontentement, de montrer un peu leur quotidien, même si c’est dans une atmosphère festive. Alors que si je prends les grèves RATP et SNCF, puisque ce sont deus services que j’utilise, je ne sais rien. Si je veux m’informer, je suis priée d’aller lire le journal. Aucun tract distribué, rien. Du coup, ça devient de plus en plus nébuleux. Par exemple, ça fait donc 3 week-ends d’affilée qu’il y a une grève sur le réseau nord ouest, un train par heure voire heure et demie. Alors ok, mais pourquoi ? J’avais d’abord pensé à une agression mais ce n’est pas ça. Selon Simon, c’est une histoire d’heures en plus qui sont qualifiées de complémentaires et les cheminots voudraient qu’elles soient qualifiées de supplémentaires puisque les deuxièmes sont plus avantageuses que les premières. Mais mon père a vu un reportage où il aurait été question d’une cafète déplacée. Sur le coup, il m’a dit ça, j’ai explosé de rire. Mais si c’est vraiment pour ça, là, j’ai juste envie de dynamiter le siège de SUD vu que c’est lui qui fout le bordel. Alors voilà où nous en sommes : 10 mois de grèves plus ou moins régulières, des revendications rapportées dans les journaux, un gouvernement totalement indifférent, des usagers usés… Y a que moi qui me dis qu’il faudrait vraiment trouver une nouvelle voie de contestation ? Alors, ok, les transports gratuits ces jours là, c’est interdit, ça, maintenant, je le sais. Mais pourquoi opposer systématiquement usagers et grévistes ? Pourquoi les grévistes ne vont pas à la rencontre de ces usagers pour expliquer leur cause ? A la limite, tant qu’à y être, organisons des animations dans les trains, métros, postes… pour expliquer le métier. Ok, on est là mais on va t’expliquer pourquoi on n’est pas content. Et pourquoi pas un grand barbecue en guise de manifestation après le boulot ? Mine de rien, ça va en faire de la foule et les grévistes gagnent en sympathie. Alors j’entends déjà les « non mais attends, les revendications n’aboutiront jamais comme ça ! ». C’est sûr que les grève old school, dix mois plus tard, on voit bien leur efficacité : aucune. Je crois vraiment qu’on est à la fin du syndicalisme à la papa. D’ailleurs, quand on voit que la moyenne d’âge des syndiqués est de 57 ans, y a clairement une cassure entre les anciens et les jeunes travailleurs. Certains fins esprits à la capacité d’analyse étonnante vont encore me dire leur fétiche « pfff, et t’oses te dire de gauche » mais hiiiiiiin ! c’est pas le sujet. Je pense juste qu’après 10 mois après les premières grèves de la fonction publique, les gens qui ne sont pas concernés s’en foutent au mieux, sont vraiment remontés à cause des inconvénients qu’ils subissent depuis tout ce temps au pire. D’autant que les routiers s’y mettent aussi et là, de suite, ça parle à tous les gens qui font le plein : l’essence, c’est trop cher, faut faire quelque chose. Comme d’habitude dans ces cas là, le gouvernement  a joué le pourrissement et a gagné. Alors, on change la donne ou on garde les œillères ? En attendant, moi, j’aime bien aller bosser en bus, je crois que je vais faire ça tout l’été !

La Drague a l’Hosto, Acte II

Par Lucas

Pour l’épisode mensuel de notre sitcom préféré, nous allons gentiment respecter les règles du théatre. Une seule journée, un seul lieu, une seule action.
Une seule journée donc : celle d’aujourd’hui,
un seul lieu : la cafète de l’hosto Raymond Poincaré,
une seule action : la drague frivole.

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Voila, ces préalables ayant été posés, j’ai désamorcé le pétage de câbles hebdomadaire de Notre Normalienne Préférée, que je ne nommerai pas pour susciter votre curiosité malsaine et ne pas nuire à sa proverbiale modestie, hein ma p’tite vierge effarouchée ? Naaaaaan, pas frapper.

Nous voila donc à la terrasse de la cafète, dans une ambiance fooor-mi-daaaa-ble, oui comme à Question pour un Champion les jours où Julien Lepers a la patate.
Une demi douzaine de djeunz cool sirotent leurs expressos, dans une ambiance futile, joyeuse et compressée vu que la table est minuscule. Certains, parmi eux, décochent des réparties pleines d’humour et, en conséquence, certaines demoiselles rigolent à outrance, avec un volume sonore indécent (hopital : silence ?)

Bref, la joyeuse bande est le centre de l’attention des gens honnêtes qui les entourent et qui voulaient simplement se boire un café pèpère en faisant, comme d’hab, des gueules d’enterrement.
Atmosphère délicieuse.

A deux metres de notre grappe de jeunes, trônant sur son fauteuil à roulettes, un monsieur trentenaire qui a perdu ses jambes et qui exhibe fierement ses moignons tout en regardant fixement une demoiselle, fort jolie, que nous appellerons Sally.

Bien sûr, Sally n’en a rien à battre du demi-monsieur. Elle préfère mater un minet gominé. Eh oui, c’est comme ça, c’est un principe élémentaire, un axiome de la séduction : les filles craquent TOUJOURS sur les minets qui empestent à 50 metres le Drakkar Noir.

Perso, les nabots, je leur fait des sourires gentils qui sous entendent« Ne veux-tu pas te faire pousser accidentellement sous un Metropolitain et de préference pas sur ma ligne ? » Bref, les nabots je ne peux pas les piffrer, ni même les sentir d’ailleurs. Moi je mets du Jaipur de Boucheron et, bizarrement, aucune nana ne me colle au cou (non, au cou…). Va comprendre.

Donc pour résumer
Pendant que Raoulette hurle, à tout va, son rire de femme libérée, tu sais c’est pas si facile, Gerard mate de manière indécente Sally qui scrute Nabot qui empeste les narines de Lucas bien obligé de sniffer son café pour faire couler le drakkar noir.

Bien sur Nabot a sa gourmette en argent au poignet droit avec écrit NABOT, un jean eau de javelisé, un tee shirt Vonedeutche, un gel effet mouillé et des Sparco.La star c’est lui.

Jusqu’ici, rien que de très normal.

Mais moi je mate tout le monde de maniere discrète et furtive, un petit carnet posé devant mon capuccino, comme si je calculais le PIB du San Marin alors que je vous raconte tout ce que je vois, tout ce que j’entends, tel un salooooo d’espion.

Et je voudrais m’apesantir sur le désarroi de Sally.

Sally qui va, un beau jour ou peut-être une nuit, susciter la curiosité de Nabot mais qui n’en fait rien pour l’instant. Elle est trop discrete,Sally, trop translucide, trop « pas assez ».

C’est bien simple, elle ne prononce pas un mot et fait des sourires de façade pour cacher sa détresse interieure.

Je voudrais ici rendre hommage aux millions de demoiselles qui par le monde et les époques ont connu cette situation horrible.
Et je compatis.
Mais revenon à Sally.

De la voir, malheureuse comme ça, ça me donne envie de lui écrire sur un discret panneau de 50 cms sur 80:

« Tu veux pas faire un week end à Santorin avec moi au lieu de mater ce louuuuzeur » ??

Mais non elle a les yeux fixés sur Nabot.
Et, quand tout le monde se leve pour retourner bosser, je lui jette un regard rempli de questions. Elle me sourit et moi ça me donne envie de chanter du Oasis:

 And sooooooo, Sally can wait,
She knows it’s too late,
As she’s walking on by…

Her soul slides away
But dont look back in anger
I heard you say…

J’’ai montré mon string au Fouquet’’s

Dans la vie, je suis d’un naturel désarmant. Ma spontanéité, ainsi que mon étourderie, me poussent parfois à commettre quelques impairs dans des lieux publics qui font beaucoup rire les gens qui m’accompagnent. Voici quelques morceaux choisis, j’en oublie certainement beaucoup, je compte sur mes amis pour en livrer d’autres.
L'objet du délit
 
Discrétion, toujours.
Février 2000, nous nous acheminons en groupe vers l’UFR d’histoire pour attendre je ne sais plus qui. A ma gauche, l’éternel Gauthier. A ma droite, un mec que je convoite. On se pose devant l’UFR, on discute, on discute, les esprits s’échauffent gentiment et, je ne sais plus pourquoi, à un moment, je me mets à crier : « je ne hurle pas quand je baise ! ». Je suppose qu’on devait parler de ma voisine qui hurlait. Donc tout l’UFR a eu la primeur de cette information et moi, je me suis payée la honte devant le mec que je convoitais. Ceci étant, je suis sûre que j’ai fait le bonheur des pauvres étudiants qui faisaient semblant de se passionner pour les révélations numismatiques d’une pauvre prof frustrée ou qui devaient analyser un texte de Thucydide. Et je suis quand même sortie avec ma cible avec qui je suis restée 4 ans et demi, comme quoi…
 
Le Café de Flore
Avec Gauthier, on aime bien jouer les snobs. Partis à Paris pour quatre jours de vacances, nous voilà stationnés au Café de Flore pour boire un chocolat chaud à 20 francs la tasse. On discute, on mate les deux couples à côté (un en pleine rupture, l’autre en pré-brouette) puis à force de boire ce délicieux chocolat, j’ai chaud donc j’entreprends d’enlever mon pull et là, Gauthier explose de rire. Je le regarde et il m’indique que j’ai mis mon t-shirt à l’envers, toutes coutures dehors et l’étiquette en érection. Donc, rouge de honte, je renfile mon pull. Et le pire c’est que, le soir, nous sommes invités chez les cousins de notre ami Gauthier, nous n’avons pas le temps de nous changer. Au menu : raclette ! J’ai dû garder mon pull toute la soirée.
 
Le pigeon au Capitole
Avec Gauthier (décidément, tu me portes la poisse ou quoi ?), nous décidons de nous offrir au coca sur la place du Capitole. Pour les non-Toulousain, un coca Place du Capitole coûte en moyenne 3 euros, presque autant qu’à Paris…  Donc, malins, nous nous installons sur la terrasse du McDO. On discute et soudain, je sens un truc qui me tombe dans le dos, je lève les yeux pour voir quel est le débile mental qui a jeté un truc par la fenêtre et là, Gauthier me fait : « oh, y a un pigeon qui vient de lâcher une grosse merde sur la table, regarde ! » Et là, je me lève en poussant un cri : y a pas que sur la table que cette ignoble bête s’est lâchée ! Heureusement, j’avais une veste qui a protégé le reste de ma personne. Je me précipite aux toilettes pour me laver les mains, je reviens et au moment où on allait partir, une blonde entreprend de s’asseoir à notre table, Gauthier commence à l’informer de ce qu’il vient de se passer mais trop tard, elle est assise donc : « bon, viens, on s’en va ! ».
 
Ernest dans mon sac
Une grosse honte évitée mais j’ai eu peur. A Noël dernier, Gauthier et Anne ont eu la grande idée de m’offrir un ladyfinger (petite vibromasseur). Je l’ai appelé Ernest, prénom ridicule qui m’est passé par la tête quand Gauthier m’a demandé de le nommer. Depuis quelques temps, Ernest prend la poussière dans mes sacs à main inutilisés. Un jour, je décide de changer de sac, je transvase toutes mes affaires et je file à mon rendez-vous avec Zoé… Sauf que ce jour-là, des terroristes ont décidé de faire exploser Londres, il y a donc des flics partout dans le métro. Je déjeune avec Zoé et, au retour, la station est pleine de policiers… Et là, je me souviens : j’ai Ernest dans le sac. Seigneur ! Il ne manquerait plus que des officiers décident de fouiller mon sac, ce serait la honte intégrale ! Je passe donc la tête baissée, style : j’ai quelque chose à cacher… Dieu merci, étant blonde, je dois pas avoir une tête de terroriste donc ils ne m’ont pas arrêtée. Sinon, je me serais prise la honte de ma vie.
 
Le verre au resto japonais.
La semaine dernière, Gauthier était chez moi donc je décide de le présenter à Arnaud. C’est pas que l’avis de Gauthier est essentiel pour moi mais il reste très important donc nous voici partis au restaurant japonais à côté de chez moi. Nous passons une délicieuse soirée, j’ai des étoiles plein les yeux, les deux garçons s’entendent bien, je suis ravie. En partant, l’anse de mon sac a la bonne idée de s’enrouler autour de mon verre encore plein d’eau et, là, c’est le drame ! Le verre se renverse directement sur mon pantalon et fait une merveilleuse auréole. Les deux garçons me regardent et là, toujours très courageuse : « vite, on se casse ! ».
 
La cafétéria de l’IEP
Bon, là, je pourrais en faire un article entier ! Les derniers mois, je m’y rendais souvent en compagnie de Gauthier et de Mister Big. On rigole, on est d’une discrétion hallucinante, on tombe amoureux toutes les dix minutes soit du beau gosse (qui m’a demandé plusieurs fois du feu, d’abord !), soit du nouveau serveur surnommé « Nikos ». Le Nikos, il nous rend dingue, il faut dire ce qui est. Un jour, alors que nous avions une conversation philosophique sur nos vies sexuelles (pour changer), Nikos entreprend de laver le micro-onde placé juste derrière nous, une bonne demi-heure d’ouvrage ! Suspect, non ? On rit, on plaisante et au moment où le volume ambiant baisse, je me mets à crier : « non mais va te taper ton gode ventouse et fous-moi la paix ! ». Bon, et bien, me voici cataloguée « grosse cochonne aux mœurs bizarres ». Pour l’histoire du gode ventouse, ça vient d’un film érotique japonais que nous avions visionné chez Mister Big le soir du nouvel an, à un moment donné, une prostituée allait s’empaler sur un gode ventouse collé à un miroir.
 
Mon string au Fouquet’s
La dernière honte en date, très drôle. Samedi dernier, mes parents étaient sur Paris et nous voilà partis boire un verre au Fouquet’s avec Gauthier qui nous avait rejoint. Pour ceux qui ne connaissent pas le Fouquet’s, le café est à 6 euros… Arrive le moment de se quitter, mes parents partant d’un côté, Gauthier et moi de l’autre donc ma mère me rend mes achats du jour, à savoir un chapeau et un string. Inspirée, je décide de montrer mon string à Gauthier et voilà que je le brandis fièrement en plein milieu du Fouquet’s avant de me rendre compte que ma conduite est légèrement déplacée. Ceci étant, ça m’a donné une idée artistique : prendre mon string en photo sur les lieux mythiques de Paris !